‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 95 sur 178 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

nos voyageurs descendirent au port de Vera - Cruz, et ayant échappé heureusement à la fièvre meurtrière qui, à cette époque, y exerçait de si grands ravages , ils arrivèrent sains et saufs à la Havane , où ils avaient en 1800 déposé la majeure partie de leur collection. Ils y demeurèrent deux mois, puis ils s’'embarquèrent pour Philadelphie ; employèrent quelques semaines à étudier la constitution politique des États-Unis, et au mois d’août 4804 ils retournèrent dans leur patrie. Leurs collections minéralogique et botanique arrivèrent en Europe sans accident , à l'exception d’une très-faible partie embarquée en 4800, et perdue dans un naufrage. La collection des plantes, due principalement à l'infatigable zèle de Bonplan , comprend six mille trois cents espèces.

A son retour en France, Bonplan fat nommé par Napoléon intendant général de ses jardins de la Malmaison ; mais en 1818 il alla à Buénos:Ayres pour y professer l’histoire naturelle. Au mois d'octobre 1820, il entreprit de remonter le Paraua dans l’intérieur du Paraguay , mais lorsqu'il fut arrivé à Sainte-Anne , sur la rive orientale du fleuve où il avait établi une colonie d'Indiens et fait une plantation de thé, des soldats envoyés par le docteur Francia, le souverain du Paraguay , fondirent sur lui à l’improviste , détruisirent sa plantation et l’emnenèrent prisonnier. 1} fut alors enfermé dans Santa- Maria, et, bien qu'on l’autorisàt à exercer la médecine , on lui défendit de quitter le fort. Lorsqu'il demanda pourquoi on le retenait captif, on lui répondit qu’on le punissait d’avoir osé planter l'arbre à thé , qui fournit au Paraguay un article précieux d'exportation. M. de Humboldt écrivit en vain au docteur Francia afin d'obtenir la mise en liberté de son ami, et, sous le ministère de M. Canning, le consul anglais de Buenos-Ayres, employa toute son influence pour parvenir au même but. Ses elforts semblèrent d'abord inutiles. Ce ne fut que leng-temps après son arrestation que Bonplan obtint sa liberté, et put revenir en Europe avec une flore presque complète de Amérique du sud.

M. de Humboldt, durant le cours de ses voyages dans l'Amérique du sud, détermina à l’aide de calculs astronomiques la position de plus de trois cents pays différentsi mais il fit plus que de corriger simplement les cattes dé ce conti-

nent. Ses observations embrassèrent toutes les branches de l’histoire naturelle et des sriences physiques, tandis qu'il étudiait en même temps les caractères des peuples et leurs institutions politiques. Aucun autre voyageur n’a fait faire plus de progrès à la géographie physique , aucun n’a réuni un si grand nombre d'observations propres à jeter d'éclatantes lumières sur l’histoire naturelle de notre globe. Son talent d'écrivain est égal à sa science et à son activité. Ses spéculations sont aussi ingénieuses que hardies ; il n'invente pas à plaisir des théories imaginaires ou basées sur de simples conjectures; soulève-t-il des problèmes d'une solution difficile , il n'affiche pas un scepticisme outré pour paraître un esprit fort aux yeux du vulgaire; en :... :"ot, il cherche ardemment et sincèrement la vérité. En 1218, ce célèbre voyageur se proposait d'entreprendre nne expédition scientifique dans le Thibet et les Indes orientales. Le roi de Prusse lui avait fourni avec une généreuse libéralité tous les fonds et tous les instruments dont il pourrait avoir besoin ; mais il renonça ses projets etse contenta d'aller faire une excursion de peu de durée daus les monts Ourals.

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