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compagnaient furent surpris de trouver en cet endroit un pic de glaces s’élevant sur le rivage à une centaine de pieds et couvert à sa cime par une couche de terre où la végétation était magnifique ; à distance, ce rocher avait l'air d’un piton crayeux ; à sa base étaient accumulés des os et des dents de mammouths, du moins c’est ainsi que les appelle Kotzebue, bien que sur sa description les naturalistes y aient reconnu des dents d’éléphants. Les habitants paraissaient nombreux ; ils étaient chaudement vêtus de fourrures et de peaux; le tabac, grâce à leurs communications avec les Tshuktzki, ne leur était pas inconnu. Kotzebue quitta le 45 d’août le passage auquel ila laissé son nom, et traversa vers l’ouest pour visiter la Côte d'Asie ; cette déviation imprudente lui enleva l’occasion de faire quelque importante découverte sur la côte nord de l'Amérique. La mer, aussi loin qu’il put la parcourir, était entièrement dégagée de glaces, et un courant assez fort semblait la porter à l’est. Kotzebue hiverna dans cet archipel de la mer Pacifique qui comprend les îles Nautilus, Chatham et Calvert. Il leur donna à toutes de nouveaux noms, et parait les avoir envisagées comme de nouvelles découvertes. L'année suivante , il cingla de nouveau vers le nord pour reprendre le chemin qu'il avait si imprudemment abandonné dans sa première campagne. Il fut assailli durant ce voyage par d’effroyables coups de vent, et, jeté contre un banc par le tangage du navire, il se fracassa la poitrine ; sa santé dès lors se trouva si sérieusement attaquée, qu'elle le rendit incapable de supporter les brusques changements des températures septentrionales. Son courage une fois abattu , les difficultés qui pouvaient justifier l'abandon d’une entreprise à laquelle il n’attachait plus d'intérêt grossirent tout-à-coup à ses yeux, et il revint en Europe sans faire aucun autre essai pour pénétrer dans les mers polaires. Comme on n'avait pas trouvé auparavant sur les rives du détroit de Bebring un autre port où les navires pussent stationner, la découverte du détroit de Kotzebue (Kotzebue’s inlet) était d'une grande importance, et les baleiniers ne tardèrent pas à en profiter, L'immense ligne de côtes qu'étudia Vancouver, et que l'Espagne désirait si vivement s'approprier , est aujourd'hui, pour la plus grande partie , partagée entre la Russie, l’An-
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gleterre et les États-Unis. La portion anglaise est séparée des possessions américaines par la rivière Calédonia, qui se jette des Montagnes Rocheuses dans le passage de l’Amirauté (admiralty inlet), sous le 48° de latitude. Neuf degrés plus au nord, commence le territoire russe en Amérique. Aucune colonie n’a encore été fondée sur ces rivages, et les marchands qui viennent du Canada et de la baie d'Hudson, en bravant toutes les misères attachées à un voyage sur le continent, descendent chaque année des Montagnes Rocheuses dans ce pays ouvert à leur avidité. Les naturels y sont gais et actifs, bien disposés d'ailleurs pour les blancs, qui leur fournissent les commodités de la vie, et donnent un objet à leur travail. Ils ont encouragé les marchands à s'établir parmi eux. Ces derniers ont donné aux possessions britanniques sur cette côte le nom de Nouvelle- Calédomie (New-Caledonia). Ils la décrivent comme un pays fertile, bien arrosé par les courants qui viennent de la montagne, et si abondant en lacs, que plus d’un sixième de sa surface totale se trouve sous l'eau. Les naturels se nomment eux-mêmes Za’cullies, ou voyageurs d'eau, habitués qu'ils sont à passer en canot d'un village à l’autre. Les marchands anglais ont établi dans le pays une ligne régulière de postes fortifiés pour assurer leur commerce.
