‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 61 sur 178 · TETE · texte numérisé non relu

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nouvelles chaînes moins accessibles encore que celles dont il venait d’apprécier les immenses difficultés,

Parmi les premiers navigateurs qui découvrirent l’Australie, son courage, son habileté et sa persévérance ont certainement conquis à M. Bass le premier rang. Au mois de juin 4796, ce hardi marin tenta de pénétrer dans,les, Montagnes Bleus. Jamais voyageur ne déploya plus dé côurege : les deux bras armés de crochets de fer , il gravit quelquesuns des plus dangereux précipices . et se fit fdeséendre avec des cordes dans les abîimes qui arrétaient sa route: Mais tant de résolution ne servit à rien, et après quinze jours de fatigues sans égales, de périls inouïs , il revint à Sidney, confirmant, par sa propre mésaventure, tout ce qui avait été dit sur l'impossibilité de franchir ces remparts extraordinaires. Du sommet d’un pic très-élevé, M. Bass avait vu, à la distance d’enviro: quarante milles, une seconde chaîne de montagnes beauco::» plus hautes qu'aucune de celles qu'il avait gravies, et l’espace intermédiaire offrait des obstacles aussi fréquents et non moins formidables que ceux dont il avait triomphé.

Le premier essai qui eut lieu ensuite pour chercher un passage à travers les montagnes occidentales fut fait par un émigré français, M. Bareilligr, ingénieur de la colonie, On ajouta aux précautions prises dans les entreprises précédentes l'établissement bien entendu d’une ligne de postes placés à peu de: distance l’un de l’autre, de facon à maintenir une commünication active entre les’ voyageurs et les établissements anglais les plus voisins ; mais, nonobstant la sagacité qui avait présidé au plan de cette ‘expédition, M. Barcillier ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs et n’arriva même pas au point que M. Bass et d’autres avaient atteint avant lui.

Outre ces nombreux échecs, plusieurs circonstances faisaient croire aux colons que les Montagnes Bleues étaient absolument infranchissables. Les naturels du pays les connaissaient aussi peu que les Européens eux-mêmes. Ils les regardaient avec un religieux effroi comme un séjour d’esprits malfaisants d'où le tonnerrre, les inondations et les vents embrasés sortaient pour dévaster le territoire. Ils affirmaient de plus qu'an-delà de ces montagnes était un lac im-

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mense sur les bords duquel vivaient des hommes blancs , semblables à des Anglais, vêtas de la même facon et habitant comme eux de grandes villes dans des maisons bâties de pierres. De telles fables relatives à un pays si voisin semblaient témoigner que l’aceës en était tout-à-fait interdit.

Ces régions trensalpines restèreñt ainsi tout-à-fait inconnues jusqu’à ce que, en 4813, on décoüvrit un passage meriant, à l’ouest de Sidney et à travers les montagnes, des plaines d’Emu à un pays ouvert, fertile et bien arrosé. Aussitôt un chemin régulier fut établi, et le 25 avril 1815 le gouverneur Macquarie, sa femme et une suite nombreuse traversèrent les Montagnes Bleues , si long-temps regardées comme infranchissables. Le point le plus élevé de cette route traverse un plateau d’une étendue considérable d'où l'œil embrasse de toutes parts les tableaux les plus vastes et les plus divers. La ville de Windsor , la rivière Hawkesburÿ et mille autres points également remarquables de la colonie s'apercoivent distinctement. De là la route descend graduellement péndant quelques milles vers l’est où elle se termine tout-à-coûp par un précipice de six cent soixante-dix pieds présque pérpendiculaire. Le chemin tournant que l’on a construit pour descendre ce redoutable précipice a recü le nom dé l'ingénieur qui en a dirigé les rampes , et s'appelle maintenant la passe de Cox (Cox”’s pass).

Le gouverneur, parvenu jusqu’au pays plat situé à l'ouest des Montagnes Bleues, désigna immédiatement l'endroit où devrait plus tard s'élever une ville à laquelle il donna d'avance le nom de Bathurst. Il choisit une hauteur située sur la rive méridionale d’une belle rivière coulant au nord-ouest et qui prit son nom (Macquarie river). Tout autour ét à la distance de dix milles, on évalua qu'il se trouvait cinquante mille acres de terre dépouillés de bois et parfaitement disposés pour l'agriculturé ou l'éducation des bestiaux. Le pays abondait de plus en gibier et la rivière en poissons excellents, On observa que Bathurst”était situé par 35° 24° 30” de latitude sud et 1499 29° 50” de longitude est. La route qui de là conduit à Sidney a cent quarante milles. M. Throsby découvrit, en 1819, dans les Montagnes Bleues un autre passage beaucoup plus méridional ; et, comme la popula-

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tion de la colonie tend de plus en plus à se rapprocher des montagnes, il est probable que de nouvelles voies de communications seront bientôt reconnues. &

La découverte d'une terre fertile presque illimitée était de la plus grande importance pour la colonie, et elle eut lieu à une époque très-favorable, c’est-à-dire au moment où l'accroissement de la population dans les bornes étroites d’un territoire peu productif avait dépassé les produits de l’agriculture. Une route s’ouvrant ainsi vers les régions de l'ouest, il était naturel de supposer qu’on poursuivrait avec une ardeur extrême cette intéressante découverte. M. Oxley, l'intendant de la colonie, fut chargé d'explorer le pays compris entre Bathurst et Lachlan, rivière considérable à quatre-vingts milles environ vers l’ouest, et dont les sources avaient été découvertes quelque temps auparavant. Au commencement de son voyage, M. Oxley trouva le pays pareil à celui qui avoisinait Bathurst, agréahlement coupé de vallons et de collines et tapissé de beaux pâturages, mais ne produisant que peu d'arbres, tous d’ailleurs d’une espèce presque naine; de frais ruisseaux y serpentaient en grand nombre, et la pierre à chaux de la meilleure qualité y était très-abondante. On attacha une importance toute particulière à cette dernière découverte , car c'était la première fois que l'on trouvait cette pierre dans la Nouvelle-Galles du Sud.

Le 24 avril, M. Oxley et sa suite arrivèrent au dépôt que l'on avait d'avance établi sur le Lachlan pour le service de l'expédition. Au moyen de mesures barométriques, on vérifia que le pays ne s'élevait guère en cet endroit à plus de six cents pieds au-dessus du niveau de la mer; tandis que les plaines Bathurst , mesurées de même, se trouvaient à mille neuf cent soixante-dix pieds au-dessus du même niveau. Ce brusque abaissement du pays était de mauvais augure pour la longueur de la rivière. Du 27 avril au 42 mai, M.Oxley descendit cette rivière en bateau, jusqu'à ce que, trouvant les plaines inondées à l'ouest comme au nord-ouest; et la rivière ellemême, qui depuis quelque temps avait pris l'aspect d’un canal stagnant, se perdant alors dans les marais , il jugea inutile d'en suivre plus loin le cours. Il marcha ensuite pendant plusieurs jours vers le sud-ouest ; mais la fatigue et le man-

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