ET
es
—— déee mtime-t
dont la grandeur et les pentes escarpées remplissent d’étonnement et d'effroi l’âme du voyageur. Telle est, en certains endroits, la profondeur de ces gorges, que, si on plaçait le
Vésuve au fond de leurs abimes, son sommet dépasserait à :
peine leur ouverture. Un petit torrent , appelé Rio d” la Suma- Paz, descendu de la chaîne orientale des Andes, qui, dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, sépare le bassin de la Magdalena des vastes plaines du Meta, du Guaviare et de l'Orénoque, se fraie un passage au travers d'une crevasse dans le centre de la vallée d’Icononzo ou de Pandi. On ne pourrait le traverser sans les plus grandes difficultés, si la nature n'avait pris soin d'y construire elle-même deux ponts de rochers , regardés avec raison comme la merveille la plus curieuse de ce pays. Toutefois, la route qui conduit à ces ponts naturels est l’une des plus dangereuses et des moins fréquentées des Cordillères, et une passion enthousiaste des beautés de la nature peut seule déterminer les voyageurs à lui donner la préférence.
Après avoir fait deux chutes remarquables, le torrent de la Suma-Paz entre dans une gorge qui fut probablement formée par un tremblement de terre. Un bloc de rocher semble avoir résisté à la secousse qui sépara les deux montagnes, et sert maintenant de pont pour passer d’un côté de la vallée à l’autre. Cette arche naturelle a environ cinquante pieds de long et quarante pieds de large. A son centre, son épaisseur ne dépasse pas huit pieds; enfin son élévation au-dessus des eaux du torrent est de quatre cents pieds. Les Indiens de Pandi ont construit, pour la commodité et la sûreté des voyageurs qui visitent rarement ce désert, une petite balustrade de roseaux s'étendant tout le long de la route. A soixante pieds au-dessous du premier pont, on en trouve un second, auquel conduit un étroit sentier sur ie bord du précipice. Trois énormes blocs de rocher sont tombés en cet endroit, de manière à se supporter mutuellement. Celui du milieu forme la clé de la voûte. Le centre du deuxième pont est percé d’une large ouverture par laquelle on découvre le fond de l’abime : le torrent semble couler dans une caverne obscure, d’où sort incessamment un bruit lugubre, causé par les oiseanx nocturnes qui habitent l4 gorge, et dont on voit
Ve
on ins t le it à:
mas le Iag- )rélans rrait ture ;s de plus 1 ces oins > des à lui
de la rmée avoir sert l’aulong r ne s des s de des baluse. À ve ul 1 prén cet ui du e pont vre le verne sé par bn voit
toujours plusieurs milliers voler sur la surface de l'eau. La profondeur de la vallée empèche de les prendre , et on ne peut même les apercevoir qu’en jetant dans l’abime des pièces d'artifice pour l'illuminer. Le pont naturel d'Icononzo est situé à trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer.
Les difficultés de la route et de fortes pluies avaient rendu extrémement fatigant leur voyage à Quito; cependant, MM. de Humboldt et Bonplan ne se reposèrent que fort peu de temps dans cette ville. Leur amour de la science et leur curiosité les ramenèrent bientôt dans la vallée du Magdalena, au milieu de ces forêts qui recouvrent les flancs du Quindiu, montagne des Andes centrales, dépassant les limites des neiges perpétuelles.
La montagne du Quindiu est regardée comme l’un des passages les plus difficiles de la Cordillère des Andes. En effet, dans la saison la plus favorable de l’année, il faut au moins dix ou douze jours pour traverser ses épaisses forêts entiérement inhabitées, et durant ce pénible voyage on ne trouve afcune hutte, on ne peut se procurer aucun moyen de subsistance. A toutes les époques de l’année, les voyageurs ont soin de se munir de provisions pour un mois, car il arrive souvent que la fonte soudaine des neiges et la crue des torrents les empêche tout à la fois de revenir sur leurs pas ou de continuer leur route. Le point culminant du passage du Quindiu est situé à douze mille pieds environ au-dessus du niveau de la mer, et dans certains endroitsle sentier qui domine les précipices n’a pas plus d’un pied de largeur. Les voyageurs traversent ordinairement cette montagne à dos d'homme, c'est-à-dire assis dans un fauteuil attaché à l’aide de fortes courroies sur les épaules d’un carguero. ou porteur. Bien que peu lucratif et très-fatigant , le métier de carguero est choisi de préférence à tout autre par tous les jeunes gens robustes qui habitent les montagnes des Andes; l'existence vagabonde et indépendante des forêts leur offre plus d'attraits que la vie sédentaire, monotone et contrainte des villes. Dans quelques parties de l’Amérique du sud un individu devient-il tellement gros et tellemeut pesant qu’il ne puisse trouver un carguero pour le porter, il se voit privé de la faculté et du plaisir de voyager au-delà des limites de sa vallée natale.
