‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 34 sur 60 · TOTA&E · texte numérisé non relu

TOTA&E

et qui ne serrent qu'à cela; les 'chasseurs cherchent d'ailleurs à occuper un terrain qui* se prête aux évolutions rapides. Quelquefois ils approchent de Tëléphant au point de courir risque d'être écrasés si l'animal venait à tomber. Il y en a' qui poussent la témérité jusqu'à se glisser , avec un vent favorable, tout près de l'animal / et à lui tirer un poil de la queue; quand l'animal se retourne, ils tirent sur lui et le tuent. La chasse aux lions parait offrir plus de danger*. Quinze jours avant la visite de Mi Hallbeck, le plus proche voisin du veldcornet avait été renversé avec son cheval par le lion qu'il avait attaqué, et le cheval avait été traité misérablement. Cependant il y a des paysans des bords du Zwart-Kay qui ne connaissent pas de plus grand divertissement que la chasse aux lions. Ils laissent approcher l'animal féroce jusqu'à la distance de quelques pas , avant de tirer sur lui. Si le temps et l'occasion n'eussent pas manqué , on aurait procuré à M. Hallbeck ie plaisir d'être témoin de ce spectacle extraordinaire. Il n'y a pas long-temps^ un marchand de la ville du Cap étant venu dans ce pays , désira être témoin d'une chasse au lion , sans risque pour sa personne bien entendu. Les paysans lui jouèrent le tour de laisser avancer le lion jusqu'à quelques pas de lui. Le mardiand, saisi de frayeur, se crut déjà perdu lorsqu'ils tirèrent sur l'animal, et retendirent mort à ses pieds. On s'accorde généralement à regarder le rhinocéros comme l'animal le plus dangereux à la chasse. Il y a très peu de temps, une société de chasseurs courut le$ plus grands périls en rencontrant inopinément

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dans les baissons, auprès de la grande rivière aux Poissons, un de ces animaux. Ce ne fut qu'avec une peine extrême que les chasseurs écartèrent ses rudes chocs. L'hôte de M. Hallbeck avait tué récem-» Uïent un rhinocéros; M. Hallbeck échangea un mor« ceau de sa peau et un crâne d'hippopotame contre de la poudre, un des objets les plus nécessaires pour les habitants des frontières. Ils sont souvent sans pain, mais rarement sans poudre, dit notre voya-^ geur.

Le 10 juillet, ayant reçu du veldcornet six chevaux pour eux et pour leur guide hottentot, qui n'était qu'un jeune garçon, les deux frères moraves s'avancèrcQt sans armés et sans esl^orte dans le pays des Cafres, d'où jadis il ne se répandait que de la terreur chez les colons. Après une route de cinquantecinq milles anglais , ils arrivèrent sans aucune rencontre fêcheuse à la mission de Chumie (Tchoumie) , après avoir traversé de belles plaines couvertes d'herbe , ornées de bouquets d'arbres comme un parc , et peuplées de gibier, tel que hartebeests, couaggas, zèbres, springbocks, etc., que les chevaux des voyageurs, dressés à la chasse, brûlaient de poursuivre; ces animaux hennissaient d'impatience., et se mettaient à galoper. Us virent quelques traces fraîchement faites * de pas de lions. Un guide, que le veldcornet avait envoyé après eux, et qm, ne pouvant les rejoindre, fîit obligé de passer la nuit dans le désert , rencontra une dé ces bétes féroces, et fut effrayé, dans l'obscu-. rite, par son rugissement. Un habitant de Somei^ set , connu de M. Hallbeck , rencontra dans ce même XXI. aa

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désert quatre tÎQns <|uî déyoraient eosend^le un oouagg» qu'ils venaiont de déchirer. II s'arrêta en les regardant fkneiaeut, seul moyen pour ne. pas les attirer. Us l^ui^èreat enfin leur proie, et se retiré* reat lentemeiit, en sort^^ quç le voyageur put continuer son chemin.

