‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 8 sur 60 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Vayage de M. Cowper Rose, officier anglais, dans la colonie du Cap , et daiis le pays des Cafres.

Un jeune officier anglais, d'un esprit enjoué, a retracé légèrement les impressions qu'il a reçues des objets vus pendant un séjour de quatre ans chez les colons du Gap et chez les Cafi*es (2) ; il ne donne luimême ses observations que pour des esquisses. On ne peut, en effet, les comparer à celles des voyageurs- précédents^ qui ont agrandi le domaine de la géographie ; cependant il y a de la philosophie et de la finesse dans les remarques du jeune officier, et

(ly Thompson's Traçels , t. i , p. 384- ♦

(a) Four years in southem Ajrica; by Cowper Rose, Royal Englneers. Londres, 1829, chez Colbum et Bentley, 3o8 pages m-8**, avec une planche. Une traduction françaUe a paru en i83o i| Paris,

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elles sont présentées sous une forme piquante. Nous le suivrons dans son voyage chez les Cafres.

Après quelques excursions aux environs de la ville du Cap , M. Cowper Rose se rendit à Graham's*Town, chef-lieu du district d'Albany, sur la frontière orientale de la colonie. Cette ville, grande, laide et mal bâtie ^ est éloignée du Cap de sept cents milles, et peut contenir trois mille habitants, tant bourgeois que soldats; ils sont presque tous venus d'Angleterre, et ont reçu du gouvernement des portions de terrain pour s'y établi. Graham's-Town n'était , il y a quelques années, qu'un poste militaire; et, dans la principale rue , on voit encore debout l'arbre sous lequel, dit-on, le colonel Graham, le premier officier anglais qui ait jamais conduit des trompes dans ce pays, dressa sa tente. La ville qui s'est élevée, a reçu son nom, qu'on cite toujours avec vénération. Oh y a bâti des maisons de toutes les façons, puis des casernes , une église pour le rite anglican , des chapelles pour les dissidents, les wesleyens , les anabaptistes, les indépendants, en^fin une prison que l'auteur représente comme l'édifice le plus bçau et le plus nécessaire de la ville. La population, dit-il, offre un singulier mélange d'officiers désœuvrés, de marchands paresseux, de soldats ivrognes , et de colons plus ivrognes encore. Graham's-Town est située dans» un bas- fond entre de hautes collines verdoyantes, sur lesquelles l'oëil suit les cheihins qui partent de la ville pour se diriger sur les contrées d'alentour. Entre ces collines, s'enfoncent des ravins couverts de bois, et parés de toute sorte de

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fleurs qui croissent à Tombre; on y trouve aussi des défiles ou poorts bordes de profonds précipices, dont les parois sont tapissées de festons de feuillage , et dans lesquels coulent des ruisseaux, tantôt entre des rochers arides , tantôt sous des touffes d'ari^res. Le soleil du soir, en pénétrant dans ces ravins et dans ces précipices, y produit des incidents de lu*mière d'un effet magique. En revenapt à la ville, on voit le bouvier hottentot ramener les bestiaw^ des habitants, ou une famille de fermier dételer les bœufs de son chariot pour passer la nuit sur la pelouse auprès d'un ruisseau. Quelquefois, toute la population d'une ferme est là, maîtres, serviteurs et animaux. La moisson une fois feite, le paysan est maître de son temps, et il ne dédaigne pas alors de charger son chariot de toutes ses denrées superflue^ pour aller au loin les échanger dans la ville contre les objets qui lui manquent. Le paysan de la colonie est aussi chasseur; car ici la chasse se joint à l'agriculture pour nourrir les colons, comme dans l'enfance de la société. Aussi voit-on quelquefois emballés avec Jes denrées destinées au marché de la ville la peau du lion, la belle peau tachetée du léopard et du tigre du Cap, celle du loup, du lynx rouge, les cornes monstrueuses du bufHe, dont on fait des pour drières, celles de diverses, antilopes, les œufs et les plumes d'autruche, et des tapis grossiers faits en peaux de springboks. Si les chariots appartiennent à des paysans qui trafiquent avec les tribus des frontières, ils apportent aussi des dents d'éléphant et d'hippopotame, des manteaux en fourrure provenant des

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BetjoiiADas et des Griquas, et les siii|;uliers objets de parure de ces peuples , par exemple des colliers auxquels sont suspendus des dents de loup et des griffes de tigre , ou bien des objets mystérieux en bois ou en argile, auxquels on attribue des vertus magiques; des bracelets en cuivre, qui sont quelquefois ingé* nieusement travaillés^ de gros anneaux en ivoire ^ ei des coifBires de femme, consistant en peau de bouc bleu couverte de verroterie , selon divers dessins* On y trouve encore les hassagaies cafres, jave* lots légers d'environ cinq pieds huit pouces de long^ et munis de pointes en fer ; au * dessous de ces pointes, quelques armes de cette espèce ont de part et d'autre de doubles crocs, dont les uns sont dirigés en haut et les autres en bas, et qui ont pour but de rendre la plaie plus dangereuse , soit que l'arme y pénètre, soit qu'on la retire; raffinement ouiel qui s'exécute pourtant par des procédés grossiers; un quartier de roche sert d'encliime; une pierre tient lieu de marteau, et quelques vieux canons de fusil ou d'autre ferraille fournissent le fer.

