LIV. V
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toutes deux affectèrent notablement l'aiguille magnétique , les pôles se trouvant changés, lorsqu'on plaçait la boussole su Jeurs rochers. M. Oxley et sa suite, étant parvenus au se nmet des Montagnes Bleues, furent quelque temps embarrasses pour descendre le versant oriental. Le sol de la chaine où ils se trouvaient ne paraissait point fertile ; mais cette circonstance influait peu sur les bois dont elle était couverte; les arbres y étaient de la plus énorme dimension , et les forêts de la montagne égalaient en hauteur et en qualité les plus belles de la colonie orientale. Nos voyageurs avaient été arrêtés dans leurs progrès à l’est par des rangées de rocs perpendiculaires s'étendant du nord au sud , et que divisaient , dans toute leur longueur, des gorges profondes, impraticables en apparence. Ils essayèrent néanmoins de les traverser, mais leur marche fut tout-à-coup interrompue par un abime qui passait en profondeur tous ceux qu'on avait déjà vus. « Cet effroyable ravin, dit M. Oxley, s'étend à peu près du nord au sud ; au fond sa largeur n’excède pas cent ou deux cents pieds, tandis que la séparation de ses bords extérieurs est de deux à trois milles. Il à certainement plus de trois mille pieds de profondeur perpendiculaire. » Nos voyageurs marchèrent quelques jours au sud, ayant à leur gauche la contrée sauvage et impraticable dont nous venons de donner une idée. Ils rencontrèrent plusieurs cascades d’une magnificence sans pas, reille, et enfin découvrirent par bonheur un vallon où la descente était possible. Ils côtoyèrent quelque temps un torrent impétueux qui descend des montagnes pour se jeter dans le Hastings , qui lui-même se jette dans la mer près du port Macquarie. Leur voyage des Montagnes Bleues vers la mer ne s’effectua pas sans peine, au milieu de sommets abruptes et élevés, d’où l’on n’eût souvent pas pu descendre sans une immense quantité de vignes et de plantes grimpantes qui leur servaient d'appui. Enfin, le 25 septembre, M. Oxley et sa suite aperçurent pour la première fois l'Océan du sommet d'un rocher qu’ils appelèrent Montagne de la vue de la mer (Sea view mount). Il descendit ensuite vers le rivage Le long du Hastings, dont il donne une description faite pour encourager les colons à venir se fixer sur ses bords. Ainsi M. Oxley avait traversé le pays sur une ligne
droite de plus de trois cents milles, et la plus grande partie de ce voyage s'était faite au milieu de plaines bien arrosées et fertiles. A la vérité, il n'avait trouvé aucune communication entre les eaux intérieures et la mer, mais, comme dédommagement, il signalait, dans le voisinage de la côte, une étendue indéfinie d'excellentes terres également propres à l'agriculture et au pâturage.
Cependant l’ardeur des recherches se portait dans une antre direction. Deux notables de la colonie, MM. Hovell et Hume, examinèrent avec un succès signalé la partie sud-est du pays. Commençant leurs études à la Baie double (Twofold bay), ils se dirigèrent vers le sud-est , et traversèrent une région ouverte, sèche et d'une belle végétation , chargée de bois épais, jusqu’à ce qu'ils fussent parvenus au bord d’une rivière importante ; ils en suivirent le cours et s’aperçurent avec joie qu’elle se jetait dans le port Western , autour duquel le pays avait l'aspect le plus attrayant. Aïnsi, de quelque exagération qu’on puisse soupçonner les voyageurs d'une colonie, gens dont l'esprit s’exalte par l'espoir et l’amour des découvertes , il demeure certain que la Nouvelle-Galles du Sud n'est pas l’aride et stérile désert qui nous a été décrit par quelques explorateurs:On y trouve des rivières nombreuses, sinon toujours navigables , et une vaste étendue de terres
oductives, quoiqu'elles n’égalent pas en richesses les prairies de l'Amérique.
On fit, en 1829, un nouvel essai pour connaître la direction des eaux intérieures. Le capitaine Sturt partit avec un détachement pour explorer les issues du Macquarie et du Castlereagh; après avoir traversé le grand marais dans lequel se déchargent ces deux rivières, il se trouva sur une contrée plate et déserte, totalement privée de végétation, et enfin il découvrit sous le 445 de longitude et le 50 de latitude, une rivière considérable coulant au sud-ouest. Il suivit quelque temps son cours, mais il fut contraint d'abandonner ses recherches et derevenir à Sidney; il en était àsix cents milles au nord-ouest ; la nouvelle rivière fut appelée le Darling, par hommage au gouverneur de la colonie.
