‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 85 sur 178 · ILL · texte numérisé non relu

ILL

Le renne et le bison paraissent avoir été complètement expulsés des grandes plaines qui s'étendent entre la baie d'Hudson et l fleuve Mackenzie; et les animaux à fourrures eux-mêmes y sont devenus si rarés qne l'on craint de les voir disparaître entièrement du versant occidental des Montägnes rocheuses. L'influence des Européens à été, du reste , aussi fatale aux habitants indiens qu'aux animaux de ce vaste pays. La tribu dés Crees ou Kristenaux, répandué sur un espace de vingt millé milles carrés ne compte guère plus de cinq cents individus ; en sorté que cette puissante nation est condamnée à disparaître bientôt de la surface du globe. Les maladies engendrées et développées par l'usage abusif des liqueurs fortes Sont les principales causes de cette rapide dépopulation.

Dès le éomtitencèmént du printernps, le doéteut Richatdson et M. Hood partirent pour rejoindre leufs compagnons au fort Chepeweyan} dans ces climats là vènue lu printemps a des charmés difficiles à concevoir pour éeux qui n’ont pas vécu au milieu d’uné hâture cachée péndant huit mois sous le linceul sépulèral des néiges. Le dégel ÿ comiience à peiné et déjà les arbres sé révétent dé feuillage; la végétation sé développe tout-à-coup avéc üuné abondance ét une vigueur aussi surprénantes qué délicièuses à contèmplér. Mais en méme témps des de moustiques obscutcissent l'air, et les taons de éviénnent si actifs ét si incommodes, que le voÿägeur (OBMenté par eux se rappelle avec regret ses courses d'hiver, les froids intenses et les nuits passées sut: la néigé à ia belle étoile.

L'expédition sé trouvait maintenant réunie à Chepeweyan, et lé 18 jüillet 4820 ellé se mit en route, espérant qu'avant la fin de la belle saison elle pourrait se procurer un hivernage confortable à l'embouchure de la rivière Coppermine , et employer ensuite tout le printemps à l'examen des côtes orientales. Mais les difficultés qni accompagnent les longs voyagés, dans ces régions désolées, se présentèrent plus nombreuses pent-être et plus terribles qu'on ne les avait prévues. Les chutés des fleuves, les bas-fonds des lacs et les portages retardaiént, pour ainsi dire, à chaque pas, la marche de nos voyageurs qui eurent aussi à souffrir

CHAI

delar probal cautior batelie et l’uni engagé blée po rentàs d'oies s Les cha d'avance d'attein il fallut dans les cinquan voisine ( Canadie nom de dérable lac voisi et 4150 € Aussit dans leu des pro composi du Nord leur pro nombre jotry et :

de ces a nements encore lé à peine d'Indien pour viv munitio et d’autr sud n'éte partit le

CHAP. XIII. LE CAPITAINE FRANKLIN. 195 de la rareté de leurs provisions; embarras que leur eussent

probahlement évité une prévoyance ordinaire et quelques pré-

cautions. Dès que la disette commença à se faire sentir, les bateliers canadiens montrèrent un assez vif mécontentement, et l'union, qui devrait avant tout exister entre des hommes engagés dans de si hasardeuses entreprises, fut désormais troublée pourtoujours. Vers le 20 août, les petits étangs commencèrent à se couvrir de glace, et l’on vit fuir au sud les troupeaux d'oies sauvages , symptôme décisif de l'approche de l'hiver. Les chasseurs canadiens déclarèrent qu'il serait impossible d'avancer, et le capitaine Franklin dut renoncer au projet d'atteindre, avant la fin de la saison, la rivière Coppermine ; il fallut donc se préparer à former un établissement d'hiver dans les lieux où l'expédition se trouvait alors, à cinq cent cinquante milles environ de Chepeweyan. Sur une élévation voisine des bords d'une rivière appelée la rivière d'Hiver, les Canadiens élevèrent une maison à laquelle ils donnèrent le nom de Fort-Entreprise. Des arbres d'une dimension considérable et principalement des pins bordaient la rivière et la lac voisin. Le fort Entreprise est situé par 64° 28’ latitude, et 4130 6’ longitude.