Quelquefois on aperçoit aussi parmi ces armes des haches de guerre ayant un manche en corne de rhinocéros, et provenant de hordes de sauvages très éloignés, et l'arme si redoutable du faible Boschiman , la flèche empoisonnée. »

D'autres foisarrivent les chariots de missionnaires, traînant à leur suite des indigènes, à qui on fait voir le pays que les Européens leur ont enlevé, et où l'on déploie les arts de la civilisation aux yeux étonnés des sauvages. Peu de temps après l'arrivée de notre

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voyageur à Graham's-Tpwn, deux chefe d^un rang élevé , Duchany et son fi*ère , approchèrent avec un missionnaire. A la vue de la ville, Duchany fut saisi de peur parce que, quelques années auparavant, ayant tenté une attaque contre cette place, il avait été proscrit par les Anglais, qui avaient offert une récompense pour sa tête. On eut de la peine aie calmer et à lui peBBuader que tout ét^iit oublié. Quand du haut des collines il vit les rues se prolonger dans le fond , il observa que le kraal est maintenant trop fort pour qu'un coup dé main puisse réussir.

Arrivés dans la ville , les chefs , affublés de vieux vêtements européens qu on leur avait donnés, allèrent de maison en maison avec leur interprète pour mendier des présents. Le landdrost leur acheta dans une boutique des haches, des pots de fer et de terre, dès briquets et d'autres ustensiles. Le marchand dit au landdrost : « Pour voir si le Cafre est reconnaissant, demandez à celui pour qui vous venez d'acheter tant de choses un seul de ses pendants d'oreille. » Il en fit en effet la demande pour le landdrost. Duchany fit d'abord semblant de ne pas entendre, puis il réppndit d'un air tranquille : <c Si le landdrost m'eût demandé cet objet lui-même , je croirais qu'il en a besoin ; d'ailleurs j'ai quitté mon pays non pas pour donner, mais pour recevoir. »

Le repos des colons est fréquemment troublé par la nouvelle de l'approche de milliers de sauvages. Le plus souvent, ces bruits viennent de ce que quelque tribu éloignée, pouslsée au désespoir à la suite d'une mauvaise récolte ou d'une épizootie, se jette

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sur une tribu voisine , qui, à son tour, exercé les mêmes ravages chez une autre tribu, et ainsi de suite jusqu'au voisinage de la colonie. Là, ce tnôU' vement belliqueux se répand par la renommée, qui grossit à .chaque pas le nombre des assaillants; quel*quefois l'armée qui avance est représentée comme étant composée de cinquante à cent mille sauvages et cannibales. ^

■^ Dans ces derniers temps , un chef nommé Ghaka ( i ), qui est à la tête de la petite tribu belliqueuse des Zoolas, dans le voisinage de la baie de Lagoa, s'est rendit redoutable par ses conquêtes et par ses actes de cruauté. Ses gens sont mieux armés que les Cafres ne le sont ordinairement; quand Un de ses officiers manque une entreprise, on le met à mort. Chaka s'est déjà rendu maître de toutes les petites tribus d'alentour, et il à menacé de soumettre ou de ravager tout l'espace qui le sépare de la colonie.

Voilà du moins ce que l'on raconte : M. Cowper Rose pense qu'il faut rabattre un peu des bruits qui circulent à son égard. C^endant il est certain que si les Cafres, au lieu de se diviser continuellement en petites factions , unissaient leurs forces pour attaquer les colons dispersés dans le district d'Aïbany, les halliers dont le pay^ est parsemé, et la griaiùde étendue de la frontière, rendraient la défense très difficile; heureusement la jalousie et la haine mutuelle entre les tribus empêchent une coalition générale, et, dans cet état de choses, elles se bornent à des larcins dont l'amour est souvent le motif.

