‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 18 sur 60 · DE JACOB VAN REEKEN (179O). 1 /^'J · texte numérisé non relu

DE JACOB VAN REEKEN (179O). 1 /^'J

pendant la nuit , nous en çûmes une autre grande troupe près de a Les fortes plu toute la journée moururent ce j( sâmes la rivière perdîmes encore passâmes la riviè

cinq hippopotames, dcmt nous enlevâmes, le lende-^ main , le lard , que nous salâmes , ce qui nous occupa toute la journée. A peine eûmes-nous achevé ce tra-? vail, qu'un grand éléphant mâle vint se ranger près de nos voitures. Nous lui donnâmes sur-le-champ la chasse. Âpi^s avpir reçu plusieurs balles, il était déjà tombé par terre, lorsqu'il alla se réfugier dans un bois taillis rempli d'épines. Comme nous crûmes alors qu'il était mortellement blessé, Tjaart Van derWaldt, L. Prins et Ign. Mulder s'approchèrent de l'endroit où il se tenait , lorsque , sortant tout à coup du boi$ taillis, il enleva de sa trompe L. Prins de son cheval , et le foula aux pieds ; ensuite il passa une de ses défenses au travers du corps de cet infortuné, et le jeta à trente pas de distance. Les autres , voyant qu'il n'y avait plus moyen d'échapper, descendirent de leurs chevaux, et allèrent se cacher dans des broussailles. L'éléphant , n'apercevant plus alors que le cheval de Van der Waldt, le poursuivit pendant quelque temps; puis il revint vers l'endroit où était couché par terre le corps du malheureux Prins , qu'il parut chercher. Dans ce moment, nous renouvelâmes tous ensemble notre attaque pour l'éloigner de ce lieu; sur quoi il

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se jeta de nouveau dans. un endroit épais du boi^^ Comme nous le crûmes assez éloigné , nous commen-' çâmes à creuser une fosse pour notre ami. Pendant ce temps , l'éléphant parut de rechef, et, nous chassant tous , demeura maître de la place. Tjaart Van der Waldt parvint néanmoins à le blesser d'une nouvelle balle à la distance de cent pas. Nous l'assaillîmes alors une troisième fois, et l'éléphant, après avoir reçu plusieurs blessures, commença à chanceler, et tomba enfin. Nos Hottentots achevèrent de le tuer par deux ou trois coups de fusil.

La fureur de cet animal ne petit se décrire. Ceux de notre société qui étaient le plus accoutumés à la chasse aux éléphants nous assurèrent que jamais ils n'en avaient vu ni de plus terrible , ni de plus agile à la course.

Les Hottentots nous dirent que c'est la coutume des éléphants, lorsqu'ils se trouvent attaqués, de ne plus quitter le corps du chasseur qu'ils ont tué; mais qu'ils lé mangent entièrement par petites parties; qu'ils avaient vu tuer un de leurs camarades de la même manière que venait de l'être Prins, dont ils n'avaient jamais retrouvé les moindres vestiges (1). Notre <;ompagnon de voyage aurait certainement subi le même sort, si nous ne l'eussions pas empêché par une vive attaque sur l'éléphant. Nous nous remîmes alors de nouveau à creuser une fosse pour

(i) Ce récit des Hottentots paraît invraisemblable : on sait que Téléphant n'est nullement Carnivore ; il est probable que leur camarade tué par Téléphant aura été enlevé pendant leut fuite par quelque animal féroce et carnassier.

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notre ami , que nous eoterrâmes à. cinq heures et demie du soir.

Le jour suivant, nous nous mîmes en marche, et fîmes huit lieues et demie, eq passant la rivière Nodei. Nous tuâmes , ce jour-là, un buffle.

Le 3 décembre, nous fîmes six lieues, et passâmes la rivière Nooga. Ce jour-là nous abattîmes deux éléphants et un hippopotame. T^e lendemain , après avoir fait huit lieues , nous arrivâmes , après beaur coup de difficultés, au Boschje-Rivier. Quoique notre marche (ut fort lente, il nous aurait cependant été impossible de faire encore autant de chemin, si je n'avais pas attelé quatre de mes chevaux de monture à Tune de nos voitures. Nous nous vîmes forcés aussi de jeter plusieurs de nos dents d'éléphants. Un de nos chariots n'avait que. huit bœufs, un autre six seulement, et aucune de nos voitures n'avait un attelage passable; de sorte que la perspective de ne pouvoir continuer notre route, et la pensée d'avoir perdu deux de nos compagnons de voyage, rendaient notre situation actuelle vraiment affligeante.