MM. de Humboldt et Bonplan, ne voulant pas voyager à dos d'homme, aimèrent mieux marcher pieds nus. Cette circonstance et la nécessité où ils se trouvèrent de traverser des torrents d’eau glacée rendirent le voyage extrémement fatigant. Avant d'entrer dansles forêts du Quindiu, leurs guides cueillirent sur les montagnes voisines quelques centaines de feuilles du vijao, plante de la famille des bananiers. Ces feuilles, d'environ vingt pouces de long et de quatorze pouces de large, sont couvertes d’un vernis particulier qui les rend pendant un certain temps imperméables. Cent livres de ces feuilles suffisent pour couvrir une hutte capable de contenir six à huit personnes. En entrant dans la forêt, quelques branches arrachées aux arbres formèrent la charpente d’une tente, recouverte en quelques minutes des feuilles du vijao, et sous laquelle, malgré des pluies violentes et continuelles , nos voyageurs demeurèrent à l'abri durant plusieurs jours dans la vallée de Boquia. Les fatigues de leur voyage au Quindiu furent largement récompensées par la contemplation, la recherche et l'étude de tous les trésôrs que la nature offre sur cette montagne à ses admirateurs. C’est là en effet que se trouve le palmier, dont le tronc est recouvert d'une poix végétale employée par les naturels pour la fabrication des torches. C’est là que le pic de Tolina s'élève du sein d'immenses forêts où des fleurs sont aussi grandes que des arbres, et où le bambou atteint à une taille gigantesque.
De ces montagnes, nos voyageurs descendirent dans la vallée de Cauca vers l'occident : puis, après s'être reposés pendant quelque temps à Carthago, ils parcoururent la province de Choco, contrée remarquable par la quantité de platine qu’elle fournit au commerce, Après avoir visité ensuite les mines d'or de Quilichao, ils montèrent à Popayan qui, située à une hauteur d'environ six mille pieds au-dessus du niveau de la mer, jouit d’un climat délicieux, bien qu’elle ne soit qu'à 2° 1/2 de l'équateur. Cette ville se trouve bâtie au pied des grands volcans de Sotara et de Puracé, l’une des plus hautes sommités des Andes. Une végétation magnifique orne les plaines environnantes, et au-delà de cette riche verdure , une chaîne de montagnes arides et
so!
ble vol au) fait sea for:
en l'ur nou tion ] Pur la C Past vère sèrel pays et se d'un qui au volca pétès phé les p visité gura les h clure abais coïnd que volea mèm du nd plus éloig
rêliu, ques nade rtiles.
utte is la nt la ; des entes arant > leur conque la est là uvert abrie du :s que sigan-
ns la pposés a proe plansuile
qui, sus du Île ne Atie au ne des
malà de des et
sombres qui paraissent avoir été bonleversées par des tremblements de terre, entourent les neiges perpétuelles du volcan.
Le petit village de Puracé doit la réputation dont il jouit aux belles cataractes de la rivière que l'acidité de ses eaux a fait surnommer par les Espagnols Rio Vinagre. Ce petit ruisseau, très-chaud vers sa source, est, selon toute probabilité, formé par les eaux provenant des neiges que fond le soufre en fusion dans l'intérieur du volcan. Il fait trois chutes, dont l'une a plus de quatre cents pieds de hauteur. Le Rio Cauca ne nourrit aucun poisson à quatre lieues au-dessous de sa jonction avec le Rio Vinagre.