Aussitôt que nos voyageurs et leur suite se furent établis dans leur quartier d'hiver , ils s’occupèrent tous à amasser des provisions et à préparer avec la chair de rennes cette composition de viandes broyées connue dans l'Amérique du Nord sous le nom de Pemmican, D'abord tout semblait leur promettre une véritable abondance; les rennes étaient nombreux ; on n'en vit pas moins de deux mille en un seul jo; et avant leur migration au sud plus de cent quatre-vingts de ces animaux furent pris et séchés; mais ces approvisionnements considérables en apparence et auxquels s'ajoutaient encore les poissons du lac et de la rivière voisine suffrent à peine à la consommation des voyageurs et des bandes d'Indiens qui, l'hiver venu, se rassemblèrent autour du fort, pour vivre aux dépens de la charité européenne. De plus les munitions s'épuisaient, et les ballots de couvertures, de tabac et d’autres objets également nécessaires que l'on attendait du sud n'étaient pas encore arrivés. En conséquence, M. Back, partit le 48 octobre avec une escorte de Canadiens et

Re

Al ‘#4 (1 ‘4 1% * Le

d'Indiens pour les aller chercher à Chepeweyan; sans ce . dévouement extraordinaire, l'expédition n’eût vraisemblablement pas pu continuer sa route l'été suivant. M. Back fit ce La voyage à pied , au milieu de l'hiver, Il donne ainsi en quel- je ques mots l’idée des souffrances qu'il eut à endurer. « J’eus de 4 le plaisir de retrouver mes amis, tous bien portants, après * | une absence d'environ cinq mois, durant lesquels j'avais À. fait onze cent quatre milles avec des souliers pour la neige, “ “ et sans autre abri, la nuit, dans les bois, qu’une couverture re et une peau de daim; le thermomètre descendant souvent ml à 40° et une fois à 57° au-dessous de zéro; il m'arrivait parfois de passer deux ou trois jours sans prendre de nour- di riture.» Afin d'apprécier le courage de l'homme qui entreprit dien volontairement une semblable excursion, il est bon de faire dée : remarquer qu’une marche avec des souliers pour la neige se cause les plus vives souffrances à ceux qui n’y sont pas né

accoutumés. « On comprendra le supplice d’une pareille manière de voyager, dit le capitaine Franklin, en pensant à l’incommodité de marcher avec un poids de deux ou trois livres constamment attaché à des pieds écorchés et à des chevilles gonflées ; encore ne s’en fera-t-on qu’une faible idée, » . Ceux qui étaient demeurés à Fort-Entreprise eurent presque antant à souffrir de la rigueur du froid que leur généreux com aguon, Test remarquable que , durant le mois de décembre, la teipérature y baissa une fois de trois degrés audessous de celle que Parry avait subie dans l'ile Melville située à neuf degrés plus près du pôle. Pendant ces gelées intenses, l'atmosphère était en général fort calme, et les hommes occupés à couper du bois ou à tout autre travail extérieur n'avaient pas besoin de prendre des précautions extraordinaires. Ceux que le froid tue dans ces contrées périssent en général, parce qu'ils sont surpris dans un endroit découvert par un coup de vent qui, dépouillant le corps de toute chaleur naturelle, semble ajouter aux rigueurs de qui d la température et les fait bientôt mourir, Les arbres qui ontr entouraient le Fort-Entreprise furent gelés jusqu'au cœur et naire devinrent aussi durs que des pierres ; chaque jour quelque les re hache se brisait sur leur bois endurci, et vers la fin de dé- des r cembre une seule était encore en état de servir, nent

nom

Fe

ce le- , CE eleus )rès vais ge, ure ent vait ourprit faire eige pas eille int à trois che- 6e. »

resr'eux » dés aulville elées rieur ordissent t déorps rs de s qui ur et elque e dé-

