DE JACOB VAN REEICEN
nea, l'autre lui fit la question si c^ Jacques était le fils Ju vieux Jacob Van R^nen , ou Kootje , ainsi qu'on nommait communément mon père. Le Hottentot lui ayant répliqué affirmativement, le prétendu Anglais ajouta qu'il était bien connu au Cap, où il avait sa femme et deux enfants. La crainte de se voir pris par nous et ramené au Cap , a certainement déterminé cet homme à ne pas nous rejoindre.
Nous passâmes toute cette journée-là sur le bord de la rivière , qui se trouvait trop grosse pour que nous pussions la traverser. Le lendemain , cepen-datit,nous la franchîmes, et, après avoir fait trois lieues > nous arrivâmes à un bois, par lequel nous dûmes nous frayer une route. Ensuite nous vînmes à un autre bois, qui nous offrit les mêmes obstacles que le premier; aussi nç fîm^-noùs ce jour-là que deux 'lieues. Le lendemain nous en fîmes trois, et passâmes par la. rivière Bogasie , à l'embouchube de laquelle tious tuâmes deux hippopotames. Les naturels nous apportèrent des patates, des canneç à sucre , du blé et des fèves., ainsi que de l'or et de l's^rgent, que nous prîmes en échangé de quelques rassades.
Le i5 novembre, nous avançâmes quatre lieues, et franchîmes un ruisseau à son embouchure près de la mer. Ce jour-là , J. A. Holtsbausen eut le malheur, de tomber dans un trou creusé par les sauvages pour prendre des éléphants, garni de pieux durcis au feu, par un desquels il fut grièvement ble^ssé à la nfiain gauche.
Nous arrivâmes à une hauteur, que nous frân-^ chimes avec beaucoup de peine et de dangers; nous
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l42 TOTAGE
apprîmes ici que nous n'4^tion8 plus qu'à une petite distance du vaisseau n^fragé. Gela nous détermina à faire halte en cet endroit , et à nous rendre à cheval sur la côte, pour voir si nous pourrions en découvrir quelques restes. Je partis pour oet effet avec J. A. Holtshausen, Ijaart Van der Waldt, G. Hilgeit, Ign. Mulder; mais, après avoir fait une lieue et demie, Holtshausen et moi fûmes obligés de retourner à nos voitures, parce qa*il fiillaît traverser la rivière à pied, à cause des trous et des rochers dont son lit est parsemé; ce qtie roa douleur par toute l'habitude du corps, et la blessure de Holtshausen^ qui s'empirait considérablement, ne nous permirent pas d'entreprendre.
Lorsque nous nous fumes rendus près de nos voitures, nous employâmes tous les moyens possibles pour calmer les souffrances de Holtshausen; *mais rien ne put le soulagej^. A la nuit, nos ccmipagikms de voyage se trouvèrent de retour, et noifs, dirent qu'ils avaient été à l'endroit oîi le Grosvenor avait péri; mais qu'ils n'en avaient trouvé aucun idébrîsy sinon quelques pièces de canon, du vieux fer qui avait servi de lest , et du plomba. Us avaient apporté avec eux quelques morceaux de chandelles de blanc de baleine , et des fragments de poterie d'Angleterre. Le vaisseau avait péri k quatre lieues de l'endroit où nous ^ions , et pour y arriver il fallait passer sept rivières dont nous ignorions les noms. Nous tuâmes •ce jour-là un hippopotame.
Le lendemain , quelqiitôs personnes de noire société se rendirent de nouveau à l'endroit où le Gros*
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veikor avait échoué; mais ils n'y virent absolument que ce que nous venons de dire. H. Muldêr apporta avec lui un morceau de bois de sapan (i/). Nous abattîmes, pendant cette journée, deux hippopo* tames.
Le 1 7 , je partis moi*mênie , avec quelques autres , vers l'endroit en question, où je ne vis que cinq canons et une grande quantité de vieille ferraille. On distinguait Êicilement encore un certain espace de terrain entre deux bois , où les naufragés avaient fait du feu, et s'étaient formés un abri! Il y avait aussi sur une éminence , entre ces deux bois , un trou où Ton avait caché des effets , qui en avaient été en« levés ensuite; cela servit à confirmer ce que nous avait dit l'esclave fugitif, concernant les effets que les habitants étaient venus prendre, et qu'ils avaient transportés fort avant dans les terres. Nous apprîmes aussi des sauvages, que la plus grande partie de ces effets avait été conduite à Rio de la (ioa, pour y être vendue. Rio de la Gtoa se trouvait , autaht que nous
pûmes le comprendre, à quatre journées de tnarcbe;
c'est-à-dire entre quarante et cinquante lieues de
l'endroit où le Grosvenôr avait donné sur la côte.
