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de leurs troupeaux dans les saisons de sécheresse , qui sont longues et fréquente^. La grande vallée du Borrodaile est séparée de la côte maritime par une chaîne de collines raboteuses d'une hauteur médiocre, qui semblent filer vers les rameaux que notre ▼oyageur a nommés monts Gariépins.
Le terrain du pays des Namaquas est, en général, léger et sablonneux , et couvert çà et là d'une sorte d'herbe qui pousse tout à coup après les pluies précaires de cette région , et fournit des pâturages suffisants à des troupeaux nombreux et aux bêtes fauves. On dit que les plaines voisines des soumes du Borro**^ daile sont plus riches en pâturages que le reste du pays y et qu'il s'y trouve çà et là quelques sources abondantes ^que les missionnaires regardent comme pouvant déterminer à établir des villages permanents dans leur voisinage.
Les kraals des Namaquas voisins de la colonie ont été détruits depuis long-temps, ou réduits en. servitude par les fermiers. Les vastes plaines situées entre le Gariep et les monts Kamies sont représentées par les anciens écrivains comme habitées par un peuple nombreux, possédant de grands troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres, et vivant dans l'aisance et l'abondance. Il ne reste plus de toutes ces tribus que celle qui vit à Pella et dans le voisinage; QQ l'a nommée Obsesès, d'après une espèce d'abeille qui s'associe amicalement à l'çspèice commune, probablement parce que cette lu>rde s'est formée de l'agrégation de plusieurs bandes peu considérables. Il paraît que la population diminue XXI ; 2
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rapidement dtns W pays de9 grands Namacpias) on cite les tribus suivantes comme encore exilantes ^ et quelques unes comme nombreuses : ce sont les Nannimap^, les SLourissimaps ^ les Rannaitiap^Aris^ sips, les Haïkammap-Kouvousipsyles Tsaumaps, les Tsaugamaps, les Karamaps, les Aïmaps^ les Kauma^ Tsawçps , les Gandemaps , etc.
Le climat du pays des Namaquas est beaucoup plus çbaud et plus sec que celui de la côte orien^r taie. Sqr les rives immédiates du Gariep qui , dans ce çaiiton, ^nt beaucoup inférieures aux terres voisines, la chaleur, en été, est excessive; alors te thermomètre s^élève fréquemment à lao® (^9*), température que les indigènes, et encore moins les Ëuropéeos, ne supportent pas aisément. Si dans ces moments une vache ou une brebis met bas dans un endroit qui ne soit pas ombragé , son fruit meurt à Tinstant. heà reptiles et les insectes, communs dans la • colonie, deviennent beaucoup plus gros dans cette contrée , et y sont plus dangereux.
On trouve des poissons en grand nombre dans le Gariep, pr^ de son; embouchure. Après les pluies périQdique$, les eaux, en se retirant, les laissent dans les mares peu profondes; alors les indigènes lea prennent avec des nattes de jonc qui leur tiennent lieu de filets; il y en a de six pieds de long; quoi-» qu'ils fournissent une nourriture excellente et salubre, les indigènes ne l'aiment pas beaucoup; des préjugés , vraisemblablement d'une nature supersti^ tieusc;, leur inspirent de l'aversion pour le poisson. Il est assez remarquable que celui de ce fleuve est
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attaqué d'une maladie semblable à celle dont les hoiiimes et les animaux qui boivent de cette eau sont afTectès après ses débordements périodiques; fait qui prouve que le Gariep acquieit alors une qualité insalubre de la terre qu'il a entraînée par la surabondance de ses ondes.
Thompson raconte que les tribus desNamaquas, autrefois riches en moutons et en bœufs, et menant uae vie heureuse et paisible, sauf leurs combats accidentels avec les Boschimans, avaient été attaquées depuis quinze ans par des ennemis plus formidables que conduisait Africanir, ce chef dont il a été question dans les relations de Campbell et de Philip. Après sa conversion, cet homme devint le protecteur des Namaquas et des Corannas , qu'il avait si long-temps poursuivis et pillés. Par malheur, cet état de tranquillité ne fut pas de longue durée ; Africanir mourut, et bientôt son fils et la plus grande partie de ses partisans reprirent leur ancieti train de vie. Cette troupe, composée de plus de trois cents combattants, possède à peu près deux. cents fusils pris de force aux Corannas , ou obtenus des colons par un trafic illicite. Ces bandits, après avoir dépouillé les inoffensifs Corannas et Namaquas de presque tout leur bétail, ont récemment fait plusieurs excursions he.ureuses contre les Damaras , et sont la terreur et le fléau de cette partie de TAfrique méridionale (i).
Thompson donne sur les Damaras dés détails qu'il tenait des missionnaires et d'autres personnes
(i) Thompson's TrtweU ^ t. 11 , p. 60.
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qui avaient été chez eux. Ils sont de la famille des Cafres, et parlent un dialecte de la langue des Betchouanas. Leur pays est plus fertile que celui des JNamaquas , de sorte qu'ils peuvent cultiver avec avantage du sorgho, des potirons, des haricots, et autres productions végétales connues chez les diverses tribus de leur famille. Us ont aussi de nombreux troupeaux de bétail , et ne sont pas obligés , ainsi que M. Barrow l'a avancé à tort, de se procurer des tribus voi-. çines leur subsistance précaire en échange d'ornements qu'ils fabriquent avec le cuivre natif qui se trouve dans leurs montagnes. Il est certain que du minerai très riche de ce métal y est abondant , et qu'ils savent le fondre et le façonner. On en à apporté des échantillons au Cap.