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CHAPITRE X. chasser ï nie | des pi INTÉRIEUR DE L’AMÉRIQUE DU NORD. He l'Amér
Ardeur des Américains à s'engager dans le "commerce des fourrures. — Emigration route à vers l'est. — Daniel Boon.— La Louisiane achetée par les Etats-Unis.— Expédition que l’ir de Lewis et de Clarke. — Ils remontent le Missouri. — Les Indiens Sioux. — Les ait fo chutes du Missouri, — Ses sources dons les Montagnes Rocheuses. — Descente de avait 10 la Columbia. — Dangers du voyage.— Lewis et Clarke arrivent à la mer. — L'hiver prisonn sur la côte. -- Voyage de Pike aux sources du Mississipi. — Pike explore les sources A de l'Arkansas et de la rivière Rouge. — Abondance du gibier. — Pike arrive aux nIIGeS Montagnes Rocbeuses. — Souffrances de ses gens. — Il entre par erreur sur le ter- lisation ritoire espagnol. — Il est fait prisonnier. — Sa délivrance et son retour. — Expé- contin dition du major Long. — Il explore la vallée de la Platte. — Les déserts de sable, ë — James's Peak. — 11 revient par la rivière Arkansas et la rivière Canadienne. — à cent mi Les Indiens Kaskaïa, — Voyage de Cass et de Schoolcraft, — De Long et de Keating, laquelle — Voyage de Hearne à la rivière des mines de cuivre. — Ses efforts malheureux.— k ]
Il arrive enfin à la mer. — Progrès des marchands de fourrures à l'intérieur. — à quelq
Voyage de Mackenzie. — 11 descend jusqu'à son embouchure la rivière de ce nom, souri
— Son expédition à travers les Montagnes Rocheuses.— Il arrive à l'Océan Paci- ‘ :
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Bientôt après que les colonies anglaises en Amérique eurent son, Zél conquis, par une lutte sanglante, leur indépendance politi- Merywe que, leur attention fut vivement attirée sur le commerce actif signés dont les fourrures étaient l’objet à l’autre bord de leur montait continent. Nous avons vu que des vaisseaux, partis de Boston, crivaient
étaient arrivés au détroit de Nootka, après une année de chant u
dangereux voyages, pour se procurer une cargaison de four- cendre
rures, La république au berceau se trouvait tout d'abord trop mai 4804
préoccupée des travaux d'organisation réclamés par le déve- rant qui
loppement subit de son existence politique , et avait, par chure d
comparaison avec l'étendue de son territoire, une population qui se soi
trop peu nombreuse pour penser à étendre sa domination lana. Les jusqu'à l'Océan Pacifique ; mais le cours des événements fit tellemen naître et grandir cette ambition, Le,vaste et fertile pays de sur leur la Louisiane, situé sur la rive occidentale du ‘Mssissipi, avait que, etp été cédé par l'Espagne à la couronne de Frañéè’en 1765, ct, remonté regardé sans doute par Napoléon comme une possession inu- derrière tile, fut vendu en 1804 aux États-Unis, moyennant 6,000,000 culé des d
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L’AMÉTIQUE DU NORD. 149
acquisition nouvelle, de vérifier ses productions, ses limites, les avantages qu’elle pouvait offrir.
Depuis long-temps le courant de l'émigration se portait à l'ouest : une prédilection marquée pour la vie errante dés chasseurs et pour la solitude des forêts avait poussé plusieurs des pionniers établis dans les colonies les plus reculées de l'Amérique à se retirer devant la civilisation, frayant ainsi la ronte à céux qui exploraient le pays avec d’antres motifs que l'instinct de l'isolement. Le célèbre Daniel Boon, qui avait fondé la première colonie dans le Kentucky, et qui, fait prisonnier par Îles Indiens, avait passé avec eux plusieurs années de sa vie, était au nombre de ces renégats ‘’" la civilisation ; et, voyant les colons s’avancer à l’ouest, it . Aangeaïit continuellement sa résidence, de façon à être toujours à cent milles en avant de la population blanche. La hutte dans laquelle il fut trouvé mort, il y a pen d'années, était encore à quelque distance des derniers établissements sur le Missouri.