Deux interprètes esquinaux de la baie d'Hudson accompagnèrent M. Back à Fort-Entreprise. Immédiatement après leur arr'vée , ils commencèrent à bâtir une maison de neige :« devait étre, selon eux, beaucoup plus commode et beaucoup plus chaude que l'habitation en bois déjà construite, Ils élevèrent un dôme d’environ douze pieds de diamètre et de huit pieds de hauteur auquel la pureté des matériaux employés pour le construire et la transparence de ses murailles donnaient un aspect très-agréable. Pendant les sombres mois d'hiver, les officiers passaient leur temps à dessiner et à écrire leurs journaux, ils trouvaient aussi quelques distractions à étudier le caractère de leurs compagnons indiens. Le vieux chef des Indiens cuivrés avait une fille, regardée comme la plus grande beauté de toute la tribu, et dont

‘la possession était tellement enviée par ses compatriotes qu'à

peine âgée de seize ans elle avait déjà appartenu à deux maris. M. Hood fit son portrait, ce qui contraria vivement la vieille mère de cette Vénus indienne. « Elle craignait, disait-elle, que la beauté de sa fille ne déterminât le grand chef qui régnait sur l'Angleterre à envoyer chercher l'original après qu'il aurait vu la copie. »

Les glaces ne furent assez rompues dans la rivière Coppermine, pour permettre d'y naviguer en canot, que Île 14 juin 1821. Les provisions de nos voyageurs étaient à peu prés épuisées, ct il devenait évident pour tous que l'expédition, dans la suite du voyage; n'avait à attendre sa subsistance que du résultat des chasses ; or, les chasseurs, dès qu’ils se sentaient nécessaires, manifestaient les plus fâcheux symptômes d’insubordination. Le lit rocheux de la rivière Coppermine offrait à la navigation de périlleux obstacles ; mais les plaines de gazon qui s'étendent sur ses deux rives abondaient en gibier, et particulièrement en bœufs musqués; on en tua un grand nombre. Ces animaux sont d'ordinaire suivis par les loups, qui chassent en bandes nombreuses, et dont nos voyageurs ont rapporté quelques traits indiquant une sagacité peu ordiaire. Les loups, ne pouvant forcer à la course les cerfs et les rennes, ont recours à un stratagème pour les acculer sur des rochers à pic. « Pendant que les daims broutent paisiblenent, les loups s'assemblent en graud nombre, et, formant

ST LL 7 ter pierre

ee er ee ee

re

LR S.

mn eg

Re ms Si 2 ere

ee Re LT Sr. Eh 7 — RS

une longue ligne courbe, se glissent lentement vers le trou-

peau, de façon à ne pas l’alarmer prématurément ; mais, lors-

que leur gibier se trouve complètement enveloppé et sans

retraite possible vers la plaine, ils avancent d’un pas plus ra-

pide; alors avec des hurlements terribles , ils effraient leur

proie et la forcent à fuir par la seule route ouverte, c'est-

à-dire vers les précipices, paraissant très-bien savoir que,

lorsque le troupeau est en pleine course, il se jette aisément du haut des rochers, l’arrière-garde poussant les premiers

rangs. Les loups descendent'ensuite à loisir, et dévorent les

cadavres à demi broyés. » Ce stratagème fut employé contre le docteur Richardson. Assis un soir sur le bord d’un précipice qui domine la rivière Coppermine, il vit neuf loups blancs qui, disposés en croissant , s’ayançaient vers lui : il marcha hardiment à leur rencontre, et ils le laissèrent passer; mais* un pauyre cerf, bloqué par la même occasion, fut bientôt après poussé dans le précipice.

