‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 15 sur 60 · XXI · texte numérisé non relu

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chaîn lieu de notre rassemblement. serait au Brakke*» Rivier.

Le 2 1 se passa en préparatifs pour la continua-^ tion de notre voyage; et, le lendemain, nous fîmes trois lieues ju^qii'au Brakke^-Rivier: Nous nous re-^ posâmes ici, nous trouvant alors tous rassemblés, excepté Joubert Le a/f? ^^^^ quittâmes le Brakke* Rivier avec dit diariots, dont chacun avec un double attelage ( i ) , cinquante-six chevaux et quarante Hot* tentots armés* Après quatre heures de marche, nous arrivâmes au Kleitfe^Visch^Rivier. Nous* emplayâmes quatre heures à £siire passer nos effets, le canot et les voitures de l'autre coté de cette rivière. Après que tout se trouva sur l'autre bord, nous fîmes en* core trois lieues vers le Groote-Visch-Rivier.

Ce ne fut pas sans courir de grands dangers que nous passâmes cette dernière rivière. Nous arrivâmes ensuite, en quatre heures, près d'une fontaine appelée Kruiers-Kraal : ici sont les limites qui séparent les habitants européens des Cafres.

Le a7> nous fîmes cinq lieues jusqu'à un ruisseau auquel nous donnâmes le nom de Punch, parce que, le temps étant fort froid ^ nous y bûmes du punch un peu roide. Nous vîmes ici beaucoup de gibier, et tuâmes deux élans mâles* De cet endroit^ nous allâmes le lendemain huit lieues j)lus avant; et, après avoir passf un petit ruisseau ^ nommé Kaaga, nous vînmes dans une grande plaine qui s'étend jusqu'à

. (i) Un atukige est cowposé d<^ douze , quatorse ou seize bonifs : par double attelage, il faut entendre deux attelages du même nombre de bœufs pour chaque voiture, et qui se relaient tour à toor.

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une rivière appelée Raapnâ, ou les Belles Priâries, nom quelle mérite^ eu effet, à cause de la beauté du canton, qui est coupé en tous sens par de petites rivières propres à arroser les prairies adjacentes. On pourrait y former une colonie agréable et avanta^ geuae : il serait surtout ti*ès favorable à l'éducation des bestiaux, i cause de ses bons pacages. Nous y redoontrâaàes une grande quantité de gibier, et abattimes deux buiOea.

Le 29, nous finies six. lieuel; alors y nous nous vîmes forcés à déteWr, à cause que le vieux Holts^ hauseti se trouvait fort incommodé du calcuL Noua continuâmes, cependant, le lendemain notre route ^ et fîmes sept lieues jusqu'au Kat-fi.ivier, ou Hunca*- Rivier, des Cafres ou Hottantois; de 'là, nous noua raoïdîmes au premier kraal (village) des Gafires, dont plusieurs accoururent pour nous voir : oe qui nous engagea à tenir une sentinelle en v^ette«

Le I ""^ octobre , après avoir levé notre camp , nous passâmes par un ruisseau, près de Torigine du JLeîa- Kamma, où quelques Ca£res nous rendirent visite au nom de leur chef, le capitaine Sàmbée (i). Nous, lui envoyâmes deux de nos gens qui étaient Gafres^ pour lui demander la permission de passer ^ur ses. terres, et pour le prier de nous donner des guides. Nous traversâmes ensuite de nouveau un ruisseau, el atteignime3 le Reis«*Kamnia, où nous tuâmes deux oiseaux qui nous âaient inconnttô : les Cafres les «

(i) Le goawnement du C!ap a donné aux chefs des hordes le nom de capitaine , fous lequel ils sont aussi reconnus par leurs sujets.