A environ une lieue de la rivière de Kat, les mis* sionnaires quittèrent le qhemiu frayé qui conduit au Beaufort^ et se dirigèrent sur la gauche vers la rivière. On voit dans cette contrée le tombeau et les débris de la demeure d'un missionikaire anglais, nommé Williams, qui s'était voué à l'instruction des Cafres. Actuellement on y trouve un kraal de ce peuple appartenant à. la mission de Cbumie. La plupart des habitants étaient des Gonaquas, c'est-à-dire de la race mêlée de Cafres et de Hotteiitots, et parlaient hollandais, ayant été élevés dans la colonie , ou ayant eu au moins beaucoup de relations avec les colons. I^es missionnaires se procurèrent chez eux un vjeune garçon pour les conduii'e à Chumie. Us traversèrent une contrée montagneuse , et passèrent entre des hauteurs escarpées et des précipices profonds, en laissant sur leur gauche la contrée montagneuse , habitée par Machonko , fils de Geïka (Gaika). Danâ les kraals où ils passèrent, ils furent aceueilUs d'une manière amicale , moins pourtant que chez les Tamboukkis. Vers le soir, ils atteignirent la mission de Chumie, située sur la petite rivière de ce nom, .et au.bàs d'une haute montagne couverte de bois. Le sol y paraît fertile, mais froid et tenace. •

On compte aotuellement six missions dans le pays

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Bu.MissioirirAiu hai/LBegk (tS^'j). 33^ des Oafres, savoir, Cbùmie et Lovedale, qui sont desservies par la société des misaions à Glasgow; l'établissement de Browolee mt la rivière auxBiiffle$, dépendant de la société à Londres; Wesley ville et Mount-Coke , fondées par les méthodistes : «et récemment le missionnaire Streivsbury, connu par ses.tra* vaux dans les Indes Occidentales, est.allé dans le pays de Hinza pour y fonder également une mission/ De tous ces établissements, Chumie est le plus an* cien : il fut fondé à 1| demande du chef Gèîka, qui, dans le traité de paix en 1819, mit pour condition qu'un missionnaire viendrait s'établir auprès de lui, et qui lui assigna d^avance cet emplacement sur la rivière de Chumie. Aussi, dans la même année, M. Brownlee y fut envoyé en quecUté de ipissionnaire aux frais dugoiiyernement anglais; et actuellement encore la mission dépend de l'administration colo«> niale. M. Thompson est à la fois missionnaire a Chu^ mie, et agent soldé du gouvernement pour la Ga* frerie.

Cette mission est la plus considérable des six, ayant plus de trois cents habitants , takidis que les autres n'en ont généralement qu'une centaine. La moitié de la population y consista en véritables Ca<^ fres ; le reste se compose de Gronaqùas ^ de Mantatis; M. Hallbecky trouva aussi quelques Hottentots purs* Une partie de cette population habite sur la rivière de Cat, oit la mission a des pâturages pour ses bestiaux. Une centaine de cabanes carrées forment, à Chumie, une rue régulière; les autres chaumières, bâties en forme de ruche, selon la coutume des Ca-

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fres, sont dispersées çà et là sans ordre. Parmi les premières se trouve une maisonnette t[ue le gouvernement avait fait bâtir pour Geîka; mais ce cKef n'habite plus Chumie depuis quelques. années, ayant soupçonné les missionnaire d'êtt*e de connivence avec le gouvernement anglais pour le &ire prisonnier (i).

M. Thompson habite une maisonnette avec sa femme; il y en a une autre pour M. Brownlee; mais elle est déserte depuis que ce missionnaire est allé fonder un nouvel établissement sur* la rivière aux Buffles. A chacune de ces maisonnettes tient un joli jardin, planté de toutes sortes d'arbres fruitiers. M. Hallbecl trouva les citronniers chargés de fruits et les amandiers en fleurs. Beaucoup d'arbres fruitiers ont pourtant de la peine à prospérer, à cause de la violence des vents de nord^ouest ; aussi les citronniers n'avaient pas de fruits du côté de l'ouest. On a saigné la petite rivière pour l'irrigation des jardins; malheureusement il n'y a pas assez d'eau pour qu'on puisse arroser beaucoup de terrain.

M'. Thompson a commencé , il y a quelques années, à faire bâtir par les Cafres une église octogone en argile; mais ce travail n'a pas été continué^ Cependant les murs, tels qu'ils sont, servent non seulement le dimanche , mais aussi tous les matins pour le service divin. Le soir, les gens s'assemblent en deux sections dans les demeures des Cafres, où on les interroge sur ce qui leur a été enseigné le ma-

( I ) Ce chef, dont il a été souvent question clans les voyages au Cap , est mort vers la fin dç 18*9.

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tin. Daos une maison des Cafres , on tient aussi une ëode pour une quarantaine ou une cinquantaine d'enËints. Jje nombre des baptisés n'était à Chumie que de treize : il y avait dix -huit catéchun^ènes qu'on préparait au baptême, et poui* qui on faisait une fois par semaine une instruction particulière; de plus , on comptait dans la mission de Lovedale , à cinq lieues et demie de Chumie, où travaillent MM. Ross et Bennie , neuf membres de la communauté, ou baptisés.

