‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 33 sur 60 · CHAPITRE XXÏX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏX

Voyage du missionnaire H. P. HaRbeck, de la société des frères Moraves / dans te payAles Tamboukkis et des Cafres, en 1S27 (1).

Ew avril i8a7, le gouvernement cotoniât du Cap écrivit aux missionnaires de Gnadenthal qu'un chef des Tamboukkis, nommé Bauana^ qui habitait non loin de la frontière de la colonie , avait exprimé au landdrost de Somerset le désir d'avoir une mission chez lui. En* conséquence, le gouvernement ^nga-r g^it les pûssionnaires à profiter de ces bonnes disposition», et à envoyer quelques uns des leurs chez ks Tamboukkis. La communauté de Gnadenthal délibéra sur cette proposition, et résolut d'envpyer M. Hallbeck, et de lui adjoindre le frère Fritsch à Enon. Après une entrevue avec le gouverneur du Cap, M. Hallbeck revint à Gnadenthal , et se mit en route pour la Cafrerie, le 11 mai. Ses confrères, et une partie de la communauté, l'accompagnèrent jusqu'à une distance de quelques lieues. On traversa le premier jour la rivière de Movi-Mac , et le second jour on passa à gué la rivièi^ Sans-Fin auprès de

(i) La relation de' M. Hallbeck a été insérée dans les Mémoires de la conimunaïaé des Frères , i8a8, cahier. 5, et réimprimée dan& le journal géographique allemand Herta, 1829, vol. xrii.

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DU MI8SIONNAIB£ HÂLI^EGK (iSay). 3oi

Ganzekraal. Le 1 3, on se dirigea auprès de la ferme de M. Groenewald , qui avait fait construire une machine hydraulique pour conduire Teau de la rivière Sans- Fin' sur ses terres ; mais, le mécanisme était déjà arrêté, et dans la suite M. Hallbeck apprit du propriétaire qu'il avait l'intention de remplacer cette machine, la seule de^ ce genre qu'il y eût d|ins la. colonie, par im mou^n à pompe comme il y en avait à Enon.

Après avoir passé pac le défilé de Hessaquks, il fallut traverser 'de nouveau la rivière Sans-Fin. En approchant de Zwellendam, le voyageur eut à essuyer une pluie que les fermiers avaient attendue avec im- «patience, ne pouvant labourer une terre trop durcie par la chaleur. M. Hallbeck alla voir le landdrost , et se hâta ensuite, au milieu de la pluie, d'atteiadre.sa voiture, de peur d'en être séparé par la crue de la rivière de BufFeljagt. Heureusement les pluies ne l'avaient pas encore grossie, et, après avoir fait qndques lieues dans un temps pluvitox et froid, M. Hallbeck chercha un gîte dans une maison appartenant à un M. CoUison : il n'y avait qu'une seule chambre dans cette maison. Sur les terres qui en dépendaient, l'ancien propriétaire avait construit un canal pour y conduire les ea\}xx de la rivière de Buffeljagt; mais une forte pluie avait détruit ou endommagé les travaux.

' Le 1 5 mai , le temps s'étant éclairci , M. Hallbeck alla^prendre.les, bœufs qu'on avait envoyés en avant chez le fermier Odendal, sur la rivière de Duivenhoek. Â Zwellendam, il n'y avait pas un seul nia-

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3oa ^ ¥OTâGS

réMi qui pût ferrer un dea chevaux de selle de M. Hallbeck; auprès de la ferme d'Odeodal, il as trouva heureusement un ouvrier qui tira le vcyfageor d'end»rras» On .envoya les bgëtt& encore en aérant jusquîft la rivière Krombed^» et le fermier prêta ses propres bœufs jusque là. Le 17 mai^ on passa un^ hauteur considérable, appaléeKragga^ d'où J'OA aperçut pour la dernière {o\f les nK>ntagnes de Goadenthal. On se reposa à midi sur la petite Yet- Rivièr^ et Ton campa pour la nuit sur la rivière de KafiferkttiL La lendemain matin on ne trouva plus les bœufe. Le conducteur se rappela que , six mois auparavanty ces animaux avaient découvert un excellent pâturage dans un ravin situe à une lieue de le; il présuma qu'ils y étaient retournés. En ^et» on les y trouva et après les avoir ramenés au canqp, pn se remit en route, et on fit une bonne joumée'jusqu'à la rivière Droghas.

Le 19, il finUut passer par une hautew couverte en partie d'aloès ^n fleurs, et de beaux buissons, et désordre ensuite le Icmg d'un précipice aj^lé l'Enfer, jusqu'à la rivière Gaurits, dont le lit ne contenait qu'un filet d'eau. A l'aide de quelques pierres, on pouvait la traverser à pied sec. Cette rivière est pourtant sujette à des débordements effrayants. Des gens du pays assuraient que, quelques années auparavant, elle avait atteint une hauteur de cent vingt pieds. Après avoir passé dans l'aprèsmidi par le défilé ou kloof au miel , on détela dans un profond ravin au-^dessous du plateau du Zuur«vlakte. Depuis la rivière de Duivenhoek, les bceufs

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DV MISSIONNAIRE BAtLBECR {lS^fj)r \ 3oZ

avaient jeûoé; la «^heresKe avait partout fané Therbe, et les vacbe$ du pays nç doqnaieut plus de lait. Cependaot, dans le haut du d^lé au miel^ ft surtout dans la Zuurvlakte , où il était tombé des pluies copieuses, la pâture était excellente; aussi les Iwufs, qui se rappelaient ce pâturage depuis le der* iiier voyage, n'avaient pas manqué dç s'y rendue. Notre voyageur acheta une brebis che? un fermier de Zuurvlakte, et échangea contre un peu de thé quelques cruches ^ lait, boisson d'autant plus agréable, que Ton en avait été privé depuis le départ de Duîvenhoek; die^ un autre paysan, on lut assea heureux pour s# procurer quelques pains hms.^

I^ lendemain on monta au. petit Pa^rde-Kxaal, d'où Ton a une vue magnifique sur la contrée xa^ir time jusqu'à George. Le m fut une journée péaible pour les bœufs, qui eurent à traverser le défilé d'At* taquas, dans la chaîne de montagnes qui s'étend de la Hex-Rivier jusqu'à la baie de KronvXUvier; encore cette routQ a-t-^ella moins de difficultés que les trois autr^ défilés de cette chaîne, savoir le Platte^ lUoof, aiqprèa de la rivière de Duivenboek, le Crar doesberg, auprès de Qeorge, et le Duiveld^op, auprès de la baie de Pl^tenberg. On détela le soir à FeKtrémité du défilé, au Baviaans^K4*aal. M. Hallbeck fait mention d'un vieil invalide allemand nommé Reutet, qui habite dans les montagnes, au grand Paarde^^^al, et dont d'autrf» voyageurs ont aussi parlé.

