‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 70 sur 178 · PAF V · texte numérisé non relu

PAF V

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Monde. Dixon donna au groupe d’iles dont il avait presque fait le tour le nom d'’iles de la Reine-Charlotte (Queen Charlotte’s islands). A la vérité , l'honneur d’avoir découvert ces iles est réclamé par les Français en faveur de La Pérouse, qui, l'année précédente (1786), en avait étudié la limite occidentale ; mais il faut observer que les capitaines Lowrie et Guise réalisaient la même découverte à la même époque. Dixon visita ensuite le détroit de Nootka, où il trouva quelques vaisseaux anglais appartenant à ses commettants , et, par eux informé que le commerce de l’année était épuisé de ce côté, il cingla vers les iles Sandwich , où il rejoignit le capitaine Portlock.

Les vaisseaux qui jusqu'alors étaient empléyés au commerce des fourrures bornaient en général leurs visites à Nootka, au détroit du Prince-Guillaume, et aux autres points signalés par Cook; mais Portlock et Dixon, qui avaient pris un essor plus étendu , trouvèrent heureusement des côtes , où la marchandise qu'ils cherchaient existait en plus grande abondance, et où les naturels, n'étant pas accoutumés au commerce étranger, la vendaient à des prix plus raisonnables. Leurs cargaisons furent, en conséquence , d’une richesse extraordinaire, et leur succès devint un nouvel aliment à l’ardeur qui attirait de ce côté les négociants européens,

Les vaisseaux que le capitaine Dixon avait rencontrés sortant du détroit de Nootka étaient le Prince de Galles et la Princesse Royale, commandés par les capitaines Colnett et Duncan. Ils avaient quitté l'Angleterre au mois de septembre 1786, et avaient débuté par établir sur les iles des États (Staaten land) près de la Terre-de-Feu une factorerie dans le but d'y recueillir des peaux de veaux

marins et d'y préparer l'huile de ces animaux. Ils allèrent

ensuite à Nootka; puis , hivernant aux îles Sandwich, ils revinrent à la côte d'Amérique en 1788. Le capitaine Duncan jeta l'ancre et trafiqua dans différents hâvres sur la côte orientale ds îles de la Reine-Charlotte ; il traversa ensuite le canal qui sépare ces îles du continent, et se rendit à l’est vers un autre groupe qu'il appela les iles de la Princesse-Royale (Princess- Royal’s islands), et qui occupent collectivement l’espace compris entre les parallèles des 34° et510. Cet

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archipel offre parmi les îles nombreuses dont il est composé des baies, des hâvres, et des bras de mer sans nombre dont le capitaine Duncan examina une partie. Il y jeta l'ancre à dixneuf reprises différentes, non sans s’exposer à perdre son navire; mais un négoce fructueux l’indemnisait de ses fatigues et lui faisait oublier les dangers qu’il courait. Il poussa jusqu’au 47° son examen de la côte, et signala même sous le 48° 30’ une lacune des terres qu’il appelle le détroit de Fuca, puis il reprit sa route vers les iles Sandwich. En 1788, Meares entreprit, sur la Felice, un second voyage à la côte nord'ouest de l'Amérique ; il était accompagné du capitaine Douglas, commandant l’Zphigénie.Il réussit par son activité et sa persévérance à construire un petit vaisseau dans le détroit de Nootka ; puis il avança au sud afin d'examiner celui de Fuca, dans lequel la nature de son embarcation lui permit de pénétrer jusqu’à trente lieues ; à cette distance de ia mer le détroitavait environ quinze lieues de large, etun vaste horizon s’ouvrant à l’est allait lui en donner quinze de plus. Meares paraît avoir toujours douté si la terre dans laquelle est située le détroit de Nootka fait ou non partie du continent américain ; il fait justement observer que cette côte est bordée d’iles nombreuses, et qu'il reste encore à déterminer si aucune des terres hantées par Les marchands appartient de fait au continent. Son compagnon le capitaine Douglas, qui avait commencé son voyage le long de la côte près de la rivière Cook sous le 64° de latitude , avança au midi et fut le premier à traverser dans toute son étendue le chenal qui sépare les îles de la Reine-Charlotte des îles de la Princesse-Royale et de la Terre-Ferme.

Le trafic lucratif qu *entretenaient : ainsi les Anglais sur les côtes nord-ouest de l'Amérique et la certitude avec laquellé Dixon et les autres le déclaraient inépuisable, attirèrent l’attention et doublérent l'énergie de toutes les nations qui possédaient une marine commerciale. Les États-Unis d'Amérique, qui venaient de conquérir leur indépendance, avaient un intérêt particulier à s'assurer une portion du commerce nouvellement découvert. Ils étaient encore trop pauvres pour établir des relations avec la Chine à moins de pouvoir se présenter sur les marchés de cette hation avec des fourrures, le seul

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