La plus grande difficulté dans les progrès- des missions, est l'idiome du pays; c'est une langue 'telrlement compliquée et originale, que les missionnairea ont de la peine à se Êiire comprendre dans la coixversation ordinaire , et que,, pour prêcher, ils sopt obligés d'avoir recours à un interprète. A Lovedale, l'interprète reçoit i, de la société de Glasgow, tous les ans dix livres sterling pour sa peine ; à Cbumîe, l'interprète n'a pas de salaire fixe, si ce û'est une ration de tabac; et de temps en temps on lui fait présent d'habits. M. Bennie a établi à Tx^vedale une petite imprimerie ; il y a imprimé un syllabaire , sept cantiques, dont l'un a été composé pair un Cafre (peut-être le même que rapporte M. Cowper-Rose), rOraison dominicale, les Dix Commandements, et quelques prières. Il a commencé aussi un vocabulaire; quant à la rédaction de la grammaire, il la trouve trop compliquée, ou peut-être trop peu fixe, pour avoir osé encore l'aborder , quoique M. Bennie passe pour être parmi tous les missionnaires celui qui a fait le plus de progrès dans l'étude de cettç

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langue. Elle a paru à M. Hallbeck avoir quelque ana-^ logie avec le grôenlàndais , sous le rapport des préfixes et suffixes, ainsi que des cotnpositipns. Il a semblé aussi à notre voyageur que les missionnaires se donnent trop de peine pour bien rendre les ela-* quements de langue, dont ils comptent quatre es^ pèees. Gomme ces claquements viennent des Hot-^ tentots, M. Hallbeck pense qu'on pourrait parvenir à les bannir de la prononciation cafre. On les trouve employés fréquemment chez les Cafres de Ghumie^ parmi lesquels il y a beaucoup plus de demi-Hottentots*, que chez les Tamboukkis; et les missionnaires avouèrent eux-mêmes que , plus on pénètre dans la Gafrerie, moins on èQtend ce claquement singulier, qui, dans le chant surtout, pi'oduit un effet bizarre* A l'exception de cet accessoire d'origine étrangère , la langue c^fre est une des plus sonores du monde ^ et emploie un plus grand nombre de voyelles et de lettres mouillées qu'aucune autre langue connue de M. Hallbeck. Qn en a une preuve matérielle dant l'imprimerie de Lovedale, où il a fallu commander une bien plus grande quantité de caractères de ce genre que du reste de l'alphabet. M. Hallbeck ne se dissimula pas qu'une mission chez les Tamboukkis rencontrerait un grand obstacle dans l'idiome de ce peuple, et qu'il serait réduit, comme lés autres mift« sionnaires, à parler aux sauvages par un trucfaeman^ homme difficile à trouver, suttout dans une mission. Les usages et coutumes de la nation présentent éga-^ lement des obstacles aux missionnaires^ La polygamie^ par exemple, est * généralement en usage dies les

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. riches. La circoncision est chez eux une cérémonie indispensable, qui rend apte à jouir des droits civils. A Ghumie, il a fallu recevoir des hommes qui ont plus^l^une femme; et deux fois on a dû bap^. tiser des polygames; mais on ne permet à aucun babitajDt célibataire, surtout aux bapti^éâ , d'épouser plus d'une femme ; encore faut-il quelquefois user d'indulgeâce. Us avaient renvoyé un honmie potir avoir pris une troisième fenjme ; mais Geïka înter* vînt , et il fallut admettre cet homme de nouveau.

Les missionnaires, à Chumic, paient aux indi^ gène^ tous les travaux qu'ils font pour la mission; au lieu de monnaie , ils donnent de la verroterie et des boutons. La journée d'un ouvrier est évaluée à trois pences de monnaie anglaise. Les tols sont très rar^s dans cette mission ; quand on découvre le voleur, on lui fait subir une punition. Quoi* qu'étant hors de la. colonie et parmi des sauvagesj les missionnaires sont pourtant à même de se pour^ voir d'objets de fabrique européenne et de denrées coloniales à Sommerset , à Grahaipstown, à Cradock, et aux marchés établis sur les frontières par le gou*^ vernement anglais.

