LES HONGROIS
les richesses, incapables de maintenir dans l'obéissance les peuples qu'ils avaient soumis, ils inspiraient encore une crainte presque superstitieuse, et Charlema^ne ne les attaqua qu'après de longs et sérieux préparatifs. En 795, leur principal rinrj fut enlevé, et Pépin acheva la conquête l'année suivante. Depuis 822. ils se perdent dans l'histoire, sans laisser de traces'. De là le dicton russe rapporté par Nestor : « Périr comme les Obres. »
Les Magyars : histoire primitive. — Les Hongrois ou Magyars furent plus habiles et plus heureux. Le nom de Hongrois, simple contraction de Hun-Ougrien. fut donné par les Slaves aux nomades (pii, vers la fin du ix' siècle, envahirent les plaines de moyen Danube, et il fut adopté par les Allemands. Les nouveaux venus se nommaient eux-mêmes J/rt^yr/rs. Au moyen âge. on faisait venir ce mot de Magog, le fils de Japhet; les savants modernes n'ont pas eu de peine à démontrer l'inanité de cette explication, mais ils n'ont pas réussi à trouver le sens réel de Magyar. Les Hongrois avaient habité d'abord dans le voisinage de l'Ougrie ou lougrie. nom sous lequel on désignait encore, au xvi^ siècle, le pays à l'est du moven Oural. Sur les rives du Don et du Dnieper, ils subirent l'influence des Khazars, auxquels ils durent leur organisation en confédération; ils formaient alors sept hordes ou tribus. Des Khazars. des Avars se joignirent à eux.
Attaqués par les Petchénègues, les Magyars s'enfuirent dans YAtelkusu ou Etel-Koz, c'est-à-dire probablement sur le territoire que baignent le Pruth, le Sereth, le Dniester, le Boug et le Dnieper. Une nouvelle attaque des Petchénègues et une défaite que leur infligèrent les Bulgares du Danube les déterminèrent à s'avancer plus loin vers l'ouest. Furent-ils appelés par Arnulf ^ qui aurait sollicité leur alliance contre les Moraves? Les historiens allemands entassent les raisonnements pour démontrer l'innocence d'Arnulf, mais il n'est pas douteux qu'en 892 un corps hongrois, cerné par les Moraves, fut dégagé par le roi de Germanie, et c'est bien comme auxiliaires des Allemands que les hordes ougriennes semblent ainsi avoir