LE BRÉSIL
de TAmazonie. Le maréchal de camp Da Fonseca y avait perdu la sanlé et en gardait rancune au ministère présidé par Ouro- Preto; on imputait à celui-ci Tidée de supprimer peu à peu l*armée et de la remplacer par une garde nationale. Le 15 novembre, Da Fonseca souleva les troupes et mit en arrestation les ministres. Le 16, Don Pedro, alors dans sa résidence de Pétropolis, signa son abdication. Le 17, il s'embarqua pour le Portugal avec toute sa famille.
Régime républioain (depuis 1889). — L'état-major de cette révolution forma un gouvernement provisoire et proclama la République, sous la forme fédéra tive pour rallier les sympathies des provinciaux. Da Fonseca devenait président et les ministères étaient partagés entre Barbosa aux finances, Bocayuva aux affaires étrangères, Wandelkock à la marine, le général Peixoto à la guerre, De Magalh&es à Tinstruction publique, etc. Malgré la présence de ministres civils, c'était un gouvernement militaire, issu d'un coup d'Etat militaire; les provinces reçurent pour la moitié des gouverneurs pris dans l'armée; d'ailleurs le gouvernement provisoire se déclara constitué par l'armée et par la marine au nom de la nation.
Le nouveau gouvernement, en attendant de promulguer une constitution, prit un certain nombre de mesures radicales : séparation de l'Église et de l'État; établissement du mariage civil; institution d'une fête nationale le 14 juillet, à l'instar de IfiL France ; la devise positiviste Ordre et Progrès inscrite sur les drapeaux. L'influence des idées françaises se trahissait encore dans quelques détails caractéristiques, comme les correspondances officielles se terminant par le fameux Salut et fraternité!
L'élaboration d'une constitution, votée le 26 février 1891, avait été simplifiée par le désir de façonner les États-Unis du Brésil sur le modèle de la grande République nord-américaine.
A la base de la constitution sont le suffrage universel ^ et le fédéralisme. Chacun des vingt et un États a son autonomie ; le gouvernement fédéral est constitué par Yexécutif, dévolu à un président élu pour cinq ans (suffrage à deux degrés), et le légis-
1. Pour écarter les nègres on a déclaré que les électeurs devraient savoir lire et écrire.
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laiif, qui réside en deux Chambres, dont la Chambre haute représente les Etats (trois représentants par Etat), tandis que la Chambre des députés représente la population (un député pour 70 000 électeurs).
En réalité, si le Brésil venait d*être dolé d'une constitution admirablement faite pour Texercice de la liberté politique, et heureusement éprouvée ailleurs, il connut dans les premières années du régime républicain les vicissitudes ordinaires des pays récemment appelés à la vie politique.
Ce ne furent d'abord que conflits entre Texécutif et le législatif, le président et les Chambres, entre le pouvoir fédéral et les provinces, entre les deux corps rivaux d'officiers de larmée de terre et de Tarmée de mer. L'ère des coups d*Elal et des guerres civiles commençait.
La présidence de Da Fonseca dura deux ans; il crut d'abord pouvoir s'imposer par des mesures brutales : dissolution du congrès (4 novembre), proclamation de l'état de siège; mais il lui fallut céder à la force : le Rio Grande do Sul s'insui^ea; des mouvements éclatèrent à Bahia, à Pernambuco, même à Rio-de Janeiro. La flotte se prononça contre Da Fonseca. Il dut donner sa démission (23 novembre 1891).
Le président du Sénat, vice-président de la République, qui avait joué un rôle important dans la campagne menée contre Da Fonseca, prit le pouvoir à titre provisoire : c'était le général Peixoto. Il leva l'état de siège et rappela le congrès. Il eut à dompter des insurrections dans le Rio Grande do Sul et leMalto Grosso. En 1893 la flotte se révolta sous le commandement de l'amiral Custodio de Mello, auquel s'associa l'amiral Saldanha de Gama; Rio fut bloqué et bombardé; mais l'armée l'emporta sur la marine en 1894.
Enfin, en 1894, Peixoto se retira après avoir fait sanctionner sa conduite par le congrès. C'est sous la présidence du docteur G. Prudente de Moraës Barros (15 novembre 1894-1" mars 1898) que fut réglée, par un arbitrage du président des Étals- Unis de l'Amérique du Nord, Cleveland, la question du territoire des Missions : il fut partagé entre le Brésil et l'Argentine (traité de Montevideo, 25 janvier 1890). L'Angleterre