Les Damaras vivent en tribus plus nombreuses que celles des Corannas et des Namaquas , et sont gouvernés par des chefs héréditaires; ils pratiquent la circoncision. Leurs villages sont aussi bien construits que ceux des Betchouanas. Les tribus les plus proches de la colonie sont les Ghoups, lesJïèvis, les Gamaquas, et les Kourars; mais il est clair que ces noms ne sont pas ceux qu'ils se donnent, et sont d'origine hottentote.De même que les Matclhapis, ils se servent d'arcs et de flèches , aussi bien que de sagaies. Il paraît probable qu'ils ont adopté l'arc et les flèches empoisonnées des Hottentots , de. leurs relations intimes avec des tribus de cette nation ; car ni les Betchouanas plus au nord, ni aucune horde des Cafres du sud, ne font usage de l'arc, ni d'arme empoisonnée.
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Les Damaras sont séparés , à l'est , des Betchouanas par un grand désert dépourvu d'eau, et conséqueniment inhabité. Néanmoins il est traversé quelqufefois, après la saison des pluies, par des partis de Matclhapis et de Karrikarris qui , lorsqu'ils ne sont pas occupés à guerroyer plus près de chez eux, se désennuient en faisant des expéditions pour pilter des peuplades faibles. Des chefs Damaras racontèrent aux missionnaires venus chez eux, que sur leur côte il y a une île , près de laquelle les navires mouillent quelquefois , et échangent du fer pour du bétail. M. Chapman , capitaine de la corvette l'Espiègle , découvrit en i8a4, sous les vingt-deux degrés de latitude sud, ce qui doit être dans le pays des Damaras, ou d'une tribu de ce peuple, un grand fleuve qu'il nomma Nourse^ River, en honneur du feu commodore de ce nom. Il décrit ce fleuve comme ayant trois milles de largeur à son embouchure, et quoiqu'il s'y trouve, comme à beaucoup de ceux de l'Afrique, une barre à l'entrée, il put, lorsqu'il le visita, y. entrer aisément avec de petites embarcations, la barre étant couverte de neuf pieds d'eau sans le moindre ressac. Le pays voisin , et à une grande distance le long de la côte^ est verdoyant, bien boisé, et peuplé de beaucoup de bêtes sauvages, entre autres d'éléphants et de buffles. Ainsi l'embouchure du Nourse -River pourrait être plus commode pour le commerce que celle du Gariep, qui d'ailleurs coule en grande partie dans un pays aride , stérile, et visité seulement par quelques bordes errantes , en proie à la misère , et déchirées par des^ guerres intestines (i).
(i) Thompsou's Traçels ^ t. ii, p. 70.
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. Parmi les hordes qui désolent cette malheureuse contrée 9 on remarque celle des Griquas, dontThomp^ son estime le nombre à cinq mille* Il pense qu'ils ont au moins sept cents fusils. Us sont répandus tout le long du Gariep, depuis sa source jusqu'à son embouchure. Malgré les prohibitions publiées par le gouvernement , ils obtiennent constamment des fermiers des munitions qui les mettent en état de continuer leurs ravages. Mais touç les Griquas ne sont pas des bandits; on doit faire une exception honorable en faveur de ceux qui habitent Griqua-Town. Ce Jurent eux qui sauvèrent les Matclhapis de leur ruine totale. Hiompson a donné le récit de cet événement d'après les relations que lui envoyèrent M. Melvill et M. Moffiit. Voici l'extrait de son récit, qui complétera ce que l'on a lu précédaninent.
JDès que M. Melvill fut arrivé à Kourouman(i), il ftrt décidé, dans une conférence tenue entre les missionnaires et les chefs des Griquas, que Waterboer aurait le connnandement de l'expédition contre les Mantatis , et que MM. Melvill et Mofifat accompagneraient sa troupe, afin d'ouvrir, s'il était possible, des relations amicales avec les sauvages, et d'employer leur influence pour éviter, toute effusion inutile du sang humain. Matibé fut invité à se joindre aux Grriquas avec ses capitaines et ses guerriers; mais on lui signifia que, dans le cas où une bataille deviendrait inévitable, les Betchouanas devaient entièrement s'abstenir de tuer, suivant leur coutume^ les femmes et les enfants, et que tout ennemi qui
(i) Tome XX, p. SyS.
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inettrait^ bas les annes, devait recevoir quartier comme prisonnier de guerre, Matibé consentit à ces conditions pour lui et les siens , avec une cordialité apparente, et promit de donner des ordres pour que ^s gens s'y conformassent. Qn verra comment cette parole fut tenue.
Les Grîquas partirent le 24 juin; Matibë, à la tête de cinq cents hommes , les rejoignit sur lés bords du Maquarin. Cinq cents autres guerriers, venant des villages de l'ouest, devaient fournir, sous ses ordres, un nouveau renfort. Comme on ne pouvait faire àuciili fond sûr les rapports des fietchouanâs , un détachement de dix Griquas, commandés par Waterboer, ^t accompagné de M. Moffat^ fiit ijnvoyé en avant pour reconnaître l'ennemi. aNous raperçûmes le lendemain matin , dit le missionnaire, sut* le |)enchant -d'un coteau, à une petite distance au sud de Lattakou. Une seconde division, plus notnbreuse, occupait cette ville. Je m'avançai avec Waterboer vers une jeune femme que nous vîmes dans un ravin. Je lui adressai quelques questions en betchouana; elle répondit que cette armée venait d'un pays éloigné. Nous ne pûmes apprendre d'elle aucune autre information intéressante. Alors, ayant poussé jusqu'à deux portées de fusil du lieu oïl l'armée se reposait, ûôtis trouvâmes , couchés à l'ombre d'un petit rocher, un vieillard et son fils : ce dernier sans le moindre signe de vie ; le père était à peine en état de nous dire qu'ils mouraient de faim. Il nous demanda de la viande; nous lui en donnâmes un mor(;eau, mais nous ne pûmes rien tirer de lui.
