‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 91 sur 178 · TUR · texte numérisé non relu

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de déterminer par des observations astronomiques la position du Cassiquiare , bras de l’Orénoque qui se jette dans le Rio- Negro, et qui établit ainsi une communication entre le premicr de ces fleuves et le Maranon. Ils reconnurent que cette jonction a lieu sur les frontiéres du Brésil et des terres espagnoles , à deux degrés au nord de l'équateur, bien que dans le pays on la suppose généralement placée sous la ligne équatoriale. Passant au nord du Cassiquiare , nos voyageurs cntrèrent de nouveau dans l'Orénoque qui, en cet endroit, vient de l’est; et ils eussent recherché les sources de cette grande rivière, si les Indiens Guaica, tribu belliqueuse et douée d’un beau teint , et les sauvages Guajaribes , nation de cannibales cuivrés , n’eussent rendu cette entreprise trop dangereuse. Ils avaient fait alors cent quatre-vingts lieues dans une barque, depuis San-Fernando, sur l’Apuré, jusqu'à San- Carlos sur le Rio-Negro , et lorsqu'ils rentrèrent dans les eaux de l’Orénoque, il leur restait trois cent vingt lieues de navigation pour atteindre Angostura. Ce fut pendant ce voyage qu'ils visitèrent la caverne d’Ataruipo, située dans un lieu ombragé et désert, sur le penchant d'une montagne escarpée. Cette caverne, qui sert de tombeau à une ancienne tribu entièrement détruite aujourd’hui, renferme six cents squelettes rangés avec le plus grand ordre et très-bien conservés. Quelques-uns de ces cadavres sont peints en rouge ; d'autres , semblables à de véritables momies, sont vernis avec des résines odofiléFantes, et enveloppés dans des feuilles de l’héliconia ou arbre plantain. Enfin ils atteignirent Angostura, fatigués par la longueur du voyage et par tous les inconvénients inséparables de la navigation d’un fleuve sous un climat aussi chaud.

De l'Orénoque, nos voyageurs retournèrent à Barcelona et à Cumana par les missions des Indiens Caraïbes, belle et forte race de sauvages, dont l'extérieur dénote cette supériorité physique qui les rendit autrefois si formidables aux conquérants du Nouveau-Monde. Après avoir visité les parties méridionales de Saint-Domingue et de la Jamaïque , ils se rendirent à Cuba, où ils s’occupèrent à améliorer la fabrication du sucre , à lever le plan des côtes de l’île, et à faire diverses observations astronomiques...

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