Le i)f2, on entrii dans le désert aride de Karroo; ç^ fut le commencomet^t de quelques jours de jeûne

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3o4 * TÔYAGE '

pour les pauvres bestiaux. On vît durant ce trajet deux troupes d'autruches; la rivière de' Kand^laar était entièrement à sec; mais on trouva un ruîkseau auprès de la demeure du veldcornet Wolfram.' On y campa pour la nuit. Le lendemain on trouva é^lement dé l'eau dans la.Klip-Rivier, et les buissons dès bords ^de cette rivière fournirent un :peu de pâture aux bestiaux. La chaleur était accablaote, et le thermomètre de Fahrenheit marquait à l'ombre go*. On passa après midi auprès de la demeure d'un fermier nommé Plessis , sur la Doof n-Rivier ; la maison était abritée du côté du nord par une singulière espèce de collines; elles étaient formées du fumier des brçbis, qui depuis un grand nombre d'années viennent brouter les buissons du Karroo. On campa à l'entrée duLange-Rloof; la nuit, les bœufs s'échappèrent pour chercher de la pâture, et le lendemain matin il se passa plusieurs heures >vant qu'on pût atteler. Dans le défilé de Lange-Rloof , la végétation avait également disparu. Le 2 5, on traversa la rivière des Moulins , auprès de la demeure du fermier Terblanche; après midi on passa la rivière de Keurboom; et on' gravit une rive escarpée d'où l'on descendit dans une petite vallée^ qui porte le nom hottentot de Gourna. Après avoir dételé sur la hauteur au-delà de cette vallée, oh fiit sui^ris par une pluie accompagnée de tempête, en sorte 'qu*on ne put même dresser la tente , et que M. "Hallbeck fut obligé d^e coucliér dans son chariot. La pluie cçssa vers le matin; lé temps s'était beaucoup refroidi. On se procura du pain dans la route chez le ferihier

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DU MISSIONNAIRE HALLBEGK (18^7). ■ 3o5

Zoiidàg; la nuit suivante il y eût également beaucoup de pluie et de vent, et le missionnaire la passfa de nouveau dans son chariot. Un loup se glissa près des bestiaux, mais sans les attaquer. Cet animal fait beaucoup de ravages dans le pays; aussi èhaque paysan à son piège aux loups ^ ou une fosse enfermée dans une cabane.

On passa le lendemain la Diep-Rivier , et on détela devapt la Dwars-Rivier; comme la pluie recommença^ on craignit que la crue de la rivière n'empêchât plus tard le passage; en conséquence , on se hâta le 28 de la traverser, et on apprêta le dîner au milieu d'une pluie accompagnée de grêle. Heureusement il y avait beaucoup d'herbe, grâce aux pluies, et les bœufs se dédommagèrent de leur longue privation. Il fallut passer encore la ntait dans le chariot; le 29, le temps s'éclaircit , et on put camper sous la terite auprès de la Kroom-Rivier. On traversa le lendemain trois fois cette rivière, qui était assez haute. Pour éviter deux autres gués profonds, on fit, le 3l, un détour par une hauteur rocailleuse , et on s'arrêta à la ferme de Diep-Riviér, où l'on put se procurer du lait et de l'orge; mais ce grain coûta le double de ce qu'il aurait coûté à Uitenhagen. Le passage de la Diep-Rivier ne s'effectua pas sans difficulté : en descendant vers la rivière, on vit les débris d'une voiture qui y avait versé; au-daià de Diep-Rivier, à la ferme de PotgieterV auprès du Leeuwenbosch, notre voyageur fut* accueilli avec beaucoup d'hospitalité; on lui fit présent de.lait, de beurre et de viande de bœuf frais ; il donna en retour XXI. 20

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3o6 VOTAGB

du rit et du thé. On alla camper au-delà de la rivière deToHbosch; mais, h veut, ayant déchire la tente, força. le missionnaire de se réfugier dans son chariot. Il fallut raccommoder la tente le lendemain en route; puis on descendit par-un chemin rocailleux Ters la rivière de Chamtoos; l'un des bœufs en fîit tout.éclopé; heureusement on aperçut dans les buissons qui couvrent les bords de la* rivière Tattelage que la mis^on d'£non venait d^envoyer au-^deyaqt du voyageur. Celui-ci visita en passant une propriété de la mission dé Bethelsdorp appelée Hankey; on a eu l'intention d'en faire tin potager pour cette mission ; mais à cet effet il faudrait conduire dans les terres yne partie de la rivière de Chamtoos. Après avoir passé quelques heures avec M. Messer, qui occupe cette propriété avec sa femme , notre voya-r geur rejoignit son chariot, et campa sur la hauteur qui domine la rivière de Louri : les pâturages et les bois y alternaient d'une manière agréable. £n descendant le lendemain par un défilé pittoresque, on vit un des beaux oiseaux dont le nom a été appliqué à la rivière. Après l'avoir traversé , on monta vers le Galgenbosch, qui présente le tableau d'un beau site de forêts en Europe, et d'où l'on jouit d'une vue étendue sur l'océan indien, qui baigne le pied de la colline. Le chemin qui descend vers la rivière Van- Stade était un des plus mauvais de toute la route; il l'était devenu davantage encore par suite des pluies. On arriva pourtant sans accident , sous un beau clair de lune, au bord de la rivière, et on remonta de même la hauteur opposée jusqu'à un étang où Ton dressa la tente.

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l>tJ ttlSSIONHAlRE HALIBECIL (1827). 3o7

^On entra le 4 juin à Uîtenliageu , où M. Hatlbedt ftit très bîeii accueilli pal* le landdfast. Pour la pre-* mière fois depuis trois semaines ^ il coucha sous un toit ; cependant sa sàâté né s'était pas mal trouvée ptour avoir campé en pleift air; sa petite fille, qu'il avait emmenée, et qui, en partant de Gnadenthal, avait été si faible qu'on avait craint qu'elle ne mourût en route, se portait à merveille. Le commandant Muller, avec lequel M. Hallbeck s'entretint, hii donna des renseignements sur les Tamboukk^ , dont H connaissait bien les mœurs^et le territoire. Il pensa qu'une mission chez ce peuple' serait une entreprise assez facile à exécuter, et que cet établisse* nVent pourrait avoir le même succès que œlui de Gnadenthal chez les Hdttentôts.

M. Hallbeck continua son voyage le 5, et passaf la nuit sur une hauteur couverte d'herbe, à moitié chemin entre Uitenhagen et Enon. Le lendemarn, parvenu au Berste-Kraal , il aperçut sur uûe hauteur voisine une trotipe de quelques centaines d'éléphants ; des feux allumés au-delà de la colline annonçaient la présence de chasseurs qui voulaient répandre le désordre dans cette troupe, ou se garantir descsatta-* ques^ Ayant passé sans difficulté la Zondag-Rivier , qui avait à peiné assez d'eau pour couler, notre voyageur arriva dans la mission d'Enon. Il y demeura une quinzaine de jours; il fit dans cet intervalle, avec deux missionnaires, une excursion dans les montagnes dites Zuurbergen , et y gravit une cime très élevée qui en son honneur reçut le nom de cime dé Hallbeck. L'auteur aurait dû au moins en indigo.