Nous employâmes toute la journée du 5 à passer nos effets au-delà de la rivière par le moyen de notre canot. Nous tuâmes, pendant ce temps, deux hippopotames; et, après avoir traversé la rivière, nous fîmes le lendemain trois lieues , et le jour suivant sept lieues, mais en faisant petite route, parce que nos bœufs succombaient de fatigue : nous en perdîmes même plusieurs. Comme nous prévîmes que nous serions bientôt obligés de nous arrêt^ir tout-àfait, nous résolûmes d'envoyor sur-le-champ Jacob

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l5o VOYAGE

Joub^t vers Joobie^ capitaine des Tamboukies, pour lui demander quelques bœufs. Nous aperçûmes ce jour-là plusieurs éléphants ; et le lendemain Joubert vint nous rejoindre avec deux bœufs seulement^ qu il avait achetés. Quoique ces animaux ne fussent pas accoutumés au joug ^ nous fûmes cependant forcés de les atteler sur-le-cl fîmes , pendant cette Nous prîmes ici une a avant dans lé pays que venus, parce qu'elle él

courte, et à tous égards meilleure qiie cette premiers. Après une marche de huit lieues , pous passâmes ce jour-là, qui était le 9, la rivière Nabagana.

Le 10 y nous avançâmes huit lieues, et le 11, six, lieues, en traversant la rivière Somou. Ce dernier jour, nous tuâmes quatre élans.. Le lendemain, nous ne pûmes faire que trois lieues; et , comme nous vîmes qu'il ne nous était plus possible d'avancer fauté de bœufs, nous résolûmes , pour ne pas nous voir contraints de laisser nos voitures en arrière (ayant déjà abandonné une grande partie de nos effets ), que H. Van Rensburg se rendrait au plus tôt, avec quelques Hottentots à cheval, vers le Boschjes^ mians-Rivier, pour y acheter des bœufs de trait.

Le 12, nous fîmes trois lieues. Le temps était alors extrêmement froid, de sorte qu'on aurait dit être au cœur de l'hiver; ce que je crois devoir attribuer uniquement à la hauteur des montagnes parmi lesquelles nous, nous trouvions alors. Nous fîmes halte pendant les deux jours suivants , pour

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nous remettre un peu de nos fatigues; quelques uns dé notre compagnie se rendirent cependant vers lé Witte-Key-Rîvier, où ils tuèrent quatorze hippo* potames. Nous employâmes toute la journée du 1 5 à dépecer ces animaux ; mais nous fumes obligés de laisser sur le lieu la moitié des meilleurs morceaux de leur chair (i), pour ne pas trop charger nos voitures, à cause que les bœufs qui nous restaient encore étaient très faibles. Le lendemain , nous traversâmes le Witte-Key-Rivief , et fîmes cinq lieues ; le jour d'après, sept lieues : pendant cette marche, nous tuâmes deux élans.

Le 19, nous passâmes le Zwarte-Key-Riyiet*, ayant fait ce jour-là huit lieues. Le lendemain , nous arrivâmes au Bonte-bokken-Yalley,' oii nous tuâmes plusieurs bonte-bokken. Après avoir encore marché huit lieues et demie, nous franchîmes deiix rivières, qui se déchargent dans le Zwatle-Key-Bivier, et qui portent letnême nom, qui doit son origine aux rochers noirs qui bordent cette rivière.

Ayant fait , le 2 1 , neuf lieues et demie , et traversé le Raffers-Berg , nous arrivâmes d^iis Iç pays des Grands-Cafres , du capitaine Saihbée. Nous eûmes ici la satisfaction de trouver J. Vioen et P, Van Yoorn, qui conduisaient avec eux les attelages de bœufs que nous avions demandés, he lendemain ^ après sept lieues de marche, nous passâmes la rivière Keys-Kamma , et une autre petite rivière qui

(i) La partie de l'hippopotame dont on fait le plus de cas est la graisse des pattes et des côtes , laquelle est plus ferme et plus gélatineuse que celle des autres animaux.

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I Sa VOYAGE

s'y décharge. Le ^3, nous franchîmes le Kat ou flunca-Rivier, et sept heures après le Kleine*Doorn-i Rivier. Le lendemain , nous fîmes huit lieues jus-^ qu'à la rivière Kaapna. Le a5, nous traversâmes la rivière Kaaga, laquelle tombe dans la rivière Kaapna, dont les eaux vont se perdre à leur tour dans le Groote-Visch-Rivier, que nous traversâmes le len-' demain ; et , après onze lieues de marche , nous atteignîmes , à notre grande satisfaction , une maison habitée par des chrétiens : c'était celle de G. Bota.

