L ARABIE ET LES ARABES
après sa mori, sa veuve Zénobie, la Zebba des chroniqueurs arabes, tinrent tête aux forces romaines en Orient. L'éphémère royaume de Palmyre détruit, l'investiture impériale passa à d'autres familles et se fixa dans colle des Ghassanides, qui devait la conserver pendant trois siècles. 'Les « phvlarques » ghassanides, convertis au christianisme avec leurs sujets, prirent une part active aux guerres contre les Perses, du iv° au \i^ siècle. L'un d'eux, Harilh V, l'Aréthas de Procope, fut l'un des meilleurs lieutenants de Bélisaire dans les campagnes d'Asie. Le Hedjaz : la Mecque. — Moins accessible que les établissements d Irak et de Syrie, moins fait que l'Yémen pour exciter les convoitises, le Hedjaz avait pu échapper, sinon tout à fait aux influences, du moins aux dominations étrangères. Dans la partie nord, si rapprochée de la Palestine, il s'était produit une infiltration d'immigrants juifs, dont la masse principale, les grandes tribus des Benou-Nadhir et des Kora'iza, était arrivée, dans le premier et le second siècle de l'ère chrétienne, fuvant les exterminations de la guerre romaine. Au iv*^ siècle, survinrent les tribus aralies des Ans et des Khazradj, originaires de l'Yémen, mais portées par des déplacements successifs de l'Yémen dans le Hedjaz du sud. du Hedjaz du sud dans la Syrie, et de la Syrie dans le Hedjaz du nord. Après des luttes acharnées, tribus juives et tribus arabes, tantôt dominantes, tantôt assujetties, se partageaient tant bien (jue mal les villes de Khaïbar et d'Y'atreb et le pays environnant. Dans le Hedjaz du sud, où les Moustariba, descendants d'x\dnan, vivaient côte à côte avec des tribus kahtanides, émigrées de l'Yémen, le sanctuaire delà Kaaba était devenu le centre d'un petit état religieux dont l'importance grandit surtout après la chute de l'hégémonie himyaritc. L'intendance du temple, avec les profits matériels et l'influence qu'elle procurait, avait appartenu d'abord aux Djorhomites, puis aux Khozaa, les uns et les autres originaires de l'Yémen. Elle avait ensuite passé aux mains des Koraïcliites, qui descendaient de Màad, l'un des fils d'Adnan.^Vers le milieu du v" siècle, le Koraïchite Kassoï. « le rassembleur », groupa ses contribules jusqu'alors dispersés, fond;) la ville de la Mecque, construisit le Dar-en-yiadoua, chambre du conseil; institua l'étendard sacré,
lioua; leva la taxe pour l'entretien des pèlerins pauvres, ri fada; créa les fonctions à la fois politiques et sacerdotales de la sikaïa, distribution des eaux, de la hidjaha, administration du temple. Ses successeurs, lors de la « guerre de l'Eléphant », repoussèrent une invasion des Abyssins, alors maîtres de l'Yémen (570). Depuis, les Koraïchites s'intitulaient £"/ Hounis, les héros.
Le Nedjd. — La plupart des tribus du Nedjd étaient issues de Màad, comme les Koraïchites.
Très remuantes, toujours disposées à s'armer les unes contre les autres, elles ne surent qu'à de courts intervalles s'unir en un groupement puissant. Elles se trouvaient le plus souvent dans la dépendance des Etats arabes, mieux constitués, avec lesquels elles étaient en contact, tantôt du Hira, tantôt de l'Yémen. Mais leur soumission ne fut jamais complète, leurs fréquentes révoltes étaient parfois victorieuses. Celle qui éclata vers la fin du v« siècle aboutit à la formation d'un royaume indépendant sous Kolaïb-Ouaïl. Son arrogance, qui devait rester proverbiale, provoqua un soulèvement qui lui coûta la vie. Après la « guerre de Bagous », la domination yéménite fut restaurée pour quelque temps, puis renversée par le roi de Hira, Moundhir III, dont la suzeraineté fut un instant acceptée par toute l'Arabie centrale. Plus tard, l'influence persane pénétra par le Hira et par l'Yémen, mais les nomades du Nedjd demeurèrent en fait indépendants. Les Benou-Temim pillaient les caravanes que le vice-roi persan d'Yémen envoyait à son souverain; une autre tribu, les Bah\ après la chute du roi de Hira, Noman V, prenait son parti contre Khosroès Parouiz et battait complètement, à la journée de Dhou-Kar, en Gil, un corps de cavalerie persane renforcé d'auxiliaires arabes.
//. — Les Arabes au VIP siècle.
Les mœurs. — Une partie du peuple arabe était sédentaire, habitait des villes et des villages où elle se livrait soit à la culture, soit au commerce. Les Mecquois, par exemple, faisaient