‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 7 sur 178 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

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quand nos voyageurs abordèrent pour la première fois chez eux, bien qu’un sable ferrugineux formät le lit de plusieurs ruisseaux. Les femmes étaient couvertes d'une couche épaisse d'huile et d’ocre rouge ; les hommes, tatoués suivant la mode ordinaire des mers du sud. Ils étaient forts et actifs, ne manquaient pas d'intelligence, et se montraïent susceptibles de sentiments généreux , malgré leur penchant à Ja cruauté nourri par l'habitude d'une guerre incessante. Tupia s’entretint souvent avec leurs prêtres, aux yeux desquels"la supé- | riorité de son instruction et la variété de ses croyances superstitieuses lui donnèrent des titres à un respect tout particulier. | Tandis qu'il continuait à suivre et à examiner la côte vers 1 le nord, Cook pénétra dans un bras de mer terminé par une (Ù large rivière qu'il explora dans une étendue de quatorze ee milles. L'aspect général du pays, et l'étendue de la rivière elle- (© même, valurent à cette dernière le nom de Tamise. Les bois dont elle était bordée étaient d'une hauteur prodigieuse ; on Mi y voyait des arbres qui avaient vingt pieds de tour à six pieds 4 du sol, et plus de quatre-vingts pieds de hauteur jusqu'aux 1 branches. Lorsqu'il eut achevé d'examiner la côte nord-ouest 1 de la Nouvelle-Zélande, Cook, bien que sous ces latitudes on fût encore au milieu de l'été, se vit en butte à de si rudes | orages qu'en cinq semaines il n'avança pas de plus de cin- 41 quante lieues le long de la côte occidentale. Il atteignit enfin 2 un port vaste et sûr qu’il appela le détroit de la Reine Char- (1 lotte (Queen Charlotte’s Sound). I] prit alors possession du ù pays, et fit examiner avec soin le détroit. Le bois, l’eau douce, 4 Le poisson, y étaient dans la plus grande abondance ; les na- 0 turels se montraient faciles à vivre, et sur le rivage on trouva 1 des plantes anti-scorbutiques qui bientôt remirent les équi- 4! pages en parfaite santé. Là plus qu'ailleurs nos voyageurs 0 furent frappés par le délicieux ramage de certains oiseaux qui, "0 pareils à nos rossignols, ne chantent que pendant la nuit.

h En gravissant une hauteur voisine du détroit, Cook fut

surpris d’apercevoir la mer au sud-est, et découvrit ainsi

que cette terre, dont il n’avait pas soupçonné la division,

2 était coupée en deux par un bras de mer. Traversant le dé-

2 troit, auquel les géographes ont unanimement donné son

nom, il dirigea sa course vers le nord jusqu'à ce qu'il arrivàt I, 2

près du point même où il avait commencé à examiner ce pays. Îl reprit alors sa route au sud-est, et suivit la côte de Ja plus méridionale des deux îles encore comprises sous le nom de Nouvelle-Zélande, revenant ensuite, du sud, au port de la Reïne-Charlotte. L'île méridionale, ou, comme les naturels l’appellent, Tavai-Poenammoo , est un pays stérile, coupé par des montagnes d’une hauteur prodigieuse et que la neige recouvre pendant la plus grande partie de l’année. Les habitants aussi, quoiqu'’ils ne soient pas plus féroces, sont plus grossiers que leurs voisins du nord. Leur dialecte diffère également de celui des habitants d'Eaheinomauwe (c'est le nom de l'ile septentrionale). Dans cette derniére , de même que le élimat est plus doux et le sol plus fertile, la population est beaucoup plus considérable, et lès arts aussi bien que les institutions sociales y sont beaucoup plus avancés. Cook avait une haute opinion des naturels de la Nouvelle- Zélande, nonobstant leurs mœurs cannibales, dont il acquit des preuves aussi nombreuses qu’incontestables. Il ne put recueillir parmi eux aucune tradition qui parût se rapporter à l’arrivée de Tasman sur leurs rivages, mais ils connaissaient par ouï-dire un pays nommé Ulimarea, situé au nord-ouest, dont les habitants mangeaient des pourceaux, et d’où quelques canots paraissaient être accidentellement arrivés chez eux. La navigation autour de la Nouvelle-Zélande fut la première grande découverte de Cook. Lorsque Tasman visita ce pays, il avait imaginé que c’était une portion de la Grande Terre Australe ou d’un continent qu’il croyait s'étendre vers le pôle sud. Notre navigateur se tint pour satisfait d’avoir détruit cette hypothèse, et comme la saison avancée ne lui permettait pas de continuer ses recherches sous des latitudes plus élevées, il résolut de diriger son voyage vers la côte orientale de la Nouvelle-Hollande,alors tout-à-fait inconnue au mondesavant. Le 31 mars 1770, il quitta la Nouvelle-Zélande, et vingt jours après, à peu de distance du point où s’arrétaient les relèvements de Tasman, il découvrit la côte de la Nouvelle- Hollande. En avançant au nord, il pénétra dans un bras de mer où son Vaisseau navigua pendant quelques jours en pleine sécurité. On apercevait çà et là quelques habitants, mais, poltrons ou timides, on ne pouvait les décider à s’ap-

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