Le 18 juillet, nos voyageurs arrivèrent à l'embouchure de la rivière Coppermine ; là les Indiens, alarmés à la pensée de rencontrer les Esquimaux, avec lesquels leur nation est constamment en guerre, se décidèrent à s’en retourner. M.Wentzel, employé de la compagnie du nord-ouest, se retira avec eux, porteur d'instructions du capitaine Franklin, pour amasser des provisions au Fort-Entreprise, et faire d’autres arrangements que les accidents et les besoins de l'expédition pouvaient rendre nécessaires, Bien que charmés d’abord par le premier aspect de la mer, les Canadiens parurent redouter d'y lancer leurs barques. On eut beaucoup de peine à les empêcher de tomber dans un découragement complet. La gaité de John Hepburn, l’un des matelots anglais, que réjouissait la vue de son élément favori, eut un meilleur effet sur eux que toutes les exhortations de leurs chefs,

Les craintes qu’ils manifestaient étaient certainement excusables ; il fallait toute la hardiesse et la résolution intrépide des matelots anglais pour oser entreprendre, dans une saison si avancée, une si périlleuse entreprise. Le 24 juillet , vingt hommes, dontquinze n'avaient jamais vu l’eau salée, s'embarquèrent sur la mer polaire dans deux barques fragiles, avec des provisions pour quinze jours seulement, un voyage d'une

CH

duré de g la po Fran tion notre le 68 le ca profo Ce g ronne guif) contr ces il abontc capita pas, attein ment trouve direct il l'av:

une c:

contre Nos voyag dime leur jours, furent de l'a jour e sur dé et da là , paru , en s0 à co incon

durée indéfinie en perspective. La mer était à peu près libre de glaces ; la marée s’y faisait à peine sentir; mais, d’après la position des bois flottant le iong du rivage, le capitaine Franklin conclut qu'il s'y trouvait un courant dans la direction de l’est, L'extrémité la g'us reculée à laquelle parvint notre aventureux navigateur fut la pointe dn Retour, sous le 68° et demi de latitude, Ce promontoire à l’est, ainsi que le cap Barrow à l’ouest, formaient l'ouverture d'un golfe profond qui courait vers le sud jusqu'au cercle arctique, Ce golfe, que le capitaine Franklin nomma le golfe du Couronnement de George IV (George the fourth’s Caronation gulf), est obstrué d’iles nombreuses, parmi lesquelles se rencontrent des hâvres excellents où l'ancrage est facile ; toutes ces îles sont arrosées par-de petites rivières d’eau douce abondant en saumons, en truites et en autres poissons, Le capitaine Franklin , jugeant indispensable de revenir sur ses pas, car ses provisions étaient épuisées avant qu'il n'eñt atteint la rivière de Hood , au fond du golfe du Courannement , résolut de remonter cette rivière aussi loin qu'il la trouverait navigable, et de traverser ensuite le pays en ligne directe jusqu’au Fort-Entreprise, au lieu de revenir, comme il l'avait d’abord résolu, jusqu'à la rivière Coppermine ; mais une cascade, haute de deux cent cinquante pieds, qu'il rencontra dans la rivière de Hood, l’empécha de passer outre. Nos voyageurs furent donc contraints de se préparer à un voyage par terre, c'est-à-dire de réduire leurs canots à des dimensions plus portatives , et d'abandonner une partie de leur bagage. Ils avaient déjà voyagé à pied pendant cinq jours, lorsqu’à une distance considérable de Ja rivière, ils furent surpris par une neige abondante, présage infaillible de l'approche de l'hiver. Leur détresse augmentait alors de jour en jour ; ils eurent à supporter de violentes tempêtes , sur des neiges accumulées à plus de deux pieds de terre, et dans un pays stérile qui leur offrait à peine, çà et là, quelques arbrisseaux à brûler, Le soleil ayant disparu , ils ne pouvaient plus faire d'observations célestes , en sorte que, pour surcroît d'anxiété, ils étaient réduits à conjecturer leur route à travers un pays totalement inconnu. Durant nn voyage de trois semaines , tonte la

