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Penchant pour la chasse, et mamère de diasser des Cafres. ' ' • . ■
> Tous les<^afres aiment passionnément la diasse, et y vont par troupes nombreuses. Une bordel entière, souvent même plusieurs hordes à la fois, quittent leurs hameaux," emmenant un nombre suffisant de vaches à lait, et se rendent, sous la conduite de leurs chefs, dans un endroit qui leur promet une chasse abondante. Quelques femmes même font partie de ces caravanes; mais la plupart restent dans les hameaux avec les enfants, les vieillards, et le reste du bétail. Ces parties de cliasse durent quelquefois deux ou trois mois.
Superstitieux en tout, les^ Cafrçs ont introduit une pratique bizarre jusque dans la guerre qu'ils font aux animaui^. Avant l'ouverture de la chasse, l'un d'eux prend une poignée d'herbe , qu'il tient devant sa bouche, figurant ainsi une bête fauve ; la troupe entière le poursuit en poussant de grands cris : l'animal, relancé, se laisse tomber comme s'il était blessé. On se presse autour de lui , en criant :
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ai! hii kit et on fait semblant de l'achever à coupsf de sagaies. Cette cërëraonie est regardée comme indispensable pour le suceès de la chasse.
Les Cafres aiment surtout à faire la chasse forcée aux ehevrotins, aux chamois , et à toutes les petites é^èces d'antilopes. Us choisissent, pour cette ohasse^ une plaine daûs ktqu^le les chasseurs forment d'iân bord une vaste enceinte, en se tenant éloignés les uns des autres; ils pou$$eat ensuite des cri&qui retentissent au loin , et qui forcent le gibier, effrayé, à se réunir au centre. Akurs, ils se ra4)proeh^t le^iter mené, serrant leurs rangs de plus en pi us, jusqu'à ce que le gibier soit totalement enfermé; après quoi, ils l'assailleAt de toutes parts , et tuent à coups de sagaies tout ce qu'ils peuvent atteindre. Comme il ne peut échapper qu'un petit nombre d'animaux, cette chasse détruit beaucoup de gibier à la fois. Chaque bête appartient proprement à celui qui l'a tuée; mais il, est d'usage qu'il en fasse part aux autres chasseurs, se réservant un pied de l'animal avec un lambeau de la peau , qu^il passe autour de son bras gauche : le nombre de ces pieds indique c^lui des animaux que chaque chasseur a tué$. Si l'herbe de la plaine est sèche , on y met le feu , avant de se retirer, pour retrouver les fers des sagaie^. . On prend aussi j^usieurs espèe^ d'antilopes aa piège; ce qui se fait de la manière suivante. On forme autour d'un taillis une haie de broussailles, qui a quelquefois plus d'une lieqe de circuit, et on y laisse , de distance en distance , des intervalles où l'on dresse les pièges : le gibier, qui erre en paix dans
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eette enceinte , ne s'avise pas de franchir la haie pour en sortir; il la côtoie tranquillement jusqu'à ce qu'il arrive à l'une de ces ouvertures , où il est pris au passage.
Pour faire la chiasse aux hippopotames, on choisit le temps de la nuit, parce qu'alors ces animaux sortent de l'eau pour aller paître. Dans les sentietrs qu'ils se sont frayes à travers les roseaux épais qui bordent la rivière , on enfonce des pieux pointus et durcis au feu; on donne ensuite l'alarme aux hippo* potames, qui, reprenant en hâte le chemin de la rivière, s'enfoncent ces pieux dkns la poitrine, et tombent ainsi au pouvoir des chasseurs.
Dans les endroits oii les bétes sauvages ont cou-" tume d'errer par bardes, et surtout dans les lieux battus qui aboutissent à quelque pièce d'eau, ou creuse des fosses profondes , dans chacune desquelles on enfonce un pieu pointu, et qu'on recouvre ensuite de broussailles et d'herbe ; ces pièges servent particulièrement à prendre les buffles et les plus grosses espèces d'antilopes.
Pour prendre les tigres, on enfonce au pied d'un arbre un pieu armé, à la pointe, d'un fer de sagaie; on suspend à l'une des branches, au-dessus du pieu , une grosse pièce de viande, et on en répand de menus *hiorceaux autour de l'arbre. Le tigre, après avoir dévoré ceux-ci, finit par sauter obliquement pour saisir la viande suspendue à l'arbre, et retombe diroit sur l'armure du pieu.