(i) M. Thompson écrit Tchaka. Voyez ci-devant, p. 49. XXI. 5

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En èff^^ u^ Cafr^ sait q^'il ne peirt avoir U jeu^e fîUe qu'il aime qu'en Tachetant w, beau-père en be^ tiaujc; s'il c'en a, pas, it sait que les h(MQme& blancs çn ont ; il réuipit quelque^ aviis à qui il promet de rendre le ipjâme service dans l'occasion ; ils vont se mettre .e^ e^ibuscade da«s quelque hallier au baul cTui^ colline d'où Us peuvent apercevoir le troupeau d'un colon; quand ils voient que les bouviers s'éloigna, ou qu'ils ne sont pas en force pQur résister, ils se glissent tout doucement dans le pâturage, quelquefois e^ rafnpant Spuâ Iça b^viis^ns, et voilà les bestiaux enlevés. La, première nouvelle que reçoit le fermier du vol de, $pd troupeau, c'est en voyant les Hottentots qui devaient le gar^er^ garrottés et attachés aux arbres^ l^es Cafres s'enfuient avec leur butii^ à travers les ravii^ et les buissons, en sorte qu'il est di^ile de suivre leurs trace^ et de les atteindre ; puis., passait à gué le Yish-Rivier^ ils sont bientôt dtos \&xs pays, où, moyennant la cession d'tme partie de leur proie, ils gagnent la protection du chef. Quand les. Anglais viennent se plaindre, il témoigne de l'indignation du vol qui a^ été commis, déclare que sa tribu nie s'en est pas; rendue coijipable, et promet, néanmoiuts, de &irelks recherches; si le fait est trop patent, il découvre enfin les voleurs, promet de les punir sévèrement, et rend le bétail.

Bien n'est plus commun que de voir arriver les colons pour demander aux autorités puUiques d'en-* voyer un piquet de soldats à la repherche 4e leurs bestiaux et de leiurs chevaux volés. Auprès d'un ancien poste militaire sur le Kap-Rivier, notre voya-

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geur vit les tombes de trois soldats anglais que les Gafires araient assassines, pour avoir repris des bestiaux que ces sauvages avaient enlevés.

M. Qiwper llose ne croit pas, fiéanmoins/que les Gafires soient un peuple cruel. On prétend qu'autre^ fois les fermiers hollandais de la frontière, sur lesquels le gouvernement ne pouvait exercer presque aucuu pouvoir, exterminaient les Cafres avec aussi peu de scrupule que s'il se fàt agi de loups ou d'autres animaux malfaisants. On a d'ailleurs reculé peu à peu les frontières, et établi des postes militaires sur le terrain que les Cafres occupaient anciennement. Quelques uns des ancfens cheis, dit notre voyageur, habitent maintenant avec leurs tribus à cent cinquante milles au-delà de leur séjour primitif; aussi quand Tun d'eux, St' Lamby, qui occupait le pays aux environs d'Uitenhagen , reçut l'ordre de le quitter, il répondit que ses pères avaient mangé le miel sain^ge de ces collines , et qu'il ne voyait pas pourquoi il &llait les quitter (i).

En 1810, la grande rivière aux Poissons {great Fish'Rwer) fut proclamée comme la limite orientale de la colonie ; dix ans après Gaîka ou Geïka , le même chef qui traita avec les Hollandais lors du voyage du docteur Lichtenstein , fut obligé d'éva-cuer le riche terrain situé entre cette rivière et le Keiskamma : aussi observa-t-il que , quoique rede^ vable aux Anglais à cause de sa dignité comme chef, il trouvait $es bienfaiteurs bien avides , puisqu'ils

(1) Four years in southern Jjrica , p. 75. •

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lui enlevaieut un si beau pays. On lui a pourtant permis dans la suite de .retourner sur le sol paternel , et de cultiver la terre défrichée par ses pères.

Pour le voyage en Cafrerie qu'entreprit M. Cowâer Rose avec le landdrost d'Albany, on avait formé «ne caravane de dix-néuf personnes , indépendamment 'des sept Européens. Il y avait dans le nombre trois jeunes chasseurs , fils de colons anglais , et si habiles tireurs v que les primes qu'ils gagnaient par la destruction des bêtes féroces suffisaient , depuis quelques années , pour payer le bail des fermes de leurs pères. En général ^ les fils des colons anglais sont une race hardie, entreprenante et énergique, qui un jour constituera un peuple intéressant, mais qui ne sera jamais riche, faute de débouchés pour les productions du pays. Les autres personnes étaient des Hottentots, des Cafres^ etc. Un chariot, attelé de seize bœufs, portait la tente et les bagages; on emmenait seize chevaux de selle et un troupeau de moutons. On se dirigea toujours à l'est, ayant à la droite la côte, de laquelle on approchait quelquefois beaucoup; d'autres fois, entre les collines, on avait en perspective de sombres forêts terminées par la teinte bleue de ia mer. Sur la gauche se prolongeaient les montagnes des buffles , appuyées contre lès chaînes des monts Koloco et Chummie. Les «cavaliers prenaient les devants , et s'écartaient quelquefois à droite et à gauche pour chasser, ou pour examiner quelque objet curieux ; tandis que le lourd chariot, suivi des moutons, des soldats et des domesl:iques, suivait lentement. On se reposait pendant

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la plus forte chaleur du jour, et lorsque, vers le coucher 'du soleil, on atteignait les bords de quelque rivière ou ruisseau, on y dressait la tente, et on allumait les feux pour la nuit.