mer Gone mé

F ont ge

men

AS ln

SET re =

bn apte arme on TERRES

re

ane ren heee per

CERRE LE

viande fraiche qu'ils parvinrent à se procurer ne suffit pas à la consommation de cinq journées. La seule ressource qu’ils y purent ajouter fut une espèce de lichen croissant au milieu des pierres, et qu’on appelle tripe de roche. Cette racine sans saveur était d’ailleurs si rare, qu'ils passèrent plusieurs jours dans une abstinence complète. La force et le courage des Canadiens ne résistaient pas à la fatigue et au manque de nourriture. Le désespoir leur ôtait toute prévoyance ; et, par suite de leur inattention. les canots furent tous les deux mis en pièces, bien que nos voyageurs n'ignorassent pas qu'ils devaient traverser la rivière Coppermine. Le 26 septembre, ils arrivèrenc sur ses bords. Le temps s'était radouci; on avait tué quelques daims, et un rayon d'espérance trompeuse semblait luire sur nos voyageurs épuisés ; mais ils n'avaient aucun moyen de traverser la rivière qui les séparait du terme de leur voyage. Ils ne trouvèrent pas assez d'arbres pour faire un radeau ; des fagots de saules séchés, réunis ensemble, ne purent leur servir , faute de crocs ou de rames. Le docteur Richardson, ayant essayé de traverser la rivière, le corps entouré d’une corde, fut bientôt engourdi par l'intensité du froid, et tiré de l'eau dans un état d’insensibilité complète. Enfin, on construisit une sorte de panier assez large pour qu’une personne püt y tenir, et recouvert avec les rares fragments de toile à voile qui restaient au capitaine Franklin.L’expédition traversa la rivière, hon:me par homme dans cette fragile machine, après avoir, faute de canots, perdu ainsi huit jours de beau temps.

La dernière partie du voyage fut encore plus malheureuse. On était arrivé au 4 octobre : le temps, beaucoup plus doux qu’à l'ordinaire pendant les retards de l'expédition sur le bord oriental de la rivière Coppermine, reprit alors son inclémence première. La terre était couverte de neige; le Fort-Entreprise se trouvait encore à quarante milles; il ne

restait aucun débris de nourriture, et tous les hommes qui faisaient partie de l'expédition, affaiblis par le travail, les inquiétudes et les privations , semblaient incapables d'aller plus loin. M. Back et trois Canadiens prirent les devants, espérant rencontrer quelques bandes de chasseurs indiens dans le voisinage de Fort-Entreprise, Peu de jours après, le

CH

capi laiss qui n'ét:

lieu tainc cer.

teur Le ç état depu trou une épais d'all com] der Pend situa les } sait u Rich seuls

unis, icns

s, Le

capitaine Franklin et sept hommes se détachèrent également, laissant aux soins du docteur Richardson et de M. Hood ceux qui étaient incapables de continuer la route. Le Fort-Entreprise n'était qu'à vingt-quatre milles, lorsque cette séparation eut lieu : quatre hommes de ceux qui étaient partis avec le capitaine Franklin restèrent sur le chemin, ne pouvant plus avancer. Un Iroquois, nommé Michel, vint seul rejoindre le docteur Richardson ; on n’entendit plus parler des trois autres. Le capitaine Franklin arriva au fort le 11 octobre, dans un état d’épuisement complet, n’ayant pas pris de nourriture depuis cinq jours. Quel ne fut pas son désespoir , lorsqu'il trouva ce lieu complètement désert, sans provisions , sans une trace d'animaux vivants, et la terre couverte d'une neige épaisse. Il entreprit de se mettre en quête des Indiens , afin d'aller ensuite au secours du docteur Richardson et de ses compagnons ; mais ses forces étaient épuisées, et il fut obligé de revenir le jour suivant dans cette habitation abandonnée. Pendant dix-huit jours le capitaine Franklin vécut dans cette situation déplorable, sans autre nourriture que les os et les peaux de gibier tué l'hiver précédent, et dont il faisait une sorte de bouillie, Enfin , le 29 octobre, le docteur Richardson et John Hepburn vinrent le rejoindre, mais seuls, sans les autres hommes de l’expédition. En se revoyant , ils furent frappés les uns les autres de leur effroyable maigreur et de l’altération de leurs voix, chacun d'eux paraissant ignorer qu'il était lui-même dans un état aussi af. fligeant que les deux autres.