La chasse des éléphants est la plus pénible ; aussi , les bracelets faits des dents de' ces animaux ont-ils
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un prix constant. Il arrive rarement que tes Cafre& viennent à bout d'en terrasser un avec leurs sagaies : surtout quand ils vont par troupe, il est dangereux de s'en approcher, et on ne peut les atteindre qu'avec dés armes à feu. Ce n'est que quand l'un d'eux s'écarte de la troupe , et que les Cafres le rencontrent dans un lieu favorable à leur manière de chasser, qu'ils peuvent réussir à le tuer. Voici la manière dont ils r s'y prennent : sachant par expérience que l'éléphant , quand il se voit entouré de flammes, ne bouge pas, au moins pendant te jour, ils mettent le feu , tout autojiir de lui, à IHierbe sèche et aux buissons; ils s'approchent ensuite de l'animal ainsi cerné , et lui décochent une multitude de traits. Mais il est difficile, à cause de l'épaisseur de sa peau, de le percer assez profondément, même aux endroits du corps t>îi la blessure pourrait êtrejnortelle ; de sorte que l'éléphant s'évade pendant la nuit , et que les chasseurs sont obligés de le poursuivre souvent pendant plusieurs jours. Les dents d'un éléphant tué sont remises , ainsi que ses oreilles et sa queue , au chef de la horde , qui suspend la dernière à l'entrée de son parc , comme un monument de la victoire.
Pour forcer un lion ou un tigre, les Cafres commencent par former un cercle autour de lui, et se rapprochent peu à peu du centre, jusqu'à ce qu'ils soient à portée d'atteindre l'animal; alors ils lui lancent leurs traits. L'animal blessé ne manque pas de se précipiter sur Tun des chasseurs, qui l'évite en se jetant subitement à terre et en se couvrant de son bouclier; aussitôt le^ autres s'approchent et percent
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d'alberti et de brownlee (1806-24). 253 l'animal de leurs sagaies. Cette chasse est dangereuse : il arrive quelquefois que l'un des chasseurs y est Uessë ou tué; mais elle est glorieuse, surtout pour celui qui a tué un lion ou qui lui a porté le premier coup. Au retour de la chasse, toute la horde se rend
comme lavé de sa souillure.
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Bieuveil lance, hospitalité; divertissement en usage parmi les Cafres.
L'afFectîon et rattachement mutuel ne se boraent pais, parmi les Cafres, aux membres d'ime même &*mille; un sentiment universel de bienveillance les unit tous^ et pour peu qu'on obsei've leurs mœurs sociales, il est aisé de se^ consacre qu^ils sont profondément pénétrés de ce sentiment naturel à Thorame. Si nn Cafre réduit à la pauvreté ne trouve dans sa phdpre horde personne qui puisse le secourir, et q^'il ait recours à une autre horde, elle commence par dbnner, sans délai, des aliments à l'étranger, et celui^Gi renouvelle chaque jour sa demande. Au bout de quelques jours, on croit pouvoir ajouter foi à sa dëtreâse^ persuadé que, s'il n'était pas eu effet malheureux, il ne s'abaisserait pas à supplier si long*^ temps. Alors quelques particuliers se cotisent vohNitairement , pour le mettre en état de rétablir ses affaires et de soutenir sa £unille. Quelqu'un n'a-t4l pas assez de bestiaux pour l'entretien de son ménage, «m autk*e lui en pnête, sans difficulté, pour deux ou trois années. On stipule ordinairement , en faisant ces sortes de prêts , que la moitié des veaux qui naîtront dans l'intervalle reviendront au pré^ tour; quelquefois cependant celui-ci a la générosité de ne rien exiger ponr prix du service cpi'il rend.
Si tme pièce de bétail vient à être dérobée, celui à qui elle a été enlevée peut compter sur le secours
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d'alberti ET de;^ «aowKi^EE (1806-24). a55 M ëes ycmiàs pour ûlUt aussitôt à la reohdrobc des voleurs; on les poursuit avec ardeur^ et oa tâche de leur arracher leur proie, sans se laisser arrêter par la crainte d être blessé, ou, ce qui arrire quelquefois ^ de perdre la vie ( 1) 2 dei services de ce genre se rendent gratuitement; on les regaMe comme l'acquit d'un sinple devoir. En général ^ chaque individu considère le tort fait à Un Autre coinmë s'il était fait à luî-^mêmej et prend sôuvenl plus de peine pour W répara: que ne ferait l'offensé li^u - même ^ de peur d'être soupçonné d'avoir manqué à^ son? devoir».