3o8. VOYAGE

quer plus exactemeat la positioa; mais; à T^xemple d'autres missioQuaires, il ne s'occupe principalement dans son voyage que de son entreprise pieuse. Il nous apprend qu'il ne se remit en r6ute qu'après avoir reçu k^communion avec les habitants de la mission. Il fut accompagné cette fois par le frère Fritsch, par trois Hottentots dont l'un, connaissant le pays des Taraboukkis, servait de guide; par un Cafre et par un Tamboukki : ces deux derniers appartenaient à la communauté d'£non, et. devaient faire les fonctions d'interprètes. Ils partirent le 19 en prenant à l'est de la Witte-Rivier. La montée fut pénible à cause des chemins devenus. glissants à la suite des pluies. On passa la nuit sur la hauteur où les Hottentots s'occupent d'agriculture, et. le lendemain ou passa par les défilés des Zuurbergen, où autrefois les Cafres avaient leurs repaires difficiles à attaquer. C'est dans cette contrée qu'ils assassinèrent le landdrost Stockestrœm., dont il a été parlé dans les reïatio;is de voyage de Liclitenstein et de Latrob^. A la gauche de la route se présentaient des basfonds d'un aspect très pittoresque où naissent les sources de la Witte-Rivier, et à la droite coulaient celles de la rivière de Rourney. Sur quelques points de ces montagnes, on avait une vue extrêmement étendue; du haut des dernières, on apercevait toute 1% contrée avec ses, montagnes jusqu'à la Cafrerie. A cause des sinuosités des chemins de montagnes, on ne fît qu'une petite journée. Le ai , on descendit dans la plaine ou le Karroo, sillonné par la rivière des Boschimans. Il avait fait chaud sur le versant où

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zed byGoOgle

DU MISSIONNAIRE HÂLLBEGK (1827). So^

Ton avait oampë; cependant on trouva de la glace dans la plaine. On sllrréta quelques heures après avoir traversé lârivièrô* : on vit passer alors une nuée de sauterelles. Ces animaux ravageaient tout dans la contrée depuis quelques mois. <(La puissance de l'homme, dit Tauteur, a peu d'effet contre ee fléau terrible; le feu même, dont les ravages sont si redoutables, est impuissant, car une ituée de sauterelles l'éteint; et quoique des millions de ces insectes périssent par Favidité dés brebis, des chiens et d'autres animaux, qui tous mangent de^ sauterelles., la diminution de la masse est' à pfeine sensible. Cependant le Seigneur de la nature a mis aussi des limites aux ravages des sauterelles , en faisant paraître de temps en temps des troupes innombrables d'oi-^ seaux qu'on dit semblables aux hirondelles de montagnes, et qui dévorent en peu de* temps les plus forts essaims; aussi, lors de notre passage, les colons se consolaient déjà, parce qu'on avait commencé à apercevoir ces oiseaUx du côté des montagnes neigeuses. On me raconta aussi que les. sauterelles s'égarent quelquefois sur la mer, et y périssent; ce qui était arrivé récemment, à ce qu'on prétendait, à l'embouchure dé la rivière des Boschimans. Une autre circonstance, qui peut-être n'est pas généralement conçue, mérite aussi d'être mentionnée ; c'est que les sauterelles ne touchent point aux champs semés de pois, en. sorte qu'il reste toujours quelque chose au paysan , s'il a la précaution de semer ce légume. » On traversa après midi la plaine des Springboks î

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3lO VOYAGE

OÙ l'oa vit une quantité de oes beÛes antilopes; mais on ne put parvenir à eiAaer. On allama les feum de nuit au-delà de la Brack-Kivier. Des loups et des jakals firent retentir la solitude de leurs hurlements^ niais sans troubler le oaii^ des voyageurs. Il est rare que les bergers , dans cette contrée, n'oublient pas quelques unes des milliers de brebis qu'ils mènent paître pendant le joiu". <^es animaux abandonnés de* viennent in&illiblement la proie des bâtes féroces; il en est de même des antilopes que les obasseurs ont blessées. Aussi lés animaux carnassiers abondent.

En passant le lend^nain auprès de la ferme de Van Vywer, ou trouva encore une nuée de sautetrelles; on franchit après midi une colline de la chaîne de Bniintjes-Hoogte, et on passa la nuit auprès de la petite rivière aux Poissons, à une lieue de jSomeri» set. TjC landdrôst de ce lieu, averti de l'approche des missionnaires , envoya au-devant d'eux des dievanx de ^elle. Us en profitèrent le lendemain matin pour se rendre de bonne heure à Somerset, après ftvoir passé la petite rivière aux Poissons dont le cours est rapide. C'est par le landdrôst que M. Hallbeck apprit ce qui avait donné lieu à la' démarche fiiite par le chef Bauana pour avoir une mission sur son terri* toire. Le landdrôst ne doutait pas que cet établisse^ ment Jie pût réussir : il promit de seconder les mis^ sionnaires autant qu'il dépendrait de l«i; il s'of&it même à les accompagner sur le territoire des TanoK boukkis, et à les présenter au chef Bauana, £n con^ séquence, il fut arrêté que les voyageurs contif^ue-?

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DU MISSIONirAlEE HAt.LBECK (iS^'j). 3ri

raient de se porter vers la.frontîère, et que, le ao, ie landdrost les rejoindrait , et qu'ils se rendraient ensemble au kraal du ehefl; /

M. Hallbedc se reposa donc quelques jours à Sp* merset. Il vint dans ce lirà quelques Cafres, por-^ téurs d'une lettre du missionnaire de Chumie^qui annonçait qu'un certain nombre de Cafres de ceUe colonie se rendraient le 4 jiiillet au marché de Somerset > le premi^er marché de ce genre qu'on avait ouvert sur cette lisière du pays en faveur des Cafres. Auparavant, les hostilités continuelles de ce p^ple et la méfiance du gouvernement colonial avaient empêché des relations commerciales suivies entre la colonie et la Cafrerie; à la longue on s'est relâché de la ri* gueur ancienne ,' et comme les Cafres ont commencé à se comporter plus paisiblement, le landdrost était d'avis qu'il lieinait lés laisser venir librement aux marchés de la colonie. D'après ce que M. Hall^ beck a appris dans la suite, le premier essai d'un marché à Somerset a réussi à la satisfaction des deux partis. Pour les Tamboukkis , il a été établi un marché sur la rivière de Zwart-Kay. Il n'y a que les Boschimans qui ne prennent aucune part à ces progrès de la civilisation, et ce malheureux peuple reste toujours dans sou hoiTÎble barbarie. Sans être des voisins aussi dangereux qu'autrefois, ils continuent pourtant de faire de temps eu temps des incursions, et les colons des frontières sont exposés, comme par le passé, à des déprédations, et jnême à des assassinats , de la part de ces sauvages. Leur infériorité intellectuelle et morale est telle, qu'ils ne

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3f a VOTAGE.

savent même pas qu'uu meurtre est un crime. Tuer leur prochain et tuer lin animal féroce, est pour eux la même chose. Quand , pris sur. le Êiit , ils sont in-r terrogés par le juge, ils avouent le délit avec la plus grande indifférence, même en souriant. Cependant les 6oschimans.qù'on voit au service des paysans de la. colonie sont actifs et montrent de l'intelligence. Le landdrost même est servi fidèlement 'par deAuc garçons de cette race ; lun avait été mis aux, fers , dans son enfance, pour avoir pris part à un assassinat; par humanit^ le. landdrost l'a pris chez lui , et il n'a jar mais eu lieu de se repentir de sa )3onté.

Le dimanche a4, les voyageurs assistèrent au ser^ vice divin de la communauté des réformes; faute d'église, on^se sert d'un petit bâtiment attenant à la prison. A la fin de sa prière, le pasteur mentionna le voyage des missionnaires moraves. «Quel changement s est opéré sous le rapport de la tolérance, depuis une trentaine d'années ! s'écrie M. Hallbeck. Quand on construisit Gnadenthal, tm ecclésiastique hésita d'accorder aux frères moraves l'usage d'une cloche; et maintenant voilà son collègue à Somerset qui prie avec la communauté pour le succès de la prédication de ces mêmes frères. ».