Le docteur Richardson rapportait, du reste, de tristes nouvelles. Pendant les deux premiers jours, son détachement n’avait rien eu à manger; le troisième, Michel étaitrevenu avec un lièvre et une perdrix, qu'ils s'étaient partagés. Le lendemain se passa encore dans une disette absolue ; le 41, Michel offrit à ses compagnons un quartier de viande, qu’il leur dit avoir été coupé sur un loup; mais ensuite ils acquirent la conviction que c'était la chair d'un des malheureux qui avaient quitté le capitaine Franklin pour revenir auprès du docteur Richardson. Michel devenait tous les jours plus insolent et plus froid. On le soupçonna fortement d’avoir quelque part un dépôt d'aliments qu’il se réservait pour li seul. Le 20 septembre,

EE IEEE

EX

En

TO + ne DS ET ER Re pre GS TS Re re 5

He pburn étant occupé à couper du bois, entendit la détonaüon d’un fusil, et, regardant du côté d’où partait le bruit, il

vit Michel se précipiter vers la tente : bientôt après on trouva M. Hood mort : il avait une balle dans le derrière de la tête ;

et l’on ne put douter que son assassin ne fût Michel. Dès ce moment , il devint plus méfiant, plus effronté que jamais; et comme sa force était supérieure à celle des Anglais qui avaient survécu ; comme, d’ailleurs, il était bien armé, ils virent qu’il n’y avait de salut pour eux que dans sa mort. « Je me déterminai, dit le docteur Richardson, dès que je fus parfaitement convaincu que cet acte terrible était nécessaire, à en prendre sur moi toute la responsabilité ; et au moment où Michel revenait vers nous , je mis fin à ses jours en lui faisant sauter la cervelle. » Le docteur et ses compagnons mirent ensuite six jours à franchir une distance de vingt-quatre milles, n’ayant à manger que quelques lichens et des morceaux du manteau de fourrure que portait M. Hood. Le 29 au soir, ils arrivèrent en vue du fort, et ressentirent d’abord une inexprimable joie lorsqu'ils aperçurent la fumée qui s’échappait des cheminées. Néanmoins , l'absence de toute trace de pas sur la neige les remplit de pressentiments sinistres, et leurs craintes se réalisèrent, lorsque, pénétrant dans la maison, ils virent le dénûment qui y régnait. Le surlendemain de l’arrivée du docteur Richardson, deux des Indiens qui avaient accompagné le capitaine Franklin moururent de faim. Le seul de leurs compatriotes qui survécüt alors, et le capitaine lui-même,

étaient dans un tel état de faiblesse, que, selon toutes les probabilités, leur existence allait se terminer au bout de quelques heures. Hepburn et le docteur Richardson se sentaient aussi décliner rapidement , lorsque, le 7 novembre, trois Indiens, envoyés par M. Back, apportèrent les secours attendus si long-temps. Ces Indiens nettoyèrent la maison et soignèrent les voyageurs affamés avec autant d'intelligence et de bonté qu'on en eût pu attendre d'hommes civilisés. Dès que le capitaine et les siens eurent recouvré quelque vigueur, ils quittérent le fort et gagnèrent le poste le plus voisin de la Compagnie, où ils retrouvèrent M. Back, à la résolution et à la force duquel l'expédition avait dû ses premiers succès, et, en dernier lieu, son salut.

tentr siono réts € sent totali

sinag!

nales geurs l'aura ment ges et à pen rique milles et ell marc sion | terre com

tués ; crain que.