Les principales rivières qu'on traversa dans cette expédition, sont la grande rivière aux Poissons, la Kciskamma , la Chilumni , la rivière aux Buffles, la Nawaqua, TAcoun, le Gounovi, le Gualaka et le Key ; rivières qui toutes se dirigent sur la mer, et qui , à Texception de la dernière , présentent le cnéme aspect, c'est-à-dire que les rivages, couverts de bois fourrés , en sont escarpés sans être très élevés , tandis que Teau, en coulant à Tombre des buissons, a une teinte toute noire. Parmi les diverses espèces d'arbres qui parent les bords des rivières, il y en a d'une grande beauté : le riche feuillage du figuier sauvage se marie avec les festons pendants du saule ; on y trouve le bois d'hassagaie, le bois de fei", et beaucoup d'autres espèces, tandis que des roseaux et les feuilles du caféier des Cafirçs, semblables aux feuilles du palmier, bordent le cours de l'eau. Dans le voisinage des» rivières, le terrain est hérissé de mamelons , et la terre se couvre de plantes à . belles fleurs; mais, en s'éloignant, on entre dans de vastes plaines couvertes d'herbe, et où .quelques mimosa sont dispersés à de grandes distances, jusr qu'à ce que de nouveaux mamelons annoncent le voisinage d'une autre rivière. Après les chaleurs de l'été , ces plaines ont un aspect rougeâtre et î^ride ; ou bien une vaste étendue , ravagée par le feu^ attriste par sa teipte noirâtre. Cependant uoe seule

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averse eit capable de changer la face dé la coiatrée , et la végétation s'élève avec une rapidité vraiment prodigieuse pour un Européen habitué à la marche lentement progressive de la nature dans sa patrie.

Sur les bords de la grande rivière aux Poissons , d'épais balliers, appelés buissons de Fish-Rivèr, couvrent le terrain sur de vastes espaces : c'est le repaire de la plupart des espèces d'animaux sauvages de l'Afrique méridionale» Dans d'autres endroits j les rives sont entièrement dégarnies de végétaux , et le voyageur ne s'aperçoit du voisinage de la rivière que lorsque, arrêté sur la rive escarpée, il voit un simple ruisseau couler lentement à cinq ou six cents pieds au-dessous de lui. Des deux cotés le pây& est plat, et il semble que la profonde ravine n'est destinée qu'à contenir le cours d'une eau si précieuse dans cette partie du monde ; car une série de siècles n'aurait pas suffi pour que l'eau eût pu creuser ellemême un canal aussi profond. Telle est du moins l'opinion de l'auteur; mais a*t-il vu cette rivière dans ses grands débordements, comme les voyageurs qui l'ont précédé?

M. Go-wper Rose décrit une soirée au bord de la grande rivière aux Poissons. Le soleil venait de se coucher, plus de rayon de lumière dans le désert, les collines hautes et boisées qui s'élevaient le long du cours sinueux et profond de la rivière, étaient revêtues de teintes de pourpre foncé; celles qui étaient plus reculées se confondaient avec le vague de l'horizon. Les nuages, encore 'éclatants des rayons <Fun soleil qui avait disiparu , servaient à éclairer la

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riche vëgéution des bordft du prëoîpîce âU foâd duqud voulait la rivièire. Od distingtiftit parmi les fleuirs de ce monde yégétal la sttperbe sttelttzia regina et les palmes des euphorbes , plante caractéristique des paysages africains , et dont te lait caustique sert, dit-on, de nouititure au rhinocéros. Auprès de la^ rivière, ou n'apercevait pas l'eàU, mais dans l'éloignement on voyait briller sa surface dTune lu^ mière douteuse. L'autçur avait visité plusieurs habitations des colons anglais. Il y a peu de ces colons, djt^ il , qui conservent 1^ habitudes et les sentitueots de gentlemen ; ceux mêmes des clasises supérieures sôiit tombés dans Ube indolence désespérai^te , et le^ demeures des classes inférieures ne sont que de misérables cabanes en ckies crépies d'argile, dans lesquelles habitent TiVrognerie et l^abrutissement. Cependant au miheu de leur misère ils conservent un orgueil qu'ils exhalent à force d'eau-de-vie du Cap. M. CowperRose prit part à une chasse aux élé*phants, qui ne fut pas heureuse. Au retour de cette chasse^ un des lïottentots, qui l'avait accompagné en qualité de dotnestiqùe chasseur, lui raconta son histoire. Cet homme , dont le teint était plus foucé et les traits plus réguliers que ceux des Hdttetitots ordinaires, était ^la race des Hottehtots bâtards. « Les Gafres, dit-il, m'enlevèrent dans mon enfance lorsqu'ils tinrent incendier la maison du paysan chez lequel je vivais. Dans la suite , je m'associai à une bande de sdielms (brigands) hotteritots et ca** fres; nous avions 4es chevfiux, des armes, et ndu^ allions attaquer les paysans dans leurs feitnes; et

