CHAP. XXIV,. PASSAGE AU NORD-OUEST
York, et, traversant le continent américain, il atteignit, le s août , le fort Résolution sur les bords du lac de l'Esclave ; de là il fit quelques excursions préparatoires, découvrit de nouveaux lacs, divers cours d’eau , et enfin , la Thloni-Teho Deseth ou grande rivière aux poissons , dont il devait, à la saison suivante , suivre le cours vers le nord-est, jusqu’à la mer intérieure où l’on supposait Ross détenu par les glaces. Il n’avait point encore quitté ses quartiers d'hiver, quand il recut d'Angleterre la nouvelle du retour inattendu de Ross, avec la carte des découvertes de celui-ci, et l’ordre de donner suite à son entreprise dans un but désormais purement géographique.
Back se remit en route le 7 juin 1834, et avec un canot transporté par terre , il s'embarqua sur le grand fleuve qu'il avait découvert et auquel les géographes se sont, avec toute justice , accordés à donner son nom; il le descendit dans une longueur de six cents milles à travers des lacs et des cataractes ; et le 29 juillet il en atteignit l'embouchure, par 68° 15° de latitude septentrionale, et 97° 24 de longitude à l’ouest du méridien de Paris ; c'était l’extrémité de la rive occidentale qu’on appela Pointe-Ogle. Là on fut arrété par les glaces ; on s’avança encore d’une quinzaine de milles vers l’ouest , et d’une hauteur on aperçut au couchant des montagnes auxquelles on donna le nom de la Reine-A delaïde ; au nord, des terres dont on appela les saillies Pointe-Booth et Pointe- ” James-Ross ; enfin, à l'est, la mer formant un vaste champ
de glaces. Quelques indices semblaient révéler un courant venant du nord-ouest. La rigueur de la saison empécha de pousser plus loin les reconnaissances ; on revint au lac de l'Esclave pour y passer l'hiver, et l'on retourna en Angleterre au commencement de 1855.
Le capitaine Back fut envoyé par mer en juin 1836, sur le navire la Terror, afin d'aller , par la voie de la baie d'Hudson , tenter un passage de la baie de Répulse ou de celle de Wager au détroit du Prince-Régent, et ensuite lier ses dernières découvertes tant à celles de l'expédition de Ross qu'à celles de l'expédition de Frankiin ; mais il ne put dépasser l'ile Southampton ; après avoir été pris et ballotté dans les glaces pendant six mois , et avoir éprouvé de grosses avaries,
TUE ou
il effectua à grand'peine son retour, en septembre 1837, , sans avoir pu mouiller l’ancre une seule fois dans tout le cours de ceite périlleuse campagne de seize mois.
Il était réservé à deux autres voyageurs de combler les lacunes qui laissaient interrompue la ligne des côtes boréales du continent américain , entre les portions reconnues par Franklin, et d’une part, à l’ouest le cap Barrow de Beechey, d'autre part , à l’est la Pointe-Ogle de Back. Ces nouveaux voyageurs sont : MM. Peter William , Dease et Thomas Simpson, tous deux officiers au service de la compagnie de la baie d'Hudson.
Partis le 4° juin 14837 du fort Chipeweyan , sur ies bords du lac Atabasca , iis arrivèrent en six jours au grand lac de l'Esclave, et descencant la rivière Mackenzie, ils atteignirent le 9 juillet la mer Polaire, encombrée de glaces à travers lesquelles ils s’avancèrent vers l'ouest , en longeent la côte jusqu'à un cap (situé par 74° 5’ de latitude «: 456° 46’ de longitude occidentale), auquel ils donnétent le nom du gouverneur Ge la compagnie, Georges-Simpson. La glace ne leur permit pas de pousser plus loin leur route par eau.
M. Thomas Simpson se détermina alors à continuer à pied la reconnaissance de cette côte ; il partit le 4<r août avec une petite escouade de cinq hommes , emportant des armes , des munitions , des vivres, un petit canot de toile huilée pour le passage des rivières , les instruments d'observation indispensables , et quelques objets destinés à faire des présents aux naturels. Le sol qu’on parcournt était déprimé , boueux, coupé fréquemment de criques salées. Enfin, le 4 août on atteignit la Pointe-Barrow , jusqu'où s'était avancé en 1896, en venant de l’ouest, M. Elson, l’un des compagnons de Beechey.
Ainsi, depuis le détroit de Behring , la côte américaine sur la mer glaciale se trouvait relevée sans interruption sut une étendue de soixante degrés en longitude. Il restait à explorer la portion restée inconnue entre le cap Turnagain et la Pointe-Ogle. C'est la tâche que se proposèrent les deux voyageurs pour la campagne suivante, et ils revinrent , en attendant, prendre leurs quartiers d'hiver au lac du Grand-Ours. Le 6 juin 4838 , ils firent leurs Gispositions de départ , et
1837, , cours
er les jréales les par echey, uveaux lhomas gnie de
s bords | lac de gnirent ers lesôte jusde longouverne leur
er à pied avec une
es, des lée pour n indisprésents boueux,
août on
n 14826, rnons de
éricaine ption suf tait à eXnagain et eux VOyaen atten-
d-Ours.
