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S XV

Vie dvile dés Cafres.

Ce que nous avons dit jusqu'à présent des Cafres n'a rapport. qu'à l'état des individus en particulier

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d'albeeti et de brownlee (i8o6-a4). 2^43 et à leur vie domestique ; Tordre des matières nous conduit naturellement à les considérer dans leur vie publique ou civile.

L'eau potable et les pâturages sont les deux principaux objets qui déterminent une société de Cafres dads le choix de son habitation. Là où ces deux objets de première nécessité se trouvent réunis, et surtout le long des rivières et des ruisseaux, on rencontre des hameaux plus ou moins considéra-* blés , composés de huttes éparses , ayant chacune un enclos pour le bétail , et plus ou moins rapprochées ou éloignées, suivant la nature du terrain. On n'abandonne ces habitations que rar^nent et dans des cas particuliers ; les huttes sont solides et construites avec art ; le terrain qui les entoure est destiné à Tagricuiture. Les habitants d'un hameau sont ordinairement apparentés entre eux. Ces petites sociétés n'ont pas chacune leur chef particulier ; mais plusieurs d'entre elles sont communément réunies sous un seul chef. Il sera parlé, dans un autre para-' graphe, de 1 étendue de son pouvoir et de la nature de ses fonctions. Outre ces hameaux, qui sont le séjour ordinaire des Cafres, on trouve d'autres lieux habités, où ils conduisent leur bétail , en tout ou en partie : ces émigrations temporaires ont lieu par^ ticulièrement en temps de sécheresse , ou quand le bétail d'une horde est trop nombreux pour lés pâ« turages voisins de ses habitations.

Tous les Cafi^es sont passionnés pour le commerce , et avides de gain. Un Caire trafique de tout, pourvu qu'il y gagne : il vend sa fille, à celui

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qui ia demande en mariage, le plus chèrement qu'il lui est possible ; il oublie , au prix de quelques vaches , Tinfidélité de sa femme , et il n'y a que la désapprobation de son père ou de quelque autre personne pour qui il a de la considération^ qui puisse le détourner de vendre ou d'échanger ce qu'il a. Les bestiaux font le principal objet du commerce des Cscfres; ils en veodaient autrefois beaucoup aux colons européens , qui ne leur donnaient que de la verroterie et d'autres bagatelles en échange ; mais actuellement le commerce du bétail ne se fait plus qu'entre eux, les gouverneurs du Cap, et ea. particulier M. Janssens, ayant interdit aux colons non seulement l'échange des bestiaux , mais même toute relation avec les Cafres. Le gouvernement a dû prendre cette mesure sévère , tant pour mettre fin aux fréquentes supercheries que se permettaient quelques individus, et dont les suites rejaillissaient sur la colonie entière, et particulièrement sur les colons établis dans le voisinage des Cafres , que pour arrêter les. projets séditieux de quelques colons malintentionnés.

Il paraît qu'avant l'arrivée des Européens dans le voisinage des Cafres, ils n'employaient guère dans le coran^rce d'autres signes représentatifs de valeur que les sagaies. Cette espèce de monnaie a encore actuellement cours, quoiqu'ils emploient au, même usage les grains de verre, le cuivre rouge et jaune, et, en général, toutes sortes de métaux simples. ou mélangés, mais de préférence ceux qui tirent sur le rouge ou le jaune, deux couleurs qui ont à leurs

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yeux un prix particulier. Il est à remarquer, néaninains, q.ue la valeur de ces signes purement arbitraires a diminue à mesure qu'ils se sont multipliés; tandis que les sagaies ont conservé leur ancien prix comme monnaie, tant.à ca^ite de la nécessité de remplacer ces 'objets indispensables pour la chasse et la guerre , que parce que la fabrication de ces armes est pénible pour le Caire, qui n'a que des outils très imparfaits.

Les boutons d'habits fabriqués en Europe sont fort recherchés des femmes cafres, qui en ornent leurs manteaux ; mais il faut qu'ils soient solides et massifs : ceux dont la forme est de bois ou dont l'anneau est de corde de boyaux n'ont pas de prix à leurs yeux. Tous les objets de ce genre ne sont, estimés qu'en raison de leur solidité; les Cafres font peu de cas de ce qui ne leur paraît pas solide; c'est pourquoi ils préfèrent les boutons unis à ceux qui sont travaillés en relief ou à jour : ils donnent à ces derniers le nom de boutons galeux.

Quelque intéressés que soient les Cafres, ils mettent la plus grande bonne-foi dans le commerce ; il est rare qu'ils rompent un marché conclu, on n'en trouverait pas même d'exemple chez les hordes éloignées de la colonie. Je crois devoir rapporter, sur ce sujet, un trait^ remarquable et qui peint leur ca^^ ractère : «M. Alberti ayant pénétré , dans son dernier voyage, jusqu'à soixante-dix lieues au-delà des terres de la colonie, où les Cafres ont conservé toute la pureté de leurs mœurs, il y trouva, une horde de cette nation dont le chef s'appelait Buchu, et il apprit qu'il