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quand un cQmmando ( troupe de soldats et de miliciens) pénétrait dans la Gafrerie, nous nous attachions à harceler l'arrière -garde; dès que nous voyions un homme de la troupe rester en arrière , npuç nousi poussions entre lui et se^ compagnons; l'un saisissait la bride de son cheval , et les autres le renversaient par terre avant qu'il pût saisir son grand fusil ; nous l'assommions d'abord à coups de samboc (nerf d'hippopotame) avant de le pevcer à coups d'bassagaies. d Le Hottentot <;ontinua ainsi : « Auprès d'Uitenhagen, les paysan^ avaient abandonné un demi-baril d'eaU'-de-vie dans les buissons; nous le bûmes; les autres burent plus que moi, et s'enivrèrent. Ayant vu cela, les paysans descendirent des collines; je me glissai dans les buissons; je les vis de là saisir taies camarades par la tête, et avec leurs longs couteaux leur couper la gorge , comme vous couperiez la tête à une tortue , si elle l'avançait hors de ^ carapace. » Et que fîtes-vous ensuite? lui demapda le voyageur. « Les Anglais arrivèrent dans le pays , et envoyèrent l'ordre de ne plus se battre. J'allai à l'école ( c'est-à-dire dans un établissement de missionnaires), et puis je fus enrôlé dans les troupes du Cap.» Cet homme , observe M. Cowper Rose, s'appelle maintenant un soldat , et on le garde et on Je paie pour traquer et exterminer ses anciens compagnoils lesCafres; il est obligé de les détruire sans avoir le prétexte de venger des injures reçues; autrefois il avait cette excuse, alors on l'appelait un bandit. Le fait est que cet homme paraît avoir été destiné, depuis son en&nce, à verser le sang;

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il racontait l'histoire de ses brigandaîges avec une indifférence complète. Il a pourtant une grande affection pour sa femme et ses enfants. Le tigre, aime beaucoup aussi ses petits. »

Arrivée sur la rivière de Keiskamma, la caravane du landdrost, dans laquelle se trouvait M. Coyrper Rose , comme il a été dit plus haut, dressa sa tente dans une vallée verdoyante, presque le seul endroit du rivage qui ne fut pas couvert de buissons épais; encore la pelouse en était-elle tout entourée. La filmée de nos feux, dit le voyageur, s'éleva au milieu des mimosa, des jasmins et d'autres plantes odorantes. Tandis qu'une partie de notre monde aidait à préparer le repas, d'autres se dispersèrent sur les bords de la rivière pour chasser des oiseaux aqiiatiques. Un chariot de missionnaires vint à passer; ceux qui étaient dedans dirent aux gens de la caravane qu'ils avaient choisi une position qui pourrait être troublée dans la nuit par les hippopotames. Cependant if ne s'en présenta point, et le lendemain matin, de bonne heure, nos voyageurs traversèrent la rivière, et se dirigèrent sur Wesley ville, premier établissement des missionnaires dans la Cafrerie.

La mission est située sur une pente au bord d'une branche du Chilumni ; les petites chaumières blanches, construites sur la pente verdoyante, présentaient de loin un air de propreté çt de calme. Les Car fi?es de la tribu voisine accouraient en foule. Son chef Pato , avec ses deux ifrères Conguar et Kaama , attendait en grand costume les étrangers; l'un portait un uniforme de quartier-maître général, le second était

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habilla en ofiicH^r d'artillerie, et le troîsièirte en lancier. M. Gowper Rose avait déjà vu le cadet, Kaama, dans la colonie ; on l'y avait recherché dans les sociétés à cause de ses manières, qui étaienlr celles d'ua honuiie civilisé ; il y ai»it montré un tact remarquable à saisir tout ce qui tenait aux conve*nauces.

M. Cowperflose visita son lA*aal, eatra dans sa Cabane , et fut présenté à Nohiquiny, seule femme de ce chef. Les missionnai^es étaient fiers de posséder dans leurs établissements un chef cafre qui n'eût qu'une seule femme; mais il est douteux que Kaama leur ait laissé ce sujet de triomphe, car il parlait de son projet de prendre une seconde femme. Cher lui , Kaama se montrait dans son costutne national , c'està-dire enveloppé dans son manteau de peau de tigré. Il se souvenait sans doute de la maison du Gap oh M. Cowper Rose l'avait Vu la dernière fois, car îl disait humblement : La maison de Kaama est pauvre. Sa femme était une beile Cafre ; thais sa mère présentait l'aspect d'une décrépitude presque hideuse, moins encore à cause de sa vieillesse que paitïe qu'autrefois elle avait subi là tofture , pour avoir été soupçonnée de magie.

Nos voyageurs visitèrent l'école oh les missionnaires enseignaient aux enfants indigènes à lire l'anglais et le cafre. Ils rédigent un vocabulaire de la langue du pays , entreprise difficile à cause de la prononciation qu'on ne peut guère exprimer par des signes écrits. La langue cafre manque d'ailleurs d'expressions pour rendre les idées abstraites, pour les-

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quelles les langues européennes ont tant de mots. Les missionnaires eurent, par exemple, beaucoup de peine à faire comprenire à un Cafre la signification du mot hypocrisie. A la fin , saisissant l'idée , il s'écria : Ah oui , c'est endosser le kaross de votre femme pour travailler au jardin ! Pour comprendre cette exclamation, il faut savoir que chez les Cafres le travail du jardinage étant l'occupation obligée des femmes, les hommes croiraient s'avilir en la partageant; en sorte qu'un homme qui voudrait travailler au jardin, endosserait le vêtement de sa femme pour 6'être pas reconnu. M. Cowper Rose craint que, par leur commerce avec les Européens , les sauvages ne finissent par comprendre trop bien ce que c'est que l'hypocrisie.

