‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 17 sur 178 · TROISIÈME VOYAGE DE COOK · texte numérisé non relu

TROISIÈME VOYAGE DE COOK

: Voyage de Surville. — 11 découvre la Terre des Arsacides. — 11 visite la Nouvelle- #%# Zélande. — Découvertes du lieutenant Shortland. — Voyagé de Marin Du Fresne. — ]l touche à la Nouvelle-Zélande. — Sa fin déplorable. — Kergueien découvre une terre dans le sud de l'Atlantique. — Sa réception à la cour. — 11 met à la voile pour la seconde fois. — Sa disgrâce. — Honneurs rendus à Cook à son retour. — Nouvelles espérances de trouver un passage an nord-ouest.— Expédition de Phipps

au pôle nord. — Cook est désigné une troisième fois pour le commandement d'une expédition. — Instructions qu'il reçoit.— Regrets d'Omai en quittant l'Angleterre.

— Lo terre de la Désolation. — Terre de Van-Diemen. — Erreurs du capitaine Furneaux.— Vivres laissés dans le détroit de la Reine-Charlotte, — On découvre Mangèea.—Wateeo. —Exagération d'Omai.— Les insulaires naufragés.— Visite aux Îles des Amis. — Générosité du roi, — Etendue de son empire. — Détails sur les ties voisines. — Chevaux débarqués à Otahiti. — Etonnement des indigènes. — Omui s'établit à Huaheine. — Autres détails sur lui.

En 1769, quelques importantes découvertes furent faites

08 dans là mer dü Sud par un aventurier français qu'y poussaient

des intérêts de commerce. Deux navires équipés au Bengale

“pir MM. Law et Chevalier, dans la vue dé trafiquer avec le 1 Pérou , furent placés sous les ordres de M. de Surville. Au

müfiènt. où 86 préparait à s’émbarquer, le bruit courut dans l'Inde que les Anglais avaient découvert sur la mer du Sud à sept cents lieues du Pérou, et par le 270 de latitude

histoire absurde, maïs qui flattait les instincts avides de l'humanité, obtint en peu de temps le plus grand crédit; ceux-là même qui révoquaient en doute la circonstance relative aux juifs, ne voulant pas se refuser à croire que le pays récemment découvert était merveilleusement opulent. Surville, Htouchant aux îles Bashée, emmena trois des indigènes pour compléter son équipage ; donnant ainsi un exemple remarquable dé ces violences sans frein par lesquelles on a con- Œtraint universellement les nations faibles et sans civilisation à considérer les Européens comme leurs enneinis naturels. Au sud-est de la Nouvelle-Güinée , il découvrit une terre à + laquelle il donna le nom de Pays des Arsacides, et qui n'é-

againville on qui le nom de Louisiade avait été pen à la portion qu'il avait examinée. Surville, dans ses rapports avec les naturels, les trouva d’une humeur perfide, intraitable et cruelle, et ce fut pour les qualifier dignement qu'il les appela 4rsacides , nom qu'il considérait comme l'équivalent du mot assassin. Il visita ensuite la Nouvelle-Zélande et jeta l'ancre dans une baie qu’il désigne sous

le nom de Lauriston. Le capitaine Cook qui l’avait nommée la

Baie-Double (Double-Bay), était en même temps occupé à relever les mêmes côtes; cependant les deux navigateurs ne se rencontrèrent point, et n’eurent même pas connaissance Yun de l’autre. Le commandant français, ayant perdu sa chaloupe tandis qu'il était à l'ancre dans ces parages, descendit à terre avec un détachement de soldats afin de punir les indigènes, qu’il soupçonnait de l'avoir dérobée. Dans un court espace de temps il incendia plusieurs villages, et emmena un des chefs du pays. Cet outrage commis par les premiers Européens qu’ils voyaient fut ensuite puni par de cruelles représailles qu’exercèrent les habitants de la Nouvelle-Zélande. Le chef prisonnier mourut à Juan-Fernandez, et Surville se noya en descendant à terre pris. de Valparaiso. ,