La première grande expédition nationale entreprise par les citoyens des États-Unis fut projetée par le lieutenant Jefferson, Zélé promoteur des découvertes intérieures. Le capitaine Merywether Lewis et le lieutenant William Clarke furent désignés pour commander le détachement d'exploration, qui montait en tout à trente personnes. Leurs instructions prescrivaient de remonter le Missouri vers sa source ; puis, cherchant un passage à travers les montagnes de l’ouest, de descendre par la Colombia jusqu’à l'Océan Pacifique. Le 14 mai 4804, ils s'embarquèrent sur la rivière Wood , petit courant qui se jette dans le Mississipi presque vis-à-vis l'embouchure du Missouri, et ils commencèrent le plus long voyage qui se soit jamais accompli sur un fleuve depuis l’époque d'Orellana. Les fictions des siècles d'ignorance n'étaient pas encore tellement discréditées qu'ils n’eussent la crainte de rencontrer sur leur route des peuplades sauvages d'une stature gigantesque, etparticulièrement hostiles à la race blanche. Après avoir remonté environ cent milles sur le Missouri, ils laissèrent derrière eux un petit village nommé la Charrette, le plus reculé des établissements blancs qui s'élèvent près de ses bords. Chez presque toutes les tribus indiennes du pays, les Osages,
les Sioux et les Mahas, ils observèrent des marques non équivoques d'une décadence et d’une misère toujours croissantes. Une tribu de cette dernière nation avait été portée à un tel état de fureur par les ravages de la petite vérole, qu'elle avait brûlé ses villages , tué ses femmes et ses enfants, et s'était éloignée, pour chercher dans quelque pays écarté un séjour à l'abri de cette cruelle maladie.
On montra à nos voyageurs, sur les rives du Missouri, un rocher que les naturels envisageaient avec un respect superstitieux. Ils tirent de ses flancs la pierre rouge dont ils font leurs pipes, et le pays au milieu duquel il s'élève est une sorte de terrain neutre ou sacré, sur lequel, pendant les guerres les plus cruelles, chacun peut venir en paix chercher la substance de son calumet. Lorsque nos voyageurs eurent remonté encore de soixante à cent milles vers les sources du Missouri, les vents froids venus du nord-ouest, et la rivière , récemment prise, les avertirent qu’il était temps de chercher en toute hâte leur quartier d'hiver ; en conséquence, ils élevèrent un fort, qu’ils appelèrent fort Mandan, du nom du peuple indien chez lequel ils étaient aiors. Ces sauvages adorent, on peut le dire , le pouvoir de guérir; ils croient à l'existence d’un grand esprit, qu’ils appellent le Grand-Médecin et le Génie ; l'ange gardien de chaque individu est aussi représenté comme veillant spécialement sur l’état de sa santé. La tradition qui s’est conservée, touchant l’origine de cette tribu, mérite, par sa singularité, une mention à part. Ses membres croient que tout leur peuple résidait originairement dans un grand village, creusé sous le sol, au bord d'un lac souterrain ; les racines d’une vigne avaient creusé la terre jusqu’à ce village, et y apportaient un rayon de la lumière extérieure. Quelques aventuriers grimpèrent à ces racines, montèrent à la surface du sol, et rapportèrent une description si attrayante des buffles et du fruit, ainsi qu’un échantillon de raisin si délicieux au goût, que la nation entière résolut d’émigrer vers cette région supérieure dont on lui vantait le séjour. Les hommes, les femmes, les enfants, commencèrent en conséquence à monter; mais la moitié seulement était arrivée à la surface, lorsque la vigne rompit sous le poids d’une énorme femme, et l'ascension lui fut interdite désormais ainsi qu'àu reste du
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