Nos voyageurs dînèrent chez les missionnaires avec les trois chefs indigènes , qui se comportèrent à table avec beaucoup de réserve; toutefois, ils ne se firent pas prier pour boire.

Le lendemain matin , les voyageurs assistèrent au service divin ; ce fut pour eux quelque chose de singulier d'entendre ce groupe noir, comme ditM. C0W7 per Rose, entonner un hymne de grâce sur un air national. Un des hymnes que l'on chanta avait été composé par un Cafre; une seule voix chantait les quatre premiers mots dé chaque verset, puis tout le chœur, hommes et femmes chantaient le reste. Voici cet hymne en cafre, avec la traduction :

Ulin guba inhulu siambuta tina »

tJlodali , bom' uadali pazula , Umdatâ uadala idala izula ,

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nières,et à leur hospitalité; toutefois il pense qu'il est permis de douter du bon effet de leurs généreux efforts. C'est presque peine perdue que de vouloir expliquer les mystères du christianisme à des hommes dont les idées ne vont pas au-delà des besoins ordinaires de la vie, et qui ne connaissent presque pas d'autre occupation que la chasse. Toutefois il faut souhaiter que les missionnaires réussissent à détruire les superstitions absurdes et les usages cruels de ces tribus sauvages; à mesure que les missionnaires obtiendront de l'autorité, le faiseur de pluie et sa sorcellerie perdront leur crédit.

M. Cowper Rose avertit au reste qu'il ne faut pas exagérer la position des missionnaires. On les a représentés comme des hommes qui ont renoncé à tous les intérêts mondains, et qui subissent les plus grandes privations pour gagner des âmes au ciel. Ce n'est pas tout-à-fait cela : ceux que notre voyageur a visités habitaient des maisons commodes, et vivaient d'une manière confortable, sans luxe et sans besoin. A quelques exceptions près, les missionnaires ne sont pasd'ailleurs d'une condition qui jouisse de beaucoup d'aisance en Europe. Ils ne manquent pas entièrement de société, puisque ordinairement trois familles demeurent ensemble ; ils ne sont pas non plus tout^à-fait privés de communications avec le monde civilisé ; car , chaque semaine , un messager cafre se rend au poste militaire le plus proche de la frontière, pour recevoir les lettres qui y ont été apportées de l'intérienr de la colonie, ce En me promenant à cheval dans le pays, dit notre voyageur.

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j*ai rencontré ce messager tjui retournait lentement à la mission, et il m'a semblé voir le dernier an-* neau de l'immense chaîne qui unit les missionnaires aux contrées civilisées.

Quelques gens de la suite du landdrost se rea-» dirent le soir au kraal de Pato, et y furent témoins d'une cérémonie exécutée par le faiseur de pluie , à l'effet de découvrir une sorcière. Depuis long^temps le chef était malade ; et comme chaque maladie du chef est attribuée soit au poison, soit à la sorcellerie, la tribu ,. saisie de frayeur et de soupçons, appelle le faiseur de pluie. Lors de l'arrivée de M. Cowper Bose, les femmes, rangées en demi -cercle, frappaient st^r les grands boucliers des guerriers, et faisaient entendre un chant mélancolique et monotone; mais la cérémonie cessa bientôt, parce que les indigènes n'aiment point à avoir des étrangers pour témoins de leurs coutumes superstitieuses. Partout pn croit, dans ce pays, à la magie; et on en. tire une vengeance redoutable. Dès que le faiseur de pluie, dans ses jongleries, a désigné l'individu à qui est attribué quelque sortilège, on le saisit malgré toutes ses protestations d'innocence; on le garrotte, ' et on l'étend de son long sur la terre; puis on place sur son corps des pierres brûlantes, et quand il est couvert de plaies, on y met des nids de grosses fouiv mis venimeuses. Dans ses douleurs cuisantes, le malheureux avoue tout ce qu'on veut; on lui ordonne alors de renoncer au pouvoir qui lui a servi à faire du mal. Sur cet ordre, il abandonna quelque effet qui lui appartient; un collier de verroterie, ou quel-

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que autre ohj^t de parure. On le fait përir ensuite dans les tourments, ou on le bannit de la tribu; ce qui le force d'errer en n^ndiant dans le paysw

