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S VIL

Éducation pfajsique et morale des enfants. Circoncision cb<2 ]e$ Cafres.

Des détails circonsitanciés. sur l'éducation des enfants chez une nation non civilisée, sont > à beaucoup d'égards, singulièrement intéressants pour celui qui aime à obs<arver les honmaes, parce qu'ils servent i rendre raison d'un grand. nombre de phénomènes, tant physiques que moraux. D'ailleurs, le plus ou

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moins de soiu avec lecpiel on ëlèvè les enfants, ia-^ dique danà la nation même plus ou moins de cultUpe ou de disposition à en acquérir. Ce sont ces considérations qui m'ont engagé à traiter très au long de l'éducation desCafres, et à rapporter jusqu'aux moindres particularités relatives à cet objet, quelque peu intéressantes qu'elles puissent être en apparence.

Dès qu'un enfant est né, on le lave avec de l'eau tiède, et on lui en donne à boire, en k lui versant dans la bouche avec une (écaille de moule. £n mém^ temps, on lui frotte tout le corps avec une poudre de coquillages broyés et délayés dans de l'eau; cette friction^se réitère plusieurs fois, et forme sur ja peau un vernis, qu'on y laisse jusqu'à ce que le cordon ombilical soit cicatrisé. Ce n'est qu'environ douze heures après Taccouchement que' la mère présente le sein au nouveau-né. Si, au bout de quelque temps, l'enfant vient à maigrir et à s'afiaiblir, ce qui a rarement lieu, on attribue ce détériorement à la mauvaise qualité du lait de sa mère , et on le nourrit alors de lait de vache nouvellement trait, qu'on lui verse dans la bouche, comme on a fait l'eau tiède. Jamais une Cafre n'allaite un enfant qui n'est pas le sien, pas même quand la mère serait absente, ce qui parait devoir être attribué à quelque opinion superstitieuse. Dans ce i^as, on se contente aussi de nourrir l'enfant de lait de vache.

U n'y a pas^ chez les Cafres, d'accoucheuses de profession; les femmes s'entr'aident dans l'accouchement. D^ailleurs, chez ce peuple, où la nature a conservé toute sa pureté primitive, les secours de

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d'alberti et de brownlee (1806-24). 193 l'art seraient superflus. Après raccouchement , et jusqu'à ce que le cordon ombilical de l'enfant soit cicatrisé, la nourriture de la mère consiste en une bouillie de millet. Ce temps écoulé, le mari tue une pièce de son bétail , dont il se régale avec sa femme et ses voisins ; c'est l'accouchée elle-même qui doit faire les apprêts de ce repas. Jusqu'à cette époque, la mère s'abstient de se peindre le corps; mais, alors, elle prépare de nouveau de la pâte d'ocre rouge, en frotte d'abord son enfantj et puis elle-même, comme avant ses couches. '

La mère place'son enfant nouveau-ûé à côté d'elle, sur une couchette d'herbe étenâue sur le sol , et le couvre d'un bout de son manteau. Une Cafre ne laisse jamais son enfant seul dans la hutte ; si elle est obligée de le quitter ^pour quelque temps, elle appelle auprès de lui un enfant plus âgé pour le surveiller.

Dès qu'un enfant est assez fort pour se tenir assis et se traîner dans la hutte, on lui donne pour nourriture, outre le sein de sa mère, de ce lait de vache caillé dont nous avons parlé précédemment. On n'observe pas toujours le même temps pour sevrer entièrement les enfants; cependant, cela n'a lieu, - d'ordinaire, qu'au bout de deux ans.

Des enfants nés de parents sains , et élevés de la manière la plus simple, doivent être sujets à peu de maladies; c'est ce qu'on observe, en effet, parmi les Cafres. Le temps seul où les dents commencent à percer est pour eux une époque douloureuse, et quelquefois fatale; ils sont alors ordinairement sujets à la diarrhée et à des convulsions qui en enlèvent XXI. i3

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plusieurs. Pour calmer les douleurs, on met dans la bouche des eafants des feuilles pilées de la plante qui porte les figues des Hottentots; ces feuilles renferment uii suc acide. Pour les convulsions, o« emploie, avec succès, tme décoction de feuilles et de racines d'un arbuste dont le nom ne m'est pas connu. Les enfants sont aussi quelquefois sujets à de violentes coliques, causées peut-être par l'eau saumâtre, qui, dans ce pays, est eai)ien plus grande quantité que Teau douce. A cela prêt, ils ont, en général, l'air bien portants, et beaucoup de vivacité dans la physionomie; une preuve de la bonne santé dont ils jouissent , c'est qu^n ne les entend presque jamais crier : j'en ai vu un très grand nombre, et je ne me souviens d^ea avoir entendu pleurer qu'un seul. Les maladies éjtant si rares parmi ces enfants, il est évident qu'il n'en doit mourir qu'un très petit oombre.

Le père ne se mêle aucunement des soins physiques qu'exige son enfant, ni de sa première éducation morale; il en abandonne entièrement le soin à sa femme, qui, de son côté, traite son nourrisson avec toutes les marques visibles de l'attachement maternel. Par exepiple, on ne voit jamais un homme, parmi les Cafres, porter son en&nt; c'est toujours la mère qui le porte sur son dos, enveloppé et soutenu par son manteau , et les jambes écartées autour de ses reins. C'est d^elle aussi que l'enfant apprend à prononcer les preiftiers sons«

Dès que les enfants sont en état de faire quelque jçhose par eux-mêmes, on emploie les filles à aller quérir du bois et de l'eau pour le çiénage; Us gar-

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d'aLBERTI et de BlOWNLEE (l8o6-!l4)- '^^

çoos sont dmrgés de conduire les veaux au pâtoMrge. C'est alors que le père commence à se mêler de l'éducation des derniers, tandis que les filles restent exclusivement sous la direction de leur mère. Les uns et les autres sont obliges d'exécuter ponctuel-* lement les ordres de leurs parents : en cas de refus ou de désobéissance, ils sont punis avec sévérité.

A l'âge de dix ou douze ans commence, pomr le^ enfants des deux sexes, l'éducation proprement dite, ou l'instruction directe dans ce qui a rapport à la vie domestique et sociale. C'est principalement en servant Ip chef et sa famille, qu'ils reçoivent cett4i éduca.tioD*: on lés partage en bandes, qui se relèvent à mesure que le service l'exige. Les garçons sont changés de la garde des troupeaux, en même temps que les officiers du chef les exercent à lancer la javeline, en ne se servant d'abord que du bois; à combattre avec la massue, à courir, etc. Les filles apprennent , sous lis yeux des femmes du chef, à faire des habits, à préparer les aliments, et, en un mot, à s'acquitter de tous les travaux de la hutte et du jardin.

Ija circoncision est généralement en usage chez les Cafres; on la pratique à l'âge où le jeune homme approche de la. puberté. Les Cafres méprisent les Hottentots , les Bosehimans , les Malais , et les autreis peuples de couleur, parce qu'ils ne sont pas circoncis; et ils ne veulent pas leur permettre de siéger parmi eux , ou de manger avec eux. Quant aux Européens , ils les regardent comme étant d'une race

supëneure (i). L'époque de la circoncision est, chez les Cafres, pour le jeune homme, celle d'un grand changement dans son genre de vie; elle le place au rang des hommes faits : aussi (es Cafres, pour dire que l'un d'eux a été circoncis , emploient-ils l'expression , il a été fait homme. C'est aussi au temps de la circoncision que le jeune Cafre est tenu de jurer solennellement fidélité à son chef. Voici la manière dont se pratique cette cérémonie solennelle.

Lorsqu'il se. trouve, dans une horde, un certain nombre de jeunes hommes qui ont atteint f âge de

puberté, ou qui sont près d'y arriver, on les i^assemble pour subir la circoncision; ordinairement on choisit , pour cela , le temps qu'un fils du chef est parvenu à l'âge requis pour cette cérémonie. Alors x>n les conduit tous ensemble, à quelque distance de l'habitation du chef, dans. une hutte préparée exprès pour leur servir de demeure , et on leur remet un nombre suffisant de vaches pouréeur fournir du lait: ce breuvage est leur unique nourriture; ils doivent-

» rester irois mois isolés dans cette demeure (2)., Le chef paraît ensuite avec un cortège nombreux, dont^ les personnes du sexe sont exclues; en même temps paraît celui qui est chargé de faire l'opération. Personne, sous aucun titre, n'est exclusivement /privilégié pour s'acquitter de cette fonction; il suffît, pour être admis à l^exercer, d'avoir l'adresse nécessaire. Ceux qui en font profession voyagent d'une

(i) Brownlee, dans Thompson , 1. 11 , p. 71.

