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on 8oixante-4îx ; m population est probablement de cent mille individus : elle est par conséquent plus peuplée qu'aucun des districts de la Colonie, et même que le pays des Betchouanas. Cette tribu ayant été récemment dépossédée de ce territoire , situé «tre le Reiskamma et le Vis^Rivier, les kraats sont aujourd'hui si rapprochés les uns des autres, qu'il reste à peine des pâturages suffisants pour le bétail ; et ,. à moins qu'elle n^emprunte dei la colonie des mé^thodes d'agriculture meilleures que celles qu'elle connaît , la famine doit la déscier accidentellement , jusqu'à ce que son nombre soit réduit à celui que la nature du pays permet de nourrir avec le système actuel. Tant qu'un changement de ce genre ne s'effectuera pas, il sera peut-être à peu près impossible, même avec un meilleur système de défense, d'empêcher que ces hordes ne ravagent la colonie.
Cette tribu se nomme elle-même Amakosae, et son pays Amakosina, Ces mots sont formés de kosa, qut désigne un homme de la nation, et Saunna ou amy, qui marque le pluriel et les dérivés. De la même manière, un Cafrç tamboukie est nommé Tymba ou Tembou, parce que le nom collectif de la tribu est Amar tymbœ. Celle-ci s'étend des rives du Zwart-Key,sur les frontières de la colonie, jusqu'au-delà du pays des Hinzas le long de la côte. Oq ne sait pas avec certitude jusqu'où leur, territoire va au nord -est;, et il ne parait pas aisé de les distinguer des tribus cafrès contiguës , qui sont généralement connues dans la colonie sous le nom de Mambpukies , qui est imc corruption du véritable. Il est très vraisemblable
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que ces diverses trilms, au moins jusqu'à la pointe de Natal, r^semblent à celles des Cafres des frontières par la figure, la langue et les mœurs, de même que les hordes des Betchouanas se ressemblent entre elles : celles des Amakosae , des Âmalymbae et des Hambonas ne sont pas non plus unies entre elles de manière à former une grande communauté ; elles sont subdivisées en beaucoup de sections indépendantes, gouvernées par leurs chefs respectifs.
Ce n'est que depuis dix à douze ans que les Cafres Amatymbae se sont étendus dans l'ouest jusqu'à la frontière de la colonie. Autrefois les hautes plaines voisines des sources du Key (Vis-Rivier) étaient habitées par une tribu de Hottentots ou de Boschi^ man^s ; et Sparrman dit que de son tepips les fermiers faisaient des incursions dans ces régions pour y enlever ou y acheter des indigènes dont ils se servaient comme domestiques. Mais les chrétiens d'un côté , et les Cafres de l'autre , ont presque entièrement anéanti la population indigène de ces cantons, et le cours du Zwart-Key y forme la limite entre les colons et la tribu des Amatymbae. Ces derniers ont été jusqu'à présent des voisins tranquilles , et ont vécu en bonne intelligence avec les fermiers , offrant ainsi un contraste, frappant avec l'animosité et les agressions réciproques qui régnèrent si longtemps le long de la frontière plus au sud.
En s'avançant au nord-est le long de la côte , on trouve les Amapoâdas et les Hambonas. Ce sont des tribus. cafres qui ne diffèrent pas de celles dont il a été question précédemment. Thompson pense que
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leurs noms ne sont que des variations d'une même appellation que quelques indigènes prononcent YanviMina. Celle de Mambouki paraît avoir été forgée par les colons hollandais , par des procédés semblables à ceux qui leur ont fait transformer Amatymba C|n Tambouki (i).
Mais il y a dans ce canton une horde dont l'histoire^ bien que peu connue et obscure, ne peut manquer d'exciter l'intérêt. Elle descend d'Européens , qui , ayant fait naùfiage sur cette cote , et n'ayant pu s'en échapper, s'y fixèrent, et se marièrent avec des femmes du pays. Notre voyageur regarde ce &it comme complètement démontré ; ce^ pendant , comme on l'a révoqué en doute, et qu'il est curieux, il saisit cette occasion de présenter quelques renseignements qu'il a recueillis sur ce sujet.
On sait que le Grosvenor, vaisseau de la compagnie anglaise des Indes, périt, en 1782, sur les cotes de la Cafrérie. Une expédition quî, neuf ans après, partit pour savoir si quelques naufragés vivaient encore, étant arrivée dans le territoire des Hambonas, rencontra, dans le voisinage du lieu de l'accident , une horde d'environ quatre cents individus , issue du mariage d'Européens avec les indigènes, et trouva parmi eux trois vieilles femmes blanches qui étaient encore en vie. Elles étaient si jeunes à l'époque du funeste événement, qu'elles avaient entièrement oublié leur langue maternelle, et ne purent dire ni le nom du navire, ni de quelle
(i) Thompton's Trapeis, t. i, p. 35i. *
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