La Cafrerie souffre beaucoup de la sécheresse : faute de pluie, les babitatnts des tribus qui dépendent de leurs récoUes de blé et de maïs meurent par cen-^ taines. Menacés de ce malheur, ils ont recours au prophète de la tribu, qui est aussi son docteur et son &iseUr de pluie. On t'engage, par un présent en bes* tiaux, à faire venir de la phiie. Il le promet; dea orages doivent éclater par $es ordres , et la pluie doit tomber à verse. Cependant si , malgré ses promesses , le ciel reste serein, il dit que le bétail qu'on lut a envoyé était trop chétif, et que l'esprit de la pluie n'est pas content. On lui envoie du bétail plus gros-^ et le prophèl;e assigne un nouveau terme à la sécheresse. Le délai expire-t-il encore sans pluie, il déclare que, pour réussir, il a besoin du nœuf favori du chef. Oa hésite long-^ten^ps avant de lui accorder ce présent;, c'est autant de temps gagné pour lui. Enfin on finit par céder; on amène le bœuf, et le proph^e fixe^ un nouveau t^rme pour la pluie. Il est alors aiu bout de ses subterfuge; et si cette fois il ne vient pas de pluie , il ne lui reste, d'autre ressource que de désigner un ho^me ou une femme qui arrête les effets de ses cérémonies ; et c œt sur cette victime que le peuple assouvit sa rage (i).

Le Cafi^e choisit pour son gardiôn l'esprit de quelque chef ou ami décédé, l'invoque dans tous les

(i) Four year^ in southern Àfrica , p. i44>

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périk, lui reod grâces quand il échappe au danger, et lui sacrifie une partie du bœuf qu'il abat, et dii gibier qu'il tue. Lors de la moisson, il éparpille une portion de grains comme une offrande. En passant un gué, il l'invoque par son nom. Lorsqu'un kraal est frappé par la foudre, on l'abandonne, ou bien on brûle un bœuf, ou on l'enterre sur le lieu comme un holocauste à l'esprit offensé du kraal , ou à Ouhlanga, l'esprit du tonnerre. Quelquefois on croit voir errer l'esprit d'un mort , parce que les vdeux qu'il a manifestés à la fin de sa vie n'ont pas été accomplis. On sc^^rifie alors un bœuf pour l'apaiser. Il y a des Gafres qui se précipitent, tout effarés, hors de leur cabane, croyant être poursuivis par quelque fantôme .de ce genre.

M. Cowper Rose , dans son voyage, passa par plusieurs villages où l'on venait de faire la cérémonie de la circoncision. On présenta aux voyageurs les petits garçons qui venaient de subir cette opération ; ils avaient une apparence. grotesque, étant tout enduits de blanc, et ayant la tête et le corps ceints de feuilles d'une espèee de palmier, appelé café des Ca^es. Ils exécutèrent une sorte de danse sauvage, dont la principale figure consiste en un tournoiement rapide, tandis que les femmes chantaient un air monotone, et frappaient sur une peau de bœuf tendu, autour de laquelle elles étaient placées. « Dans la suite de nos voyages, ajoute l'auteur, nous rencontrâmes plusieurs de ces laiderons badigeonnés, et nous remarquâmes que les Cafres leur faisaient tendre la main, et les frappaient avec le kirrî. Ces enfants passent

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pour impurs ou sacrés (je ne sais lequel), et on les tient dans une cabane isolée, ou on les bannit pour un certain temps, au bout duquel ils sont ôensés être hommes. Qua^d un Cafre perd sa femme, il devient impur, quitte le kraal , et va vivre pour quelque, temps dans les buissons. Â son retour, il brûle le kaross qui lui a servi pendant le deuil , et en endosse un nouveau. A la mort d'un chef, on pratique, je crbis, une cérémonie semblable; mais le deuil est alors plus long.

(c Nous remarquâmes sur les bords de la rivière de Key quelques uns de ces amas de pierres, comme on en voit sur les collines auprès de la rivière aux Poissons, et comme les Cafres en érigent, dit-on généralement, aux endroits où ils ont tué des soldats européens. Mes guides m'assurèrent qu'un Cafre, harassé de fatigue, n'a qu'^ ajouter une pierre à un amas déjà fait, pour reprendre de la vigueur. Je demandai comment la première pierre se mettait là. On me répondit seulement que leurs pères et grandspères avaient jeté des pierres, en ces endroits, et qu'ils en. faisaient autant. Ils appellent ces amas vwani. »

Voici quelques anecdotes historiques recueillies par notre voyageur : A la mort du vieux chef sur le territoire de qui Wesley ville a été bâtie, Pato fut nommé son, successe son frère aîné, qui \ gence jusqu'à la majo fut arrivée, Conguar de tout pouvoir, prit

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dan^un endroit vëcnU dû pays. Att bôat d'un eèrtdttt temps , Patô ëiant embarrassé à cause de quelques^ diffêH^ts qu'il avait avec un chef yôisîn et puissant, fiit conseillé d'envoyer consulter son frère Gbnguar. Des messagers furent envoyés pour le rappelcfr; mais ils rapportèrent là réponse que voici : La maison de mon p^rë était souteitiie par trois poteaux; il y ëù avait deux minces 6t faibles sur le devant, et un, le plus fort, par-derrière. Or les plus faibles se sont imaginé qu'ils pourraient soutenir kt maidott sans l'assistance du poteau le plus solide. Eh bien^ qu'ifs s'art'angeiit! — Par lé second poteau faible, il faisait allusion à son autre frère.

