‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 110 sur 192 · Que nous appelons AbLléramc. Voir ci-dessus, chapitre vi · texte numérisé non relu

Que nous appelons AbLléramc. Voir ci-dessus, chapitre vi

2. Le ïurkeslan. Les Iraniens (Persans, Afghans, etc.) donnent le nom de Touranicns aux races non iraniennes du nord.

les plaintes, écoutent les conseils, vivent en toute simplicité, comme autrefois le Prophète. Au temps d'Omar, le satrape persan Hormazdan, amené prisonnier à Médine, aperçoit un homme qui dort dans un coin, le visag-e tourné vers le mur, un fouet placé sous sa tète, et couvert d'une tuni(|ue rapiécée : on lui dit que c'est là le khalife. Les Omméïades mènent un autre train, dans leur palais de Damas. Bien que les règles de succession n'aient jamais été très nettement fixées, ce sont des monarques héréditaires formant dynastie. Quelques-uns sont d'étranges vicaires du Prophète : Yézid P"" aime le vin, la chasse, la danse, et n'en fait pas mystère; Oualid II, franchement impie, s'exerce à tirer de l'arc en prenant le Koran })our cihle. Omar II est une sorte de saint, mais il constitue une exception dans la famille. Les Moaouia, les Abd-el-Mélik, les Oualid P"" s'abstiennent, par prudence, de froisser les sentiments religieux des Musulmans; au besoin ils savent s'en servir; mais les intérêts de l'Etat les touchent plus que ceux de la foi; ils gouvernent en politiques et non pas en apôtres. Les généraux d'armée et les gouverneurs de province changent de caractère comme les khalifes qu'ils représentent. Eux aussi ont été d'abord des chefs religieux, chargés de la direction spirituelle aussi bien que du commandement militaire. Ils deviennent de plus en plus des administrateurs et des soldats de profession, occupés beaucoup moins de religion que de guerre, de finances et d'affaires temporelles. L'étendue de leur commandement, l'importance des intérêts et des forces qu'ils ont entre les mains, la distance énorme qui les sépare de la capitale concourent à leur faire une situation personnelle considérable, dont quelques-uns abusent pour commettre des excès de pouvoir ou des concussions. Il est bien difficile aux Omméïades de les tenir en main comme faisait Omar I".

Musulmans et sujets. — Omar s'était étudié à maintenir une séparation complète entre les croyants et les infidèles. En dehors de l'Arabie il ne cherchait pas à faire des prosélytes. A condition de ne pas porter d'armes, de ne pas revêtir le costume réservé aux Musulmans, de leur manjuer de la déférence, de ne se permettre aucun propos olTensant contre la

religion du Prophète, les infidèles pouvaient conserver leurs usages, leurs lois, leur juridiction séparée, le libre exercice de leur culte. Ils gardaient même leurs terres, mais à titre d'usufruitiers; la propriété du pays conquis appartenait à l'État, auquel ils devaient payer, outre la capitation ou impôt personnel, le hharadj, véritable redevance pour la tenure qui leur était laissée. Le produit de ces impôts alimentait le trésor; un divan ou cour des comptes en réglait l'emploi. On y puisait pour donner des pensions aux veuves du Prophète, aux membres de sa famille et de l'aristocratie religieuse, pour servir une solde aux chefs militaires et aux troupes qui, en temps de guerre, recevaient, en plus, les quatre cinquièmes du butin. Dans ce système la population était partagée en deux classes bien distinctes : les Moslim ' arabes, caste religieuse et guerrière, qui priaient et combattaient; les sujets hi fidèles, qui travaillaient et payaient. Tout fut bouleversé d'abord par les conversions que certains généraux musulmans imposèrent, qui souvent aussi furent volontaires et spontanées : elles devinrent bientôt si nombreuses qu'un gouverneur d'Egypte exprimait la crainte que, tous les chrétiens se faisant musulmans, le trésor ne perdît toutes les ressources qu'il tirait de cette province. En même temps, les Arabes s'installaient à demeure dans les pays conquis, s'emparaient d'une partie des terres, les faisaient cultiver pour leur compte ou les donnaient à ferme aux anciens possesseurs. Ainsi, d'une part, la classe dominante des Moslim n'était plus purement arabe, puisqu'elle se mêlait de convertir les étrangers, qu'elle s'ouvrait même aux esclaves, ces « affranchis de Dieu » ; d'autre part, les Arabes ne formaient plus une masse homogène, une armée compacte et toujours mobilisée : ils devenaient, suivant la contrée où ils étaient fixés. Syriens, Persans, Africains, Espagnols. Ils laissaient les religions et superstitions indigènes réagir sur leur croyance. La conquête absorbait les conquérants.

Chute des Omméïades : avènement des Abbassides. — La légitimité des Omméïades avait toujours été contestée par

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