‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 62 sur 178 · LV. V · texte numérisé non relu

LV. V

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que d’eau lui ayant enlevé plusieurs chevaux, il se vit contraint de prendre la direction du nord, et de gagner quelques collines basses qui s’élevaient de ce côté. Il n’avait pas long-temps suivi cette nouvelle route, lorsqu'il rencontra un courant d’eau : bientôt il reconnut le Lachlan, qui, à cet endroit , sortait des marais. On le côtoya de nouveau jusqu'au 8 juillet, où il parut inutile, sinon impossible, d’avancer davantage à l'ouest. La rivière ne recevait point d’affluent tributaire, mais se perdait au contraire en lagunes nombreuses. Le pays était une plaine continue sans autres bornes que l'horizon, dépouillée de bois, et sujette évidemment aux inondations toutes les fois que la rivière débordait. L'endroit où la rivière Lachlan disparait d’une façon si bizarre est à cinq cents milles à l’ouest de Sidney, et presque sous la même latitude. IL avait fallu six semaines d’incroyables efforts pour arriver si loin. Le cours de la rivière, ses détours compris , s'étend sur plus de douze cents milles : durant la plus grande partie de ce cours, elle ne reçoit aucun autre courant auxiliaire, et finit par s’absorber dans une plaine déserte. Les provisions de nos voyageurs étant alors presque épuisées, ils se dirigèrent en toute hâte vers le Macquarie, pour déterminer la direction de cette rivière, qui bien évidemment ne se réunissait pas au Lachlan, Tout d’abord ils traversèrent un pays stérile et désert ; mais, lorsqu'ils eurent gagné les hauteurs, la perspective changea soudain ; et, après une quinzaine de lieues de marche, ils campèrent au bord d’une rivière considérable, courant du sud au nord, et arrosant une magnifique vallée, à laquelle on donna le nom de Wellington (/f’ellington valley). On crvt d’abord avoir trouvé le Macquarie, mais M. Oxley, impatient d'explorer le pays nord, descendit quelque temps le nouveau courant ; il s’aperçut alors, avec un joyeux étonnement, que cet affluent rejoignait une très-belle rivière venant de l’est-sud-est, et traversant la chaîne basse de collines herbeuses qui bornait la vallée à l’est, Celle-ci était évidemment le Macquarie si longtemps cherché, et dont la vue fitoublier à nos voyageurs tous leurs désappointements passés. Leur courte excursion vers le bas de la rivière avait confirmé l'opinion qu'ils s'étaient déjà faite de la fertilité du pays. En revenant vers Bathurst, [UUE 11

ils trouvèrent le sol montueux, mais riche et d’un bel aspect ; le bois seul dégénérait aux approches des plaines récemment découvertes. Ce qui caractérise particulièrement cette région, est le nombre des courants par lesquels elle est traversée. M. Oxley en parle ainsi : « En supposant que l'aspect du pays qui environne le Macquarie , à l'endroit où nous l’atteignimes pour la première fois , n’expliquât pas la grandeur de cette rivière, le chemin que nous avions suivi depuis nous en eût fait comprendre les causes. Cette région est à la lettre sillonnée d'eaux courantes : sur chaque colline nous trouvions une source , et dans chaque vallée un petit ruisseau , les uns coulant directement au nord-est de la rivière, les autres allant la rejoindre à l’ouest, dans la vallée de Wellington. L'aspect du pays indique que les eaux venant du nord-est sont au moins aussi nombreuses que celles du côté opposé. » Depuis cette époque un établissement s’est formé dans la vallée de Wellington, à la jonction de la rivière de Bell (Bell’s River ) et du Macquarie ; cet endroit, situé à plus de deux cents milles à l’ouest de Sidney, paraît destiné par sa fertilité et la beauté du pays qui l’environne à devenir une des colonies les plus florissantes de la contrée occidentale.

La description brillante que M. Oxley et ses compagnons donnèrent du Macquarie et de ces délicieux paysages , de ces ruisseaux innombrables, de ces blocs de pierre à chaux et de ces bois magnifiques disposés comme ils l’eussent été dans un parc, enflamma l’enthousiasme des colons, et leur fit espérer qu'on verrait ce noble flenve aboutir à l'Océan. Un tel moyen de communication entre la mer et la contrée occidentale manquait seul pour compléter le mérite des découvertes nouvelles , et devait leur donner une valeur inestimable. On résolut immédiatement d'explorer, s'il était possible, la rivière jusqu’à son embouchure, et une station à l’usage des voyageurs fut établie dans la vallée de Wellington.

Au mois de mai 1848, M. Oxley quitta Sidney et tenta une seconde excursion dans l’intérieur. Après que nos voyageurs furent descendus au-dessous de Wellington-Valley, et pendant plusieurs jours consécutifs, la rivière continuait à couler inajestueusement à travers un pays aussi beau qu’on en eut encore eu à décrire. Une rivière considérable nommée

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