‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 45 sur 60 · DE J. DE BUC3QUOT · texte numérisé non relu

DE J. DE BUC3QUOT

emtneilaxit en triomphe leurs prisonniers. C'est sur etix qu'ils assouvissent leur vengeance , surtout quand ils ont pu s'emparer d'un chef. N'importe que celuici soit vivant ou mort, il est sacrifié î ils dépècent son corps et en dévorent les tnorceaut tout crus; de sorte que le sang leur coule de la bouche. De Bucquoj raconte qu'un jour un de ces chefs, irrité de ce qu'un autre avait voulu, à l'arrivée des Hollandais, se faire passer pour le principal de la contrée , s'écria d'un ton courroucé : <c Le capitaine Masombé, que^vous 'reconnaisse2( pour roi de ce pays, ne vît que par un effet de ma bonté. J'ai Vaiûcu , tué de ma main et' mangé son père. Quant à lui je lui ai alors , par grâce , donné le rivage pour sa résidence. » Notre voyageur pense , qu'excepté dans des circonstances de ce genre, ils ne tuent pas des hommes, et ne se repaissent pas de leur chair.

Ik n'ont pas d'usages particuliers pour l'enterrement des morts. Les amis et les parents du défunt <*reusent , près de sa demeure , ime fosse avec une petite saillie, semblable à un siège, dans l'intérieur ; ils y descendent le cadavre tout nu, et l'y placent sur ses pieds , à peu près à un pied de la surface, et rem* plissent aussitôt le trou de terre. Ensuite ils font un vacarme horrible , frappent des mains, Rasseyent sur le tombeau, et se coupent respectivement les che* veux; ce qui est une marque de douleur. Bientôt ils se relèvent et rentrent dans leurs cabanes. Alors toute la cérémonie est terminée. De Bucquoy, après avoir dit qu'il n'a pas observé autre chose , ajoute que les peuples qui vivent à cinquante milles plus

au nord , mangent les morts de leur propre nation.

Excepté dans les temps de guerre, ils vivent pai- ^blementy et sont très hospitaliers et très généreux les uns envers les autres. La jalousie n'existe pas chez eux; ils offrent eudt- mêmes leurs femmes et leurs filles.

Leur langue «st rude et grossière; ils désignent, sans nulle réserve, les choses par leurs noms : cet idiome n'est ni agréable , ni riche. De Bucquoy prétend qu'ils n'ont pas cent mots différents; et cependant ils se font bien comprendre les uns des autres. Us n'ont que cilaq noms de nombre.

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