Voir ci-dessous, chapitre xiv
Krum, leur Khan, menace Constan'dnople, défait et tue Xicéphore P"" et, de son crâne, fait une coupe oii boivent après lui tous ses grands. Toutefois, au contact des Slaves qu'ils ont soumis, ces nouveaux venus de la barbarie se sont quelque peu civilisés. Dès le ix" siècle, sous le roi Boris, ils sont devenus chrétiens (864 ou 865). Les populations slaves subjuguées ont imposé aux vainqueurs jusqu'à leur langue, ont fait de ces Finnois des Slaves. Cette assimilation les rend plus redoutables encore pour l'Empire grec : ils créent un Etat; leur tsar modèle sur Constantinople sa cour de Preslav et son gouvernement. Au x*" siècle, le tsar Siméon, qui avait été élevé à Constantinople et qui protégeait les lettres grecques, prend le titre de Basileus et obtient du pape la couronne impériale.
La Bulgarie était déjà bien forte lorsqu'en 889, à propos de questions de commerce, Léon VI engagea une nouvelle guerre. Après une première défaite, il fait appel aux Hongrois, qui envahissent l'empire bulgare. C'était s'exposer à de terribles représailles : dès 892, une armée grecque, commandée par Catacalon, était battue par les Bulgares. Au siècle suivant, la situation est critique : en 913, les Barbares campent sous les murs de Constantinople; en 914, ils s'emparent d'Andrinople; en 917, ils remportent la victoire d'Anchiale. Il semblait que les derniers jours de l'Empire fussent arrivés, lorsque Siméon , « le Charlemagne bulgare » , apparut de nouveau devant la capitale (924). Mais un événement étrange s'accomplit : après une entrevue avec l'empereur Romain Lécapène, le tsar bulgare se retira, quoique sans signer la paix. Quelques années plus tard, le successeur de Siméon, Pierre, épousait la petite-fille de Romain Lécapène (92") ; il gardait en grande partie les conquêtes de Siméon, jusqu'au revers méridional du Rhodope et au cours du Strymon. Jusqu'à la fin du règne de Constantin Porphyrogénète, rien ne troubla les rapports pacifiques des deux em[)ires. La guerre reprit dans la seconde moitié du siècle, quand Nicépliore Phocas refusa de payer tribut aux Bulgares et fit appel aux Russes; elle prit le caractère d'une lutte à mort, avec Basile II. Le tsar Samuel, qui avait établi sa ca])italc à Prespa, sur les bords du lac
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d'Ochrida, avait envahi la Thossalie, la Grèce propre; il menaçait Salonique, même le Péloponèse. Une grande victoire est remportée en Thessalie, sm* les bords du Sperchios, par le général Nicéphore Ouranos (996). Bientôt, Basile II se met luimême à la tête des armées (999). Il pénètre dans l'empire bulgare, reprend Berrhée, Servia, Vodina (1001), Viddin (1002). Ai»rès quelques années de répit, il dirige une nouvelle expédition, force Samuel à la fuite, et lui renvoie 15000 Bulgares prisonniers, auxquels il a fait crever les yeux, n'en épargnant qu'un sur cent qui doit reconduire ses compagnons (1014). La guerre prenait un caractère atroce. Samuel mourait de chagrin, deux jours après avoir reçu la nouvelle de ce désastre. Basile transplante des Bulgares, des Slaves, en Arménie ; il établit en Bulgarie des colonies grecques, arméniennes. Enfin, en 1018, la Bulgarie découragée, troublée par l'anarchie, se soumet. Marie, veuve de Yladislav, le dernier roi, se retire à Constanlinople avec ses enfants. Basile II parcourt les provinces reconquises; à Athènes, dans le Parthénon transformé en église de la Vierge, il rend grâce à la Panaghia '. Par ces victoires, oii il conquit le surnom de Bulgaroctone (tueur de Bulgares), les possessions byzantines en Europe étaient doublées.
Contre les Bulgares, le souverain de Constanlinople avait quelquefois appelé un autre peuple, appartenant comme eux à la race ouralo-altaïque : les Hongrois ou Magyars, qui s'étaient établis au nord du Danube, dans l'ancienne Dacie, à la fin du ix'' siècle. Leurs tribus reconnaissaient en temps de guerre l'autorité d'un chef militaire suprême : ce pouvoir devait se fixer, en se fortifiant, dans la maison d'Arpad. Capables de former des armées de 200 000 cavaliers, les Hongrois furent la terreur de l'Europe centrale. En Orienl. ils firent trembler leurs voisins barbares et commencèrent par refouler les Bulgares au sud du Danube. Les empereurs virent d'abord des auxiliaires dans ces nouveaux venus; mais ils durent changer d'avis quand, perçant à travers la Bulgarie, les Hongrois s'abattirent sur les provinces byzantines. En 934, en 943^