‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 78 sur 178 · SEE · texte numérisé non relu

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autres incorreetions de la même nature jetèrent long-temps un certain discrédit sur l'ensemble du récit, et firent douter assez généralement que Hearne fût réellement parvenu jusqu'à la mer,

Avant l’année 14775, la grande chaîne de lacs qui, du lac Supérieur, court au nord-ouest vers la mer Polaire et sert de réceptacle aux eaux qui tombent des Montagnes Rocheuses, était encore tout-à-fait inconnue. A cette époque, M. Joseph Frobisher, engagé dans le commerce des fourrures, essaya de pénétrer dans le pays encore inexploré à l'ouest ; ii réussit à remonter fort loin le Mississipi, ou rivière Churclul!, où il se procura autant de fourrures que ses canots en pouvaient porter. Durant cette périlleuse expédition, il eut à subir toutes les misères inhérentes à un voyage dans des pays incultes et déserts, où sa subsistance dépendait entièreme:t de ce que lui fournissaient les eaux et les bois. Cette difficuité néanmoins ne l’empêcha pas d'y revenir l’année süivante et d'y obtenir le même succès. Sou frèreréussit alors à gagner le las de la Croix, encore plus loin vers l’ouest, En 1778, M. Pond suivit les traces de M. Frobisher, et, poussant plns loin encore , arriva enfin à Athabasca , pays qui n'était connu jusqu'alors que par le dire des Indiens. Nos marchands ayant ainsi atteint cette chaine des eaux intérienres qui permet de naviguer presque continuellement depuis les lacs du Canada jusqu'à la mer, commencèrent à avancer beaucoup plus rapidement dans leurs découvertes ; il ne se passa pas long-temps ayant qu'ils connussent l'existence d’un granil fleuve coulant au nord.

Afin d’explorer ce fleuve, auquel il a donné son nom, M, Alexandre Mackenzie partit le 3 juin 1789. En quittant le fort Chepeweyan , sur la rive sud du lac des Collines (Lake of the Hills), il était accompagné par un détachement de Canadiens et par quelques Indiens, dont l’un avait voyagé avec Hearne, En descendant la rivière, et lorsqu'il se trouvait sous le 67° 4ÿ’ de latitude, il apprit d'une tribu d’Indiens appelés les Deguthee - Dinees onu Querelleurs, que le rivage oriental de la mer n'était pas très-éloigné, et que, du côté de l'ouest, il y avait encore moins de chemin. Le 12 juillet, Mackenzie et les siens pénétrèérent dans

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un lac, ou du moins dans une étendue d'eau qui leur parut, à raison de son peu de profondeur et des glaces qui la cou, vraient, ne pas pouvoir être la mer, bien qu'on n’aperçût aucune terre à l'horizon, « À quelques lieues de l'embouchure de la rivière, mes compagnons, dit Mackenzie, ne purent retenir quelques expressions de véritable regret en songeant qu'ils seraient obligés de revenir sans avoir atteint la mer. » Il semble par là que notre auteur était d'abord disposé à douter qu'il fût réellement parvenu jusqu'à l'Océan ; mais bientôt après, il chserva un exhaussement des eaux qui fut attribué par tous à l'effet de la marée, le vent ne soufflant pas avec force. On vérifia que cette crue était d'environ dixhuit pouces. IL est possible que la qualité douce des eaux qui l'entouraient ait contribué à le faire d’abord hésiter, mais lorsqu'il vit plusieurs baleines se jouer sur la glace, il se décida enfin à penser qu’il était en ce moment sur l'Océan. IL s’assura qu’une île sur laquelle il descendit, et qu’il appela l'ile des Baleines, était sous le 69° 14’ de latitude. L'expédition revint sans accident au fort Chepeweyan, le 12 septembre 1789. Le récit de Mackenzie , de même que celui de Hearne, fut long-temps envisagé avec méfiance, et ses assertions relalivement à son arrivée à la mer n'étaient pas généralement admises; mais le résultat de quelques expéditions récentes a rétabli la réputation et prouvé l'exactitude extrême de cet intelligent voyageur.

En 1799, Mackenzie repartit de nouvean afin de poursuivre ses découvertes à l’ouest. Il remonta la vivière de la Paix (Peace river) qui descend des Montagnes Rocheuses, et dans le printemps de 4796, s'étant frayé avec beaucoup de difficulté un chemin à travers leurs âpres chaînes , il s'embarqua sur une rivière appelée le T'acoutche-tesse, qui coule vers le sud-ouest. Outre les souffrances qui nécessairement accompagnent un voyage dans un pays sauvage, montagneux et inconnu, il eut à endurer de continuelles contrariétés ayant pour causes l'ignorance , l'obstination et la timidité de ses guides. Enfin, au mois de juin, il arriva chez une tribu d'Indigns où il apprit que la rivière coulait vers le sud, et que, près de son embouchure, des hommes blancs étaient occupés à construire des maisons, Les sauvages qui lui donni-

rent ce renseignement lui représentèrent leurs voisins comme une race très-méchante , vivant dans des réduits souterrains et possédant des ustensiles de fer achetés par voie d'échange aux hommes blancs, qui les apportaient dans de grands canots, Après avoir surmonté par sa persévérance, et par lesressources abondantes de son esprit inventif, des difficultés innombrables, notre voyageur parvint à l'embouchure du fleuve, dont il détermina la position avec beaucoup d’exactitude. Le Tacoutchetesse tombe dans la mer immédiatement au sud des îles du Prince de Galles. Sur le versant d’un rocher, il inscrivit ces mots en grands caractères, avec un mélange de graisse et de vermillon : « Alexandre Mackenzie, venu du Canada par terre. Ce 22 juillet 1795. » Notre aventureux voyageur reprit la même route qu’il avait déjà suivie, et arriva le 24 août au fort Chepeweyan.

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