‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 36 sur 178 · ITS · texte numérisé non relu

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reçut, après de vives instances, la permission dont il avait besoin. Les chaloupes des deux vaisseaux, montées par soixante-trois hommes bien armés, se rendireni # terre sous ses ordres. Mais le hâvre, objet de son admiration, se trouva être rempli de bancs de corail et accessible seule ment par un étroit chenal , si peu profond d'ailleurs que les barques purent à peine approcher de la grève. Nonobstant ces diflicultés, les Français commencèrent à faire eau. Les naturels, d'abord peu nombreux, parurent disposés à les aider; mais, étant survenus en foule, leur insolence s’accrut de cette cixeonstance, et enfin les femmes et les enfants indiquèrent, en s'élgignant que des actes d’hostililé se prépacontre les” ‘étrangers. Ceux-ci se retirèrent dans les petites barques qui seules pouvaient approcher du rivage, et dans lesquelles, éntassés l'un contre l’autre, ils ne pouvaient qu'imparfaitement se servir de leurs armes à feu. Les naturels commencèrent alors leur attaque , en leur jetant avec une force et une précision extraordinaires des pierres de deux ou trois livres. Les petites barques furent bientôt détruites, et tous ceux qui ne se jetèrent pas à la nage pour regagner les cutters furent cruellement massacrés ; les naturels tiraient les cadavres à terre et les mutilaient avec une ego féroce. Le capitaine de Langle fut le premier qui s@æcomba. M. Lamanon, le naturaliste de l'expédition, et dix-neuf hommes périrent dans cette triste rencontse. Lorsque ceux qui avaient pu s'échapper portèrent au Tire les détails de la catastrophe , la douleur et l’indignation des équipages montèrent les esprits à un degré de fureur que La Pérouse calma difficilement. Chaque homme voulait venger sur les barbares insulaires la mort de ses camarades assassinés ; mais le capitaine réussit à peu près à les apaiser et détourna les malheurs qui auraient suivi une vengeance inutile d’abord et peut-être injuste.

Ce second malheur dont l'expédition était frappée dut jeter une grande tristesse dans tous les cœurs et rendit les Français plus soupconneux qu’ils ne l'avaient été jusqu'alors dans leurs relations avec les sauvages. C’est peut-être là le motif pour lequel La Pérouse, naviguant près de Vavaoo et de quelques autres îles représentées sous de brillantes couleurs au capitaine

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