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« Nous restâmes là près d'une demi-heure , la bride de nos chevaux à la Ynain, pour montrer à l'enuemi que nous n'avions pas peur de lui^ et que nous ne voulions. pas lui faire du mal. En même temps nous dépêchâmes un de nos hommes à notre troupe restée à vingt milles en arrière, pour l'instruire de la position des affaires. Bientôt nous remarquâmes que tout le bétail était réuni à la hâte , et renfermé au milieu de la multitude. Quelques hommes armés marchèrent vers nous : voyant que nous les attendions tranquillement, ils se retirèrent. Étant remontés à cheval, nous nous approchâmes à peu près à deux cents pas du corps d'armée. Il atait été convenu qu'avec une autre personne je me présenterais sans armes devant les ennemis, po*ur inviter deux ou trois d'entre eux à venir camper avec nous, pendant que le reste de notre troupe se tiendrait sur ses gardes. Ce dessein ne put être exécuté. Nous venions de faire halte, lorsque les sauvages se mirent en marche en poussant un cri affreux; et j'avais eu à peine le temps de dire : «Tenez- vous sur vos gardes, ils yopt nous attaquer,» que plusieurs centaines d'hommes armés Se précipitaient de notre côté avec furie, en lançant leurs armes avec tant de force et de vitesse que tout ce que nous pûmes faire fut de faire tourner nos chevaux, et de nous éloigner au galop. Un de nos hommes fut presque atteint par une des massues de guerre des Mantatis. Parvenus à quelques centaines de pas , nous nous arrêtâmes pour délibérer ; et voyant qu'il n'y avait pas moyen d'amener l'ennemi à une conférence , nous gagnâmes une hauteur peu éloi-
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gnëe, mais hors*de sa vue. Ayant dessellé nos chevaux, nous tuâmes deux pintades, que nous. fîmes cuire dans des cendres chaudes pour notre dîner, espérant que notre conduite pacifique exciterait quelque bonne volonté chez nos adversaires, et leur inspirerait ridée d'une entrevue; mais pas un ne s'avança de toute la journée. y>
Au coucher du soleil , M. MofFat, laissant l'avantgarde aux soins de Waterboer, revint trouver M. Melvill pour aviser avec lui, si c'était possible, aux moyens d'amener l'ennemi à des termes de paix, et de prévenir les terribles conséquences d'une bataille. Au point du jour, l'expédition rejoignit l'avantgarde, qui avait passé la nuit derrière un coteau, à un mille des sauvages. Le mauvais succès des tentatives pacifiques de la veille* laissant peu d'espoir d'une issue plus heureuse, on résolut de leur. faire connaître le terrible effet des armes à feu, pour produire sur leur esprit une impression capable de les empêcher de continuer leur marche.
Vers huit heures, les Griquas s'avancèrent au galop; les Mantatis étaient campés dans une plaine ouverte, (dis continuèrent à rester assis, dit M. Melvill, sané manifester la moindre alarme de notre approche. Un petit nombre seulement était occupé à charger des bœufs. Un troupeau considérable était renfermé dans le centre de la troupe, et entouré d'hommes, de femmes et d'enfants. Cette division fut estimée à quinze mille âmes. Nous nous avançâmes à trois cents pas de leur front. Tout à coup, avant que la moitié des Griquas fut arrivée , les Mantatis
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poussèrent leur affreuiccri de guerre, et déployèrent leurs deux ailes comme s'ils eussent voulu nous en-svelopper, des centaines de leurs guerriers se précipitant en avant et lançant avec fureur des massue^ et des javelines. Cette attaque fut si brusqué et si impétueuse, que nous eûmes à peine le temp^ de'faire tourner nos chevaux et de nous éloignerai! galop hors de la portée de leurs armes. Leur aspect était vraiment formidable. Les guerriers étaient de grande taille, de structure athlétique, entièrement noirs, sans autre vêtement qu'une sorte de tablier autour d^s reins. Ils avaient la tête Coiffée de plumes d'autruche; leurs armes consistaient en lances ou jaVe^ Hnes, haches de bataille et massue$. Us se servaient de grands boucliers ovales qu'ils tenaient tout prè^ de terre, à leur gauche, quand ils chargeaient.
avions affaire à un ennemi Griquas ménagèrent leur feU, *, et de ne pas dépenser inutile de munitions que nous posî nous fumes hors de la portent volte-face; Waterboer et quelques autres mirent pied à terre, tirèrent sur les guerriers les plus avancés, et les abattirent. Un peu déconcertés par cet échec , les ailes se replièrent sur le corps principal , se cachant derrière leurs boucliers quand un coup partait.
«Sur ces entrefaites, les guerriers bctchouanai aecoururent du haut du coteau pour se joindre au combat ; mais leur aide ne produisit pas un grand avantage ; car un petit nombre seulement eut assez de
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courage pour atteindre TeDDieiiii avec leurs flèches , et tous s'enfuirent avec une précipitation extrême, cha^ que fois que quelques poignées de Mantatis s'élançaient vers eux. Les Griquas se rapprochèrent de nouveau ; aussitôt des bandes années de l'ennenii , plus nombreuses et plus audacieuses que les premières, se portèrent sur eux avec impétuosité. Nos gens ayant, comme la preynière fois , mis «pied à terre, parce qu'étant k cheval ils ne pouvaient pas si bien viser, recommencèrent à tirer ; mais cette manière de combattre n'était pas sans de grands dangers, parce que l'attaque de l'ennemi était si brusque et si fougueuse, et il courait "avec tant de vitesse, essayant chaque fois d'envelopper notre petite troupe, qu'il ne nous re»« tait qu'un très court espace pour sauter sul" nos selles , et galoper hors de ses atteintes. »
En avançant et se retiran puis s'arrétant pour laisser de traiter s'ils y étaient di pendant près de deux heures que temps, ils montrèrent v beaucoup de hardiesse et c
continuellement sur les cavaliers, et marchant avec fîireur et intrépidité sur le corps de» hommes morts; mais à la fin, voyant l'inutilité de leurs efforts pour envelopper et atteindre les Griquas, et leurs plus bravés guerriersabattus par de^iftmes invisibles, con^' tre lesquelles leurs boucliers ne leur offraient aucune défense, leur audace diminua; cependant ils ne montrèrent pas l'intention de faire retraite. I^es Griquas avaient essayé d'attirer les guerriers ennemis le plus.