Nos hardis voyageurs firent l'ascension du cratère du Puracé, qui est rempli d’eau bouillante ; puis ils traversèrent la Cordillère déserte d’Almaguer et le plateau élevé de los Pastos, et, après un voyage pénible de quatre mois, ils arrivèrent à Quito au commencement de l’année 1802; ils passèrent alors environ neuf mois à étudier les monuments du pays, sa végétation, la structure de ses montagnes colossales et ses volcans. Ce fut à Quito qu'ils firent la connaissance d'un jeune homme accompli, le fils du marquis de Selvalègre, qui les accompagna dans toutes leurs excursions au Pérou et au Mexique. Deux fois ils montèrent jusqu'au sommet du volcan de Pichincha dans les Andes occidentales , où ils répétèrent leurs expériences sur la constitution de l’air, sur les phénomènes électriques, magnétiques, hygroscopiques et sur les propriétés de l’eau bouillante qui remplit le cratère. Ils visitèrent aussi les volcans d'Antisana, de Cotopaxi, de Tunguragua et du Chimborazo; et M. de Humboldt, qui mesura les hauteurs de toutes ces montagyes, crut devoir en conclure que la plupart d'entre elles s'étaient singulièrement abaissées, depuis le milieu du dernier siècle : opinion qui coïncide avec les observations des habitants. Il pensa aussi que ces différentes sommités , loin de former un groupe de volcans distincts, constituent une seule masse soulevée en méme temps , ou une énorme muraille volcanique s'étendant du nord au midi et occupant, avec ses crêtes, une surface de plus de six cents lieues carrées. Ces montagnes élevées, si éloignées l'une de l’autre qu'elles paraissent aux yeux de
238 DÉCOUVERTFS MODERNES. LIV. V.
l'homme, ne sont probablement que les différentes ouvertures coniques de la même grande muraille.
Au mois de mai de l’année 1802, M. de Humboldt entreprit l'ascension du Cotopaxi, le plus élevé de tous les volcans des Andes qui ait été en activité à des périodes récentes. Sa hauteur absolue de dix-huit mille huit cents pieds surpasse de plus de huit cents mètres celle qu’aurait le Vésuve placé sur le sommet du pic de Ténériffe ; ses éruptions sont fréquentes et désastreuses. Le Cotopaxi est le volcan le plus redoutable du royaume de Quito ; les fragments de rocher et les masses de sccrie qu'il jette dans les vallées voisines suffiraient seuls pour former une montagne considérable. En 1738 ses flammes s'élevèrent à plus de neuf cents mètres au-dessus du cratère. En 1744, le bruit de ses explosions parvint jusqu’à la Honda, c'est-à-dire à plus de deux cents lieues de distance. Tandis qu'ils séjournaient au port de Guayaquil, éloigné de cinquante-deux lieues du cratère, nos voyageurs entendaient continuellement ses tonnerres souterrains semblables aux décharges d’une forte batterie.
Situé au sud-est de Quito, le Cotopaxi est, quant à son aspect, la plus belle de toutes les sommités colossales des hautes Andes ; c’est un cône parfait, revêtu a “normes couches de neiges qui brillent d’un éclat éblouissant au coucher du soleil , lorsque les ombres des Andes occidentales s'étendent déjà sur le pays situé à ses pieds : le cratère parait être entouré d'une muraille circulaire qui , examinée avec un télescope , ressemble à un parapet; il est extrêmement difficile de s'élever jusqu'aux limites inférieures des neiges perpétuelles, et M. de Humboldt, après un examen attentif du cône, déclare qu'il serait impossible d'atteindre le bord du cratère. u
Le 25 juin suivant, nos voyageurs entreprirent l'ascension du Chimborazo, et, bien qu'ils eussent beaucoup à souffrir de la rigueur du froid et de l'extrême rareté de l'air, ils s'élevèrent cependant plus haut que tous les voyageurs qui les avaient précédés, c'est-à-dire à dix-huit mille cinq cent soixante-seize pieds au-dessus du niveau de la mer, ou trois mille quatre cent quatre-vingts pieds au-dessus du point atteint par Condamine en 4745. Mais le pic le plus élevé du
ne À pa ex] | ren Ha ten les d'ir gne env que bois desc la ri casi Yég dep: