‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 22 sur 60 · XXI · texte numérisé non relu

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atO . TOTAOSS '

en expiation, sacrifier un veau on un jeune bœuf. Les Cafres s'imaginent aùs^ quelquefois que l'esprit ou le schouluga réside dans un bœuf particulier , et ils cherchent à se le rendi'c favorable pai* des prières. Il en est de même de certaines personnes qu'ils ci'oient avoir le pouvpir de favoriser leurs entreprises , ou à l'influçnçe . dfssqqelles ils attribuent . leurs heureux succès. Us n'ont ni prêtres , ni aucune pratique religieuse. Quelquefois, à la vërité^, ils paraissent attribuer un événenient désastreux à l'inQuence de je ne sais quelle puissance inexplicable , qui est irritée contre eux ; alors ils tâchent d'apaiser sa colère par des soumissions , ou de la détourner par des marques de respect : mais il ne paraît pas qu'ils admetrtent une cause universelle, comme il ne paraît, pas non plus qu'ils personnifient cette puissance obscure, ni qu'ils se la représentent comme une substance corporelle ou spirituelle. Quelquefois , par exemple ^ ils regardent une maladie comme la suite d'une offense faite à une rivière dans laquelle la horde a coututpe d'aller puiser de l'eau': dans ce cas , ils s'imaginent pouvoir apaiser la rivière en y jetant les entrailles d^une bête de leur troupeau ou une certaine quantité de millet. IJn Cafre mourut , par hasard^ quelques jours après qu'il eut enlevé un monceau àe l'ancre d'un vajsses^u qui avait fait naufrage sur la cote , et sa mort fut regardée comme une punition de l'offense commise envei:s cette ancre : depuis cet accident , aucun Gafre ne pa$3e devant l'ancre lésée sans la saluer, pour détourner sa colère de dessus lui. Lorsqu'après bien des peines ils sont parvenus 1^^

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à tuer un éléphant ^ ils s'empressent de s'exeuser auprès du cadavre, en alléguant que sa mort n'a pas été préméditée, mais qu'elle est l'effet d'un accident; ils enterrent ensuite sa trompe avec soin, pour liii oter le pouvoir imaginaire de leur nuire et de venger sa mort, pouvoir que les Cafres expriment en disant : a L'éléphsmt est un seigneur puisant , sa trompe est son bras. »

Pour attester la vérité , ils emploient un serment , dans lequel ils invoquent le nom d'un de leurs chefs, mort ou encore vivant.

Les Cafres croient généralement aux sortilèges. Us en admettent de deux espèces , les uns fevorables, les autres nuisibles , et s'imaginent que les premiers ont le pouvoir d'anéantir l'influence des autres. Oi^ dinairemeotce sont des femmes âgées qui prétendent exercer la magie bénigne,, et qui font tourner cette fraude piease à leur profit. Quand une maladie est censée causée par quelque sortilège, on appelle la bonne magicienne; elle appliqi^e sur le ventre du malade, regiuxlé comole le siège de toutes les maladies intérieures , un certain nombre de boules faites de bouse , les remue et les retourne k plusieurs re« prises en accompagnant ce manège de grimaces «t de contorsions, et finit par désigner une tortue, un serpent ou quelque autre animal , comme la cause de la maladie , eb assurant que cet animal a été envojré contre le malade par un sortilège. Avant d'entreprendre la guérison du malade , la magicienne à soin de ^, faire payer sa cure; et c'est en général l'usage parmi les Cafres d'exiger d'avance son salaire pour

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les servîœa ^e l'on rend. Dans le cas dé sortilège , llionoraire consiste en une pièce de bëtaiU Si le désenchantiement n'opère pas, et que le lûalade vienne à mourir, la tnagicienne se tire ordinairement d'affaire en disant que le terme de sa vie ëtait arrivé , et qu'il serait mort à la même épcKjue, quand même il n'aurait pas été ensorcelé ; quelquefois aussi elle s'excuse en disant que le mauvais sorcier L'a surpassée en adresse : mais^ dans l'un comme dans l'autre cas , elle est tenue de restituer le salaire qu'elle avait r^u , sans qu'il en résulte néanmoins le moindre détriment pour sa rénommée*

Cependant on ne se contente pas d'avoir découi- .Vert et éloigné l'objet dont le mauvais sorcier s'est servi pour causer la maladie; mais on veut le découvrir lui-même et le voir punir. Dans cette vue , la horde .cQtière s'assemble, et la magicienne se rend seule dans une butte , où elle fait semblant de dor^ mir, pour voir les sorciers en songe. Ce sommeil dure une heure, et pendant ce temps^là la horde entière, chante, danse et bat des mains. Après cette première cérémonie, les hommes se détachent de la troupe, s'avancent jusque devant la hutte où se tient la magicienne, et t'invitept à en sortir. EUç refuse d'abord; mais après qu'on lui a ÙlïI présent de «quelques sagaies (i), elle se peint de blanc lé contour de l'œil, le bras et la jambe gauche, et de aotr

(i) Ces sagaies ou javelines ont, chez les Cafres, une valeur .déterminée ; on peut les échanger contre du hétail , ou (Jïuelque autre chose : ainsi la sagaie a son prix non seulement comme arme, mais cooQme signe repçéientatif de valeur.

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d'alberti et de béownleb (i8o6-a4). ^^^ les mêmes parties da côté droit ; elle se passe ensuite une espèce de tablier autour des hanches, et. paraît, sans autre vêtement, à l'entrée de la hutte, tenant les sagaies qu'elle a reçues. Aussitôt on la couvre de manteaux ; la troupe assemblée se presse autour d'elle, et on la sollicite de nommer le sorcier. Pendant xjuelque temps elle fait semblant d'éluder cette demande , en alléguant son peu d'habileté dans l'art de deviner; mais enfin elle se dépouille des manteaux dont elle était affublée, court à travers la foule assemblée en décochant des sagaies pour s'ouvrir un passage, et frappe, en courant*, l'un ou l'autre du bois d'une de ces sagaies: celui que le coup atteint est reconnu pour le sorcier auteur du mal. Aussitôt il est saisi ; mais , ayant de procéder au jugement de l'accusé, on exige de la magicienne qu'elle indique le lieu où il a déposé les matières dont il fait usage pour ses sortilèges. Alors elle se rend, accompagnée de la troupe, dans un endroit, où elle déterre un crâne, un morceau de chair qu'elle dit être de la chair humaine , ou quelque autre chose de ce genre; après quoi le délit est regardé comme incontestablement prouvé, et l'accusé tenu pour convaincu. Là -dessus le chef de la horde délibère avec ses officiers sur le châtiment qu'il con- * vient d'infliger au coupable. Le supplice le plus or-r dinaire consiste,, après qu'on a couclié le malfaiteur sur te dos, et qu^on lui a lié les bras et les jambes à de» piquets enfonces dans la terre , à lui secouer sur les yeux , sous les. aisselles, sur les côtés et sur le bas-ventre , de grosses fourmis noires , rassemblées

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en gntndje quastitë dans un sac; les fourmis s'atUh . cheDt à ces parties , q^'on a prëalablement humec* tées d'eau , et leur piqûre fait enfler tout le corps , et cause des douleurs insupportables. Un autre genre de supplice consiste à approcher, des côtés et sous le bas-ventre du coupable, des pierres qu'on a fait rougir au feu. Ces deux g^ires de châtiment sont ordinairement suivis de la morl ; si le supplicié en réchappe , il est banni de la horde. Quelquefois Tac* cusé est condamné directeipent au dernier supplice : dans ce cas on l'assomme à coups de massue. Quel que soit , au reste , le châtiment qu'on inflige à celui qui est condamné pour cause d'ensorcellement , on met toujours le feu à sa cabane, et son bétail, avec tout ce qui lui appartenait , est confisqué au profit du chef de la horde-^ qui en distribue une partie à ses officiers : aussi n'est-il pas rare qu'un particulier , possesseur d'un nombreux troupeau , soit injuste*ment accusé de sorcellerie et condamné , à l'instiga^ tion du chef ou de ses employés.