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loiix possible dans la plaine, et alors, en galopant entre euK et le corps principal, de les en séparer et de décider le combat; mais ceux-ci s'aperçurent de leur dessein , et se rapprochèrent davantage du cercle de femmes et d'enfants qui entouraient le bétail.
Alors les Griquas s'avancèrent vers eux; une partie mit pied à terre et occupa un terrain élevé, d'où l'on pouvait distinguer et viser les guerriers repoussés par la; multitude. Chaque coup devint mortel; bientôt une confusion et une terreur extrême se manifestèrent parmi les Mantatis. Le bétail finit par. s'échapper du milieu de la foule qui l'entourait ; les Griquas s'en emparèrent. Les Mantatis commencèrent à se mouvoir en masse ^ hâtant le pas à mesure qu'ils se retiraient. Lorsqu'ils eurent rétrogradé un mille dans la direction de Lattakou, où l'autre division de leur armée était campée , les Griquas tournèrent leur flanc gauche , dans le dessein de les repousser à l'est, et d'empêcher la réunion de leurs forces. Les Mantatis, ainsi pressés, montèrent sur un terrain élevé, puis, se retournant brusquement, ils se précipitèrent sur leurs adversaires avec autant de fureur qu'au commencement de l'action. Plusieurs Griquas ne leur échappèrent qu'avec difficulté. Les Mantatis continuèrent leur marche, et, malgré le ravage que causait parmi eux le feu de leurs ennemis qui essayaient toujours de les tourner, ils opérèrent leur jonction avec leurs compatriotes. Au moment où ils entrèrent dans la ville, ayant été renforcés par plusieurs milliers de guerriers tout frais , ils coururent de nouveau au combat. Ce ne fut que lorsqu'ils eurent re-
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connu rimpossibilité d'en venir aux mains ayec les assaillants, et qu'ils eurent vu tomber leurs deux principaux chefs, et plus braves capitaines, qu'ils furent repousses avec un grand carnage.
Alors le corps entier des Mantatis sortit lentement , de la ville, après y avoir mis lé feu. Une fois hors des maisons , ils firent une nouvelle tentative pour entourer les Griquas, encore embarrassés au milieu des maisons brûlantes, et à moitié aveuglés par la fumée et la poussière. Un détachement de leurs guerriers s'était glissé à la dérobée entre des buissons, et arrivait par derrière lorsqu'il fut aperçu. Aussitôt un parti de Griquas fut envoyé pour les combattre : ils furent repoussés vers leur corps d'armée , qui continua lentement sa retraite vers le nord-est, ayec plus d'ordre qu'on n'aurait pu s'y attendre ; les hommes armés restant à l'arrière-garde et sur les ailes, et se retournant de temps en temps vers les Griquas ^ qui les poursuivissent à huit milles au-delà de Lattakou, et les quittèrent à trois heures après midi. Dès qu'ils furent partis, les Mantatis s'assirent dans la plaine.
<( Lorsque les deux divisions de ces sauvages étaient réunies, dit M. Melvill, elles paraissaient extrêmement nombreuses ; elles s'étendaient en une masse compacte longue de quinze cents pieds, sur trois cents pieds de profondeur. Si l'on suppute leur nombre par l'espace qu'ils occupaient, en supposant trois pieds carrés pour chaque, individu, il sera de cinquante mille. y>
Les Belchouanas, postés sur les coteaux voisins en attendant l'issue du combat y car bien peu d'entre
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eox étaient venus à portée d^drc de Fennemi, n'eu-> rent pas plus tôt aperçu les Mantatis décidément en fuite, qu'ils accoururent sur le champ de bataille comme des loups féroces, pour piller les morts et les mourants, et assouvir leur vengeance en assassinant les blessés, les femmes et les enfents.
Beaucoup de femmes laissées en arrière , voyant que les Griquas leur avaient montré de la compas^ sion, s'étaient assises à terre, et, découvrant leur sein , s'écriaient dans leur langue , qui est un dialecte du betchouana : ce Je suis une femme! je suis une femme! » quand quelqu'un s'sppprochait d'elles. Mais ces paroles touchantes ne produisirent aucun effet sur ces hommes implacables , qui les égorgèrent de 3ang-£roid, et n'épargnèrent pas non plus les en&nts. M. Moffat ayant reconnu que l'ennemi avait pris la fuite, revint pour examiner les prisonniers. Dès qu'il aperçut cette horrible boucherie, il s'élança au galop au milieu des Betcfaouanas, et, à force de menaces, il réussit à en écarter la plupart. M. Melvill ne parvint à leur arracher leur proie qu'en les battant et en leur montrant son fusil.
