LIV. V
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Ilétait alors évidemment impossible d'aller plus loin, et Cook résolut en conséquence d'employer l'hiver à compléter son étude des îles Sandwich, pour venir ensuite pendant l'été renouveler ses tentatives dans l'Océan du nord. A son arrivée à Oonalashka il reçut par l'entremise des naturels un pâté de saumon et un écrit dont on ne put comprendre le sens, mais qui fut réConnu pour russe. Lédyard, le caporal de marine qui dans la suite entreprit des expéditions si audacieuses, parut pour r la première fois sur la scène où il devait jouer un rôle si brillant, et s’offrit comme volontaire pour aller à la recherche des Russes hospitaliers : en conséquence il fut roulé entre les jambes de deux Esquimaux dans un Æajack, ou canot couvert , et dans cette position peu commode emmené par eau à quatorze milles : le surlendemain il était derétour avec trois Russes marchands de pelleteries ; et peu de temps après arriva un autre marchand de la même nation nommé Ismiloff ; ce marchand montra au capitaine Cook deux cartes qui prouvèrent à l’illustre navigateur combien était imparfaite la Connaissance que les Russes avaient de la côte nord-ouest de l'Amérique et combien on pouvait peu contester le mérite de ses propres découvertes.
Le 23 novembre, sous le 20° 53’ de latitude, nos voyageurs découvrirent Mowéé, une des iles Sandwich, qu'ils n'avaient pas encore visitée, et, le dernier jour du même mois, une autre grande île, appelée Owhyhéé, qui attira leur attention par sa grandeur et son importance apparentes. Le capitaine Cook employa sept semaines à faire le tour de ses côtes et à les relever. Enfin , les vaisseaux vinrent jeter l'ancre dans la baie de Karakakooa , Sur la rive méridionale. Les naturels arrivèrent en Éanots vers les navires, apportant des provisions abondantes, et si nombreux, que le capitaine Cook, dans tout le cours de ses voyages, n'avait jamais vu, disait-il, tant de personnes réunies en un même endroit. Ils nageaient par centaines autour des vaisseaux, comme des bancs de poissons. L'intéresÿ.
CHAP, IVe.
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sante nôëfVéauté de ce tablean fit, éñ queld ï, oublier à nos voyageurs le mauvais succès de leur é | bn au nord. « Nous devions à ce désappointement, dit le capitaine Cook, le bonheur de revoir les iles Sandwich , et d'ajouter à notre voyage une découverte qui, bien que la dernière, paraissait à beaucoup d’égards être la plus importante de celles qu'ont faites les Européens sur toute la surface de l'Océan Pacifique. » C'est ainsi que se termine le journal de l’illustre voyageur. Les rapports des Anglais avec les insulaires étaient, des deux parts, une série non interrompue de procédés bienveillants, et les penchants des indigènes pour le vol troublaient seuls et momentanément la bonne harmonie qui régnait entre eux. On se procura des provisions en grande abondance, et le capitaine Cook essaya de saler une grande quantité de porc, comme provision de mer, tentative qui réussit si complètement, qu'après le retour des navires en Europe , une bonne partie de la chair de porc préparée dans les îles Sandwich fut trouvée en état parfait de conservation. Une corporation de prêtres, qui participait aü gouvernement de l’île, se montra surtout très-empressée à servir les Anglais et à leur procurer toutes les provisions dont ils avaierit besoin. Ils lenr en envoyèrent même, comme présent, une grande quantité. Térééoboo , le roi d'Owhyhéé , partageait le zèle amical de L: sujets; et, dans ses relations avec le capitaine Cook, il fit preuve d’un sincère attachement ainsi que d’une libéralité vraiment royale. Les insulaires avaient voué une affection particulière au lieutenant King, et ils le sollicitaient ardemment de rester parmi eux. Lorsqu’arriva le jour du départ, ils parurent inconsolables de la perte qu'ils allaient faire, et comblèrent les étrangers de tous les présents que l’ile pouvait fournir. Telles étaient leurs dispositions bienveillantes, quand les vaisseaux sortirent, le 4 septembre, de la baie de Karakakooa. Le capitaine Cook se proposait de reconnaître complètement les iles Sandwich; mais avant qu'il se fûtéloigné, un horrible coup de vent vint briser le mât de misène de la Xésolution, et il fallut, pour le réparer, retourner dans la baie de Karakakooa. Lorsque les navires arrivèrent à leur ancien ancrage, ils trouvèrent cette baie presque entièrement déserte. La foule, qu'avait attirée le commerce ouvert avec les Anglais, était
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rentrée dans l'intérieur de l'ile; et ce fut peut-être par suite de l'absence des chefs que les naturels encore adfñis à bord se permirent des larcins plus hardis que jainäis. Le châtiment des voleurs donna naissance à des querelles, et les rapports établis avec les insulaires, bien qu'ils ne fussent pas devenus complètement hostiles, étaient sans cessé troublés par des disputes et des plaintes mtituelles. On envoya une barque à la poursuite d’un sauvage qui avait volé les pinces du forgerôn ; mais l'équipage de cette embarcation et l'officier qui le commandait, désarmés par les insulaires , furent assez rudement maltraïités. Bientôt après, un détachement de naturels enleva peñdant la nuit le grand cutter de là Découverte, qui gisait à la bouée de l’une deses ancres. Il n’é‘“it plus possible de fermer les yeux sur un pareil vol, ét le cap:. ue Cook résolut d’avoir recours aux mesures les plus décisives pour recouvrer son embarcation. Durant ses voyages dans la ter du Sud, il avait souvent trouvé avantageux , en pareil cas; de faire prisonniers et de retenir comme otages les notaliles du paÿs; cette fois, il voulut rendre Térééoboo lui-même responsable de ce crime. Les chaloupes, armées, furent placées aux deux extrémités de la baie, afin de couper le passage à tous les canots qui pourfaient essayer d'en sottir ; peñidant ce temps, le capitaine Cook lui-même descendit à terre avec un détachement de soldats de marine, ses matelots étant également pourvus d'armes et de munitions.
Lorsqu'il descendit à terre , les naturels accoururetit audevant de lui comme à l'ordinaire, se prosternant, et lui donnant les plus grandes marques de respect. IL avançä ainsi jusqu'à l'habitation du roi, qui, après quelque résistance, se laissa persuader de se rendre à bord. Les tiatutels parurent voir de mauvais œil cette concession accordée aux étrangers ;
cependant aucune violence ne fut faite au capitaine Cook pen-
dant qu’il emmenait le roi et ses deux fils, au milieu de la foule, vers le rivage, où les soldats de marine étaient rangés en cas d'attaque. Le vieux roi suivait avec toutes les apparences d’une impassible soumission; mais quand il arriva au bord de l’eau, ses femmes et ses parents l’importunèrent tellement pour l'empêcher de monter sur la chaloupe, qu'il s’assit à terre, et que le capitaine Cook dut renoncer au projet
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