Les .voyageurs partirent le ménie jour avec im attelage de bœufs fourni par le landdrost ; ils prirent une direction sud-est, afin de tourner le Boschberg. Après une marche de quatre heures , ils établirent leur camp auprès de la ferme de Louv^Ràsmus^ qui e^t adossée au versant oriental du Boschberg. Le lendemain ils continuèrent de longer cette montagne,

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DU MISSIONNAIRE HAT.LBECK (1827). 3l3

qui était à leur gciuche , tandis qu'ils avaient la grande rivière aux PoissoDS à leur droite; ils firent leur repas de midi au confluent de cette rivière et de celle. des Baviaans ou Singes» L'berbe pour les bœufs ne manquait pas dans cet endroit, mais elle était fanée. On voyait de loin la cime sur laquelle s'étaient postés, en 181 5, les mécontents ou rebelles; c'est là qu'ils furent cernéset faits priscimiers. Cinq d'entre eux subirent ensuite la peine capitale. Le conducteur entretint nos voyageurs de cette guerre, à laquelle il avait pris part comme sergent dans les troupes du Cap.

Après midi on passa la rivière aux Poissons, qui n'avait qu'environ deux pieds d'eau, et on remonta la rivière des Baviaans pendant quatre heures. Le. lendemain matin il fit un froid sensible , et le thetvaomètre de Fahrenlieit ne marqua que 3o' au-dessus de zéro. On voyagea ce jour encore huit lieues sur un chemin rocailleux , le long de la rivière des Baviaans. On fit une visite à un colon écossais, William Prinslo, et on s'arrêta pour la nuit chez un.autre colon de la même nation, nommé Rennie, qui connaissait particulièrement le pays et le chef des Tamboukkis^tt qui fut à même de donner aux missionnaires des renseignements instructifs sur le peuple chez lequel ils comptaient s'établir. Il ne doutait point du succès de leur pieuse entreprise.

Depuis que l'on avait quitté les bords- de la riVière aux Poissons, on avait 'toujours monté; la ferme de M. Rennie était située à une élévation considérable, et il y avait derrière cette propriété une montagne assez }iaute, couverte de verdure, et appelée par

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3l4 VOYAGE

cette raison Oroenberg ou moatague rerte^ qu^il&U fait frandiir avant d'atteindre la frontière de la colonie et le pays des Tamboukkis. Dans ce pays , la quantité de neige qui tombe quelquefois cause de grands ravages dans les nonibreux troupeaux de numtons. Nos voyageurs virent le lendemain matin, a 7 juin, toute la terre couverte de neige, sous une tempërature de Sd** Fahroibeit. Cet aspect, étrange pour les gens de leur suite qui , nés en Afrique , n a*vaient jamais vu de neige, n'était pas rassurant sous le rapport de la subsistance des bestiaux : aussi M, Bennie fit quelque difficulté de laisser partir les voyageurs, parce que la quantité de neige devait rendre le passage très difficile, et si elle fondait, la montée deviendrait extrêmement pénible. Cepen* dant ayant donné rendez^^vous au landdrost sur k fîx>ntière , M. Hallbeck ne voulut pas se faire attendre. Il se mit donc en route malgré la neige, en se diri* géant au nord. Après une heui*e et demie démarche, il arriva à la ferme dePringle, vieillard septuagénaire qui avait quitté sa patrie avec sa famille pour a9Êt s'établir au cap de Bonne*Ëspérance. On le nom* matt dans te pays le patriarche de Baviaaûs-Rivier. Ces Écossais offrirent Thospitalité à notre. voyageur; mais il ne crut pas devoir l'accepter. Passé la ferme de Pringle, la route cessait : il fallut se firayer un che* min comme on put. Après avoir, traversé le défilé ou kloof de Wagenpad, où 'commença de gravir le Groenberg ; mais à peine cette montée eut*^lle été essayée, que les bœufs, qui ne purent faire dans la neige des pas solides , refusèrent d'avancer. Il fallut

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DU MISSIOHNAIRS HAIXBECK (18^7). 3l5

dételer et chercher un renfort chez le fermier Pringk. Ce ne fut que vers le soir que ce renfort arriva; on n'avait (kit tfoe quelques eentaines de pas lorsque la nuit tomba. On ne pouvait plus avancer sans risqitô de s'égarer et de verser entre les rocbers^^On fit un bivotiae au milieu de la neige ; le froid fut tolérable pendant la ntiit.

Le lendemain matin on attela le renfort fourni par le fermier voisin ; mais à peine avait-on fait une cin» quantaine de pas, que ces animaust, peu habitués au joug , renversèrent le chariot contre les rocher. Heureusement le dommage ne Ait pas considérable , et après avoir remis tout en bon état, on gravit, sans autre accident, la première terrasse du Groenberg. En approchant de la cime, les bœufs né pouvaient plus avancer, à cause de l'état glissant dé la route. On découvrit uo chemin plus solide, et on arriva enfin au sommet , dii M. Hallbeck vit pour la pre- * mière fois des troupes de hartebeests : ces aniinaui avaient la grandeur des cerfs d'Europe.

On descendit ensuite avec assez de facilité, mais au passage de la rivière de Tarke le chariot s'embourba; il fallut le laisser dans la rivière et camper sur le bord , dans le froid le plus vif que M. Hallbeck eût encore ressenti en Afrique; à peine put-on trouver assez de bois pour faire du feu ; et les mission-inaires , ne pouvant décharger le chariot , n'eurent que leurs manteaux et d'autres pièces, de vêtements pour se couvrir pendant la nuit. Le lendemain matin le thermomètre de Fahrenheit ne marqua que a5' audessus de îBcro; la rivière était couverte de glace. A

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3l6 VOYAGE

l'aide de dix boeufs vigoureux empruotéis à un paysan du voisina^, on tim^afin lé chariot delà. rivière, et on le conduisit par des chemins rapides et à peine frayes 9 jusqu'à la demeure de ce paysan , appeUi Kvïi', gel. Avc^tî duretard des missionnaires, ie landdrost , accompagné du colon Rennie, vint au*devant d'eux;, ^t il fut convenu qu'il se rendrait avec eux à dieval diez Bauana, tandis que leur chariot suivrait jusqu'au Zwart-Kay, rivière qui formé la limile de la coloaie; Pendant qu'on s'apprêtait au départ, il arriva quatre Tambpukkis qui se trouvaient sur le territoiire de la colonie. Il& s'assirent familièrement auprès d^ chariot , après avoir salué les voyageurs par les mots hollandais de goeden dag ^ bonjour. Us n'avaient d'autre vêtement qu'un kaross de peiau de b^oéuf jeté négligemment sur les épaules. L^ premier instrument que M. Halibeck vit entre leurs mains, ce fut un couteau de la fabrique de Gnadenthal. L'un d'eux es^ya d'amuser les voyageurs en. jouant du gour- • rha, sur lequel instrument il faisait entendre sans cesse quatre notes* successives ; un autre s'efforça d'attirer leur attention par l'appareil qui lui servait pour fumer du tabac, ou plutôt du dacca. Cet appar reil consistait en une pipe pétrie d'argile et de bouse de vache , en quelques tuyaux et en deux cornes de bœuf. 11 remplissait d'eau les deux cornes, enfonçait dans Tune le tuyau de la pipe remplie de dacca , puis mettant le boiit du tuyau dans la bouche, il aspirait avec un grand effort la ftunée à travers l'eau, et la tenait enfermée dans sa bouche. Il prenait ensuite une gorgée d'eau dans la seconde corne, pour

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DU MISSIONNAIRE HALLBEGK (l 827). 3l 7

rafraîchir davantage^ à ce qu'il semblait, la funaée; après cela il rejetait l'eau par, un autre tuyau, et avalait la fumée qu'il avait rafraîchie.

