‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 63 sur 178 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

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l’Erskine, qui de l’est venait s’y jeter, semblait présager le succès en témoignant que le Macquarie était le grand réceptacle des eaux de l’intérieur. A cent vingt-cinq milles de la vallée de Wellington , les collines disparurent et le pays devint parfaitement uni; mais le sol était excellent et n’avait aucun débordement à craindre. De cet endroit, deux hommes furent envoyés au gouverneur pour lui faire connaître les résultats de l'expédition. Lorsqu'ils partirent, on s'attendait à un succès définitif.

« Le 28 juin, dit M. Oxley, nous avions suivi le cours de la rivière sans y remarquer d’addition ou de diminution sensible jusqu'à environ soixante-dix milles au nord nordouest. Là, sous l’action d’un vent assez fort, elle déborda, et, quoique nous en fussions à près de trois milles, le pays était si parfaitement uni que les eaux envahirent le sol sur lequel nous nous trouvions ; par bonheur, nous voyagions depuis quelque temps sur une plaine tellement basse que l'équipage de nos barques, voyant le pays inondé, avait ralenti sa marche. Cette circonstance me permit de leur envoyer l’ordre de revenir à la station que nous avions quittée le matin, et où le sol était un peu plus élevé. Cet endroit cependant n’offrant pas une sécurité complète, il fut convenu que les chevaux avec les provisions. retourneraient aux dernières hauteurs que nous avions quittées, à seize milles environ de distance, tandis que, monté sur la plus grande chaloupe, je tâcherais de découvrir le point où les eaux se déchargeaient.

» Le 2 juillet, je descendis ainsi la rivière, et durant cette journée je fis près de trente milles vers le nord-nord-ouest, sans avoir, à la lettre, aperçu la terre, tant le pays envahi par l’inondation était devenu semblable à une mer. Les bords de la rivière étaient plantés d'arbres épais, et plusieurs espaces de terrain que nous distinguions çà et là, couverts de roseaux communs , étaient aussi environnés de bois. Le 5, nous trouvâmes le lit de la rivière rétréci, mais très-profond, ses rives continuant à être d’un pied à dix-huit pouces audessous de l’eau. Durant l’espace de vingt milles, elle demeura telle que nous l’avions vue la veille; ensuite nous perdimes toute vue de terre et d'arbres; le courant se mit à circuler dans les roseaux, en conservant une profon-

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deur d'environ trois pieds et sans changer de direction. Il continua ainsi pendant quatre milles, et alors, sans ancun changement préalable dans la largeur, la profondeur on la rapidité du courant, au moment où je me croyais sur le point de pénétrer dans le lac si long-temps cherché, la rivière sembla se jouer de nos poursuites , en se répandant de toutes parts, du nord-ouest au nord-est, sur la plaine de roseaux qui nous entourait ; de vingt pieds de profondeur elle diminua jusqu'à n’en plus avoir que cinq, et se mit à couler sur un fond de limon bleuûtre , conservant la même rapidité que lorsque ses eaux étaient contenues entre des bords élevés. Ce point de jonction avec les eaux de l’intérieur, où le Macquarie cesse d'offrir l’aspect d’un fleu*e, se trouve sous le 30° 40° de latitude sud et le 4470 40° de longitude est. »

Ainsi il se trouvait avéré que la rivière s’'épandait en un marais d’une étendue sans bornes qui cachait les limites du lac profond où ses eaux devaient se perdre, en supposant toutefois qu’un tel lac existât. M. Oxley, ne pouvant poursuivre ses recherches vers le nord-ouest, changea de route, et voulut rejoindre directement la côte orientale. Durant sa marche vers les Montagnes Bleues, il traversa jusqu’à douze belles rivières, courant en général dans la direction d'ouest et nord presque parallèlement au Macquarie. L'une d'elles, appoiée le Castlerengh, à pen de distance de ce dernier fleuve , fut regardée comme plus éteñdue; une autre nommée la rivière de Peel ( Peel's river ) était presque égale au Macquarie , et arrosait une contrée du plus bel aspect. Dès que nos voyageurs eurent quitté la plaine qui conduisait aux marais , et lorsqu'ils eurent gravi les collines, le tableau qui s'offrit de toutes parts à leurs yeux fut trouvé d’une variété et d’une magnificence imnrévues. Ils traversèrent des plaines, de plusieurs milles d’étendue, dont le sol parfaitement sec et fertile était parsemé d'arbres distribués comme ceux d'un beau parc. Des collines basses en longues chaines, couvertes de bois de cyprès, d’eucalyptes et d’acacias en pleine fleur , s'élevaient çà et là sur la plaine, se détachant comme des îles, et variaient ce paysage pittoresque. On gravit deux de ces élevations, l’une fut appelée le mont Tetley (Mount Tetley), l'autre la colline de Loadstone ( Loadstone Hill) ;

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