L'audace et le courage indomptable des guerriers mantatis ollraient un contraste frappant avec la pusillanimité des Betchouanas : plusieurs qui avaient été blessés par les coups de feu des Griquas étaient restés, après là retraite de leurs compatriotes, épars sur le ehamp de bataille : quelques uns, accablés par les Betchouanas, avaient succombé; mais d'autres se défendaient avec une bravoure désespérée et àïûne d'un meilleur sort. M. Melvill vit l'un d'eux
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qui y ayant le corps perce de dk jatelmes et d*au«taqt de flèches, tenait une quarantaine d'ennemis éloigna de lui; un autre , grièvement blessé ^ combattait , un genou en terre , contre une bande d'as-^ saillants , et arracha une lance de son corps pour la leur jeter; ils semblaient n'avoir aucune idée de se xeodre, ou de demander quartier, probablement parce que dans leurs guerres ce n'est pas Tusage.
a Les blessés et les mourants, dit M. Moffat, ne montraient pas ,ces signes de sensibilité que Ton se serait attendu k voir chex des hommes dans leur position^ les enfants tombés des bras de leurs mères, fuyant ou égorgées, jetaient des cris que Ton entendait distinctement; mais les autres semblaient Mve peu affectés par leur situation afireuse : une soif féroce de vengeance paraissait régner seule dans leur cœur. Plusieurs fois je manquai d'être atteint par les lances et tes haches des blessés pendant que je cherchais à secourir les femmes et les enfants, xr
M« Mofifat et M. Melvill , quoiqu'ils assurassent les f<»nmes qu'ils les protégeraient contre quiconque voudrait leur faire du mal, eurent beaucoup de peine à les engager à venir avec eux. Ils en emme* nèrent ainsi une centaine pour qu'elles ne restassent pas exposées aux cruautés des Betchouanas ; mais arrivées au lieu où leurs compatriotes avaient campé, et où il y avait beaucoup de vivres épars à terre , elles s'arrêtèrent, et se mirent à mang^ avec ro^ racité : il y en eut bien peu que l'on pût forcer d'avancer, A l'endroit où la bataille avait conmiencé, les deux Européens tixHivàrent une centaine de
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femmes et d'enfànto assis autour de petits feux, et faisant cuire de la viande au milieu des cadavres; ils ne purent leur faire quitter la place : Fapatbie de ce peuple était frappante.
Beaucoup de Maatatis , notamment les femmes et les infirmes, paraissaient souffrir de la famine* La plupart des prisonniers étaient exténués et extrê^mement avides de nourriture : les guerriers morts étaient très maigres, et semblaient n'avoir que la peau sur les os, quoique dans le combat ils eussent déployé beaucoup d'agilité et de vitesse, tl y avait à peu près' cinq cents cadavres sur le champ de bataille ; tant les fusils des Qriquas avaient fait de ravages! tandis que, du côté de ceux-ci, il n'y eut pas un homme tué, et qu'un seul blessé. Un Betchouana fut assommé, et il le méritait, par un blessé qu'il dépouillait.
Cette horde barbare ressemble beaucoup aux Betchouanàs; leîir langue a tant d'analogie avec celle des' Matclhapis, que M. MofFat comprenait les prisonniers presque aussi facilement que les habitants de Kouroumàn. Tous les hommes étaient grands et musculeux; ils avaient le corps enduit d'un mélange de chari>on et de graisse, ce qui les rendait entièrement noirs ; ils étaient vêtus de peaux tannées ou passées, qui leur pendaient sur. les épaules. Quelques chefs avaient de très beaux manteaux, et plusieurs portaient de loni|[s schalls de toile de coton ; mais la plupart des femmes étaient presque entièrement dépourvues de vêtements , n'ayant , pour couvrir leur nudité, qu'un petit morceau de peau attaché autour
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dea rein»* Pei^dftst le combat, iei» hcwiQ^ n'^n ev^ refit pas datrootage, quand Us eiu^nt jeté leurs mmiiit teaux. Leurs ornemeDts consîstaieat ea plumes d'atb trUche noires à ta télé , en grands anneaux de cuiwe , quelquefois au nombre de six à huit autour du cou, et en beaucoup d'anneaux du méine métal au& bra^ et aux jambes, et d'autres, ou de grandes plaquce suspendues aux oreilles. Outre les armea nommées plus liaut , iU avaient aussi une lame de fer d'une forme cinecdaire, et dont le bord extérieur est tran^ chant ; ellç e^ fixée à un bat^n terminé par un gros n<mid ; on la lance, mi bien on a'en sert pcMnr ootn* battre corps à oorpg»
On apprit dç& prisonniers que kâ ]\bntÂlus avaient eu, l'intention de commeneer leur nuirche sur fixMi** rouman le jour pênie qu'ils furent rencontrés. Us avaient classé les habitants de Nokeuning, rav^é et brûlé cette ville, et traitaient de même Latta^ou lorsque, suivant leurs expressions, le tonnerre et les éclaira <|ea Griquas les forcèrent de reculer^
M. Melvill, en quittant le i^mp de bat;|Hlle, trouva lesGriquaa qui revenaient de la poumiite de& Mantatis, et avaient dessellé leurs chevaux : il se joignit à M. Moffat pour lea prier de prendre soin des femmc^s qui avaient été laistsées en arrière ; ear ils avaient appris que plusieurs de celles qu'ils avaient en tant de peine à sauver, avec l'aide de quelques Griquas, s'étant, par la fatigue, arrêtées en route, étaient de nouveau tombées au pouvoir dç leurs ennemis, qui les. avaient emmenées prisonnières. Aussitôt les che& griquas envoyèrent un XXI. 3
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messager à Matibé, pour lui dëdarer que les femmes ayant été sauvëes par les Eurapéeus pendant que ses gens les égorgeaient , elles devaient être rendues. Il était nécessaire de prendre ce parti, parce que les Betchouanas n'ayant besoin de ces malheureuses que pour leur faire porter le butin qu'ils avaient ramassé, il était vraisemblable qu'ils les tueraient ou les laisseraient mourir de faim. Matibé entra en fureur en entendant le message des Griqùas , et, avec unç grosse pierre, écrasa la tête d'une femme; et un des hommes de sa suite perça le cœur d'un prisonnier*
Instruit de cet acte d'inhumanité par le prompt retour de l'émissaire, M. Melvill, accompagné d'Adam Kok , se hâta d'aller trouver Matibé ; d'autres Griqùas, armçs de leurs fusils, les suivirent; ce qui efiraya tellement les Matclhapis qu'ils consentirent à rendre les fen^mes : oo en réunit ainsi quatrevingt-sept ; il y en avait de blessées, d'autres extrêmement fatiguées et faibles. Elles n'avaient nulle envie de se mettre sous la conduite de leurs libérateurs , car elles craignaient qu'ils ne voulussent aussi les assassiner. On fiit donc obligé de recourir à la contrainte pour les faire avancer, juscp'à ce (qu'elles fussent hors de la portée de leurs ennemis , et dans un lieu où l'on pût allumer du feu, pour qu'elles se ohairfFassent pendant la nuit, et qu'elles fissent cuire des aliments; elles essayaient tous les moyens de s'échapper en courant au milieu des buissons et se couchant à terre. M. Moffat et quelques Griquas prirent des enfants sur leurs chevaux.