Voici ce que l'on raconte de l'élévation de ta famille de Pato : Sous ]e règne de Tshio, il y a maintenant six. générations (les Cafres ne remontent pas plus haut), vivait le fondateur deî cette famille, appelé Quaàni : c'était un grand guerrier et un favori dû roi, qui lui confiait, ainsi qu'a un autre guerrier, Texécution de ses ordres. Il commandait souvent des mesures despotiques , telles que la de^ruction de^ kraais entiers, l'enlèvement des bestiaux, et le massacre des malheureux propriétaires. Quaani, dont lé cœur était bon, éludait l'exécutioti de pareils ordres, en faisant partir les familles qu'il devait détruire on dépouiller, dans les montagnes éloignées, et en envoyant quelques bestiaux au chef, pour lui faire croire qu'on lui avait obéi. Il en avait agi avec cette douceur pendant plusieurs années, lorsque le rot <K)nçtit enfin des soupçons, interrogea l'autre capitaiue, et apprit de lui ce que Quaani avait fait. Il fit

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alors une querelle à sou fisivori ; c^Iui-ci quitta le kraal de Tshio, en dÀ^larant au roi qu'il allait fftssietnblèr son monde. Après une absence de quelques jours, il parut une nuit dans la cabane de la femtnê principale deTshio, et lui dit : Au point du jour, allez trouver le roi, et puis regardez les collines oh tous verrez meà guerriers. La reine fit comme Quaani le lui avait recommandé, et en jetant les regards sur les collines, elle s'écria : Que vois- je! soiit-cè des btiissons de mimosa ? il n'en croissait J)as hier sur ces cdtUnesl Puis^ regardant encore : Voilà des hommes artpés 4hi vie^nnent noua surprendre ! £t Tshio était fort inquiet Quaani descendit leis collines à la tête (f une centaine déjeunes gens armés d'hassagaies et de boucliers, et ayant la tête surmontée d'aigrettes de guerre. Alrivé en présence du roi, Quaani avec ses' guerriers s'agenouilla devant lui, et déposa ^esf armes à ses pieds. On fit venir ensuite les hommes et leé femmes âgés, les enfants et les troupeaux. Quaani dit alors à T^hiô : Yoiéi les gens que vous m'aviez ordonhé de détruire : regardez , je les ai sauvés! Le roi fut touché; ne gardant qu'une partie des gens et des bestiaux, il donna le reste à Quaani, et lui assigna en propriété un territoire sur la côte , de soixante-dix milles de long et douze de large ; et il dit à Quaani : Je vous adopté pttur mon fils ; vous êtes actuellement du nombre des Amachoui ( tribu du chef); et si un fils des miens levait sa hassagaie contre vous, vous pourrez lever la votre contre lui, car vous êtes son égal.» C'est donc de ce favori parvenu que descendent Toguh , Hinza , et puis Pato.

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Ausfi^ &ûk revenaot d'un voyage chez Hioza, un dés missionnaires, obligé de faire raconter son entrevue par son interprète dans un kraal où il s'était arrêté pour la nuit, entendit à la fin de chaque sentence que l'on relatait du roi, ces paroles : Voilà comme disait Hinza, vrai descendant de Toguh, grand seigneur de cette terre; et le Cafre qui écoutait, répétait: «c Voilà comme disait Hinza, vrai descendant, etc. »

Quoiqu'un chçf cafre ne déploie aucun faste de souverain, et ne se distingue point dans son extérieur de ses sujets, au point que lorsqu'ils sont réunis avec lui autour d'un feu, sa pipe royale fiasse de bouche en bouche, il reçoit pourtant les adulations les plus basses, et il n'est pas rare d'entendre uil Cafre de la classe du peuple saluer ainsi^spn chef: Ce jour je vois un véritable chef, et je suis son chien.

Au reste , ce n'est pas dans l'oisiveté et l'apathie qu'ils. montrent autour de leurs feux et dans leurs cabanes que l'on peut juger du vrai caractère des Cafresf c'est à la chasse des animaux monstrueux de leur pays qu'il feut les voir déployer leurs belles formes, leur force, leur adresse; comment ils savent étendre et resserrer, le cercle des chasseurs autpur de leur victime ; comment ilsprofitent dumoment de l'approche, pour lançjw contre elle une grêle de dards; comment ils disparaissent quand l'animal furieux se précipite sur ses agresseurs ; comme ils se glissent à travers les buissons, ou se cachent sous le feuillage ^ pour je surprendre; comment ils profitent adroitement de toute roche et de toute inégalité de terrain ,

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