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reste, ce peuple était aussi à part de la grande race polynésienne par sa scrupuleuse probité que par son extérieur et son langage. Lorsque nos navigateurs partirent de Ma’ -olo, se dirigeant vers le sud, ils traversèrent un groupe que Uo6k appela “les îles du Berger (Shepherd’s Isles). Plus au sud encore, ils découvrirent une grande île qui, entrecoupéeïde pelouses et de bois sur toute sa surface, offrait le plus délicieux aspect. Le capitaine lui donna le nom d’ile Sandwich (Sandwich Island), par égard pour le comte de Sandwich, son patron et son ami. Encore plus loin au sud, il vit une autre grande ilé connue des naturels sous le nom d’Erroman- | go; il la côtoya durant trois jours, puis jeta l’ancre afin de se procurer une provision de bois et d'eau. Ceci pourtant ne put s’accomplir sans une violente querelle avec les indigènes à la fois traîtres et cruels. On observa qu'ils différaient des habitants de Mallicolo par la conformation physique et par le langage; ils étaient bien faits, et leurs traits étaient passable- | ment réguliers; mais leur teint était basané et leurs cheveux crépus. De cet endroit, Cook fit voile vers uneile qui lui avait été signalée quelque temps avant. Elle était appelée Tanna par ses habitants, qui apprirent aussi au capitaine les noms de trois îles voisines, Immer, Erronan et Anaton. On parlait } deux langues à Tanna: l’une d'elles, qu’on disait venir d’Erl ronan, était à peu de chose près la mème que celle des îles des L Amis; l’autre, que nos navigateurs regardèrent comme particulière àTanna, Erromango et Anaton, différait de toutes celles | qu’ils avaient jusqu'alors entendues.Les gens de Tanna étaient bien faits, mais point robustes. Ils avaient de jolis traits et } d’agréables physionomies. Bien qu'actifs et passionnés pour | les exercices guerriers, ils semblaient incapables d’un travail soutenu, Il parait qu'ils pratiquaient la circoncision, et qu’ils se nourrissaient de chair humaine , encore que cet hortible usage ne leur fût point imposé par la nécessité, puisque leur île abondait en porcs, en volailles, et en fruits de toute espèce.
Le capitaine Cook consacra plus d'un mois à parcourir cet archipel dont les anciens navigateurs n'avaient qu’une con- | naissance très-superficielle. Les îles septentrionales avaient été découvertes en 1606 par Quiros qui les regarda comme des
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portions du grand continent méridional; Bougainville, en 1768 , repoussa cette idée, mais il umit d’examiner les îles près desquelles il naviguait ; le premier de tous, le capitaine Cook, après avoir déterminé l'étendue et la situation des iles déjà connues , explora le groupe entier ; aussi s’attribuant le droit de les nommer, il les comprit sous l'appellation collective de Nouvelles-Hébrides (New-Hebrides).
La saison approchait néanmoins où il devait reprendre ses recherches dans les hautes latitudes méridionales ; aussi se hâta-t-il de retourner à la Nouvelle-Zélande, où il comptait rafraichir ses gens et se préparer à une navigation de longue durée. Le 4+° septembre , il fit voile des Nouvelles-Hébrides, et, le4, il découvrit une terre, auprès de laquelle la Aésolution vint, dès le lendemain, jeter l'ancre, Les habitants étaient d'üne race forte, agile et belle ; ressemblant à plusieurs égards au peuple de Tanna et aux habitants des îles des Amis ; le même caractère mixte se retrouvait dans leur langage ; ils n'avaient jamais vu d'Européens, mais leur conduite fut constamment obligeante et amicale ; chose remarquable dans les mers du Sud, ils se montrèrent rigoureusement honnêtes dans toutes leurs transactions. Le capitaine Cook donna à cette ile le nom de Nouvelle-Calédonie, et, bien que forcé à la quitter avant de l’avoir complètement inspectée, il en avait assez vu pour démontrer , qu’à l'exception de la Nouvelle- Zélande, c'est peut-être la plus considérable dans le sud de l'Océan Pacifique. Lorsque la Résolution quitta la Nouvelle- Calédonie, on découvrit une terre, qu’on reconnut en y abordant pour une ile assez élevée et de cinq lieues environ en circonférence. Elle était déserte , et selon toute probabilité les navigateurs anglais éts‘ent les premiers hommes qui jamais y eussent pénétré. Ses productions végétales avaient une grande ressemblance avec celles de la Nouvelle-Zélande; la plante à lin (phormium tenax) de ce dernier pays y florissait particulièrement; mais le principal produit de l’île était une espèce de pins, d'une telle grosseur qu’à hauteur de poitrine deux hommes pouvaient à peine en embrasser le tronc. Ce petit coin de terre fut nommé l'ile Norfolk (Norfolk island). Ses belles forêts et la fertilité de ses champs yattirèrentquelques années plus tard une petite troupe de co-