Les habitants de Chumie subsistent principale* ment. de leurs troupeaux, et M. Hallbeck ne nous dit point que les missionnaires leur aient enseigné quelque art industriel. M. Thompson ignorait le nombre exact des bestiaux de sa communauté , parce qu'il répugne aux Cafres de déclarer l'état de leurs bestiaux, attendu qu'un capitaine avide, venant à connaître leurs richesse, pourrait prendre quel^tîte

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prét^te pour s*en attribuer une partie. M. Utomp^ son pensait que le total des bestiaux pouvait se monter à trois mille pièces. Ils cultivent dans leurs jardins du blé cafre , du maïs et des gourl^, ce qui augmente leurs moyens de subsistance; autour de Cbumie, toute la bonne terre avait été d)éfrtchée l'année précédente : M. Thcnnpspn en estimait l'étendue égale à une cinquantaine d'arpeots» Cettje fois, les hommes n'ont pas craint de mettre la main à l'œuvre , contre la coutume de leur nation ; aussi la récolte a été ^ abondante , qu'ils ont pu vendre du grain au marché du fort de Wiltshire. Le pieux M. Hallbeck dit que c'est pour humilier le faiseur de pluie y qui demeure dans le voisinage, que Dieu a béni la moisson des élèves des missionnaires. Âa reste, les Cafres n'entretiennent ni brebis, ni porcs ^ ni volaille. Notre voyageur vit pourtant quelques petits troupeaux de brebis chez les Tamboukkis: c'est probablement un progrès qu'ils doivent k l'exemple des colons blancs.

Le 1 1 juillet, après avoir assisté à ta séance reli«^ giéuse du matin, pendant laquelle M. Thom{»on expliqua, par un interprète, à une. soixantaine d'auditeurs un fragment des Actes des Apôtres, et après , qu'un aide cafre eut récité une prièi^e, nos voyageurs firent un tour dans le village ; ils virent quelques Cafres forger des hassagaies sur une roche plate, tandis que deux.{>eaux de bouc servaient de souf^ flet. Us visitèrent aussi l'école tenue par un aide ; il y avait une quarantaipe d'enfants qui en étaient à aj^rendire les lettres ou à épeler; quelques ua$

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avaient appris par cœur les Dix Conimandenients , rOraison Dominicale et diverses prières. Faute de livres élémentaires , ils ne pouvaient guère aller plus loin , car les plus âgés savaient presque par cœur leur Abécédaire.

Thompson conduisit ensuite nos voyageurs à Lovedale, éloignée de douze milles anglais , par un chemin diversifié agréablement par des buissons , des pâturages , des vallons et des collines. Us y furent accueillis en frères par MM; Ross et Bennie. Outre la maison des missionnaires, qui contient aussi une salle pour l'église et l'école , Lovedale n'a que des cabanes rondes. Cet établissement ne datait encore que de quatre ans; cependant le jardin des missionnaires était déjà. orné d'une quantité d'arbres qui prospèrent mieux daqs cette jolie vallée sans eau que dans le terrain de Chnmie, qui est plus élevé. Dans l'un et l'autre endroit, les missionnaires ont vaincu une foule d'obstacles, grâce à leur zèle infatigable; et il faut s'étonner de ce qu'en si peu de temps ils opt pu effectuer tant de choses. Les environs de Lovedale sont bien peuplés. M. Ross assura nos voyageurs que, dans une circonférence de six milles anglais autour du village , il i9'e;xiste pas moins de soixante-trois kraals de Cafres. .

En retournant le soir à Chumie, les missionnaires rencontrèreiit beaucoup de femmes qui portaient sur leur tête des peaux de boefuf pour les vendre au marché de Wiltshire : les femmes sont, chez lés Cafres , plutôt les esclaves que les épouses des hommes ; ceux-ci ne font que prendre soin ûu bétail^

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tresser les haies, «e livrer à la chasse, et aller à' la guerre. A la mort du mari , le grand nombre de ses femmes n'est guère embarrassé ; les femilles reprennent les vieilles, parce qu'elles savent bien travailler, et les jeunes, parce qu'outré leur tratail elles offrent encore l'avantage de pouvoir être vendues 'une seconde fois.

Le lendemain, nos voyageurs prirent congé des missionnaires de Chumie , qui leur promirent leur assistance pour le cas où les frères viendraient s'établir chez les Tamboukkift. Grâce à letu*s bons chevaux , ils eurent bientôt atteint la rivière de ELat et leur chariot. En route , ils virent une fanme cafre qui , à l'aide d'un mélange de lait caillé «t dp graisse, apprêtait une peau de bœuf pour servir de kaross. Ce procédé, quoique lent, finit par rendre' la peau aussi, souple que du drap. On porte le poil en dedans, et la peau nue, qui est toute noire; en dehors ; ce qui présente un aspect hideux. Dans led premiers jours, les chevaux de nos voyageurs s'effarouchèrent à la vue de cet accoutrement; et les bœufs mêmes furent si effrayés en voyant passer des Cafres et des Tamboukkis affublés de manteaux noirs ou teints en rouge , qu'il fut impossible de les attester avant que ces hommes se fussent éloignés.

