‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 39 sur 178 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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Arrivée du Penrhyn à Otahïti. — Le capitaine Watts prétend que Cook vit encore. — Yoyage du capitaine Bligh.— Sou séjour à Otabiti. — Les matelots sédilieux s”:mpareu\ de la Ronté. — Voyage surprenant de Bligh dans une barque décuuverte, — Les séc'itieux font voile vers Otahiti. — 11s emportent une partie des animaux de l'ile, — Lis font voile vers ‘Toobooai. — Ils sont contraints de revenir à Otahïti, — La Bonté quitte cette île pendant la nuit, -- On ignore ce qu'elle devient. — Arrese tation des matelois mutinés.—Naufrage de la Pandore.— Second voyage de Bligh. — Hélé-Hélé l'accompagne aux Indes occidentales.—La postérité des mutins retrouvée sur l’île Pitcairn. — Description des habitants. — Histoire de leur établissement.— L'Antilope fait naufrage aux îles Pélew.— LS nrince Léé-Boo visite l'Angleterre. — Changements survenus dans les Îles de la mer du Sud. — Le fer augmente de valeur. — Oubli des arts anciens. — Influence du commerce européen. — Révolution dans les îles Sandwich. — Les missionnaires. — L'imprimerie introduite à Otabiti. — Industrie des Nouveaux-Zélandais. — La religion chrétienne s'établit dans les îles des Amis.

Cook n’avait pas visité le premier la mer du Sud; cependant, les mérites divers de ses découvertes et les progrès'qu'il fit faire à l'art de préserver la santé des marins pendant un voyage de long cours, nous autorisent à dire qu'il traça le premier-un chemin régulier sur le Grand-Océan, et qu’il l’ouvrit complètement aux entreprises des Européens. Le commerce de fourrures, sur la côte nord-ouest de l'Amérique, qu’il indiqua aux spéculations hardies des marchands anglais ; la colonie de la Nouvelle-Galies-du-Sud, qui lui doit aussi son origine; le succès avec lequel ii parvint à hiverner et à ravitailler ses vaisseaux dans les iles du Grand-Océan , furent autant de causes qui-eréèrent entre les Européens et 4és insulaires de la mer du Sud des relations fréquentes et actives. Le cômmerce de fourrures se développa presque immédiatement après le retour défsa dernière expédition ; mais son premier essor l'entraina at nord de la ligne , et de façon à ne comprendre que les îles Sandwich dans le eerele qu’il embrassait.

Onze ans s'étaient écoulés depuis la dernière visite de Cook à Otabiti, lorsqu'un vaisseau européen reparut près de cette ile.

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84 DÉCOUVERTES MODERNES. LIY. Y.

En 1788, le Penrhyn, que co@iandait le lieutenant Watts, et qui se rendait du port Jackson à la Chinegé trouvant dépourvu d’eau et de provisions, fit un détour à l’est, et parvint jusqu’à Otahiti. Les naturels s’enquirent avec tant d'empressement de ce qui concernait le capitaine Cook, que le lieutenant Watts, pour ne pas perdre, en leur révélant la vérité , l'influence qu’il avait sur eux, leur assura que Cook vivait encore , et devait revenir visiter ses amis les Indiens. Un de ses portraits, que l’illustre navigateur avait laissé au roi de cette île, comme un gage de son estime , fut apporté à bord du Penrhyn, pour y être restauré. On a souvent accusé de légèreté les insulaires de la mer du Sud, et spécialement les habitants d'Otahiti; cependant ils se sont montrés constamment sincères dans leur attachement pour ceux qui, les premiers, leur avaient révélé Les arts de la civilisation.

Le Prnrhyn avait quitté.Otahiti depuis peu de temps, lorsque le capitaine Bligh y arriva sur la Bonté. Il avait été envoyé dans la mer du Sud afin d'y recueillir des plantes d’arbres à pain et d’autres productions végétales que l’on voulait acclimater dans les colonies anglaises des indes occidentales. Il s’efforça aussi de persuader aux naturels que le capitaine Cook vivait encore, et il reçut d'eux un aussi bon accueil que les dissensions de l'ile permettaient de le lui oïrir. Le roi Pomaré et la reine Iddea le supplièrent de les emmener en Angleterre. Après un séjour de huit mois dans la baie de Matavay, et lorsqu'il eut pris à bord plus de mille plants d’artocarpus, ou arbre à pain, le capitaine Bligh quitta l'ile pour revenir dans sa patrie; mais son équipage s'était corrompu au sein de la vie adolente et voluptueuse qu'il ayait menée à C'::uti. a supériorité que les matelots pôssédient sur les insulaires et les hommages qu'ils en récevaient , ne leur laissaient voir l'existence sauvage que sous ses aspects les plus atirayants. Ils formèrent un plan de révolte qui fut mis à exécution au moffiént où ie navire quittait les iles des Amis ; et le capitaine Bligh , saisi par les mutius, se vitjeté dans une simple barque , avec ses officiers et quelques Matelots fidéles , en tout seize personnes, Une boussole et quelques provisions lui furent laissées par ces misérables, qui l’abandonnèrent du reste à la merci des flots.