et, se avec qu'el

Les résultats de ce voyage qui, en y comprenant la navigation le long des côtes, avait embrassé cinq mille cinq cents milles, sont évidemment dela plus grande importance pour la géographie. Puisque la côte septentrionale fut suivie jusqu'au cap du Retour (cape Turnagain) sous le 68° 1/2 de latitude, il est évident que, s’il existe un passage au nord-ouest, ce doit être au-delà de cette limite. Le pays que l’expédition traversa offrait peu de sujets de description, car toutes ces régions septentrionales du Nouveau-Monde ont en général la même physionomie ; on y trouve partout des rivières et des chaînes de lacs, coupant en tous sens le pays, ainsi que de longues forêts de pins bordées de bouleaux et de saules qui s’éclaircissent graduellement jusqu’à ce qu’enfin elles disparaissent en totalité vers lé 68° de latitude. |

Durant leur rèsidence au Fort-Entreprise , les officiers de l'expédition eurent fréquemment l’occasion d'étudier les phénomènes électriques, magnétiques et atmosphériques, qui accompagnent l'aurore boréale. Ce météore, à ce qu’il semble, se montre plus fréquemment et avec plus d'éclat, dans le voisinage du cercle arctique que par des latitudes plus septentrionales. Un grand nombre d'expériences autorisérent nos voyageurs à conclure que l'aiguille magnétique était influencée par l'aurore boréale en de certaines circonstances, et particulièrement lorsque les jets de lumière se produisaient entre les nuages et la terre. Leurs observations amenèrent aussi les officiers à penser que l'aurore, au lieu de dépasser la région atmosphérique, se trouve rarement à une hauteur de plus de six à sept milles. On voit souvent ses rayons darder entre les nuages, et elle est évidemment soumise à l’action du vent. L'un des marchands de fourrures dit à M. Hood avoir vu dans une occasion les flammes de l’aurore boréale si éclatantes et si près de terre, que les Canadiens, se jetant à plat ventre, avaient commencé à prier et à pousser des cris, de peur d’en étre tués ; lui-même avait jeté bas son fusil et son couteau dans la crainte qu'ils ne servissent de conducteur au fluide électrique. Les gerbes enflammées n'étaient qu’à deux pieds du sol, et, se mouvatt parallèlement à sa surface , semblaient flotter avec une vitesse incroyable. Le même marchand affrinait qu’elles jetaient un bruit éclatant comme celui d’un drapeau

ES PA nn Pie et

kr

Sr Sete 7 S

Se nee 2e

fouetté par une forte brise, Ce bruit, que l'on dit produit par les rayonnements de l’aurore boréale, semble maintenant revoqué en doute. Les Sibériens affirment cependant qu’il est assez fort pour effrayer leurs chiens, qui, en l’entendant, se couchent et se refusent à tirer les tratneaux. Les officiers de l'expédition ne l'entendirent jamais et ne purent se procurer à cet égard aucun renseignement qui leur parût d’une authenticité plus grande que celle des traditions ordinaires.

En traversant les vallées qui entrecoupent les montagnes de Cuivre, le docteur Richardson recueillit quelques feuilles de cuivre naturel et plusieurs échantillons de ce minerai encore dans sa gangue. Les Indiens creusent partout où ils aperçoivent la prehmite à la surface du sol, l'expérience leur ayant appris que les plus gros morceaux de cuivre se trouvaient surtout dans le voisinage de cette pierre. Ils disent aussi que ce métal abonde dans toute la chaîne de montagnes qui s'étend à trente ou quarante milles au nord-ouest, et que les Esquimaux vont souvent dans ces montagnes y chercher du cuivre. Dans la suite, on a trouvé chez les Esquimaux quelques ciseaux à glace longs de plus d'un pied, ayant un demi-pouce de diamètre, faits en cuivre pur de tout autre alliage.

CHA

Expéditi — Préf d'hive boucht — Vue — Ami des tra kenzie.

ments démar(

{ Frankl docteu quimat — Arri expédi!

Les ne pui entrep rives d annon( sous lé sage v la mé côte sit offre, € achetéd sembla compas l'ordre à toute que pa et d'en visiont

Page 1