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nomment Heemou, qui veut dire, je vois quelque chosQ. Cet oiseau est àe la grandeur d'un héron bleu; il fréquente les bois et se perche sur lesiirbres; il porte une crête chevelue en forme de pinceau, d'une couleur jaune avec des raies noires. Sa tête toute noire a l'éclat du velours ; son cou est bleu comme celui des hérons, ses ailes sont noires et blanches, et il a les jambes fort longues. Ce jour-là, nous avions fait huit lieues. Le lendemain, nous en fîmes sept, et aperçûmes plusieurs Cafres. Nous résoiûmes de quitter ce pays, et dé passer le plus tôt possible les montagnes de la Cafirérie, dans la crainte d'éprouver des obstacles dans .notre marche, ou m^e quelques mauvais traitements, parce que ces peuples étaient alors en guerre entre eux, le ca-. pitaine Sambée ayant marché contre le capitaine Jaccaa , qui avait déjà essuyé deux échecs^, avec une grande perte des siens.

Les deux Cafres que nous avions envoyés vers Sambée revinrent nous dire que ce capitaine était fiché de oe qu'une indisposition ne lui permettait pas de se rendre lui-même auprès de nous, et qu'il nous faisait souhaiter un heureux voyage. Il nous oonsdllait d'être bien sur nos gardes contre la nation avec laquelle il se trouvait en guerre ; en nous aver-* tissant aussi que le pays que nous nous proposions de traverser offrait beaucoup de difficultés et de dangers même. Il nous arriva de sa part deux Cafres destinés à nous servir de guides. Nous traversâmes ensuite la rivière Keysanà. •

Le dims^nciie 3 octobre, nous gravîmes la mon^

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tâgue. Après avoir fait cinq lieues, nous fûmes obligés de nous arrêter et de dételer à cause de la pluie.

Le 4 9 nous avançâmes cinq lieues; mais il nous fallut frayer une route par-dessus la montagne et à travers un grand bois. Ce jour-là, trois Cafres vini*ent nous joindre pour nous accompagner pendant notre voyage.

Après avoir franchi la montagne, et passé une branche du Zwarte-Kèy-Rivier, appelée Honimon* poufouge , nous arrivâmes dans le pays des Boscbjesmans (Boschjesmaos-Land), près d'un petit ruisseau où les Boschjesmans avaient peint dans les creux des rodiers, d'une manière assez naturelle , les figures de plusieurs aaimaux sauvages, et celle d'un soldat coiffé d'un bonnet de grenadier. Nous avions fait ce jour-là dix lieues, et aperçu deux lions, plusieurs . bontebokken et autres animaux sauvages. Le lendemain nous fîmes huit lieues, jusqu'à \ine grande. rivière appelée le Witte-Rey-Rivier. Van der Waldt découvrit ici trois Boschjesmans qui chassaient; il en prit un, à qui nous donnâmes un collier derassade «t un bout de tabac; après quoi nous le laissâmes courir. Il promit de venir nous rejoindre pour nous indiquer le chemin. Noi^ séjournâmes ici le 7, et quelques uns de nous montèrent à cheval pour aller tuer des hippopotames; mais ils ne rencontré-' rent aucun de ces animaux.

* J-ie 8 , nous traversâmes le Witte-Key-Rivier, et , après avoi» £ait quatre lieues , nous parvînmes à une plaine. Le 9, nous fîmes cinq lieues par une autre* belle plaine, garnie çà et là de bois tailtis épineux,

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et passâmes une rivière qui porte le même nom que la précëdente* Nous tuâmes ce jour-là un é)an. Le lendemain nôns avançâmes cinq lieues, et franchîmes une autre rivière qui s'appelle également Witte-fKey- Rtviér. Le II, nous fîmes de même cinq lieues, en laissant derrière nous une rivière. Nous tuâmes, chemin faisant, deux élans et un buffle; nous vîmes aussi trois tigres, et rencontrâmes une grande quantité de gibier.

Le 19, après avoir fait cinq lieues et demie, nous arrivâmes à la rivière Somou; c'est la dernière qui se décharge dans le Key-Rivier, laquelle est la plus g{«mde de toutes les rivières qui traversent le pays des Gafres , et celle qui avait toujours arrêté jus« qu'alors la marche des voyageurs (i).

