‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 25 sur 178 · ARRET · texte numérisé non relu

ARRET

de s'emparer de sa personne. Il régnait alors une grande fermentation parmi les naturels, rassemblés en nombre considérable le long du rivage. L'alarme que leur causait la tentative dirigée contre Térééoboo s’accrut encore par un événement malheureux, qui eut lieu à peu de distance : la chaloupe placée à l'extrémité occidentale de la baie, voyant venir à elle un grand canot qui semblait vouloir forcer le passage, lui tira un coup de canon pour arrêter sa marche, et le boulet tua par accident un chef de distinction nommé Karéémoo. Lorsque cette nouvelle fut connue , l’agitation des groupes rassemblés sur la plage du débarquement prit tous les caractères d’une aveugle fureur. Ils se revêtaient de leurs nattes de guerre, ramassaient de gros cailloux, brandissaient leurs couteaux, et montraient enfin de toutes parts les dispositions les plus menaçantes. Nonobstant l’imminence du danger, le capitaine Cook ne voulut point permettre à ses soldats de faire feu; éspérant encore que l'affaire pourrait se terminer sans effusion de sang. Cependant un chef s'étant approché de lui avec des gestes agressifs, il lui tira un coup de fusil chargé seulement de petit plomb; mais la natte épaisse dont le sauvage était couvert le mit à l’abri de toute blessure , et cet acte de vigueur inutile ne servit qu’à augmenter sa fureur. A ce moment les soldats de marine et l'équipage de la pinasse dirigèrent sur la foule un feu bien nourri ; mais les insulaires étaient en si grand nombre, qu'ils ne pouvaient pas facilement battre en retraite devant !£s balles; se ruant bientôt sur les soldats de marine, ils les repoussèrent jusque dans la mer, où quatre d’entre eux furent tués. La pinasse était encombrée par son propre équipage et par les hommes qui, du rivage, arrivaient en nageant vers elle. L’embarras des manœuvres empêchait que son feu fût bien soutenu, et le capitaine Cook, resté seul sur un rocher , n’en recevait qu’une imparfaite protection. « On le vit se diriger vers la pinasse, tenant

sa main gauche derrière sa tête, pour la préserver des pierres, et portant son mousquet sous l’autre bras. Un Indien le suivait, mais avec une sorte de crainte et de précaution, comme s’il hésitait à l’attaquer ; enfin, il se jeta sur lui à l’improviste, lui asséna un coup de massue sur le derrière de la tête, et s'enfuit ensuite à toutes jambes. Le coup sembla étourdir le

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