• Après midi., M. Hallbeck se dirjgca av9cJeland« drost et M. Réunie par Groennek en dk*oite ligne versle Zwart-Kay, que le cliariot ne pouvait atteindre qu'en tournant deux plateaux. Ils rencontrèrent en route deux colons de la frontière, Z^ccharie du Béer et Christian Moller ,' qui connjaiss^ient Bauana et son territoire; le second jouissait même, de beaucoup de crédit auprès de ce chef. Le landdrost:les engagea tous deux; à, retourner et à accoippagner les missionnaires. Après une heure et deçiie de marche^ ils arrivèrent'à la demeure de Zaccharie du Béer; derrière sa maison,, sur la hauteur du Groennek, on jouit d'une belle<vue sur la contrée qui s'étend vers les montagnes des Hambous et de la Tempête, dans lesquelles naît .la rivière d'Orange, ainsi, que vers les rivières de RlaasTKày , Smits-Kay et Zwart-K,ay. On trouva, surlapi^opriété de ce. colon, un vieux Tamboukki appelé Gioule , qui fit beaucoup, d'amitiés aux missionnaires, et fut bien aise d'apprendre que des instituteurs allaient s'établir dans son pays. Ce Tamboukki avait le bras droit orné de treize anneaux de cuivre. . .

• Le soir on s'arrêta dans la cabane du colon Moller, laquelle n'était construite qu'en roseaux , comme toutes les cabanes.de la contrée. Les deux colons, ainsi que Rennie, qui tous étaient chasseurs, entretinrent les voyageurs de leurs aventures de chasse. Ils poursuivent en société les éléphants et les lions.

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3l8 If&tAlM

s'ftbfléûtent de ehe% et» quelquefois pendant dee mois ^ el se font suiviHs de quatre à six chariots. Le 3o juin, les voyageurs se rendirent à cheval chez Bauana; ils se firent accompagner par Fînterprète et par quel- ^les garçons cpiî portèrent leurs fusils. Ils passèrent entre des collines rocaillenses que M. Hallbeck regarde comme les derniers chaînons du Winterberg ou des monts d'hiver^ On rencontra par-ci par^là des kraals et des troupeaux appartenant aux Tam^ houkkis; les habitants accueillirent les voyageurs arec uq air bienveillant et avec la confiance qui leur est particulière. Ils ne manquèrent pas, il est vrai', de mendier des cadeaux; cependant il était aisé de se débarrasser d'eux. Ayant appris que M« Hallbeck venait pour leur donner de l'instruction, ils firent entendï^e des cris , qui , selon l'interprète , exprimaient leur joie.

Après avoir voyagé pendant trois heures , et après avoir fait une chasse infructueuse à une troupe nombi'euse de couaggas^ les voyageurs arrivèrent cbe2 le chef Bauana. Connaissant les compagnons de M. Hallbe^, il reçut les étrange» sans cérémonie; ils lui tendirent la main, s'assirent par terre à ses câtés., et commencèrent à s'entretenir' avec lui , par le moyen de l'interprète, sur des choses indifFé^ rentes. Quiconque avait fomé , remplissait sa pipe ; les missionnaires distribuèrent le tabac qu^ils avaient apporté pour en faire des cadeaux. Les femmes vinrent se mêler à la société , présentèrent du lait aux voyageurs poiur les rafraîchir, et demandèrent à leur tour des prises de tabac, qu'elles «s'enfoncèrent

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DU MISSIOBrWAUUS HALLBECK {^S^']). Sig

ensuite dans le oez à l'aide de petites cuillers de hois^ Les petits enfants inênie,pai*mi lesquels se trouva une fille du faipeux Gaïka, chef dont i) a été parlé dans les voyages précédents , abordèrent les étrangers sans qrainte, et commencèrent à jouer avec eux. Bientôt la conversation s'anima au point que l'interprète eut de la peine à répondre à. tous.

Le landdrost rappela enfin à Bauana l'entretien» qu'il avait eu auparavant avec lui, au sujet de l'éta* blissement d'une mission^ et il lui dit que M. UalU beck était venu pour savoir quel emplacement on^ pourrait lui donner. Bauana en désigna un daus le lointain ^ et promit d'aller avec les voyageurs pour le leur montrer. De son côté , le landdrost s'engagea, à bâtir, pour Bauana, une maison dans le voisinage de la mission. Il invita ce chef à lui faire une vi^te à Somerset ; on lui donnerait un cheval pour s'en re-, toitrner.

Après cet enitretien , le landdro^ prit congé de Bauana ppur reprendre le chemin de k)n chef-lieu. M. Hallbeck et son compagnon allèrent trouver leur chariot , en traversant <ks plaines couvertes d'herbe. Ils voyaient partout des kraals de Tamboukkis appuyés oontre les collines , et de nombreux troupeaux de bét£|il qui , au coucher du soleil^, rentraient dans lesiparcs. On^leur assura que^ plus vers le nord et vers l'est, le pays était également très peuplé. En approchant des cabanes, les voyageurs furent. saluée; par les acclamâtioDs joyeuses des habitants. Les missionnaii^es furent contents de rejoindre leur chariot et de se restaurer ; car, depuis le matin , ils n'avaient

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3aa VOYAGE ■ '

pris qu'un peu 4,e lait caille que les indigènes leur avaieùt offert dans leurs paniers malpropres, et qui n'était j)as un mets très appétissant.

Us avaient fait, dans la journée, environ treize lieues dans le pays des Tamboukkts, et. leurs compagnons, qui en connaissaient toutes les localités, furent à même de compléter leurs observations sur ce pays. Eh voici la substance^Toute la contrée habitée par lesTamboukkis qui sont gouvernés parBauana n'offre , pour ainsi dire, qu'un seul tapis de verdure; car la plupart des coltines- même sont couvertes d'herbe ; en hiver , les troupeaux y, trouvent de l'herbe en abondance. Partout jaillissent des Sources considérables; la contrée , surtout, au nord -est du séjour de Bauana , où les missionnaires peuvent s'établir , est bien arrosée : deux rivières la . traversent ; , ce sont celles de l'Oskraal et de'Klippktet; celle-ci est même une des plus fortes rivières que M. HïiUbéck ait vues dans l'Afrique méridionale. Cependant le bois y manque; on n'a d'autre combustible que les saules le long des rivières et les buissons d'épine dispersés dans la contrée. Pour trouver du bois de charpente, il faut aller jusqu'au Zuurberg, qui fait piartie des montagnes oîi naît la rivière d'Orange, et qui est éloigné d'une journée de la demeure de Baùana. ^ . #

Le climat du pays des Tamboukkis est plus froid

en hiver que celui, de la plus grande partie de la co-

^ lonie du Cap; cependant il y fait moins froid qu'aux

environs de la rivière des Baviaans , du Groenberg

et des Srteeuwberg.

