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Quand ils veulent exprimer une grande quantité , ils appliquent les mains l'une contre l'autre autant de fois qu'ils le croient nécessaire; puis, avec leurs doigts, ajoutent les unités : ils en usent de même toutes les fois qu'ils ont à faire des x^alculs ; ce qui i^'arrive pas souvent , puisque leur commerce con? siste en échange de marchandises contre d'autres. Us ignorent l'art de l'écriture ; ils conservent le souvenir de leurs prouesses dans des chants. Ils supputent leur âge par des marques qu'ils font à un arbre, planté ordinairement à l'époque de leur naissance. Leur parure consiste en verroteries et en anneaux de cuivre très lourds ; il y en a qui pèsent plus de trois Uvres : ce sont les femmes les plus riches qui
DE J. DE BÛCQUOY (1721). 4^7
fes porteût. Les pauvres , loin de pouvoir s'en orner, ont à peine un morceau de toile pour cacher leur nudité.
Ils préfèrent le fer à tous les métaut ; ils ne font aucun cas des autres. Ils fabriquent avec le fer des sagaies , des couteaux , de petites haches qu'ils portent communément avec eux. D'ailleurs , ils font tous leà instruments qui leur sont nécessaires pour la chasse et pour leurs autres besoins; mais, du reste , ils sont indolents et aiment à se divertir. Dans toutes leurs affaires, ils consultent les vieillards, et suivent ordinairement leurs conseils.
• De Bucquoy n'a vu chez eux ni idoles, ni rien qui annonçât un culte extérieur. Ils regardent le soleil et la lune comme deux capitaines ; le premier donne et conserve la lumière, la chaleur, les sources et la vie ; la lune fait tomber la pluie. I1& croient à une espèce de métempsycose, et pensent que la bravoure est immortelle. De mente que les Musulmans, ils pratiquent la circoncision; les nouvelles et les pleines lunes sont pour eux des époques de réjouissances; alors ils chantent, dansent et battent des mains pendant toute la nuit. Notre voyageur considère cet usage comme provenant des Arabes, qui ont propagé l'islamisme à Madagascar, dans les îles voisines et les cantons les plus reculés de la cote orientale d'Afrique. Du reste, ces Cafres suivent leurs penchants sans aucune contrainte. Les profondes réflexions leur sont inconnues, et ils semblent ne pas désirer d'adopter une manière de vivre
plus réglée et plus civilisée, celle qu'ils mènent con-
Digiti
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venant le mieux à leur caractère sensuel et simple. « Voilà, dit de Bucquoy, ce que j'ai pu recueillir pendant un an de séjour dans la baie de Lagoa, et qui diffère de ce que d'autres ont écrit. Ces peuples ne sont pas aussi farouches qu'on l'a raconté ; car ils sont charitables pour tout le monde, obligeants pour les étrangers, et ont beaucoup d'autres boanes qualités »(ï).