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avait auprès de lui deux nègres de Mosambique, échappes d'un vaisseau qui faisait la traite des esclaves. Les nègres avaient massacré l'équipage, et le navire avait édioué sur la cote, dans le voisin nage de la horde auprès ^e laquelle il se trouvait. Gomme les esclaves qui se réfugient chez* les Cafres sont, à plus d'un égard, dangereux pour la colonie, il proposa à Bucbu de lui vendre ces deux nègres, pour les ramener au Cap. Buchu consentit à entrer en négociation , et l'invita à venir conclure le marché dans sa hutte, peu éloignée de^l'endroit oii il s'était campé: II' s'y rendit, accompagné d'un seul Gonaqua qui lui servait d'interprète , et emportant avec lui des plaques de cuivre, des grains de verre et d'autres objets de cette nature, autant qu'il présumait être nécessaire pour l'achat des deux esclaves. Le prit qu'il ofïrait paraissant trop modique à Buchu, il fut convenu qu'il y ajouterait d'autres objets, et qu'il les lui enverrait le lendemain. En le quittant, il lui dit qu'il laisserait les deux nègres auprès de lui jusqu'à l'entier paiement de leur raùçon; mais il se fâcha, lui répondit avec fierté, qu'il l'insultait par cette proposition, et fit conduire incontinent les deux esclaves dans son camp, quoiqu'il lui représentât, qu'étant étranger et absolument inconnu à sa horde, il n'avait aucifn droit à sa confiance. II l'invita ensuite à passer la nuit auprès de lui; et, sur son refus, il lui envoya un veau gras, comme une marque d'hospitalité. »

Les Cafres n'ayant que peu de besoins aisés à satisfaire, tous les arts leur sont inutiles, excepté

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ràgriculture et l'art <k forger le fer ; ce dernier leur ^t ittdi^epsable ppup fiihiiqq^F les fcars 4e j^yeli-r ae^, des espèces de haches, et ces i^qoeaM:;^ qui leur aerveat à la fois d'oroemept et de mpupai^. Toiis U^ Cafres, cependdiit, ne ^ntpas forgerons ^ (^e ip^tier eiM; db^z m% upe profession particulière, hm^thQân qu'ils emploieiit e^ trèssimp^ ; o» choisit upp de «es fourpuilières fabriqiiiée$ par les tenpite§ ^ pour tenir lieu de fo^ge : on en c0upe vertia^^ii)ent n^ partie, et on creuse l'autre hopkcAtaleipept ep form^ d'entonnoir. Au fond de oe cijJrde-jia<? est UP6 p^titi? ouverture, par laquelle op introduit les tuyaux de^ souffleta; de sorte qu^, au i?optrairç de ce qui ^e pra* tique eu Europe, les soufflet^,se trouvent derrière ^ poussept la flapi^ipe en devant 4<e la forge, I^ fX)rp£i du soufflet, fait 4'uae peau de veau mpile et cousue par lies deux bouts, a la fprmed'up^p ^ps fond; Tuup des deux ei^trémites de ce ^<? se Ue autour du tuyau t qui est upe corpe de vache pex*^ée d'outire ^p outre , et l'autre reste ouverte pour adpnettre ji'air extérieur, On introduit à la fois ^depx de pes tuyau^ par l'ou-? verture pratiquée au fopd de 1^ forge , en pe les |^i^ sapt pénétrer que peu ayante pour pe pas )p$ exposer à l'action du ^u, et op le^ as^jettjit en dehors, au ipoyep de pourrpie$ , à des cheyille/s op piquetç epr foppés dans la terre. Au foud des soufflets sont ^trr tachés des anneaux, à travers lesquels up aidi? du forgeiron passe la main ouverte pour les presser et les ouvrir ^ternativenient. Un gros^ millou de rivière, qui a la forme d'un cône tronqué, sert de marteau pour forger le fer; ce marteau n'a pas de

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manche. Les tenailles consistent en un morceau de bois élastique, fendu longitudiilalement jusqu'à une certaine hauteur. £nfin on emploie le ciseau pour couper le fer et le cuivre, et faire les hachures, dont les fers de sagaies sont quelquefois ^mi$. La soudure de éeux pièces de fer se fait en posant d'abord les bouts l'un sur l'autre et en les enveloppant de cette argile clutineuse dont les fourmilières sont faites; après quoi on les fait rougir au feu, et la réunion s'achève à coups de marteau. Pour fabriqua* les petits anneaux, dont nous avons parlé plus d'une fois, on coupe, au moyen d'un ciseau, une platine de cuivre ou de fer par bandes d'environ Une ligne de large; on façonne ensuite la bande autour d'Un cylindre de bois, dont la grosseur détermine l'ou-r verture de l'anneau. Les Cafres sont surtout adroits à forger l'armure de leurs sagaies : on les prendrait pour des ouvrages de fabrique européenne; mais ils manquent de sagacité ou de moyens pour fabriquer ce qui exige plus d'art. Par exemple, ils ne sauraient faire à une cognée l'anneau dans lequel s'adapte le manche; mais ils savent fabriquer cet outil d'une autre manière ; la cognée elle-même a la forme d'un grand ciseau, long de six pouces, large de deux à' l'endroit du tranchant, et se rétrécissant jusqu'à l'extrémité qui s'introduit dans un trou pratiqué au haut du manche. On choisit , pour ce manche , non seulement du bois très dur; mais on le fore à un endroit noueux, afin qu'il ne se fende pas lorsqu'on en fait usage.

Les femmes pauvres gagnent leur vie en se mett

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tant, comme travailleuses , au service des gens aisés, qu'elles aident à labourer la terre; le salaire de ces mercenaires se borne d'ordinaire à la quantité de viande nécessaire pour leur nourriture. D^ jeunes filles se mettent aussi quelquefois en condition chez des femmes riches, pour surveiller leurs enfants et partager avec elles les travaux domestiques.

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