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zed by GôOgk

DU MISSIOimAiRE HALLBECK (1827). 321

Pendant le séjour de M. Ballbeck au pays des Tamboukkis, dans la saison hivernale, le thermomètre n'y baissa jamais jusqu'au point de congélation 5 comme îl fait souvent à Erion , et , vers midi , on eut ordinairement une chaleur de 70*' Fahr., et davantage. En été, la chaleur est assez modérée, grâce à ^élévation du terrain. C'est dans le voisinage de ce plateau que naissent plusieurs des principaux fleuves de l'Afrique méridionale, tels que la rivière d'Orange, le Wittkày, la grande rivière aux Poissons; et, d'après les mesures barométriques prises p(ar plusieurs observateurs, les sommités les plus élevées dfe cette partie de l'Afrique se trouvent également dans le voisinage, aux monts Wintferberg. On ressent ici , comme dans la partie îtdjaccnte de la colonie et dans la. Cafrerie, des vents violents; c'est là probabletnent la cause qui empêche les arbres d'y croître, et voilà ce qui rendra difficile l'établissement des plantations. C'est peut-être aussi pour cela que les cabanes rondes de Tamboukkis sont ordinairement appuyées contre un ou plusieurs troncs de mimoses , qu'on entrelace dahs les roseaux de ces chaumières. Il pleut rarement l'hiver; mais îl tombe un peu de neige , comme dans l'intérieur de la colonie du Gap. Au printemps et en été, des pluies d'orage viennent rafraîchir la terre : il paraît que ces pluies ne manquent jamais; du moins les Càfres et les Tamboukkis n'ont pas encore eu l'idée de pratiquer des irrigations. Avant que les Tamboukkis vinssent s'établir dans ce pays , il abondait en gibier, tels que springbocks, couaggas, hartebéests , gnous, XXI. 7. i

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3a ii VOYAGE .

élans, ^tCf ; alors il ^taît infesté aussi.de lions et d'autres bêtes féroces. Depuis ce temps, les chasses des Tamboukkis ont réduit Considérablement tes diverses espèces dé gibier, et, par contre-coup, la quan* tité de bêtes féroces. Toutefois, le gibier n'y manque pa^ encore, et les lions causent quelquefois des ravages. Dans une plaine ajride, qui s'.éteflid enti^e ce pays et la Cafreriç, on vmt paître des troupes innombrables d'antilopes , et on y observe des douzaines de lions ensemble.

Les kraals des Tamboukkis et des Cafres ne sont guère considérables. Autant que M^ Hallbeck a pu voir ^. un kraal ne so compose ordinairement que d'une fatpUle et des personnes qui en dépendent. Subsistai^ uniquement de leur bétail, les habitants ne pourraient d'ailleurs vivre en sociétés nombreuses. Le parc au bétail se trouve babituellement au milieu ; c'est i?ne aire circulaire ceinte de buissons d'épines ; autour de cette enceinte , oii l'on tient le bétail pendant la nuit, aont érigées quelques jcabanes en forme de ruches. On y entre par une ouverture haute seulement deirois pieds; l'intérieur même est si bas qu'on ne peut s'y tenir debout Quafid le bétail est allé au pâturage, les hommes passent leur temps dans le parc, qui tient lieu de salle de conseil, de salle à manger^ de battoir, de magasin , de place de sépulture. C'est là que les anciens s'assemblent sur le fumier pour délibérer; c'est là que dansent les adultes et que jouent les enfants; c'esit là que l'on conserve le grain cafre dans des fosses souterraines; c'est là enfin que l'on enterre les chefs : quant aux

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DU MISSIONNAIRE HALLBECK (18^7). 3^

morts 4e h classe du peuple , on les abandonne aux bét^s féroces. Chez Bauana , M, HaUbeok remarcjua^ que chacune des sept femmes de ce chef avait sa ea« bàne particulière, qu'elle avait bâtie elle«'même; il y avait, de plus, une cabane où demeuraient qi^elques hommes; c'étaient peut-être des convives, car les visites paraissent être une. coutume chez ce peuple, habitué à une vie oisive*

IjCs Tambottkkis et les Cafres ne sont, dans lé fcmd , qu'un seul et même peuple ; il y a , en efifet , entre eux identité de langage et de mœurs : on piïé-^ tend aussi qu'ils sont de force numérique, égale ; seulem^it les Tamboukkis ont adopté dans leur idiome moifis de ces sons claquants , particolier» aux Bottentots , et que les Cafres paraissent avoir imités depuis qu'ils se^sont établis dans le paysqu'occupatént autrefois les Hottentots ^ entre les montagnes d'Hi^ ver, la côte, la fijeîskamima et le Bashee, et dans le^ quel les fleuves et autres localités portent encore des> noms empruntés à la langue de cette nation. .

Les Tamboukkis obéissent à. divers che&y qui paraissent n'avoir ibrmé aucune alliance politique' entt^. eux. Yosannie e^ , parmi les l^miboukkfs , 1^ cbôf le pl«is puissant y «omme Hiifeza chez les Ga&e$; le» autres chefs qu'on a àomraésà M< Hatt^ heck.sont,Tzatzoo, Tzopo et Bapana^ Cci dernier,, fik de.Tzatpo:, pmaît être un de& cd^fs^ les plus fiû» blés :. le laflBiddrosit évaluait pouptaat, à im» millier le nombre.de familles i|uireconnaia9aieat:^on autorités Yosannie est celui dont la tribu est la plus éloignée de la colonie du Cap; il a été souvent visité parles

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3^4 VOYA^Ï

Européens : cependant on le dit ndéftant; il n'a en-^ dore voulu permettre à personne de traverser âoii territoire.,- Autrefois la tribu de Bauana habitait, avec les autres Tamboukkis, davantage vers le nordest^ au-^elÀ du Wittkay ; elle était alors plus riche M plus puissante qu'actuellement. Il y a quelques années;, tes Tamboukkis furent surpris, battus et' dépouillés par les Fetchannas , dont l'origine et l'histoire sont encore jdans Tobscurité ; car oq ignore si c'est une nation ou une troupe de brigands. Thompson en a parlé comme d'une troupe de brigands : ce voyageur les appelle Ficanis (i). Chassés dé leur sol natal , les Tamboukkis se retirèrent vers tes frontières ^ la colonie; et, après le départ ^s Fetchannas, leur. pays fut occupé par une tribu de Cafres sous le commandement d'un chef appelé Boukheu , ûU de Hinza : ces Gafres ou Boukhannas empêchent maintenant les Tamboukkis de reprendre leur territoire , qui paraît être perdu pour ses habitants primitifs.

L'arrivée des Tamboukkis daiis leurs demeures actuelles, entre les montagnes d'Hiver et de Tempêtes, et entré les rivières Blanche et Noire (Wittkay et Zwartkay), déplui d^abord aiux co|oné blancs, voisins de la frontière, parce que ce pays désert leur aviiitservi p6ur la pâture de^leur bétail et pour leurs ebâsses, et ils éàiient assez disposés à r^cmsser les nouveaux oecupanis; iDependiint leur landdrostliear fit sentir qu'iU n'avaient aucun droit aux teinres hors

(4)*yioiP«G« ci-dè»wis,' p. 55. '; '• •

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DU MISSIOirirAIRE HAIXBEGK (1827). Sa 5

de la colonie,. et il les engagea, dans leur pi'opea intérêt, à entrer en relation amicale avec les Taniboukkis. Les colons suivirent ce eônaeil, et s-en, trouvèrent bien : H s'est établi, en effet, enlise lA colons et les Tambôukkis^ des relations qui ont tourné au profit de l'un et l'dutre peuple^ Ikcs sauvages viennent librement dans la colpnie, et les paysans étendent leurs chasses jusque chez les Tamboukkis. Ceux-ci, loin de voler chez les colons, ottt plusieurs fois contribué à la restitution des bestiaux volés par les Cafres et les Boschiiftans. Par jeeconnaissance,, le district de Somerset fît présent , il n'y a pas long-^emps , à Bauana de (rente pièces de bétail, et de cent brebis et chèvres. Bauana demanda, soit spontanément^ soit d'après l'avis, des colons , au landdrost de Somerset, que des blancs vinssent s'établir sur son territoire , pour lui enseigner l'agriculture et le protéger contre les Fetchannas. Cette démande ne fut pas écoutée; mais on lui insinua qu'il fallait solliciter l'établissement d'unie mission ; ce qui serait pour lui un gain à la fois sous le rapport de l'instruction et de la sûreté. Nous avons vu plus haut que ce fut pour satisfaîrç à ce désir que le gouvernement colonial engagea les missionnaires de Giiadeathal à se rendre chez les Tamboukkis.