(3) Ibid, t. ii,p. 353.

d'alberti et de brownlee (i 806-2/1). 197 horde à l'autre, et trouvent dans cet état de quoi gagner leur. vie. On couche le nëophyte sur le dos; on lui tient les hras et les jambes étendus, et un homme robuste se couché en travers sur sa poitrine pour empêcher jus(t{u'au plus petit mouvement , dont les suites pourraient être funestes. La circoncision s'opère avec la pointe acérée d'un petit fer de javeline, dont le manche n'a, pocr plus de commodité, qu'un pied de long. L'opération faite, on plonge ce fer, qui ne sert qu'à cet usage, dans de l'eau soùs terre, et on l'y laisse jusqu'à ce que tous les circoncis soient guéris ; l'opérateur l'en retire alors , et le garâe , en attendant une nouvelle occasion d'eo faire usage.

La partie du corps où s'est faite l'opération ne ' reste pas sans appareil : on y applique des simples* curatifs, qu'on assujettit au moyen d'une large feuille. Les nouveau-circoncis sout obligés de se peindre aussitôt tout le corps avec une lessive d'argile blanche, et de répéter la même chose chaque jour, jusqu'au moment de l'entière guérison; et pendant ce période de temps, ils ne sont assujettis à aucun travail ; ils cueillent sans opposition les fruits et le maïs dans les jardins et les champs cultivés ; ils tueraient même un bœuf, qu'on ne les punirait point. Ils passent à jouer et à danser avec ceux qui ont subi la même opération le temps de ce noviciat, qui dure trois mois (i). Ils dorment à terre, sans nattes, sur une couche de cendres, dont on a couvert le sol

(1) Brownlee, dans Thompson , t. 11, p. 354.

de la hutte. Chaque tnatia , ils sont visités par celui qui a fait l'opération , et qui leur apporte des herbes fraîches ^ dont ils doivent faire usage en sa présence ; il est accompagné d'un officier de la suite du chef, chargé d'examiner s'ils se sont blanchis ce jour^à avec de l'argile ; si les plaies sont pansées avec propreté; et surtout, s'ils n'y laissent pas se former de croûte : on insiste particulièrement sur ce dernier point , et c'est apparemment pour cela qu'il se passe quelquefois deuK mois entiers avant que la guérison soit entièrement achevée. Si l'officier en trouve qui ne se soient pas fraîchement lessivés, ou qui aient laissé se former quelque incrustation sur la plaie, il les en punit sur-le-champ en leur donnant des coups de baguette sur les bouts des doigts réunis.

Quand tous lès nouveau-circoncis sont entièreipent guéris, on rassemble tous les manteaux qu'ils portaient avant leur circoncision , ainsi que les outres et les corbeille!^ à lait dont ils se sont servis pendant leur séclusion du reste de la horde ; on en fait un tas dans la hutte qu'ils ont habitée , et on les brûle, ainsi que la hutte elle-même. Les nouveaucirconcis se lavent ensuite, pour enlever la couche d'argile qui les couvre, et l'ofticier qui les a visités les conduit devant le chef. Là, chacun reçoit de ses parents un manteau neuf, avec le revers en guise de collet, dont nous avons parlé plus haut, et qui est la marque distinctive de la virilité. Sur des nattes étendues sont étalées deux rangées de corbeilles, dont les unes sont remplies de millet bouilli et les autres de lait; les jeunes hommes se rangent à Ten-

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d'alberti et de brownlee (1806-24). 199 tour, et il est d'usa|^, dans ce repas de cérémonie , d'observer la plus rigoureuse sobriété.

