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ATES MODERNES, LIV. V.
l'Asie par un Canal g td sé rétrécit considérablement près de l'embouchure délafiviète de ce nom, et d’ailleurs trop peu profond pour que’ les gros navires puissent y naviguer. En quittant le détroit auquel il a laissé son nom, La Pérouse reconnut les côtes décrites naguère dans le voyage du Castricum, bien que, jusque-là, les récits de l’ancien navigateur hollandais n’eussent pas fait autorité en géographie.
Les détouvertes faites par La Pérouse durant cette partie de son voyage étaient de la plus haute importance. L’ile de Sagaléen (si réellement cette terre est une île et nôn pas une péninsule ) serait l’une des plus grandes îles du ‘globe, et cependant les Européens la connaissaient alors si vaguement que les Russes, naturellement les mieux instruits sur tout ce qui touchait ces parages, allaient jusqu’à nier son existence. La terre de Yesso ou Yedzo, dont l'imagination avait fait une contrée fabuleuse, commença seulement alors à prendre, elle aussi, une apparence de réalité.
La Pérouse trouva au Kamtschatka la même hospitalité cordiale qu'on y avait accordée aux navigateurs anglais , et il eut occasion d’honorer la mémoire de Lun de ces derniers par une marque de généreux souvenir frère du Célèbre géographe Delisle avait accompagné@] à l'expédition de Behrinig ; mais la malà
mes parmi ses compagnons ne l'épargnäp int, € et sa Vie s'était’
achevée en même temps que l'expédition. Le capitaine Clarke, à son arrivée au Kamtschatka, chercha et découvrit la sépulture de cet étranger qüe l'amour de la science avait conduit à l'extrémité orientale de l'Asie, et il fit graver une honorable inscription sur la tombe de Delisle de La Croyère. Le capitaine Clarke lui-même, lorsqu'il visita de nouveau le Kamtschatka , après son second voyage au nord, acheva dans ce pays sa laborieuse carrière, et fut inhumé sur le rivage. Mais le temps et le climat avaient effacé l’épitaphe
placée sur son tombeau : La Pérouse prit soin de la rétablir, et pour prolonger sa durée, il la fit graver sur une plaque de cuivre. IL y a quelque chose de touchant dans ces égards mutuels de navigateurs étrangers l’un à l’autre, mais que réunit dans une sorte de communauté fraternelle le danger commun et l'éloignement de la patrie, où, peut-être,
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