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Les mutins de la Bonté, sous les ordres de Fletcher Christian, firent changer de route au vaisseau , et, poussant trois acclamations pour Otahiti, ils disparurent bientôt dans la direction de cette île. Ceci se passait près de Toofooa , où Bligh descendit pour faire provision d'eau douce; mais les insulaires, devinant la faiblesse des Européens, se disposèrent àles retenir prisonniers, et ce fut à grande;peine que Bligh et ses compagnons réussirent à s'échapper. Aprèsun voyage presque miraculeux, Bligh parvint à l’ établissement hollandais de Timor, ayant traversé le détroit de T r ‘ün canal différent de celui qu'avait exploré Cook, et, malgré le manque d'instruments , rapportant des observations: précieuses pour la science. Cependant les rebelles de la Bonté;sous les ordres de Fletcher Christian, l’un des contre-maîtres , dirigeaient leur course vers Otahiti ; mais, jugeant qu’il serait imprudent de demeurer sur uneïle où ils ne tarderaient pas à être découverts et punis, Christian cingla vers Toobooai , île que Cook avait découverte durant son second voyage , à 100 lieues environ au sud d’Otahiti ; toutefois le manque d'animaux s’opposant à ce qu'ils établissent pour toujours leur résidence à Toobooai,wles mutins revinrent à Otahiti, et Christian dit aux naturels qu'ayant rencontré le capitaine Cook, celui-ci lui avait ordonné de rassembler tout le bétail possible, afin d'établir une colonie sur une ile voisine située à l'ouest. Les insulaires, heureux de cette nouvelle et désirant donner une preuve de leur zèle pour le grand homme dont ils attendaient toujours la venue, s’empressèrent à l’envi les uns des autres d'exécuter les volontés de Christian; en peu de jours , il put mettre à la voile pour Toobooai ayant à bord 460 porcs et 50 chèvres, sans compter un nombre considérable de chiens, de chats et de volailles. Le taureau et la vache laissés sur l'ile par le capitaine Bligh furent également enlevés, mais le premier mourut bientôt après par suite de mauvais traitements. Plusieurs femmes ntahitiennes et un plus grand nombre d'hommes, qui s'étaient cachés dans le navire, suivirent les révoltés. Parmi ces émigrants était Oédidéé, ou plutôt Tété-Ilété, naturel de Bora- Bora, qui avait accompagné le capitaine Cook durant une partie de son second voyage. Mais à Toobooai les mutins ill, S

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anglais ne purent s’accorder avec les indigènes, dont les hostilités incessantes les incommodèrent si fort, qu’en 1789 ils quittèrent cette île pour la troisième et dernière fois. À peine la Bonté eut-elle jeté l'ancre dans la baie de Matavai, que quelques-uns des #aturels émigrés et seize des matelots anglais descendirent à terre. Ceux qui étaient restés à bord coupèrent leurs câbles pendant la nuit et se remirent en mer; pendant bien des années on ignora ce qu’ils étaient devenus : trentecinq inéülaires , hommes , femmes ou enfants, partirent avec eux, PRE À

Lés Anglais demeurés à Otahiti et que l'espoir d’une vie doucé et hétfeuse avait poussés au crime furent alors obligés dé travailler pour se soustraire aux conséquences de leur sitüation désespérée. Ils réussirent à construire un schooner de quarante tonneaux, et surprirent les naturels par leur industrie et leur persévérance encore plus que par leur habileté. Cet exemple de hardiesse et de vigueur dut leur dommer une grande influence sur les naïfs insulaires , et leur supériorité naturelle les aurait probablement rendus maitres de l’île dans un espace de temps limité. L'un d'eux, nommé Churchill, devint dès 1ors souverain de Wahéadooa, la plus petite des deux péninsules , comme héritier de son tiyo, ou ami, qui la gouvernait auparavant. Les naturels parurent fiers de leur chef étranger; car, lorsqu'il fut assassiné par ün camarade envieux et jaloux de sa position, ils vengèrent sa mort en tuant le meurtrier à coup de pierres.

En 1791, la frégate la Pandore, capitaine Edwards, parut devant Otahiti, où le gouvernement anglais i’envoyait pour se saisir des rebelles. Tous ceux d’entre eux qui étaient restés sut l'ile , au nombre de quatorze, furent amenés à bord, au grand désespoir des insulaires. La Pandore fit naufrage au retour dans le détroit de l'Entreprise, et quatre des muütins périrent en cette occasion. Sur les dix qui parvinrent en Angleterre trois seulement furent mis à mort.

À cette énoque, on ne put se procurer aucune nouvelle de Christian et des sept révoltés qui étaient partis avec lui sur la Bonté. Vingt années se passèrent avant qu’un rayon de lumière éclairàt le mystère de sa destinée. Enfin, en 1808, le capitaine Folgar, commandant un bâtiment de com-

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