Quoique les Griquas soient , par leur caractère ,
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supérieurs aux Betchouanàs sous plusieurs rapports , et ne se soient pas rendus coupables de cruauté, ils montrèrent néanmoins ^ dans ces circonstances « im défaut de sentiment d'humanité qui, chez les peuples civilisés, n'est étranger qu'aux hommes les plus dépravés. Ils ne se prêtèrent qu'avec beaucoup d'indifférence à réunir. les prisonniers, dont plusieurs étaient très faibles, et en général ne manifestèrent presque pas de sympathie pour les blessés, ni de penchant à les secourir. Le bétail, dont on avait pris à peu près mille têtes, était le principal objet de leur sollicitude. Les Européens et deux ou trois Griquas prirent seiils le soin de rassembler ^t de faire marcher les femmes et les enfants.
Le lendemain, quand tout fut réuni , ces êtres infortunés lurent répartis entre les Griquas: pour rester à leur service ; on jugea que c'était le meilleur moyen de pourvoir à leur subsistance. Cependant M. M el-* vill , craignant que par la suite cette charge ne tombât entièrement sur lui , demanda à entrer dans le partage du bétail pour lui et les missionnaires, à cause des munitions qu'ils avaient fournies à l'expédition. Il reçut trente-trois têtes de' bétail, et déclara expressément que c'était pour fournir à l'entretien des prisonniers mantatis.
Les Griquas partirent le 26 dans la soirée , emmenant leur bétail. M. Melvill , resté en arrière , ramassa encore vingt-cinq femmes et enfants le long de la route jusqu'à Kourouman, où il arriva trois jours après la bataille. Pendant ce voyage, l'idée d'avoir laissé plusieurs centaines de ces malheureuses
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ot^éatures à la merci des fietchouanas ou des bête» féroces du désert, le tourmenta tellement qu'il résolut d'aller à Lattakou ; d'ailleurs il était important de savoir y à tout événement, si les Mantatis avaient entièrement quitté le pays, parce que ce n'était que dans ce cas que les missionnaîi^s pour* raient se regarder comme hors de tout danger. Il se mit donc en route, le 3o juin, avec M. Hàmilton, dans un chariot tiré par des boBufs : ils avaient avec eux un Hottentot de la mission et deux jeunes Betchouanas. Le leademain , on trouva près d'une source trois femmes cachées dans les buissons; elles avaient allumé du feu , et faisaient cuire de la viande dans un pot. Elles racontèrent qu'elles étaient venues du champ de bataille, et qu'il y en avait d'aiitres qui les suivaient : on leur donna des vivres pour deux ou. trois jours. Ije soir, on rencontra encore quinze femmes et enfants assis autour d'un feu près d'une source ; un peu plus loin , on en découvrit plusieurs autres*
On leur dit d'aller à l'endroit oh étaient les trois premières que l'on avait aperçues , et d'y attendre le retour du chariot ; puis on s'appro^a de Lattakou. «Nous vîmes, dit M. Melvill, beaucoup de cadavres le long du chemin et entre les buissons : c'étaient probablement ceux de pauses créatures mortes de &im. Indépendamment des femmes que nous avions sauvées la veille ,^ nous en rencontra*» mes d'autres et des enfants qui venaient de Lat-^ takou; nou& en comptâmes trente-sept, la plupart sans vivres ; sans nous , elles auraient probablement
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DE G. THOMPSON (l8l4)- ^7
përi de bésmn , avam d'arriver à Kouroumau. ^ Ia fumée qui s'élevait de divers points aida M. MolTat à découvrir plusieurs femmes : Tune d'elles ^tait réduite à une si grande disette qu'elle a^ait &it €uire et mangeait son manteau de peau ; une autre , blessée d'une flèche empoisonnée, expirait en éprouvant de grandes souffrances ; une troisième avait à peine la force de se traîner. On essaya de les consoler en leur expliquant que Ton était venu pour leur sauver la vie, et en leur donnant un peu de pain; mais elles paraissaient tellement abattues par le malheur qu'elles s'apercevaient à peine de La présence de leurs libérateurs. Ailleurs une femme avec deux petits enfants ne pouvait plus parler; ces in^fortuilés ne marquèrent pas la moindre surprise à la vue de M. MofTat et de ses compagnons. Un jeune homme de seise ans était couché sur son manteau-; il avait été <hngereuseni€«it blessé à la tête , et pa^ missait être tombé dans le feu, car il était étendu sur les cendres et avait de fortes brûlures. Il vivait encore , et sans doute souffi*ait beaucoup ; mais on ne put l'engagera se lever, et il refusa obstinément de parler. Malgré la misère extrême de tous ces gens , ils n'exprimaieut leur douleur ni par des larmes ni par des gémissements. Plus loin , on trouva une vache que l'on avait déjà vue sous la conduite de deux femmes mautatis t celles«-ci s'étaient cachées. « Quand nous approchâmes , dit M. Melvill , une femme s'élança dn milieu des buissons en s'écriiint qu'elle avait pris "soin de notre vache, ne doutant pas, je le suppose, que nous là cherchions > et que peut-être