est, fut découvert de nouveau, en 1789 | par } liente

Shortland de la marine anglaise, durant un voyage de P

Jackson aux Indes orientales. Cet officier suivit la côte ns dionale qu’il appela Nouvelle-Géorgie (New-Georgia), et traversa le détroit de Bougainville, donnant son propre nom à ce passage, dans l'ignorance où il était, apparemment, des découvertes déjà faites par les navigateurs français. La chaîne de grandes îles ainsi vues tour à tour , et partiellement, par Bougainville, Surville et Shortland, chaine qui s'étend du nord-ouest au sud-est , entre la Nouvelle-Guinée et les Nouvelles-Hébrides, représente, sans aucun doute, lestles Salomon des premiers navigateurs espagnols. L'ile Egmont, découverte par Carteret, qui cherchait les îles Salomon, et qui en approcha, sans le savoir, peut étre considérée comme appartenant à cet archipel. Nous avons déjà dit que Bougainvilie avait ramené dans son pays un naturel d'Otahiti, nommé

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4 Aootooroo.Lorsquela renommée des découvertes de Cookcom- 1 mença à exciter en Europe un intérêt général, le capitaine Ma- (1 rion Du Fresne, désireux de rivaliser avecle navigateur anglais, offrit de ramener à ses frais l’'Otahitien , de l'Ile de France à son pays natal. L'offre fut acceptée, et Kerguelen, marin assez renommé, fut chargé à la fois de ramener Aootooroo à l’Ile de France et d'examiner ensuite avec plus de soin qu’on ne l’avait fait jusque là la partie sud de l'Océan Atlantique. L’Otahitien mourut à Mädagascar; mais pour cela Marion n’abandonna passes projets,qu'il poursuivit au contraire avec l’ardent espoir de réaliser quelques importantes découvertes. Il arrivaSans … Rucun accident à la Nouvelle-Zélande, et jeta l'ancre: dans ke baie des Iles (Bay of Islands) , où ses gens vécurent fam tement, et en apparence sur le pied de la plus cordiale amitié, x î

es sauvages capricieux et livrés à leurs passiondl. ] Mari ué ainsi que seize officiers et matelots qui l'avait Dagné à terre. Un autre détachement de onze hon es, © és à couper du bois dans un autre district, était en! même mps attaqué à l’improviste, et l’un d'eux seulement put tourner au vaisseau pour y raconter le sort cruel de ses bmpagnons. Lorsque les Français abordèrent pour recueillir s restes de leur infortuné commandant, les naturels leur ièrent avec indûlte, à l'abri derrière leurs retranchements : Tacowry (c'était le chef du district) a tué et mangé Marion.» près ce triste acci es navires revinrent à l'Ile de rance sous le comma nt de M. Duclesmeur, tous prots de découverte demeurant abandonnés. :

Sur ces entrefaites, Kerguelen partit de l'Ile de France au pis de janvier 1779, et, le 42 février, découvrit, sous les 500 | de latitude sud, une terre élevée sur la côte de laquelle il emeura six jours; dans cet intervalle il se trouva séparé de corvette qui l’accompagnait. Il donna son nom aux rivages vids et stériles qu'il avait découverts , en prit formellement pssession au nom de son souverain, et, à son retour en r'ance, les décrivit entermes si pompeux que le roi Louis XV, Dmpé par ses récits, Le décora lui-même de la croix de Saintbuis. Néanmoins les ennemis de Kerguelen soutinrent qu'il fait va la glace de fort loin et qu'il l'avait prise pour une li. 4

terre ; ils le sommèrent, comme preuve de sa découverte, d’exhiber quelques productions de ces nouvelles régions; ils insinuèrent enfin qu’il s'était, à dessein, débarrassé de son camarade pour ouvrir une libre carrière à ses grossiers mensonges. Le roi cependant lui fournit les moyens de réfuter leurs accusations. Kerguelen partit de nouveau pour le sud de l'Atlantique, et, au mois de décembre 1775, il découvrit de nouveau la terre. Le 6 janvier suivant, il avaït déjà relevé plus de quatre-vingts lieues de côtes; mais c'était un pays stérile, inhospitalier et en général inaccessible, ne produisant rien qui püt faire apprécier par la nation française l’importance d'une telle découverte. Kerguelen, à son retour, fut accusé d’une indifférence coupable pour le salut de ses hommes ét de.ses officiers ; on alla même jusqu’à prétendre qu’il exposait à des dangers souvent réalisés ceux d’entre eux qui avaient eu le malheur de lui déplaire. N'ayant pu se disculper, il fut privé de son grade et jeté en prison.