Le i3, nous passâmes la rivière Sotnou, qui serpente par un beau pays, et arrivâmes, en cinq heures, dans le canton des Tambonkies, où; après avoir fait le lendemain sept lieues, nous atteignîmes le Dou ou Slyh-Rivier. Nous chassâmes, et tuâmes ce jour^à trois éléphants mâles , dont nous primes leà dents. Le i5, nous fîmes quatre lieues , et le 16 neuf lieues. Nous allâmes pendant ce temps à la recherche des éléphants , sans en trouver ua seul ; niais nous rencontrâmes un lion et une lionne qui venaient

(i) Excepté cependant la compagnie des colons do Cap, qui, en 1783 9 allèrent à la recherche de Téquipage du Grosvenor » d'après les renseignements donnés sur le naufrage de ce Taisseau par quelques matelots, qui, en suivant la côte , furent assez heur*tix pour arriver aà Oip eiiTiroii quatre mois auprès ce triste aoddent.

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de tuer un buffle. Xjaart Van der WaWt à^ùt la lionne.

- Nous n'avions fait le 17 que trois lieues, lorsque nous fumes obliges de nous airéter et 4^ dételer^ à cause des grandes averses^ Pendant notre halte, plusieurs Tamboukies vinrent nous rendre visite, et entre autres, leur. chef 9 le capitaine Joobie,et sàû capitaine ea second , appelé I^uve. Après leur avoir fait quelques présents, ils nous donnèrent deux Taui> boukies pour guides. Hous ^séjournâmes encore ui) jour ici pour aller à la chasse des hippopotames; uous en tuâmes en e0et dewi , que les Tambou-^ kies uous firept apercevoir. Nous fuuies fort étonnéf; de voir arriver auprès de, nous Jacob Jouberi, eaveù une voiture, et accompagné seulement de huit UjoA^tentots; entreprise vi^ainient hardie « quand on sa figui'e ies déserts qu'il avait, eus à traverser , et cela uniquement pour renipUr la promesse qu'il avâ^t foite de venir se joindre à nous.

Le 20, nous qous remîmes eu marche et fîmes cinq lieues, en traversait la rivière de Nabagana. Peodantce trajet, nous aperçûmes un lion que les plus détenninés chasseurs d'entre nous dirent être le plus grand animal de cette espèce qu'ils eussent ja* mais V41; Nous le poursuivîmes, mais il nous échappa en se jetant dans un bois taillis.

Le jour amyant nous avanç ânpes cinq lieues. Étant sur uïie éniiii«.nce, nous découvrîmes utte «grande rivièpé appelé^ Boschje-^Rivier^ à la distante d'envie ffon deux iwues, mais^teas laquelle nous Ae pûftie^ nous rendre , parce que la pente éta^t ttx>p roidë dé

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ce cptë-la. Nous fîmes donc halte ; tandis que quel-* ques uns d'entre nous allèrent pour découvrir une meilleure route , d'autres partiil*^nt pour la chasse des hippopotames ) et en tuèrent cinq.

Le 23,, nous avançâmes cinq lieues, en faisant un grand détour, pour éviter la déclivité trop rapide. C'était certainement le plus mauvais chonin que nous eussions rencontré jusqu'alors , étant plein de QoUines hérissées de rochers et de bois taillis. Cependant nous fîmes encore cinq lieues le lendemain, jusqu'au Boschje^Bivier, qui prend sa source bien avant dans l'intérieur du pays. Nous tuâmes ce jour-là douze hippopotames. Le a5, nous passâtnes la rivière à gué, et fînies^ trois lieues. Le jour suivant , fàôy nous gravîmes une montagne fort roide, et arrivâmes , après une marche de sept lieues , à la rivière Nooga; ayant tué, pendant cette marche^ quatre buffles et six éléphants.

Le 27, nous fîmes halte, et quelques- personnes de la compagnie tuèrent un éléphant mâle. Le jour suivant nous passâmes la|^ooga: nous découvrîmes alors la mer à la distancé de deux lieues. Nous ren* contrâmes ici un cheval, qui s'était échappé des colons qui avaient été à la recherche des naufragés du Grosvenor, il y avait sept ans. Ce cheval, qui appartenait à Daniel Potgieter, était devenu tout-à** fisdt sauvage, et s'enfuit, à notre approche, parmi une. troupe d'élans ; mais l'ayant poursuivi nous le prîmes enfin. Le lendemain il était déjà parfaitement apprivoisé, ^e sorte qu'on pouvait le monter sans le, moindre danger.

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