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nous voulions tuer la personne qîie nous soupçonnions de l'avoir volëe. Mais ses craintes ne tardèrent pas à se dissiper d'après la manière dont nous lui parlâmes : elle vint à nous; sa compagne sortit aussi de sa cachette ; et nous leur dîmes, comme aux autres, d'aller à notre chariot, où elles auraient à manger. »
Dans la soirée , les deux Européens et les gens de leur suite se dirigèrent vers des feux qu'ils avaient aperçus pendant le jour, et dont ils s'étaient éloi«gnés , parce que des empreintes de pas donnaient lieu de croire que, dans le grand nombre des per^ sonnes dont on voyait les traces, il y avait des hommes. Quand on fut arrivé à peu près à trois cents pieds des feux que l'on avait découverts, le Hottentot et un Betchouana s'approchèrent davantage pour reconnaître si des voix cfae l'on entendait étaient celles d'hommes ou de femmes. Au bout de quelques minutes, le Betchouana revint annoncer que des voix d'hommes avaient frappé son oreille; mais le Hottentot pensait que c'étaient des voix de femmes , et pria M. Melvill de venir avec lui pour s'en mieux assurer. «Je l'accompagnai, dit ce dernier, jusqu'à une quarantaine de pas du feu le plus proche : il y en avait une quinzaine dans différents endroits. Un petit nombre de gens étaient assis auprès; mais d'autres étaient couchés à terre. Quoique les deux ou trois voix qui parvinrent jusqu'à nous fussent celles de femmes , nous regardâmes comme probable, d'après les vestiges que nous avions vus, dirigés de ce côté, qu'il pouvait y avoir des hommes
D£ G. THOMPSON (l8a4). ^9
dans le nombre. Comme il eût été imprudent de nous •avancer davantage, nous nous en retournâmes; car nous considérions que notre premier devoir était de sauver les pauvres créatures que nous avions déjà trouvées.
«Le lendemain matin nous primes la roc^te de Kourouman : cinquante -quatre femmes et enfants nous attendaient au lieu où nous leur avions donné rendez-vous. Avant d'atteindre les rives du Maquarin , nous rencontrâmes deux Betchouanas , (qui nous ap-; portaient une note de M. Moffat. Elle nous apprenait que les Mantatis, aprè^ leur défaite, s'étaient port^ sur Nokeuning , avaient pris cette place , et en avaient emmené tout le bétail; que le lendemain ils avaient attaqué Maboumapelo et Levenkels, deux chefs bet-* chouanas qui s'étaient enfuis de.Lattakou, et avaient également enlevé leur bétail et leurs femmes. »
A son arrivée à&ourounian, M. Melvill confia les, femmes et les confiants aux soin$ de madame Hamilton^ Le 7 juillet, il alla rejoindre sa famille à Griqua-^. Town(i).
a On sait, dit Thompson , depuis la publication de l'puvrage de M. Barrpw sur le Cap, que les Cafres méridionaux et les nombreuses tribus qu'ils ont au nwd et à l'est, ne sont que des subdivisions d'une grande nation, à laquelle les voyageurs modernes ont donné le nom général de Cafres, faute d'un autre qui les embrassât touti^; je suivrai leur exemple. La grande extension de cette Ê^tnille remarquable du
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4o VOTACE
fettte bmÉà^ e$t aujouttl'hui eonstatëe. D'après dit^i^ téMloigtift|fe6 cont^oidaMs, m peM regarder Mtiftné sùffisâttilkiettt pk*ouvë qtie 4e& tribus connues ÈùHts là dénomîtiàttoâ ecttnmtfue de Gafres ôu les Kousas (Ainakosae), leâ Tamboukies (Amatytubae), toi indigènes de tlamè^ôiiia^ de Hatal, de la baie de liagôft et de Mé^mbi^^ leà Damaras tm la o6ie ôceideirtale ^ et les notfibreûses ttibus de fietobmHmatt qttt habttem Tintérieur du ^conthieiit^èur une ëteft*» dlie<{ui n'k {)a^<€iâfC6re iké^tùm/aée^ sont non seule- AK^tBOHies'dVine &ouc^ cofumune^ tnaiB^ere«9em« Uettt tellement par là langue, les usages ec les meèurft , tpL^a est fiiciile de les recoiimît:i»e<edAime des stdidi^'> iiônft d'une wérne ftMilie.Ce^ surtout par la langue ^'éndëdoiivré leïâ*pàr«tatë. Le diâ^te betcbeiuaiia^ M sitdiôualià, comtne qtelqued personnes le mon»ment, est parlé par tt>ùteà lei tribds de Titit^ieur ^ue Toi!! a visitées jusqu'à pi^Ssèùt , et tte d^re i|ue Ûgèrement de celui de$ Dàmàras et des ï)èlagdàm ^ qtti vivent sur des côleà absolutHent opposées. La làu^ gue amakosa, qui est aussi en usage chez les Aftfsh t jnnbsÈ et d'autres tribus voisiftes , en dift%re beautôup plus, mais pîBkà ^tft«ftitqtt'to l'a supposé. Le fond de Cèfs dialeeteS est le tnétiie,'et qiteHe que pcôsse et» k dièsetiiblanee de Tidiôdie <et de la syntaxe eiMiti eut , ôft à tu, lorsque des iudivtdm «de ees différentes ttibm %e trouvent eu ^Hstntàct, qu'après un peu de pratique ih peuveUt ^kumv couramment ensemble. Je ne prëtei^ds pas déèider jusqu'où «ees affinités de famille et de langage s'étendent dans le nord , mais j'ai vu un vocabulaire de l'île d'Anjocum, une des
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D£ G. THOMPâOlf (îSa/\). ^l
CoQMMt, bit par un Inissioiiiiaire qiU y H réiidé; il en résulté que ces in&ulaîrM , 6t {irobaU^ttient auaû las Cribui aborigèaes de Madagascar^ parlent un dialecte qtli a ikte relatioki intime avec ùeux de la Cafrerie ^et de Masambicpit. »