Tjaart Van der Waldt, H. Mulder, et Jacob Joubert,
allèrent à^eux lieues plus au nord sur les débris du «vaisseau; mais ils ne firent aucune découverte nou^
velle*
Nous i^olûmes alors de reprendre le chemin dé
nos habitations; beaucoup de nos boeufs d'attelage
(i) Bois de teinture qui vient du Japon , et qui ressemble beaucoup au bois de lirésil.
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l44 . VOYAGE
étant morts, et plusieurs de ceux qui nous restaient se trouvait malades. D'ailleurs, le vieux Holtshausen,qui souffrait beaucoup de la blessure qu'il s'était faite à la main, paraissait fort impatient de retourner chez lui. Les habitants du pays semblèrent étonnés de ce que nous avions pris tant de peines pour venir chercher si loin des malheureux naufragé^; et les che&, ainsi que tous les autres individus, nous dirent que rrivait encore sur la cote,
ils p ' protection ceux qui vien-
draie 'e , et qu'ils les conduiraient
jusqi ourvu qu'ils fussent assurés
de recevoir pour récompense quelques passades, du cuivre et du fer, ce que nous leur promîmes.
Je dois remarquer que nous avions fait , pour arriver à l'endroit où nous nous trouvions^ trois cent soixante^dix lieues , c'est-à-dire deux cent vingt-six lieues au-delà de$ habitations des .Colons du Cap. Il y a, du Cap ^u Groote-vVisch-Riviçr, deux cent vingt et une lieues; nous étions donc^ suivant notre supputation, à quatre cent quarante-sept lieues du Cap.
Nous montâmes à chev nos voitures s'étaient a douze lieues d^ns l'intér ce trajet nous passâmes s
voitures firent^ en rétrogi »
qu'à la rivière Bogasie, o poissons et de bonnes hu
Le 19 novembre, nous et fîmes cinq lieues, en t wouta et Wouwanpouvou.Le lendemain , nous arri-
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vâtnes , après avoir fait huit lieues j au Smwouwou , ou Zée-Koe-Rivier.
Nous fâmes obligés de nous arrêter ici , à cause de Tétat désespérant dans lequel se trouvait le vieux Holtshausen , qui nous faisait craindre à chaque mo- ' ment pour sa vie. JLa nuit, nos sentinelles nous firent savoir que nous étions épiés parles sauvages; ce qui nous détermina ;à ei fusil en
l'air, après quoi ru Jer d'eux.
Ce même jour , p Is étaient
venus nous voir, it de l'ar-
gent ; mais nous s n'avaient
pris ce prétexte que -pour nous espionner, afin de nous surprendre , s'il était possible. Ce jour-là , nous tuâmes quatre hippopotames.
La maladie du vieux Holtshausen s'empira ici à tel point , que nous fumes obligés de jpâsser toute la nuit auprès de lui; et il mourut le a3, dans l'aprèsmidi. Nous nous mîmes sur-le-champ en devoir de lui faire un cercueil des planches de, nos voitures; et le lendemain , dans la matinée , nous enterrâmes
e isolé , sui' lequel nous s quittâmes ensuite cet é le Sinwouwou , nous lieues de marche , au nous fumes obligés de es pluies; mais, le 27, -Mogasie-Rivier et le après avoir fait huit lieues, nous parvînmes au village des Chrétiens- Bâtards. Je proposai aux trois vieilles femmes de les XXI. 10 '
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» plaisir^ elles, de , cepeniàdve ce feraient , t ayprès l'aussitot ndraient nous joindre avec toute leur lignée , consistant en Quatre cents individus. Je leur promis de faire au gouvernement du Gap un recît de ce (}ui les concernait, afin de les tirer de ïa triste situation oii elles se trouvaient. Je dois remarquer ici que ces femmes pa« purent fort troublées lorsque nous les abordâmes pour la première fois , et qu'elles virent des hommes de leur couleur (ï).
Le lendemain , nous quittâmes ce village , et fîmes trois lieues, jusqu'à un bois, où nous tuâmes trois éléphants, dont nous prîmes les dents; et le jour suivant nous avançâmes cinq lieues , en passant la rivière Tasana; nous abattîmes quatre éléphants. Nous prîmes aussi un jeune éléphant, que nous attachâmes à l'un de nos chariots; mais nous fûmes bientôt obligés de le tuer, parce que ses cris attirèrent autour de nous un si grand nombre de ces animaux, que nous craignîmes d'en être foulés aux pieds; et,
(i) Il est facile de concevoir que c'est de cette race que voulaieut parler les Cafres dans leurs réponses aux questions qu'on leur fit sur le sort des naufragés du Grosvenor, et que ces réponses, n'ayant pa^ été bien saisies par des personnes qui ne comprenaient pas leur langue, ont donné lieu aux rémarqiies de Le Vaillant , et à ce que nous ont dit à ce sujet Bligh et le colonel Gordon.