Souvent la magicienne se contente du salaire qu'elle a reçu pour la guérison du malade , sans indicpier le prétendu sorcier : il suffit, pour cela, qu'elle s'en tienne à l'assertion que celui-ci la surpasse en sagacité et se tient caché pour elle. Il arrive aussi quelquefois que celui qui a eu le malheur* d'être acèusé tâche de se disculper , en alléguant que le véritable auteur du sortilège a su le rendre suspect par son art, pour éviter lui-même d'être découvert : si la magicienne se rend à cet argument , l'accusé est déclaré innocent.

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Un autre objet impQrt^ipt q^i , P^^nni, les Çafrç^;» )çst du reSiSort de 1^ magip, c'est ja pluie, paiis le cas d'uhe longues séphére^se^ pn a recours à une espèce de sorcier : c'est quelquefois \in Cafre, njais plus souveùt'uQ Hottentpt, qui se charge de.fç^i^e topiber la pluie; on lui paie pour cela 9 d'ava|^ce>,' pljpsiçur# pièces de bétail. On commence par tuer un bcçiuf py une yadie; le magicien prét^od^ trompe une baf guette dans le sang de la victime, et en arrpse Ij^ fçule; il se promène ensuite au milieu de l'aissêmbl^e^ d^ Tatr dfun inspiré, ou bien il Sjs retire sei|l dans une hutte en chantant^ tandis que Ia horde réuoik dati^^ et chante aussi* On atteQ>d , sans muripMr^r, l'eifet du sortilège juy^ques environ un moiç^^prè^ ja firédiç^ tiou;mais si, passé ce teitne, ellene.sest pasaccon^plie, on va à la rechercha du magicien , qui d'ordir naire a eu la précaution de s ev:ader avec le salaire d^ sa fripoi^n^ie. S'il a W malheur de tomber entre lejs mains de ceux qbi le poursuive^it 9 A est assommé sans.miséricorde. ;

. T^s Cafres ont , comme les anciens J^raélites ^ l'idée d'une souillure morale, qu'on encourt en cfrtaijgiis cas. La personne ainsi souillée est exclue ^ ppur 1^ temps, du commerce des autres, et il y a des r^gl^^ prescrites à observer pour sa pùrificutipn. I)'abord il ne liii est f^s permis de se; laVer ou de $p peinichiP le wi^ pendant totut Je t^mp^ ,<h ^a soi^iUuri^j; ,p^ ImjI interdit de même l'ufiiS^ge du lait et tout/^n^iuiçr^ avec l'autre ^exe ; après que Ip tft^p^ 4?: 1* ^ôuillttr* est écoulé, elle se purifie en se lavant d^ W>Py/9f^.M 9 en se peignant la peau , et en se rinçant la bouche

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avec du lait. Nous citerons ici quelques uns ^es cas où la souillure a lieu , et nous parlerons des autres à mesure que l'ordre des matières nous en fournira l'occasion.

Tous l^s enfants sont considérés comme' souillés. Jusqu'à l'âge de la puberté , ou jusqu'à ce qu'ils aient été initiés, comme nous l'avons dit au chapitre de l^ucation , dans la classe des adultes. On regarde de même les femmes comme souillées pendant leur indisposition périodique; les nouvelles accouchées, jusques un mois après leurs coudies; toute femme qui aélpcoHnnerce avec un homme, jusqu'à ce qu'elle se soit lavée. La souillure a lieu, pendant la moitié d'un mois^ lunaire ; pour le mari dont la femme est morte, et pendant un mois entier pour la femme dévalue veuve. La mère dont l'enfant vient à mourir est souillé^ pendant Heux jours ; et en général quiconque s'est trouvé dans le voisinage d'une personne au moment où elle a rendu le dernier soupir, est censé souillé , quoique dans ce dernier cas la souillure ne dure que jusqu'à ce qu'on se soit lavé. Par k même raison^ tous les h(Hnmes sont réputés souillés , au retour d'une bataille , et doivent se laver avant de rentrer dans leurs cabanes. Si , pendant un orage, la foudre vient a tomber dans l'enceinte où habite une horde, la horde entière est souillée; on abandonne ce lieu, en se purifie en immolant quelques pièces de bétail, et dans l'intervalle tout G<Hnmercé est interrompu entré la horde souHlée et les -autres hordes.

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