Jamais 63 édition équipée pour les découvertes maritimes n’avait égalé celle que le capitaine Cook venait de ramener, par la grandeur de son but et les difficultés à surmonter ; aucune n'avait non plus répondu aussi complètement à ce qu’on attendait d’elle, et rempli sa mission avec aussi peu de pertes ou d’avaries. Le succès du voyage de Cookiétait particulièrement flatteur pour ceux qui avaient favorisé l’entreprise. Le comte de Sandwich présidait encorel'Amirauté, et se sentait naturellement disposé à comparer l'homme dont le courage et l'habileté avaient si bien justifié sa confiance. Cook fut immédiatement élevé au grade de postcapitaine et obtint une marque plus décisive de la libéralité ministérielle en devenant un des capitaines de l'hôpital de

Greenwich, ce qui lui donnait une pension considérable et M

le droit de se reposer après tant de travaux. Peu de mois après son retour, en février 1776, il fut nommé membre de M4 a société royale ;le soir même de son installation, on y lut un 4 mémoire sur les méthodes qu’il avait employées pour garantir 4

la santé de son équipage pendant son voyage autour du monde, L’attention qu'il avait donnée avec tant de succés à cette importante partie de ses fonctions fut récompensée bientôt après par la médaille Copley, prix annuel déféré par

Ja société royale à l’auteu# du meilleur mémoire écrit pendant | découverte; M l'année. Dans le discours que prononça en cette occasion sir s régions ; ils #! john Pringle, président de l'académie, se trouvent les phrassé de son ca- 4 ses suivantes :

siers MENSON- À «Quelles récherches peuvent être aussi utiles que: celles > réfuter leurs "ont l'objet.est la préservation de la vie humaine? et où ur le sud de trouverions-nous de plus heureuses quegelles dont j je viens L découvrit de de vous entretenir? ce ne sont point ici les vaines fanfaronit déjà relevé | M nades d'un empirique, ni les théories ingénieuses et mensonétait un pays à gères d'une vague doctrine ; mais un récit concis, sans art, ne produisant incontestable, des moyens à l'aide desquels le capitaine Cook çaise l’impor- a mené à bien un voyage de trois ans et dix-huit jours, acson retour, fut ompli à la tête de cent dix-huit hommes , et sous.tous les ut de ses hom- Klimats, depuis le 52° de latitude nord jusqu’au 74° de latiprétendre qu'il MMude sud, sans avoir perdu plus d’un homme par suite de d'entre eux qui aladie. Je demanderai maintenant à tout homme qui a l’haju se disculper, bitude des tables de mortalité, si , dans les climats les plus Bains , dans les meilleures conditions de l'existence, il a amais trouvé, dans un pareil intervalle de temps , un aussi tit nombre de décès? Combien doivent être grandes notre ie et notre surprise, lorsque, après avoir parcouru l’hisire des premières navigations de long cours, où tant d'hommes périssaient victimes des maladies de mer, nous apprejons que l'air marin n’a aucune malignité propre; et qu’enfin ‘à pn voyage autour du monde peut être accompli avec moins 8 danger pour la santé qu'une simple excursion en Euppé! »

k La grande question relative à l'existence d'un continent jéridional se trouvait enfin résolue par les résultats de ce ernigr voyage. Non pas qu'il ne pôût exister dans le voisijage du pôle, sud une immense agglomération de terres ; i éthérches de Cook bornaient le continent mérigxistait, dans des latitudes tellement plus aucune des espérances qu'avaient Net"8a fertilité imaginaires. Un grand core les géographes théoriques, et avait

ompé tous les v- ; tentés pour arriver à le résoudre par

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