I. Voir ci-d£ssu9, t }U» p 911 et suiv
L'un, qui avait attiré laitention par une vigoureuse peinture religieuse {Assomption) — où quelque chose semblait revivre de l'ancien réalisme espagnol — , fut bientôt attiré vers le portrait, où ses qualités d'observation directe et forte, son imagination plus précise que créatrice et sa loyauté trouvèrent leur emploi. Quant h Henner, après avoir, d'une touche large, grasse et tranquille, peint quelques portraits véridiques de braves gens de son pays d'Alsace, il devint le peintre des heures crépusculaires où, dans le paysage simplifié, sur des fonds de ciel de turquoise reflétés au tranquille miroir d'une source, des formes apparaissent d'une blancheur ambrée, laiteuse et douce, pareille à des fleurs ouvertes dans la vivante obscurité. Jean-Paul Laurens écrivait en belle prose des pages d'histoire, empruntées aux vieilles chroniques — et mettait au service de son imagination dramatique et réaliste un rare scrupule de vérité.
Hors de l'école et de toute école, un maître épris d'ombre et de solitude, Théodule Ribot, évoquait, dans la manière forte de Michel-Ange de Caravage et de Ribera, des scènes tirées du martyrologe, — puis, à mesure qu'il avançait dans son œuvre, observateur silencieux, rude et ému de la vie, il se plaisait à peindre, sur des fonds d'ombre opaque (à l'heure même où d'autres proclamaient le dogme du pleinairisnie)^ les visages rugueux et couperosés de vieilles gens que Tàge, la vie, la pauvreté, l'inquiétude avaient marquées de leurs rides et dont les yeux s'éclairent pourtant de tendresse, de piété et de tristes sourires; — ou bien, comme un Chardin mélancolique, des pelils marmitons. Bonvin, tout près de lui, se révélait peintre délicat du clair-obscur et de l'intimité.
C'est en somme au réalisme que se rattachent tous les peintres dont l'œuvre aura marqué dans l'histoire de l'art français à la fin de ce siècle. Tous, quelle qu'ait pu être la diversité de leurs origines, de leurs tendances et les qualités particulières de leur vision, auront eu cette préoccupation et cette marque communes de tirer de « l'humble réalité » la matière de leurs maîtresses œuvres. Bastien Lepage fit, avec la précision un peu sèche d'un primitif, le portrait de la terre lorraine et des pay-