‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 53 sur 206 · LA GRÈGE · texte numérisé non relu

LA GRÈGE

les fréquentes et pressantes instances d*hommes politiques qui jugeaient néfaste pour la Grèce cet état de perpétuelle agitation et ce que Ton appela < la dictature ministérielle », le roi s'était refusé à intervenir entre les partis» et, se renfermant strictement dans son rôle constitutionnel, il avait toujours confié le ministère au chef de la majorité. Mais quand la Chambre voulut mettre Tricoupis en accusation, le roi sortit une première fois de sa réserve. Puis, convaincu que la politique de Delyannis mettait le royaume en péril, il lui demanda sa démission, et, n'ayant pu l'obtenir, révoqua le ministère (février 1892). Un ministère de tiers parti (ministère Gonstantopoulo-Rallys) procéda à la dissolution de la Chambre; le pays, applaudissant à la conduite du roi, nomma une majorité de partisans de Tricoupis. Celui-ci reprit le pouvoir et le garda, avec une interruption de six mois (ministère Satirapoulo, mai-novembre 1893), deux années et demie (juin 1892-janvier 1895). Delyannis revint aux affaires en juin 1895. La situation financière était de plus en plus mauvaise : la circulation du papier avec cours forcé était hors de proportion avec le numéraire dont disposait le pays; la Grèce payait mal ses créanciers. En Europe, on parlait d*imposer au petit royaume un contrôle financier international. Une partie de la nation n'en rêvait pas moins de conquêtes et, s*irritant des progrès des Bulgares en Macédoine, poussait aux aventures, à quelque coup d'éclat qui permettrait de réaliser « la grande idée » soit en Crète, soit en Macédoine même. Cette politique d aventure était celle d'une association mi-secrète, mi-publique, YElhnikè Hélairia, qui, lorsque se produisirent les troubles de Crète en février 1897, poussa le gouvernement à envoyer un corps de troupes pour aider les insultés et annexer Tile. Elle lançait en même temps des bandes armées en Macédoine. Delyannis ne put résister i Topinion surexcitée. La guerre éclata avec la Turquie. Elle fut malheureuse dès le début. Le roi révoqua le ministère Delyannis et le remplaça par un cabinet Railys, que la Chambre renversa lorsqu'il présenta à sa ratification le traité que les grandes puissances imposaient à la Grèce et à la Turquie. Depuis lors, jusqu'à Tannée 1900, la Grèce a eu encore deux ministères : en 1898 un ministère

Zaïmis (189^-1899) et un ministère Tiiéotokis, le quarante-septième depuis Favènement du roi Georges.

BIBLIOGRAPHIE

Voir ci-dessus, les indications générales données au tome XI, page 253. Ajouter pour Seig:nobo8 son chap. xxviii, et Debidour, ses chap. xii elxiii.

Aux annuaires indiqués ci-dessus, tome XI, p. 253, il faut ajouter les Archives diplomatiques , 1871-1900; La vie politique à V étranger^ depuis 1889; Daniel, Vannée politique. Les documents officiels sont parlieilemem publiés par les gouvernements dans les Livres jaunes, bleus, rouges, blancs.

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/. — La Turquie.

La population. — Entre 1840 et 1870, les Osmanlis étaient la minorité dans la population totale de Tempire (musulmans et chrétiens compris) *; depuis 1870, ils tendent i devenir la majorité. D*une manière générale, tous les musulmans qui viennent du dehors s'établir en Turquie d'Europe ou en Analolie (la Syrie et les pays de langue arabe non compris), se fondent, à la première génération, dans la population osmanlie; à partir de 1829, date de Taffranchissement de la Grèce, les Osmanlis se sont incorporé et assimilé de cette manière les nombreux immigrants musulmans provenant des provinces qu'ils ont successivement perdues, ou venant de pays conquis parles Russes : Hellènes, Serbo-Croates, Bulgares, Circassiens. Cet afflux d'éléments nouveaux, qui s'est sensiblement accéléré depuis 1870, et d'autre part la séparation de provinces peuplées surtout par des non Osmanlis, a renversé les proportions entre • races » dans l'empire. La marche vers la nationalisation turque des non Osmanlis de l'empire a été, d'une part, aidée par la politique du présent sultan Abd-ul-Hamid; de l'autre, contrariée par le réveil particularisle chez des peuples semimusulmans, les Albanais et les Arabes des villes (Araméens), ou entièrement musulmans, les Arabes organisés en tribus et

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