‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 40 sur 178 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

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merce américain, toucha à l'ile Pitcairn pour compléter sa cargaison de peaux de phoques. Il supposait l'ile inhabitée ; mais, à sa grande surprise , trois jeunes gens , parlant fort bien l'anglais , vinrent en canot jusqu’à son navire, et lui firent présent d'un porc. Ils Jui dirent que leur père était un Anglais qui avait servi sous les ordres du capitaine Bligh; Folgar, descendu à terre, vit en effet un Anglais nommé Alexandre Smith, qui avait fait partie de l'équipage de la Bonté. C'était le seul des mutins qui eût survécu, les autres ayant été tués par les Otahitiens, qui furent eux-mêmes immédiatement sacrifiés à la vengeance des”veuves qu'ils avaien: faites.

Smith se tourmenta, à ce qu’il paraît, des conséquences que pouvait avoir pour lui la découverte de sa retraite, car, dans toutes les relations suivantes, on le ouve sous d’autres noms que le sien. En 4814, le capitain ayant touché à l’île Pitcairn, trouva, à son grand ét. que les habilants , au nombre de quarante-six, parlaient très-purement l'anglais. Un vénérable vieillard, qui se faisait appeler John Adams , était le patriarche de cette petite république , ou plutôt de cette famille dans laquelle n’avait pénétré encore aucun germe de discorde ou de vice. L’aîné des habitants nés dans l’île était fils de Christian, et avait été baptisé sous les noms de Jeudi-Octobre Christian. Le vieux Smith, ou Adams, témoigna d’abord les plus vives craintes que les Anglais ne vinssent s'emparer de sa personne; mais, lorsqu'on l’eut rassuré à cet égard, son peuple et lui manifestèrent la joie la plus extravagante à la vue de ceux qu’ils se plaisaient à appeler leurs compatriotes.

Les jeunes indigènes de l’ile Pitcairn, ou île Christian, sont doués d’une grande beauté, et ils unissent la vigueur, si commune chez les insulaires de la mer du Sud, à des traits décidément anglais ; les femmes surtout se font remarquer par leur tournure majestueuse et par la perfection de leurs formes ; elles sontenmême temps modestes, innocentes et gaies. Les maisons de l'ile sont bien construites et meublées de lits à couchettes ; un assortiment d'instruments européens, tels que des haches, Ces bêches, etc., avait été fabriqué avec le fer trouvé sur la l'onté, que l'on avait détruite à cet effet. Les deux sexes culti-

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