DE JACOB VAN RÉBKEN (1790). I
Nous traversâmes alors la rivière dé Nodei , et fîmes ce jour^là six lieues.
Lie jour suivant ùous vîmes plusieurs éléphauts, et en tuâmes sept. Après avoir fait sept lieues, nous nous trouvâmes sur le bord de la rivière Tathaa , où nousal^attipies un hippopotame. Nous reçûmes ici la visite de Tamboukies, ce qui était quelque chose d'extraordinaire , n'ayant aperçu aucun, habitant depuis le 18 de ce mois, que nous quittâmes le capitaine Joobie ; car ces cantons avaient été dépeuples par Gagabée-Cambousa, père du capitaine Sambée, qui en fit passer les hordes avec leurs bestiaux dans son propre pays. Le peu d'individus qui s'y trouvent encore se tiennent cachés dans les bois" et entre les rochers, où ils ne vivent que de goémon , et du peu de gibier qu'ils peuvent tuer à la chasse.
Ayant passé, le 3o, la rivière Tathaa, qui est fort large, nous arrivâmes, après avoir fait six lieues, au Dombie , ou Jonge-Meisjeûs-Rivier. C'était dans ce canton que les Cafres et d'autres peuples venaient autrefois prendre leurs femmes, avant que Gagabée en eut détruit leâ habitants. Le lendemain, nous fîmes quatre lieues; ^près quoi, nous fumes obligés de nous arrêter, et de dételer près de la rivière Tasana, pour aller chercher une route. C'est jusqu'à cette rivière que plusieurs colons se rendireiit, il y a sept ans, pour aller à la découverte des aaufragés du Grosvenor; après quoi, ils revinrent au Cap.
Le i®'* novembre, nous passâmes k Tasana , et nous ne fîme» que quati*e lieues ce jour*là, étant
Digiti
obligés de nous iirayer, avec la hache, un passage à travers deux bois. Prins blessa d'une balle ud hippopotame dans le museau; Tanintal vint ensuite sur le bord de la rivière, où nous le tuâmes.
Le a, nous marchâmes deux lieues jusqu'à un bois, où nous tuantes un éléphant; mais nous fùîùeê contraints de dételer ici , parce que je mé trouvai foré mal d'ufte douleur dans toute l'habitude du corps y, et d'une paralysie dans le bras droitVqui ne me per^ mettait pas de souffrir les cahots de la voiture. Le temps était fort inconstant, et changeait souvent tout à coup dans le même jour; nous essuyâmes aussi , pendant deux heures, un très violent orage.
Le 3 , nous quittâmes cet endroit, et arrivâmes stir une hauteur d'où nous découvrîmes plusieurs kraâls de Hambonaas^ nation totalement différente des Ga^ firfs. Ce peuple a la peaU jaunâtre, avec de longs eheveut fort épais et frisés, qui sont relevés sur le sommet de la tâte en forme de turban. Nous dépu-^ tâmes quatre de nos gens vers leur chef, appelé Camboosa, arec un présent de rassades et de cuivre eii feuille. Cinq d'entre eux vinrent nous voir; nous }eur donnâmes quelques verroteries. Ils nous dirent qu'il y avait parmi eux un village de Chrétiens-» Bâtards, qui descendaient * de quelque» Ëtiropéens qui avaient fait naufrage sur la côte, et dont troi$ femmes, fort âgées, existaient encore;. qu'Oumî©*noue, chef des Hambonaas, les avait prises pour ses femmes.
Le lendettain^ Après avoir foit pue lieué, nous fômes obbgés de nous apriter à cause des fortes
Digiti
DE JACOB V4W RKENEN (1790). ï Sq
pluies. Nous moutâmes néaonioitis à cheval, pour nous rendre au village des Chrétieos«Bàtards, où nous trouvâmes véritableiiiont que quelques uns de ses habitants devaient le jour à des blancs, et queU ques autres a des esclaves métis, et à des individus des Indes orientales. Nous y vîmes aussi les trois vieilles femmes dont les Hambonaas nous avaient parlé. Elles nous dirent qu elles étaient soours; maïs qu'elles ignoraient absolument dans qudle contrée de l'Europe elles avaient reçu le jour, étant dans l'âge le plus tendre lorsqu'elles es$nyèrent le malheur d'être jetées sur cette cote. Nous leur offrîmes de les prendre aveê.nous à notre retour, ainsi que leurs enfants; ce qui parut leur causer une grande joie.
]> 4 f nortis fîmes sept lieues , et traversâmes sur notre rou^e la petite Mogasie*Rivier, sur hs bord de laquçU^ est placé le. village des Chrétiens-Bâtards, qui y ont de grands et jolis jardins avec du blé cafre , da maïs, des cannes à sucre, des platanes, des patates, des fèves noires et plusieurs autres légumes et fruits; ils possédaient aussi quelques bestiaux. Nous pasn- «âmes également la grande Mogasie-Rivier, où est le chef-lieu de Gamboosa, capitaine des Hambonaas, Nous tuâmes cejour^là sept hippopotames.
Le 6, nous avançâmes sept lieues, jusqu'à une grande rivière, appelée Sînwoùwou, ou Zée-^Koe-. Rivier; là, on nous dit qu'il existait encore un Anglais du Gnosvenor. he lendemain , après avoir fait deux lieues, nous nous trouvâmes sur le bm*4 de la rivière; mais noais fâmes forcés de dételer^ parce qu'elle était trop gonflée par le flux de la m^.
Digiti
l4o VOYACK
Nous attendîmes donc le jussant, et aperçûmes, pen* dantc^et intervalle, l'Anglais en question, que nous appelâmes à nous. Il parlait la langue Hollandaise; mais là largeur de la rivière ne nous permit pas de comprendre ce qu'il disait.
- Le 8, nous traversâmes à guë la rivière. I^ prétendu Anglais vint alors nous joindre, et nous dit qu'il était iiomme libre, et qu'il avait fait naufrage avec un vaisseau anglais venant de Malacca. Il promit de nous conduire à l'endroit où le Grosvenor avait péri , en ajoutant qu'il n'en restait plus rien , excepté quelques pièces de canon et de la vieille ferraille qui avait servi de lest à ce bâtiment. Il noiis dit aussi que tous les naufragés étaient morts, les uns dé faim , les autres par la main des sauvages. . .Les natin*els nous apportèrent ici un peu d'or et d'argent, pour lequel ils nous demandèrent des rassades rouges et quelques bagatelles en cuivre, dont ils parurent faire grand cas.
. Nous n'avions &it ce jour-là que deux lieues; mais le lendemain' nous en fîmes quatre jusqu'à une rivière appelée Wouwanpouvou, où noUs abattîmes un hippopotame. Le lo^ nous passâmes cette rivière, et fîmes sept lieues, jusqu'à la rivière Tanwouta.
Nous comprtmes iici, en ne voyant pas revenir le soi-disant Anglais qui avait offert de nous conduire aux débris du Grojsvenor, que c'était un esclave éohs^ppé du Cap; idée dans laquelle nous fûmes confirmés par un de nos Hottentots bâtards, appelé Moïse, à qui cet homme avait demandé quel était son maître. Sur quoi celui-ci ayant répondu : Jacques Van Ree^
Digiti