' L'hospitalité j&urtout est^ auic yeux: des Cafres» ui> devoir sacré dont ils s'Acquittent avec aèle et 4émUr téressement. Tout étranger «st actcueilli, et le.vOyar geup, ^wenu >k uii endroit hafa&té par des Ci^fr^v fmt en toute sûreté cocnip ter sur uli asile tel des aliments i on feit plus, on lui c^eunë compagne pour la nuit ; Ijar cet usagé fiiit paiTni eux partie de l'ho^ pitalilé. <Si le voyageur est étranger à la &Q)iUe cfae^ laqiielle il vient chercher un asile ^ on lui donne ^ outre du laitage , sa part du repas de Sfes hôtes ;, st c'est. un parent,. on tue un veau gras tout exprès pour le régaler^ à naoins que la famille ne soit pas assez opulente, en quel cas on lui témoigne aon regret: de ne pouvoir le traiter d'une manière plus convtoable ; y manquer quand on eâ a les moyen^> ce^rait s'exposer au mépris de la hOrde entière. •
(i) Avimt ^ttè odttA ffui on « ^nleyé aoià bétail se <q«ne à la pottvioHè des vol^wsi il a «omNime«le,aM^adfe çop manteau é^ Vmmjée àà êbfn pbrcy daiifli\tttt||J|empeiw|}«^BS.e^'il ipo, reçois ▼rera plus sûremeot ce qu'il a perdu. ./.,^,; .. ,
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a56 VoiTAii&Es
Tout économes que sont les Cafres, ils regardeo^ comme un devoir de partager leurs aliments avec quiconque les vient, visiter. Nous avons observé plus haut que le Cafre ne tue jamais une pièce de son bétail uniquement pour le plaisir de manger de la viande; mais s'il arrive qu'il y soit forcé parce qu'il a besoin de peau pour se faire un ;habit, parce qu'un de ses bœufs s'est blessé, ou parce qu'une de ses vaches n'est plus bonne à traire^ il invite alors non-seuFement ses proches, mais encore tousses voi^ns à venir s'en régaler avec lui (i). M. Alberti a constamment vu celui qui se trouvait en possession d'un morceau de viande ou de pain, le partager avec tous ceux qui étaient présents, quoique les parts fussent quelque* fois si petites, qu'il y avait à peine de quoi les sa-* Tourer. Quelquefois aussi il a vu des Cafres s'affliger de ce qu'on ne leur donnait pas d'un morceau de viande, parce qu'il était en effet trop petit pour le partager : ils imitaient alors le hurlement des loups ^ pour donner à connaître la gloutonnerie de celui /jui mangeait seul. < ^
Le divertissement qu'ils prennent le plus souvent entre eux est une danse extrêmement uniforme. Un nombre d'hommes, ordinairement nus, se rangent sur une ligne; chacun d'eux passe son bras droit, élevé et' armé d'une massue, dans le bras gauche^de sou voisiâ ; les femmes se rangent sur une seconde
(i) La poitrine J k tête, le c<Bttr et lies pî«â6 de V^taSaoÊol sout , dans toutes les occasions , exeliish^ment rémwés pour ks hom^ mes : les femmes, sanâ mi excepMT même celles des chefd -, ne «ou* cheiit pas à ces morceaux.
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d'alberti et de tooWNLEE (i8o6-24). 257 ligne immédiatement derrière les hommes, mais sans se donner lé bras. Tandis que les hommes sautent , toujours à pieds joints et sans changer de place, onr remarque dans les femmes un mouvement couvulsif de presque tous les membres, et surtout des épaules, qu'elles poussent alternativement en avant et en arrière , en remuant la tête en mesure ; chaque femme fait ensuite un demi-tour sur elle-^méme ; elles se mettent en marche d'un pas lent , font à la file le tour de la ligne des hommes, et vont reprendre la place qu'elles occupaient d'abord. Cette marche s'exécute de l'air le plus sérieux, et, aussi longtemps qu'elle dure, les femmes tiennent const^Cmment les yeux baissés. Pendant la danse, les hommes et les femmes chantent en chœur; au reste, ce chant ne consiste que dans la répétition uniforme de quelques sons sans harmonie et sans paroles. Les Cafres dansent jusqu'à ce qu'ils soient couverts de sueur et épuisés de fatigue; de temps en temps quelques danseurs se détachent de la troupe , et d'autres prennent leur place, jusqu'à ce que la compagnie entière renonce, par lassitude, au divertissement.
On ne trouve chez les Cafres aucun instrument de musique qui annonce de l'invention. Le seul instrument particulier que j'aie vu chez eux, consistait en une baguette, sur laquelle était tendue une cordé de boyau , ce qui formait une espèce d'archet. A l'une des extrémités de la corde est attaché un tuyau de plume, fendu sur toute sa longueur, et que la corde traverse au moyen de deux trous; on tient ce tuyau de plume devant les dents fermées, et, en expirant XXI. 17
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a 58 voYAGi:*
Fair avec force , oi\ produit des sogos^ assez semblables à ceux d'une trompe, mais encore plus a|)tu& et plus sourds; encore M. Albçrti n'a entendu que rarement des Cafrespuer de çetiastrumenl; il est plus particulier aux Gonaquas, apçiens habitants du promontoire méridional d^ l'Afrique, qui, depuis que la coloQÎe européenne a étepdu ses possessions, ont cessé de faire un peuple particulier, et se trouvent actuellement en grande partie épars dans le pays de& Cafres, dont ils étaient voisins. Il paraît vraisemblable que ce sont eux qui ont appris, aux Cafres à jouer de l'instrument que l'on vient de décrii^e.
Hormis le chant qui s'exécute eu chœur, et qui n'a lieu que pour accompi^gner la danse , on n'entend guère les Cafres chanter, ai ce n'est dans la solkudie; si l'on peut donner le nom de chant à des sons sans mélodie et sans aucune articulation.