Tfaontpsoa re^ndc lies déiaîls doottëft 4ur les Bet^ chouant» pai^MiBurobèU eoœ*iesi enaûXA^ qu'il s'abstient d'^entrèr dans àueude partiqularité sur ce sujet. Cependant , ayant vu œ peuple date une occasion d'eicitaitiaft ^xb^aûrdioairei il pense qu'à quel^Oes ëifards a6n léàiwttèré a dû «e dévoiler beaucoup plus cmnplétement <fue lorgne les autres voyageurs Tout viôté Jl pakti^ TopinioB de Pbilip^ qfti jugeque Lichttostein s'est ëtrangemeiitniéf]|ria en représentant les Botcbouanai «ouuau étant d'un 'caractère ouv^t )>cou^ ragent et générmix^ qui dans leurs i^ûerres et leurs 0^[ociatk>ns évîËont tonte eipàon de siri»tilité ou de fMmperie; ce ^ prouve^ ajout^-i«41^ leur rectitude naturelle et la conscience qu'ils ont de leur ibree t vtmk c'est le oentrairoi|uî elt vnti J>e même que tous les mitres barbares^ knr prudence politique ne consiste qu'en «bipiîoité'etenpetitesrtisesiet leurs guerres ordinaires ne sont apm des incursions pour enlever dn bétail à leUrs voisîks plus faibles ^ en exposant leur vie le moâns possibk% Lid^enstein cite même des laits qui éont en opposili<)n manifeste avec U <»ractère qu'il Vest trop leaiprâElsé d'attribtier mi\ Betckontitas.
La cntidoite de MsâAé ist «le ses gvierriers envers ka Mantatis kimtés^ et envera les feMme^ faites prisonnières apràs fe «MUbat de Lattakou», montfe de
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k"^ VOYAGE
la manière la plus évidente la bassesse , la mécban* ceté, le défaut total de pitié, d'honneur, de. gratitude, et régôïsme brutal de ces barbares. Ce n'est assurément pas chez eux qu'il faut cherdier l'innocence de la vie pastorale, ou les vertus grossières des temps héroïques. Enfin , l'état de servitude des femmes, et l'abandon des vieillards et des infirmes, annoncent que les nations cafres n'ont pas encore fitit de grands progrès dans la civilisation.
Mais après avoir signalé ces défouts frappants, Thompson déclare qu'en revanche les Bet<^uanas ne sont pas dépourvus de qualités aimables. Ils scmt généralement affables et obligeants pour les étran^ gers, et les uns envers les autres; et quoique l'on soit, importuné de leurs demandes continuelles, on ne. court aucun risque, en voyageant au milieu d'eux, d^étk*e volé ou maltraité, quand m^ne on ne serait, pas accompagné de beaucoup de monde. Les coursas, des missionnaires et d'Arend, parmi ces tribus, le* prouvent suffisamment. Thompson pense que M.Burchell a injustement dénigré le caractère desBetchona-: nas, sous ce rapport. D'autres voyageurs ont déjà parlé du soin avec lequel ces tribijis cultivent la terre , et de la propreté de leurs maisons et de leurs enclos. Quoique ces travaux tombent maintenant sUr les femmes, il est probable que, lorsque les peuples se* ront éclairés par les lumières du christianisme, li^ hommes se montreront laborieux et actifs^ Leur promptitude à adopter diverses améliorations , à l'exemple des missionnaires, fiaiit augurer qu'ils ne resteront pas stationnaires dans la canrière de : la
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BÊ G. THOMPSON (iS^/j). 4^
civilisation, comme ils l'aTaient ëtë jus^'à présent, et que leurs progrès dans tous les genres seront remarquables (i).
Les relations des Européens avec les nations barbares, si ce n'est lorsqu'elles sont fondées sur des motifs désintéressés, ayant pour i)ut leur améliora*tion, ce qui malheureusement n'est que trop l'are, se sont terminées ordinairement par l'esclavage , l'extirpation ou l'abâtardissement moral de ces peuples, f^ condition actuelle desCafres de la frontière sud-est de la colonie ne contredit pas cette assertion. Ils n'ont pas fait de progrès depuis que les Européens se sont mis en contact avec eux; au contraire ils ont , à quelques égards , rétrogradé ; mais ils sont toujours pleins de courage. Quoique un peu inférieurs aux Bet* chouanas dans les arts mécaniques, ils l'emportent beaucoup sur eux en courage, et sortent en hum^nit^. ^^trow et Licfatenstein , malgré quelques inexactitudes , n'ont pas exagéré les belles qualités de ce peuple. ccJe les ai visités en i8î2I , dit Thompson, et quoique trompé dans mon opinion sur le roi Gaika , dont il me paraît que l'on a parlé d'une manière trop avantageuse, je fus très satisfait des manières et de l'extérieur de ce peuple. Le despotisme des chefs sur les classes inférieures est bien moins accablant,* et on y échappe plus aisément que chez les Bétchouanas ; il n'existe pas chez eux de gens cotnme tes pauvres Betchouanas, qui sont dans un esclavage absolu. Le pouvoir et l'influence des chefe dépendent
(i) Thompson's Traçels, 1. 1, p. 33o-344»
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44 VOTÂGS
teUemeat de leur popularité, et la transmiwoa de i*autoriié d'un chef à un autre s'effectue avec tant de facilité, que lé pouvoir arbitraire de l'aristocratie héréditaire est suffisamment restreint.
à Leurs guerres intérieures sont généralement poursuivies aveo peu d'aiiiinosit4 Les prisonniers laits sur le champ de bataille , les femmes et les en-
près de deux cents'mtlles , et sa laideur de soixante
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