‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 76 sur 178 · LÀ · texte numérisé non relu

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à l'embouchure de la Colombia ; et quelques-uus de ses compagnons, en revenant de l'Océan Pacifique, arrivèrent par les Montagnes Rocheuses à l’une des sources de la Platte, sur laquelle ils descendirent vers le Missouri, traversant un pays que personne encore n'avait exploré. L'année suivante, M. Robert Stewart et quatre autres négociants partirent de l'Océan Pacifique pour New-York. En traversant les

Montagnes Rocheuses ils furent arrêtés par un détachement d'Indiens Corneilles (Crow Indians) qui leur dérobèrent tous leurs chevaux. Ils se trouvèrent ainsi sans aucun moyen de transport, ayant devant eux les Montagnes Rocheuses et un voyage de deux mille milles, dont la plus grande partie devait se faire dans un pays complètement inconnu , leur route se trouvant fort au sud de celle qu'avaient suivie Lewis et Clarke. Après qu'ils eurent péniblenent traversé les montagnes , ils voyagèrent à l’est-sud-est, et parvinrent aux sources de la grande rivière Platte , qu’ils suivirent jusqu’à son embouchure; ils passèrent l'hiver sur ses bords , à six cents milles au-dessus du Missouri.

Enfin, en 14819, le gouvernement américain organisa une expédition nouvelle, « militaire à la fois et scientifique , afin d'examiner avec plus de soin , sous le double rapport de la colonisation et de la défense du territoire, les possessions étendues des États-Unis à l’est des Montagnes Rocheuses. » Elle fut dirigée par le major Long; la relation en a été écrite par le docteur James, botaniste célèbre, Le major Long et ses compagnons s'embarquèrent, le 5 mai 1819 , à Pittsburg, sur un bateau à vapeur, et, le 30 du même mois, ils arrivèrent au Mississipi. Vers le milieu de septembre ils se trouvèrent au confluent de la Piatte et du Missouri ; ils dressèrent leur camp d’hivernage, auquel ils donnèrent le nom de Cantonnement des Ingénieurs, sur les bords de ce dernier fleuve. Durant l'hiver , ils y souffrirent horriblement du scorbut; et comme ils n'avaient aucune ressource pour combattre cette maladie survenue à l’improviste, elle leur efleva cent soldats, formant un grand tiers de l'expédition.

Le 6 juin, les explorateurs américains quittèrent leurs quartiers d'hiver et remontèrent i: vallée de la Platte; elle offrit à leurs regards, le long de ce fleuve et pendant plus de cent

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milles, une immense étendue de prairies naturelles, sans une seule colline, un seul mouvement du sol, et semées à peine çà et là d'un arbre ou d’un buisson. D'immenses troupeaux de bisons et de daims, suivis par des bandes de loups toujours attachés à leurs traces , errent sur ces vastes plaines. L'activité de ces animaux et la beauté de quelques plantes rares atténuent seules l'effet monotone du paysage. Aux prairies qui bordent la Platte succède le grand désert de sable qui s'étend sur une pente douce de près de quatre cents milles jusqu’à la base même des Montagnes Rocheuses;il n’a pas moins de cinq cents milles du nord au sud; sa surface est sillonnée de ravins profonds, dont quelques-uns descendent à plusieurs centaines de pieds au-dessous du sol. Le rare feuillage de quelques arbres rabougris ombrage les ruisseaux qui coulent au fond de ces cavités ; mais, sur la surface du grand désert, on ne découvrirait pas un seul arbuste. Le cactus revêtu d'épines formidables s’y montre seul, interdit aux hommes et aux animaux.

L'expédition parvint enfin au pied des Montagnes Rocheuses, et le major Long envoya un détachement sur un pic qui dominait d'une hauteur considérable le reste de la chaine. Le docteur James, dont le nom est resté à cette montagne, parle avec admiration du coloris particulièrement brillant que les plantes y revétent; il l’attribue à l'intensité de la lumière transmise par l'atmosphère éclatante de ces régions élevées, et augmezieu par le reflet des énormes masses de neiges qui les dominent. « Du sominet de ce pic, continuetil, le regard embrasse au nord-ouest et au sud-ouest d'innombrables montagnes toutes blanchies de neige ; les plus éloignées en sont revêtues jusqu'à leur base, Immédia tement sous nos pieds, à l'ouest, gisait l'étroite vallée de l'Arkansas, dont nous pouvion: suivre le cours vers le nordouest à plus de soixante milles. Sur le versant nord de la montagne était une masse énorme de neige et de glace ; à l'est s'étendait la grande plaine s'élevaut, à mesure qu'elle s'éloignait, jusqu'à ce que, à l'extrémité de l'horizon, elle semblat se confondre avec le ciel. » Le mesurage trigonomé tique donne à la montagne du docteur James une hauteur d'environ huit mille ciug cents pieds à partir de sa base, cu

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