‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 149 sur 192 · Aujourd'hui mer d'Azov · texte numérisé non relu

Aujourd'hui mer d'Azov

Histoire générale. I. 44

auraient formé du moins une partie de la population de l'empire que l'on désignait sous le nom général d'empire scylhe ou sar-

mate '.

Les Slaves n'avaient pris possession des territoires où nous les montrent les plus anciennes recherches qu'à la fin de la période du bronze. Certains faits semblent prouver que, déjà à cette période, se préparait la division, qui s'est marquée toujours plus profonde dc[>uis lors, entre les Slaves de l'Ouest et les Slaves de l'Est et du Sud.

Les Slaves et les Romains. — De très bonne heure, les Slaves s'avancèrent vers l'ouest, franchirent les Karpathes et occupèrent les rives du Danube moyen. Dans l'état actuel de la science, il serait très imprudent d'affirmer que les Daces aient été des Slaves, et il est probable que la question restera toujours insoluble. Mais il n'est pas douteux que des Slaves se trouvaient compris dans le vaste empire dace qui, à l'époque de Décébale, s'étendait de la Theiss au Dniester et du Danube aux Karpathes. Le vieux chroniqueur russe, Nestor (- vers llio), nous raconte que les Vlaques ~ « attaquèrent les Slaves sur les bords du Danube, s'établirent dans leur pays et les soumirent par la violence ». Il ne s'agit pas ici, comme on l'avait longtemps pensé, d'une attaque des Celtes, mais des légions de Trajan. Le nom du vainqueur de Décébale se retrouve dans les chants populaires des Petits-Russes, des Serbes et des Bulgares, et Trajan finit même par être admis dans le panthéon slave.

L'apparition des légions romaines dans les Karpathes produisit un grand mouvement parmi les Slaves et fut comme le premier signal de leur marche en avant. C'est l'époque où les Barbares du nord {Barbarl suj^eriores) commencent à remplacer, entre la Vistule et l'Oder les Germains, qui s'avançaient vers l'ouest et le sud, tandis que, vers le nord, ils chassent devant eux les Tchoudes, de race ouralo-al laïque, branche finnoise, peu

1. Ce que nous avons dit sur les origines des Slaves représente Topinion moyenne actuellement la plus répandue. Mais bien des points restent encore singulièrement obscurs et, même sur les questions essentielles, l'union est loin d'être faite entre les historiens et entre les philologues.

2. Les Vlaques sont la même chose que les Welches, les Latins, les Romains. D'où le mot Valaques, pour désigner une fraction de la race roumaine.

nombreux et (jui n'avaient pas dépassé un état inférieur de civilisation.

Vendes. Serbes. Antes, Slaves. — Les Germains donnaient alors aux Slaves le nom de ]'endes (probablement : die Weidenden, les habitants de la grande prairie). C^est aussi de ce mot. Vendes, Vénètes ou Vénèdes, que se servent Tacite et Pline. (]ui nous fournissent les premiers renseignements un peu précis sur leurs établissements. Les Slaves se nommaient eux-mêmes Serbes : doù Ion rapproche la forme Spo)'es, assez fréquente chez les écrivains l)yzantins. Ce mot paraît avoir exprimé l'idée de peuple, nation. On a cru pendant longtemps <|ue le nom iV Antes s'appliquait aussi à des peuples slaves; on admet plus volontiers aujourd'hui qu'il désigne des chefs d'origine asiatique qui avaient établi leur domination sur certaines tribus slaves des bords de la mer Noire. Les noms de Serbes et de Vendes sont encore usités de nos jours, mais ne <lésignent plus que des groupes particuliers. Dans leur sens primitif et général, ils ont été remplacés par le nom de Slaves (sous sa forme la jdus ancienne : Slovanes, Slovènes. Slovaques), qui vers le ix" siècle commence à s'introduire dans son acception actuelle. On a fait tour à tour venir le mot Slave de slovo, parole, de slava, gloire ; mais ces étymologies ne sont nullement certaines.

L'invasion : occupation de la péninsule des Balkans. — La grande poussée en avant des Slaves, vers le sud et le centre de l'Europe, commence dès la fin du second siècle après Jésus-Christ. C'est d'abord vers le sud et contre la péninsule des Balkans que se tournent surtout leurs efforts. L'oi)inion traditionnelle qui nous représente les Slaves comme un peuple pacifitpie, prenant possession, sans violence et sans bruit, de telles vacantes, est extrêmement exagérée : elle est absolument fausse en ce qui concerne l'occupation de la péninsule du sudest de l'Europe. Pendant «jualre siècles, leurs incursions et leurs ravages remplissent l'histoire de l'Empire byzantin '.

Ils commencèrent à s'établir en grand nombre dans les pro-

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