Le I*' juillet, M. Hallbecket son compagnon retournèrent chez Bauana; comme c'était dimaiiche, leur intention était de célébrer leur culte en présence de ce chef. Ils le trouvèrent avec son frère Jal,opo, son fils Mapaas, et une douzaine de conseillers assis sur le fumier sec dans Le parc au bétajl.;^

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3a6 votAî^E ^

les autres hommes du kraal étaient rangés sur les deux côtes , châcuu ayant auprès de lui un paquet «d'hassagaies. fif . Hallbeck se doutait qu'on voulait 4bi donnei* une audience solennelle. Il entra dans te cercle, tendit la main au chef, et lui rappela le but de^n voyage. Bauana montra les mêmes dispositions que la première fois* Avertis de Tëtiquette qui ne permet pas d'entrer en matière dès la pre* mière audience , M. Hallbeck ^t son compagnon se retirèrent auprès de leur chariot. Bientôt quelques Tamboukkis de ta classe du peuple se montrèrent ; ensuite les missionnaires reçurent la visite de Bauana, de son frère et de son fils; tous se mirent à mendier des cadeaux. 11 y avait , en général, peu de dignité dans la tenue du chef; son kaross de peau de tigre et de chat était plus mauvais et plus déchiré que celui de ses courtisans, envers lesquels il se comportait très familièrement. M. Hallbeck ne crut voir en lui quVii enfant d'un bon natui«el ; car il avait la légèreté et Tinsouciance d'un enfant. Dans un entretien que les missionnaires eurent avec lui au sujet de leur projet de s'établir dans son pays^ toute son attention fut absorbée par Une clef de montré qu'il apercevait sur lé compagnon de notre voyageur. Il mendia, comme ses gens. Les fils de laiton et les boutons que les missionnaires avaient apportés pour servir de petits cadeaux, ne firent pas fortune, les premiers étant trop minces, et les seconds trop grands pour la mode du- jour; car il y a aussi, des modes chez les Tamboukkis et lesCafres; et les marchands de la colonie perdent souvent beaucoup par

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DU MISSIOimÂlRE HALXBEC& (iS^'j)é 3^'J

les achuts et Texp^itiôn de marchandises qu'ik croient pouvoir débiter facilement chez ces peuples, mais qui viennent de passer de mode. Heureusement M. Hallbeck avait apporté des choses plus agréables, teiies que tabac à fumer et à priser , des mouchoirs pour serrer autour de la fête, des briquets, des cou-^ teaux de Gnadentbal, et de petites haches. Ces majichandises lui s^*virent aussi pour échanger des ou^ tîls et des vêtements. •

Parmi ceux qui reçurent des oadeaut te trouvait un Tamboukki de la tribu de Vosanoie } il pro* mit de montrer son cadeau à son chef ^ et de lui parler des missionnaires* Par lui ^ la nouvelle de leur arrivée aura été promptement répandue dans tout le pays des Tainboukkis.

Après la distribution des cadeaux, tous s'assirent autour du feu desv missionnaires, et se mirent à fu^ mçr. On présenta au chef une tasse de café : il en but la plus grande partie , et fît goûter le reste par ses en&int$ et ses gens ^ en tetiant la tasse. Pendant ce temps, on avait abattu un bœuf dans le kraal; on en enifoya. un morceau aux missionnaires ^ qui le firent aussitôt rôtir, et le mangèrent avec leurs convives^ Bauana renouvela ses assurances d'amitié, et promit de montrer aux missionnaires l'emplacement qu'il leur destinait. M. Hallbeck lui présenta, coiiitne une marque d'affection , mé plaque de cuivre ddré , sur laquelle était gravé le nom du roi d' Angleterre. Il i^mit à son fils une autre plaque de cuivre ^ marquée aux armes de la Grande-Bretagne. Tous deux parurent foft contents de ces présents , et Bauana de-^

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manda s'il pourrait porter la plaque" dorée quand il viendrait visiter la colonie. M. Hallbeck l'y engagea beaucoup.

Le soir, Bauana pria M. Hallbeck de visiter son enfant, qui était malade. Le missionnaire , sachant que '.ce peuple a peur d'être ensorcelé par les étrangfrSj regarda cette invitation comme une grande marque de confiance , et visita l'enfant. Il lui fit prendre une potion de sa pharmacie portative; et comme Bauana se plaignait de coliques , il fallut donner aussi une potion à ce chef. A son tour, M. Hallbeck invita Bauana. et ses gens à assister à la séance reli^ gieiise qu'ils allaient tenir à cause du dimanche. Le frère Fritsch adressa d'abord une allocution à l'assemblée, et fit ensuite. une prière, la première peut^ être dans laquelle, dit M. Hallbeck, on eût invoqué le nom de Dieu en ce pays. On chanta un hymne, que les Tamboukki$. écoutèrent en silence comme tout le reste. Après cette; séance, ils se retirèrent, et les missionnaires allèrent se reposer : mais quelque temps après ils entendirent des chants, ou plutôt deshurlements affreux, qui durèrent jusqu'à minuit; les cris d'un terrible coryphée dominaient sur toutes les autres voix. Les missionnaires crurent entendre des cannibales célébrant leur festin sanglant. Ils apprirent, le lendemain, que c'était une réjouissance usitée toutes les fois qu'on tirait un jeune bœuf.

Le 2 juillet, les voyageurs reçurent encore beaucoup de visites, et furent obligés de distribuer de nouveau des présents. Bauana, après avoir fait sortir ses bestiaux du bercail, vint avec quatre ou cinqTambouk-

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BU MISSTOHlTAIRfi HAtXBECK (1827). ^^9

, kis pour accompagner les missionnaires à l'endroit qu'il avait désigne pour l'emplacement de la mission. Auprès de son kraal , situé ^ selon l'usage dii pays^ sur une pente, s'étend une chaîne de collines qui se prolonge vers le nord-est, sur un espace de trois à quatre lieues. Au sud-est de cette chaîne s'étend une belle plaine couverte d'herbe, lin^itée, vers la Çafrerie, par des colliiies plus élevées qui. se rattachent aux montagnes d'Hiver : elle est arrosée par l'Oskraal , qui descend de ces mçntagnes et qui coule du sud au nord; il se joint, à l'extrémité et au nord^est de ladite chaîne, aux eaux du Klipplaet qui , étant issu des montagnes de la frontière de la Cafrerie, coule du sud-est au nord-ouest, et, après s'être uni à l'Oskraal, se jette, à une lieue au-dessous de ce confluent, dans le Wittkav. C'étaient les environs de ces coufluents que vantaient comipe excellents , pour l'emplacement d^une mission, les paysans de la colonie, qui les avaient parcourus 1 maintes fois dans Jeurs chasses, et qui ont donné des noms hollandais aux rivières : ils représentaient surtout le . Klipplaët , comme ayant de l'eau en abondance. Ce fîit là aussi que Bauana conduisit les missionnaires.

