‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 19 sur 178 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

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coururent plus de trois cents lieues dans une obscurité complète; ils s’'apercevaient rarement l’un l’autre, et il fallait sans cesse tirer des coups de canon pour prévenir les dangers d’une séparation. Enfin, le 26 janvier 1777, les vaisseanx jetèrent l'ancre dans la baie de l’Aventure, sur la côte sud de la terre de Van-Diemen, Leur pr-mier soin fut d'y ramasser des fourrages pour les bestiaux, qui avaient beaucoup souffert de la rigueur du climat et des privations d'une longue,.travetsée. Deux jeunes taureaux, une génisse, un bélier et plusieurs chèvres avaient péri pendant que les vaisseaux étaient occupés à relever la terre de Kerguelen.

Pendant le séjour des Anglais, ils furent visités par quelques-uns des naturels, qu'une misère abjecte, une indô!snce invincible et une stupidité profonde mettent de niveau avec les malheureux habitants de la Terre de Feu. Leurs habitations les plus commodes sont les troncs de quelques gros arbres creusés à l’aide du feu. Ils paraissent ignorer l’art de la pèche, et l'on ne vit pas un seul canot sur toute la côte. Leur principale nourriture consiste en petits oiseaux et en crquillages recueillis au bord de la mer,

Lorsqu'il eut ravitaillé les étables à bétail, le capitaine Cook quitta la terre de Van-Diemen, dont il dit, se fiant aux conclusions trompeuses du capitaine Furneaux, « qu’elle est bien reconnue comme la portion sud de la Nouvelle-Hollande. » Les vaisseaux jetèrent l'ancre , le 42 février, dans leur ancienne station du détroit de la Reïine-Charlotte. À leur arrivée dans la Nouvelle-Zélande, les deux équipages ne comptaient encore que deux malades. Le capitaine Cook ne fut pas peu surpris de la timidité et de la méfiance manifestées par les naturels, dont il connaissait la plupart, et qui, lors de ses premiers vüÿages, n’avaicnt eu qu’à se louer de ses bontés ; mais il découvrit bientôt le sujet de leurs craintes : Omay était à bord de l’Aventure lors de son premier voyage sous les ordres du capitaine Furneaux, et l'on se souvient que dix hommes appartenant à l'équipage de ce navire avaient péri, victimes de la férocité des indigènes. Ceux-ci, retrouvant Omay à bord de la Résolution, pensaient bien que le capitaine Cook ne pouvait ignorer leur méfait, et redoutaient dès lors sa vengeance ; mais dès qu’il fut au fait de cette cir-

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