De là, nous traversâmes, le lendemain, le Groote-» Visch-Rivier et le.Kleine-Visch-Rivief, ainsi que le Kamma-Dagga, où est l'habitation d'André Dreyer ; «t, après que nous eûmes fait sept lieues et demie, nous arrivâmes chez H. Janssen de Rensburg , sur les bords du Boschjettnàns-Rivier, chez qui nous passâmes la nuit. Le jour suivant, nous prîmes congé les uns des autres, et, à deux heures , et demie du matin , Tja^rt Van der Waldt, son fils, et*^. H. Mulder, partirent avec moi , en faisant atteler nos che-* vaux aux voitures au lieu de nos bœufs, que nous laissâmes ^ans cet endroit. Nous fîmes vingt-deux lieues jusqu'au Zondags-rRivier ; le lendemain, nous arrivâmes, après quatorze lieues de marche, à la rivière Naraa; ensuite nous fîmes vingt-six lieues, jusqu'au Groote-Rivier, que nous traversâmes au pied de la montagne appelée Eeren-Kroon, d'où nous avançâmes le lendemain l'espace de six lieues, jusiqu'à l'habitation d'A. Nortier, au-dessus de l'OIiphams-Rivier.

Le i^' janvier de Tannée 1791 , nqus nous reut»

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DE lAGOB VAN REENEW (1791)» I 53

cfimes au bain près de l'Oliphants-Rivier, et arrivâmes, après huit lieues de marche, à l'habitation de Tjaart Van der'Waldt.

Nous demeurâmes ici pendant deux jours , et le 4 9 après avoir pris congé les uns des autres, H. Mulder et moi fîmes dix lieues , jusqu à l'habitation de F.' Bota, sur le bord de l'Oliphants-Rivier. Le lendemain nous arrivâmes, après vingt lieues de marche, à une habitation abandonnée près du Hassaquas-Kloof. Nous passâmes cette gorge le 6, et au bout de vingt lieues, nous nous trouvâmes au Hagel-Kraal, habitation de Jean Marks. Le 7, nous paissâmes les rivières le GoeS , le Walvisch , et le Kaffers-Kuil , en traçant une route de vingt - six lieues ; et j'arrivai enfin , à ma grande satisfaction , à ma propre habitation , sur le Kruis-ftivier.

A notre retour de l'endroit où le Grosveûor avait fait naufrage jusqu'au Groote-Visch-Rivier, nous avons fait cent quatre-vingt-dix-sept lieues; il y a donc, depuis ce premier endroit jusqu'au Cap, Une distance de quatre cent dix-huit lieues.

Pendant ce voyage, toutes nos voitures ont versé une ou plusieurs foie ; ce que je crois nécessaire de faire remarquer, pour qu'on sache les difficultés et les dangers que nous avons eus à essuyer dans cette expédition.

Il faut que j'observe aussi que toutes les rivières dont il est parlé dans ce Jourilal courent du nord au sud , pour aller se décharger dans la mer.

Ce voyage , que j'entrepris avec l'approbation du gouverneur de Graaf, et du bailli du district de

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l54 VOYAGE DE VAW REKNEN (1791).

Rynet, n'avait d'autre but que celui de sauver les Anglais échappés , en 1782, au naufrage du Gro»venor , et qu'on disait exister «encore , afin de les tirer de l'état déplorable où ils devaient se trouver dans ces déserts. Mais^ à notre grand regret, nous n'avons trouvé aucun .de ces infortunés ; nous sommes donc parfaitement convaincus qu'il n'y en a plus de vivant. J'ai appris d'un esclave malais ou bouguiné , échappé (lu Gap il y avait quelques années, et qui parlait la langue hollandaise, que le cuisinier de ce bâtiment vivait encore en 1789, mais qu'il était mort cette annse-là de la petitervérole. »

Nous a; e relation qu'en 18:1 3, le

lieutenant tenté de former un éta-

blissement Eil j a découvert , près de la

seconde p les débris du naufrage du

Grosvenoi Duest qu'on ne l'avait sup-

posé. On a retrouvé la quille du vaisseau ,- les canons et autres objets. On n'a pu s'assurer s'il avait existé, à l'époque du voyage de Van Reenen , quelques personnes de l'équipage du vaisseau naufragé, retenues prisonnières par les natifs; mais on a observé, dans les tribus environnantes , des mulâtres qui eu descendeiit ; et l'un d'eux est entré au service du lieutenant Farwell.

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voY. d'41'Berti et de brownlee (1806-24). i55

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