épart , et
CHAP. XXIV. PASSAGE AU NORD-OUFST, go
gagnant la rivière Coppermine , ils purent s’y embarquer le 22 du même mois; ils descendirent ses terribles rapides avec toute la force du courant , êt le premier juillet ils dressèrent leur tente sur le bord de la mer. 11 leur fallut attendre jusqu’au 17 que la glace leur livrât passage ; ils s’'avancèrent alors péniblement le long de la côte, et ils mirent douze jours à atteindre le cap Barrow ; là , ils furent obligés de faire un grand détour en suivant la courbure du rivage, pour gagner le cap Turnagain , où ils arrivèrent le 9 août et trouvèrent des glaces infranchissables ; après dix jours d’attente on perdit toute espérance de faire avancer davantage les canots, et M. Simpson prit le parti d'aller , comme l’année précédente, faire à pied , à la tête de quelques hommes , une reconnaissance de ce littoral glacé.
Il partit le 20 août , et il s’avaniça à l’est jusqu'à un grand promontoire qu'il appela cap Alexander , ayant au nord, pendant toute sa route, la vue d'une grande terre, à laquelle il donna le nom de la reine Victoria ; il suivit encore quelque temps le rivage qui tournait au sud-est, jusqu’à un point dont il détermina la position par 68° 44 de latitude septentrionale et 14080 25’ de longitude à l’ouest de Paris; c'était le 25 août. Après l'érection , en cet endroit , d’un pilier de reconnaissance , il rétrograda pour venir retrouver les chaloupes restées prises dans les glaces ; il les rejoignit le 29 août ; et le 51, se frayant, avec effort, une route de retour, les deux voyageurs regagnérent la rivière Coppermine , qu'ils parvinrent à remonter , et ils allèrent prendre leurs quartiers d'hiver, remettant à l'année suivante la continuation de leur exploration.
Le 22 ju 4889 , ils revinrent sur la rivière, Coppermine , la descendirent, et attendirent, près de son cure , la rupture des glaces, qui n’eut lieu que le 3 jüillet ; ils ne purent d’abord avancer qu'avec une extrême difficulté , et ils ne doublèrent le cap Alexander que le 98 ; ils se trouvèrent alors dans une grande baie semée d'iles innombrables, où leur route fut très-embarrassée. La côte reprenait ensuite au nord : ils la suivirent jusqu’à un détroit anquel ils ont laissé leur nom , et qui les conduisit à l'embouchure de la grande rivière de Back , où ils arrivèrent le 43 août.
Ils venaient ainsi de constater la séparation de la terre Boothia , à l'égard du continent américain , sur la rive gauche de la grande rivière de Back : ils résolurent de vérifier dans quel rapport de position elle se trouvait à l'égard des terres de la rive droite. Traversant dans ce but l'embouchure de ce fleuve , ils donnèrent le nom de cap Britannia à la pointe faisant face à celle d'Ogle. Ils poussèrent ensuite au nord-est, et, surpris le 20 août par un orage , ils se réfugièrent à l’entrée d’une petite rivière par 68° 28° de latitude et 9%° 27° de longitude occidentale.
Arrivés à ce point, ils jugèrent ne pouvoir, sans imprudence, continuer dans cette campagne le cours de leurs découvertes, et ils se bornèrent à examiner, autant que leur vue pouvait atteindre , la configuration des terres qui se dessinaient autour d'eux. Le rivage où ils avaient abordé se poursuivait à l’est, et paraissait ensuite tourner au sud, d'où l'on semblait autorisé à conclure que là était le grand golfe parsemé d'îles, que les Esquimaux avaient signalé à de précédents voyageurs, et qui ne serait séparé que par un isthme peu considérable des baies de Répulse et de Wager. Au nord-est, quelques terres leur parurent devoir être considérées comme les extrémités méridionales de la Boothia de Ross.
La saison devenait rigoureuse. Une tempête qui commença le 29 août dura sept jours entiers ; il fallait presser le retour. En revenant à l’ouest, on avait déjà reconnu la terre dont la pointe occidentale avait reçu de Back le nom de Maconochie; on visita aussi une grande île, puis la terre de Victoria, qu’on suivit pendant plus de cent cinquante milles. Enfin le 45 septembre, ohise retrouva à l'entrée de la rivière de Coppermine ; le 2#/0h'atteignit le Fort-Confidence, et le 14 octobre, nos deux officiers rentrèrent définitivement dans leurs quartiers d'hiver.
Le passage de l'Atlantique dans le grand Océan par le nord-ouest, si long-temps cherché, a donc été reconnu et constaté par les derniers voyages que nous venons d’analyser. Cependant, il reste à faire encore la reconnaissance du golfe de Boothia, afin de pouvoir tracer la limite continne du continent sur la mer glaciale : c'est la mission
Fe V.
terre auche r dans terres de ce pointe d-est, à l'en- 27 de
impruars déeur vue se des- Jrdé se d, d'où d golfe de prépar un Wager.
re COnthia de
amencça retour.
dont la
nochie ; a, qu’on le 45 opperoctobre, rs quar-
par le onnu et d'analyaissance ite conmission
\qu’eût accomplie, en 1837, l’intrépide capitaine Back sur le navire la Terror, si les glaces ne lui eussent pas barré complètement le'chemin. M. Simpson s'est proposé lui-même, pour achever, dans une nouvelle campagne, le relèvement de cette côte ; ses précédents succès étaient en quelque sorte la garantie d’un succès à venir : peut-être ce travail est-il déjà effectué, cet important résultat obtenu.