Au lieu de s'y diriger en droite ligne par la vallée, ils firent le tour des collines , sur le versant desquelles ils trouvèrent une plaine très vaste, et offrant un bon pâturage : aussi voyait-on paître beaucoup de gibier. Moïse Baurman, conducteur des missionnaires, tua un hartebeest. En voyant ce grand animal tomber sous un seul coup, les Tamboukkis, qui n'en viennent à bout qu'en se réunissant en troupes ,

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33o VOYAGE

et en forçant le gibier de s'engager dans uti profond ravin, dirent avec un ton de coavictipni or Moïse est fort! D C'est ce sentiment de leur faiblesse qui aura engagé les Tamboukkis à rechercher l'amitié et l'alliance des colons, surtout pour se mettre à couvert des incursions des Fetchannas , qui avaient enlevé a Bauana, non seulement son bétail, mais encore cinq de ses enfaùts. Ayant l'esprit moins belliqueux , les Tamboukkis sont aussi plus dociles que les Cafrf», et par cetteraison les missionnaires aui*ont une tâche plus fecile chez eux que daùs d'autres tribus.

On s'arrêta sur la rive de l'Oskraal; et tandis que les gens de service s'occupèrent à dépecer le hârtebeest qu'on venait de tuer, les deux missionnaires remontèrent les bords de la rivière dans un espace d'une lieue. Ces bords étaient généralement élevés ; l'eaù avait peu de pente; et le lit de la rivière, au lifu d^avoil^ un cousant, ne présentait qu'une suite da mares ou trous d'hippopotames, dont quelques uns avaient un quart de lieue de long. Bauana assurait n'avoir jamais vu aussi peu d'eau; et le guide des missionnaires y en avait trouvé trois fois davantage six m(HS auparavant. L'es missionnaires virent pourtant qu'il y en avait suffisamment pour faire aller un moulin , et pour arroser les champs. Par reconnaissance ^oùr la découverte d'un IocqI aussi favorable, ils rendirent le soir des actions de grâce à la Divinité, en présence des Tamboul^kis.

Le lendemain, ils traversèrent la plaine entre l'Oskraal et le Klipplaet, pour visiter aussi les bords de la dernière de ces rivières. Leur marche fit lever

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DU MISSIONNAIRE HÀLLBECK (1827). 33l

un grand nombre de springbocks , hartebeests , couag^ gas, et quelc[ues gnous. Arrivés à la rivière, ils en trouvèrent l'eàu aussi pure , mais plus abondante

deux hommes, •outre Bauana, qui fussent aussi grands

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33a VOYAGE

que luû Le sexe mâle, chez ks Tamboukkis et les Cafres, est du reste grand et bieu fait; maïs les femmes sont généralement petites. Peut-être cela vient^il des travaux pénibles dont elles sont chargées, et de legr séjour dans des cabanes basses. et insalnbres, p€toMant que les hommes se dispensent presque de tous les tfavaul, et passent lapins grande partie de leur temps en plein air.

Le soir, Bauana exprima le désir d'assister de nouveau à une séance religieuse avec ses^ femmes et ses gens. Les missionnaires y consentii^nt volontiers , regardant ce désir comme de bop augure pour leur mission future. Le chant des frères plut aux sauvages ; quelques uns avaient même essayé, à la séance pjrécédjenté , de faire leur partie dans le choeur.

Voyant toutes les difficultés aplanies par Bauana^ il restait à examiner quels obstacles pouvaient oppo*ser au succès de la mission Tidiome et les usages particuliers. Les frères crurent devoir consulter, à cet égard, d'autres missionnaires .chez les Cafres, particulièrement ceux de Chumie, qui ne sont séparés du territoire des Tàmboukkis de Bauana que par une chaîne de montagnes; cependant, comme le chemin n'était pas praticable pour les chariots, et comme Bauana aurait pu voir de mauvais œil cétt^ visite, M. Hallbeek fut d'avis de retourner d'abord dans la colonie, et de se rendre de là à Chumie. Après avoir pris congé de Bauana, il rentra, le 4 juillet, avec sa suite , dans les limites de la colonie. Le lendemain, faisant un détour vers Touest pour tourner deux

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DU MISSIONNAIRB HALIJ3ECK (1827). 333

nioDtagnes tabulaires, situées auprès de la rivière

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334 YOTAGB

disciples de Gnâdeiilhal sont eoiplojés comme soldats. M. Hallbeck voulait fwrtir de là pour visiter une partie de la Câfrerie. Il arriva vers le soîr à ce poste y et rassembla les soldats apparteuant à la communauté morave^ malgré on tourbillon de poussière qui permettait à peine d'ouvrir les yeux. On prétend qu'il s'élève fréquemment de ces tourbillons sur le versant oriental du JLakaberg. L'olBdier qui com« mandait le poste venait de recevoir Ja nonvdle.qu'un détachement des troupes sous ses ordres , stationné sur la rivià*e de Kaas^mits^ avait été obligé d'exer** cer des hostilités contre une horde de Mantatis de la rivière d'Orange : on se rappellerai, ces brigands du voyage de M. Thompson. Ayant enlevé le bétaâl d'un colon ^ ils avaient été poursuivis par les soldats; cependant, s'étant réfugia sur l'esearpemeat d'un rocher au-dessous duquel ils avaient placé le bétail, ilâ empêchaient les soldats, par leurs hassagaies, d'approcher. Les troupes tirèrent alors sur tes Man>* tatis,,en tuèrent trois, firent un prisonnier, mirent le. reste en fuite, et ramenèrent le bétail au colon. Le gouvernement a pris le parti , depuis quelques années, d» placer les Mantatis, dont il avait pm s'en* parer ^ chez les colons^ en qualité dé valets; mais souvent ces brigands s'enfiiieist,^ surtout cfvamà ils sont brutalement: traités par leurs maâtres. A leur goût naturel poiir. le l^rigandage^e joint alors la^ven^geance, «I ils ne bissent pias échapper une4>ccasion pour commettre des vois cbe£ les coicms. On prétend néansiôins qu'à la missioit de Chuntie^ oià il y a éga-^

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DU MISSIONNAIRE HALLBEGR (l8!17). 335

leinent des Maotatis» an u'9 point à se plaindre de leur conduite ^ et qu'ils s'y distinguent même par leur application au travail.

M. Hallbeck se prévalut, le lendemain , d'une au»torisation du gouvernement colonial pour demander des chevaux de selle au veldcornet du voisinage de Kakapost. Les chevaux furent promis pour le soir, et le veldcornet ofirit de prendre -soin des hoeu£» et des chevaux fatigués des missionnaires. Kakapost est une ancienne ferme qui a été donnée au landdrost de Graaff-Reynett en. récompense de ses ser*» vices. Ce poste est dans une position très agréable, sur la pente d'une montagne qui est couverte de bois jusqu'au somntiet. L'eau n'j n^anque pas non plus, iHais les ouragans y sont très incommodes ; aussi estil question de quitter ce poste pour reprendre celui du fort Beaufort sur la rivière de ^at.

Les missionnaires passèrent une Soirée agréable dies te veldcorni^ Et^mus, qui leur raconta beaucoup de traits des mceurs des Cafres et des colons de la frontière. Bien n'égale l'audace et l'intrépidité de ces colons quand ils sont à la poursuite des lions, 4es éléphants, des rhinocéros et des hippopotames. Le veldcornet avait récemment été avec six de ses voiains à la doiasae aux éléphants. Sur Hoe troupe de vingt^euxde ces animaux qu'ils avaient rencontrée, ils n'en avaiealpas laissé échapper un seul. Une antre société, composée également dé sept chasseurs, avait tué en deux heures et demie vingt-sept éléphants; un seul animal de la troupe s'était échappé. Les colons montent des chevaux dressés pour cette chasse.

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