Laissant le chariot avec le frère Fritsch se diriger fiur Énon. , M. Hallbeck fit un détour pour rendre compte au landdrost de Somerset de son opiniop au sujet de la possibilité d'établir une mission chez les Tamboukkis. Il passa à gué la grande rivière aux Poissons, et arriva après midi chez le landdrost. Il

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visita, avec ce fonctionnaire , la jolie vallée dans laquelle Somerset est situé , et qui a l'avantage d'être arrosée par une belle rivière ; et il lui parut que peu d'endroits de la colonie réunissent autant d'a«vantages que Somerset , pour devenir un chef-lieu très florissant. •

Le i4 > notre 'voyageur ayant été conduit par les chevaux du landdrost jusqu'à la Brakke-Rivier, ar* riva avant le soir chet M« Matthsus dans le Zuur« berg, ami des missionnaires d'Énon; et le lendemain il traversa ces montagnes pittoresques, mais pénî* blés à parcourir^ pour rejoindre sa famille à la mis* siott d'Enon, après une absence de quatre semaines* Le chariot, attelé de bceufs, avait fait la route de* puis la tribu dé Bauana jusqu'à Énon en moins de neuf jours , non compris le temps de repos ; et , comme la route par le bassin de la rivière des Baviaans est trop pénible, il faut longer la Tarka; ce qui porte le trajet à dix journées. Cependant, si Ton découvrait une route par la contrée de Machonco, on arriverait probablement en moins de temps que par le Baviaans-Rivier. A cheval, on peut se rendra d'Énoli chez Bauana en quatre jours, et si l'on avaU un rdai , on ferait cette route en trois jours. Une mission dans le pays des Tamboukkis entredendrail donc facilement desr^ations avec la colonie du Gap.

M. Hallbeck ne quitta, avec sa famille, la missioa d'Énon que le 3i juillet; une grande partie de la communauté t'accompagna pendant quelque temps, et , en Iç quittant , elle chanta un hymne , seîoii l'usage de ces missions. Il passa la nuit chez le lancU

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drost dlJitenhagen, et se dirigea de là, avec le chariot qui portait ses quatre enfants , vers la mission de Gnadenthal. Ce voyage prit une grande partie du . mois d'août /mois qui, dans ce pays, est ordinaire-, ment pluvieux, et changeant comme les mois de mars et avril en Europe; cependant notre voyageur n'eut ^ que peu de pluie durant la route J il faisait beaucoup de vent pendant le jour; mais, vers le soir,, l'air se calmait y en sorte qu'à l'exception d'une nuit, la famille put coucher sous la tente; au milieu d'un froid assez vif, elle jouissait d'une bonne santé. Le i6 août, elle traversa le défilé escarpé d'Attaquas- Kloof, et six jours après elle arriva à* Zwellendam. Entre ce chef-lieii et Gnadenthal , M. Hallbeck reçut la nouvelle que les Fetch^nnas ou Ficanis avaient fait une nouvelle invasion dans la Cafrerie, que tout le pays était sous les armes, et que, les pauvres Tamboukkis , émigr^.nt pour la seconde, fois, avaient cherché un refuge dans la colonie. Le gouverifôur anglais, qui devait se transporter sur la frontière, était attendu pour le lendemain sur, la rivière Zonderend. M, Hallbeck se rendit au passage de ce gouverneur, et reçut de lui la confirmation de la nouvelle qu'il avait apprise. Bauana et ses Tamboukkis s'étaient réfugiés en effet, avec douze mille pièces de bétail , en dedans des limites de la colonie. Cependant le gouverneur pensait qu'on avait exagéré le danger. Ce qu'il y avait de certain, c'est que pour le moment il fallait renoncer au projet de fonder une mission sur le territoire de Bauana^ toutefois l'événement qui déjouait ce projet pou-

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' vait uu jour le favoriser. Il était à présumer en effet que le gouvememeut anglais prendrait des mesures vigoureuses pour garantir la sûreté de la frontière de la colonie, et dès-lors le territoire qu'occupaient les Bauanàs devait être également protégé. En attendant, M. Hallbeck revint, le a 5 août, à Gnadenthal , et toute la communauté pria pour le succès de son projet.

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