CHAP. IX
avantageusement situées laissaient à leur intelligence et à leur activité le soin de maintenir.
Le dernier volume des voyages de Cook, dans lequel le capitaine King explique les avantages qu'offre l'échange des fourrures , fut publié en 1784 : l’année suivante , le capitaine Hanna partit de Canton dans un petit brick de 60 tonneaux , traversa les mers du Japon, et dans le mois d’août parvint au détroit de Nootka, que l’expérience deCook signalait comme le grand marché des fourrures d'Amérique. En s’avançant au nord , il découvrit plusieurs hâvres excellents, et revint en Chine , à la fin de l’année , avec une riche cargaison de fourrures. Tel fut le commencement d’un commerce d'échange, devenu par la suite d’une importance considérable, et qui a fait faire à la navigation plus de progrès qu'aucun autre, excepté, peut-être, la pêche de la baleine. L'année suivante, le capitaine Hanna revint à la côte américaine , et obtint de nouveau une précieuse cargaison. Un navire rival, envoyé de Macao vers la même époque, prit la route du Kamtschatka et se perdu sur l’île de Cuivre ( Copper-1sland ). Dans le principe, les vaisseaux destinés au trafic dont nous parlons étaient exclusivement ceux qui se trouvaient dans la rivière de Canton, et à qui une telle proximité procurait d’évidents avantages; mais, en 1756, deux navires commandés par les capitaines Lowrie et Guise, partirent de Bombay pour le détroit de Nootka; on dit qu’en avargant au nord ils découvrirent l'archipel auquel , dans la suite, Dixon a donné le nom d'iles de la Reine-Charlotte. Les expéditions parties du Bengale suivirent de près celles qui venaient de la côte du Malabar, Le capitaine Tipping se perdit avec la Loutre , mais le capitaine Meares, sur le Nootka, parvint au détroit du Prince-Guillaume , où il fut contraint d'hiverner, Vingt-trois de ses gens succombèrent à la rigueur du climat et au manque de provisions ; mais l’année suivante Meares revint à Macao. Son hivernage sur la côte d'Amérique avait été l'œuvre de la nécessité; par le fait, ce fut un grand pas vers des rapports plus intimes avec les habitants du pays.
Si les négociants anglais établis à Macao et dans l'Inde furent les premiers à faire activement le commerce des fourrures, ils ne durent qu'à leur position cet avantage éphémère :