Après le repas, les jeunes gens reçoivent, de leurs pères et de leurs oncles , des javelines et des massues. Leurs parents, ainsi que les officiers du chef, leur déclarent en même temps a qu'ils devront a dorénavant se comporter en hommes ; qu'on leur « met ces armes entre les mains pour s'en servir à la <x défense du chef, à qui ils doivent fidélité et obéiscc sance, etc. i> Là-dessus, ils sont tenus de donner des preuves de leur agilité à la course et de leur adresse à manier les armes; enfin , la fête se termine par une danse.

Après avoir subi la circoncision , les jeunes gens restent encore quelque temps attachés au service particulier du chef; mais alors ils reçoivent un salaire. Ce service, dans lequel ils se relèvent tour à tour, consiste à traire les vaches , à tenir en ordre les parcs pour le bétail , et en d'autres fpnctions de ce genre; ils se marient enfin, lèvent leur propre maison , et ne sont plus, après cela, tenus de servir le chef, sinon à la guerre.

A l'égard des filles, c'est aussi la nature qui détermine l'époque à laquelle elles sont admises au rang des femmes. A la première apparition des marques de la puberté , une fille est conduite, à quelque distance de l'endroit qu'habite la horde, dans une hutte construite tout exprès, et doit y rester aussi long-temps que dure son indisposition. En même temps on rassemble , pour lui tenir compagnie et la servir, toutes les jeunes filles de la horde qui n'ont

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pas encore atteint cette époque; elles chantent, dansent , et se nourrissent de la chair du bétail qu'on a tué exfu^s pour elles.; car le lait leur est interdit pendant tout ce temps-là, ainsi qu'au principal per-» sonnage de la fête. Quand le temps de la retraite est passé, la jeune fille se lave et se frotte tout le corps d'ocre rouge et de graisse; après quoi , on lui fait présent de grains de corail, d'anneaux et d'autres ornements de ce genre. Ces premières cérémonies achevées, elle sort de la hutte en répandant devant elle de lapoussière d'ocre. A quelque distance de là se tiennent toutes les femmes^t les filles nubiles de la horde; dès qu'elle paraît, une de celles-ci va à sa rencontre, la prend par la main, et la ramène, en courant à toutes jambes, au milieu de la troupe qui l'attend ; on tue une pièce de bétail , et on en prépare un repas auquel toute la horde prend part. Après le repas, la jeune fille se rince la bouche iavec du lait nouvellement trait; et, dès ce moment, elle est initiée dans la société des filles nubiles.

Ces filles sont, ainsi que les autres et jusqu'à ce qu'elles se marient, tenues de servir le chef, ou plutôt ses femmes , sans recevoir aucun salaire ; tout ce qu'elles obtiennent alors du premier, c'est une peau de vache pour s'en faire un manteau.

Jusqu'à l'âge de puberté, les enfants des deux sexes sont exclus de la table de leurs parents et d'autres personnes d'un âge mûr; ils prennent leurs repas à part) parce que, jusqu'à cette époque, ils sont réputés souillés. Nous reviendrons ci-après sur l'idée que les Cafres attachent à cette souillure intérieure.

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. Les enfants en bas âge donnent dans la même;

hutte avec leurs parents; ceux d'un âge plps avancé

n'y sont pas admis, surtout quand le père et la mère

y passent la nuit ensemble.

$ vin.

Maladies , remèdes , durée vraisemblable de la vie des Cafres.

Le Cafre, modéré dans ses appétits, ne vivant que d'aliments simples, menant une vie suffisamment active, satisfaisant sans contrainte les désirs que donne la nature, ne connaissant pas les passions qui naissent d'une imagination échauffée, jouissant, d'ailleurs, d'une tranquillité d'âme rarement troublée {5ar des soucis^ ne peut manquer d'être exempt d'une foule de maladies qu'occasionne chez d'autres peuples un genre de vie opposé; aussi les symptômes ordinaires qui annoncent une indisposition de la poitrine ou de l'estomac, tels que la toux , l'éternuement , les nausées, sont-ils extrêmement rares chez les Cafres ; quant aux maladies de la peau, elles y sont totalement inconnues. Une fièvre continue est presque la seule maladie sérieuse connue chez ce peuple ; elle y devient même quelquefois épidémique , et cause alors de grands ravages. La petite-vérole n'est pas non plus une maladie ordinaire chez eux ; ils la connaissent néanmoins, et on rencontre, en assez grand nombre, des Cafres qiy en portent les marques. Cette maladie leur a été vraisemblablement apportée, il y a quelques années, par l'équipage d'un vaisseau naufragé,

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et doit, suivant leur propre récit, avoir enlevé alors beaucoup de monde. La démence et la frénésie semhlexkt leur être absolument inconnues.

