‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 156 sur 192 · Anatole Leroy-Beaulieu, VEmpive des tsars, t. l, p · texte numérisé non relu

Anatole Leroy-Beaulieu, VEmpive des tsars, t. l, p

hérésies d'aujourd'hui, dans leur épopée et leur poésie populaire dans leur ornementation, on retrouve des traces non douteuses du génie finnois.

Peuplades ougriennes et turques : les Avars. — Séparés de la Baltique par les Lithuaniens et les Finnois, les Russes s'étaient éloignés des bords de la Caspienne et de la mer Noire, dont les rives étaient trop souvent balayées par le flot des invasions. Après la domination des Goths, ces régions furent occupées par des peuplades ougriennes ou turques *, Huns, Bulgares, Avars, Khazars, Petchénègues, Polovtsi, Magyars, etc. De ces peuples, les uns, tels que les Khazars de la Caspienne ou les Bulgares du Yolga, fondèrent des Etats qui eurent un moment de puissance et de gloire; les autres continuèrent leur existence incertaine et nomade jusqu'au jour où ils furent entraînés dans quelque tourbillon ou refoulés par les progrès de la Russie; d'autres enfin, après avoir séjourné quelque temps dans ces régions, continuèrent leur marche vers l'ouest, épouvantèrent l'Europe de leurs ravages €t réussirent parfois à s'y établir. Les Bulgares soumirent ainsi à leur autorité les Slaves du Danube inférieur; les Avars fondèrent un éphémère empire dans la Pannonie, et, plus tard, les Magyars y créèrent un Etat qui subsiste encore.

Arrivés sur les bords de la mer d'Azov vers le milieu du vi^ siècle, les Avars, après avoir ravagé à diverses reprises l'Empire grec, aidèrent les Lombards à vaincre leurs rivaux, les Gépides, et se fixèrent dans les contrées de Pannonie et de Dacie, que le départ des Lombards rendait vacantes. Sauvages et cruels, ils faisaient peser sur les vaincus une odieuse tyrannie, et le souvenir de ces géants (Avars, Obres) revient souvent dans les contes légendaires des Slaves. Toujours en course, ils enfermaient leur butin dans un ring, retranchement en forme de cercle, qu'entouraient des murs hauts et épais de vingt pieds, de pierres et d'argile, et que protégeaient des palissades. Ils eurent plus lard neuf ring, dont quelques-uns avaient plus de mille mètres de circonférence. Affaiblis par les divisions, amollis par

1. Les peuplades ougriennes ou turques ne sont d'ailleurs que des rameaux de la race ouralo-altaïque.

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