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218 DÉCOUVERTES MODERNES. LiV. V.
tingen et de Francfort-sur-l'Oder , et termina enfin ses études minéralogiques à la célèbre école de Freiberg. Il avait, à ce qu’il semble , cultivé avec un zéle égal toutes les branches des connaissances humaines. Mais cependant il dut naturellement s'attacher d’une manière particulière aux sciences qui jouissaient alors d’une vogue universelle : la chimie et les phénomènes de l'électricité animale attirèrent surtout son attention. Comme il possédait une grande fortune indépendante , il pouvait achever et perfectionner par des voyages son éducation scientifique. Il parcourut en conséquence l'Angleterre et la Hollande en compagnie de MM. G. Forster et Van Geuns, et il visita l'Italie et la Suisse avec MM. Van Häffer et Freyesleben. La conversation de ces hommes distingués le détermina à se consacrer entièrement à l'étude de la nature, étude pour laquelle il avait toujours montré un goût prononcé. En 1797, il vint, en compagnie de son frère Guillaume de Humboldt, homme d’un savoir et d’un mérite éminents, de Vieñne.à Paris, où il dt la connaissance de M. Aimé Bonplan, jeune botaniste très-distingué avec lequel il forma divers plans de voyage.
Lorsque Baudin commençait à s'occuper de sa première expédition dañs l'hémisphère méridional, on espérait que M. de Humboldt l’accompagnerait. Mais les retards occasionnés par les guertes dans lesquelles Ia France était alors éngagée fatiguèrent sa patience et l'emvéchèrent heureusement de prendre part à cette expédition. 11 résolut de se rendre en Egypte, où il espérait recevoir un accueil cordial des savants qui accompagnaient l’armée française. De l'Egypte il avait l'intention de passer par l'Arabie dans la Perse, ct de gagner ainsi les possessions anglaises de l'Inde. Il atténdit deux mois à Marseille le départ d’une frégate qui devait transporter le consul suédois à Alger ; ennuyé de ce retard, il se rendit en Espagne, d’où il espérait pouvoir passér sans difficulté en Afrique ét se rendre ensuite par terre en Egypte. Mäis à son arrivée à Madrid au commencement de 1799, la réception que lui firent la coùr et les cercles littéraires et scientifiques de cette capitale bouleversa complètement tous ses projéts. Les ministres éspagnols lui accordèrent en effet la permission
de voyager dans les colonies éspagnoles de l'Amérique, et il
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Le 6 juin 1799, M. Alexandre de Humboldt s'embarque à Corunna avec son ami Bonplan. A peine arrivés à Ténériffe, nos voyageurs commencèrent leurs études géologiques et botaniques. Ils gravirent le sommet du célèbre pic de Teyde, où ils observèrent sur un petit espace cette distribution
géographique des plantes qu'ils se proposaient de reconnaitre
sur une échelle plus étendue. La montagne qui forme l'ile peut se diviser en cinq zônes distinguées par leur végétation : la première ou la zône des vins, qui s'étend jusqu'à la hauteur de quinze cents pieds au-dessus du niveau de la mer, renferme un grand nombre de productions des tropiques. On y trouve des dattiers, des plantins, des cannes à sucre, des figuiers indiens, des girofles, mélés aux arbres à fruits de l'Europe. L'arbre à pain d'Otahiti, la cannelle des Moluques, le café d'Arabie et le cocotier de l'Amérique s'y cultivent avec succès. La deuxième zône, qu'on peut appeler celle des lauriers, embrasse la partie basse de l’ile ; des chènes, des châtaigniers et un grand nombre d'arbres toujours verts couronnent les hauteurs qui conduisent au volcan. A une élévation de cinq mille cinq cents pieds au-dessus de la mer, commence la troisième zône, entièrement occupée par une vaste forêt de pins. Les quatrième et cinquième zônes, couvertes de bruyères alpines et de plantes herbacées , se trouvent situées à la même hauteur que les sommets les plus inaccessibles des Pyrénées. Alors commence la région stérile et nue du pic, qui n’a pas moins de neuf lieues carrées. Vues de cette élévation, les régions inférieures s'abaissent et s'aplatissent considérablement, de telle sorte que l’ile ressemble à un immense amas de matières torréfiées, bordées tout autour par une maigre ligne de végétation.
Le piton ou pain de sucre qui forme le sommet du pic est un petit cône couvert de cendres volcaniques et de fragments de pierre-ponce, si escarpé qu'il serait impossible de parvenir jusqu'à son extrémité supérieure sans les restes d'un ancien courant de lave qui ont résisté aux ravages du temps et qui servent d’échelons aux voyageurs. MM. de Humboldt et Bonplan furent très-surpris de trouver le sommet du piton si