Pour la guérison des plaies, les Cafres emploient, avec succès, des simples, des racines, etc. ccTen ai vu , dit Alberti , plusieurs qui portaient les marc{ues de coups de feu , dont la guérison eût fait honneur au meilleur chirurgien. » 11 est problable, néanmoins, que la bonté du tempérament n'y avait pas peu contribué. Ce sont les femmes qui appliquent ces remèdes, comme ce sont elles, en général, qui admini^rent tous les secours relatifs à la guérison des maladies* Quant aux maux intérieurs, ils le» attribuent cMUr* munémeut à quelque cause surnaturelle, et tâchent de les expulser par des moyens prétendus magiques.

Dans le traitement des maladies topiques, les Cafres ont ordinairement recours à la saignée; le moyen dont ils se servent pour tirer du sang ressemble assez à nos ventouses, et se pratique de la manière suivante : L'opérateur emploie deux instru* ments : le premier est une petite pièce de fer, aplatie et atténuée par le bout en forme de ciseau, et exae^ tement semblable à une tente de chirurgien ; l'autre consiste dans la partie supérieure d'une corne de vache, tronquée et percée à l'extrémité. Après qu'on a ouvert la peau avec la tente à l'endroit où le malade resaent des douleurs, on y pose la plus large ouverture de la corne ; on la fait tourner, jusqu'à ce qu'elle s'unisse assez fortement à la peau pour intercepter le passage de l'air extérieur; on l'assujettit ensuite avec la main, et, en appliquant la bouche à

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l'ouverture opposée, ou tire de Tiacision uae certaine quantité de sang. Cette opération se réitère autant de fois que le cas paraît Texiger.

La fièvre dont nous avons parlé paraît être , au reste , la seule maladie intérieure que les Cafres n'attribuent pas «à l'influencé de la magie, surtout quand elle devient épidémique. Pour la guérir ils emploient aussi la saignée, et font prendre à leurs malades des remèdes à l'intérieur. £n cas de iai« blesse des muscles de h main ou des. doigts, ils ont coutume de se couper la dernièi*e phalange du petit doigt (i).

Il n'est guère possible d'assigner précisément le plus grand âge auquel les Cafres parviennent d'ordinaire , ni de dire s'il y a à cet égard beaucoup de différence parmi eux : une telle recherche exigerait d'abord des idées de calcul et de combinaison chronologique dont ce peuple manque absolument. La plus grande mesure de temps qu'ils connaissent est le mois ; et leur arithmétique est si bornée , qu'ils ne sauraient additionner autant de ces unités qu'il en faudrait pour exprimer même un nombre médiocre d'années. Us ne savent désigner l'âge d'un enfant absent qu'en indiquant la hauteur de sa taille , oe qui se fait communément en posant l'une des deux mains plat à terre, et en élevati^ l'autre à la hauteur qu'on veut donner à connaître. Une femme indique son âge en disant qu'elle est âgée d'un, de deux, de trois ou d'autant d'enfants qu'elle en a nûs au monde.

(i) brownlee, dans Tkompsou , t. 11, p. 35^.

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On voit combien sont insuffisantes ces manières de désigner un nombre d'années, outre qu'elles ne peuvent s'appliquer qu'à l'âge des femmes ou des enfants; cependant les Cafres n'en ont pas d'autres qui puissent donner une évaluation précise pour un plus long période. Au reste, à en juger par la seule inspection, il semble que le plus long terme de la vie se borne, pour les Cafres, à cinquante ou soixante ans; il est du moins extrêmement rare de trouver parmi eux des vieillards qui paraissent avoir atteint l'âge de soixante-dix ans,

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