Une découverte plus importante , en ce qu’elle eut des résultats plus complets, a été récemment faite par le même
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officier : le7 janvier 4850, le capitaine Sturt descendit le Morrumbidgee , courant considérable à deux cents milles au sudouest de Sidney, et que l’on supposait se joindre au Lachlan. La station préparée d’avance pour nos voyageurs, et d'où ils partirent , était sous le 1450 57’ de longitude et le 340 45’ de latitude ; se trouvant ainsi à une distance considérable au sudouest de l'endroit où était parvenu M. Oxley en explorant le Lachlan. Environ à douze milles au-dessous de cette station, un affluent venant du nord-est se jetait dans le Morrumbidgee, et l’on supposa qu'il formait la communication entre cette rivière et le Lachlan. Le septième jour du voyage, les rives se rapprochèrent, et l’impétuosité du courant inspira la plus vive terreur à nos gens ; ils désespéraient presque de pouvoir continuer leur route, lorsque le chenal s’élargissant tout-à-coup ils se trouvèrent lancés sur une large et imposante rivière coulant de l’est à l’ouest , et dont les rives étaient à trois ou quatre cents pieds l’une de l’autre. Le 25, des naturels, au nombre d'une centaine environ, parurent sur la rive droite, projetant évidemment d'attaquer la barque ; accident d’autant plus inopportun que l’attention de nos voyageurs était réclamée par les bancs de sable qui les empéchaient d'avancer : mais leur terreur fit place encore une fois à un vif sentiment de joie. Les naturels avaient paru si décidés à prendre l’offensive, que quelques-uns d’entre eux étaient déjà entrés dans l’eau pour s'emparer de l’embarcation ; néanmoins, par un véritable caprice de sauvages, ils renoncèrent tout-à-coup à ce projet, et laissèrent tranquillement les étrangers passer outre. La chaloupe ne fut pas plutôt sortie des bancs de sable qu’on découvrit une grande rivière, venant de l’est, et qui rejoignait le Morrumbidgee en décrivant un angle parfaitement aigu. Les Indiens s'étaient montrés sur l’étroite langue de terre qui sépare les deux fleuves. Le nouveau courant, formé par l'union du Morrumbidgee et de l’autre rivière, qu'on supposait être le Par’ ag, reçut de nos voyageurs le nom de Murray. Ses ve, couvertes de verdure et d'arbres, avaient un aspect ai, able; son cours inclinait à l’ouest de telle sorte, qu'il arrivait sous le 449° 40° de longitude sans descendre plus bas que le 34° de latitude. Les roches y étaient composées surtout de pierre calcaire, Le lit de la rivière avait
eu long-tempsl’aspect d'une gorge profonde, mais ensuite elle changea de direction au sud-est, coulant par longues nappes d'environ quatre cents pieds de large, et avec vingt pieds d'eau près de la rive. Cet aspect nouveau ranima l'espoir de nos voyageurs, qui se réjouirent bientôt en pénétrant dans un vaste lac de trente à soixante milles, en tous sens. Le pays environnant ne paraissait pas stérile, mais les arbres y étaient moins abondants que vers le haut de la rivière. A sept milles environ de l'embouchure du Murray, l'eau du lac étaitsaumâtre, et quatorze milles plus loin elle devenait tout-àfait salée. On inférait naturellement de cette circonstance qu'il était en communication avec la mer, ce qui fut bientôt démontré. Les bas-fonds s’opposant à la navigation de la chaloupe vers le sud du lac, le capitaine Sturt descendit à terre et se trouva sur le bord de la mer près de la baie du Combat, avec laquelle lelac communiquait par une issue large d’environ deux milles et navigable pour les barques. On conjectura que d’autres communications existaient sans doute, mais l’état d’épuisement où se trouvaient nos marins ne leur permit pas de dresser un relèvement complet de leur découverte. Le lac Alexandrina (ce fut ainsi que celte large nappe d’eau fnt nommée par le capitaine Sturt) est situé positivement à l’est du golfe Saint-Vincent, et se présente comme un grand golfe dont l'embouchure a été peu à peu fermée par des banes de sable. Les provisions des explorateurs anglais étaient presque entièrement consommées , etle travail nécessaire pour remonter le fleuve à contre courant fut si excessif, que les marins se trouvèrent à demi morts de fatigue en arrivant au dépôt ; ils l'avaient quitté quatre-vingt huit jours auparavant, et dans cet espace de temps ils avaient fait plus de deux mille milles. Une rivière appelée le Lindsay, et venant du sud-est, était la seule quise jetàt dans le Murray. Si le capitaine Sturt ne ‘:e trompe pas en conjecturant que le Morrumbidgee communique avec le Lachlan, et que la grande rivière qui de l’est vient s’y réunir est en effet le Darling, découvert durant sa première expédition, il s'ensuit qu’une immense étendue de communications par eau existe à l’intérieur, et que le Murray est probablement le canal par lequel vont rejoindre la mer toutes les rivières jusqu'à présent connues qui coulent à l'ouest des Montagnes Bleues.
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