‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 166 sur 192 · Anatole Leroy-Beaulieu, r Empire des tsars, t. I, p · texte numérisé non relu

Anatole Leroy-Beaulieu, r Empire des tsars, t. I, p

isolée fin reste de l'Europe, séparée de ses voisins les Slaves polonais par des préjugés et des haines irréconciliables, abandonnée à ses seules forces contre les invasions asiatiques. La civilisation, importée du dehors et comme mûrie trop vite, g-arda quelque chose de superficiel et de factice; enfin, le type de société que Byzance offrit à son imitation était peu favorable aux besoins d'un peuple jeune et d'un Etat encore en voie de formation.

Influences européennes sur la Russie. — L'action de Byzance ne fut cependant dangereuse que parce qu'elle devint exclusive, à partir du moment où, d'une part le schisme des églises orientale et occidentale, d'autre part l'invasion mongole rompirent toute relation entre la Russie et les contrées de l'Ouest. Sous laroslav, si l'influence du clergé était déjà visible à côté de celle de la droujina et des anciens des communes, la constitution politique et sociale était encore en grande partie germanique. Le code publié par laroslav et connu sous le nom de Rouskaïa Pravda {le droit russe) rappelle sans cesse les coutumes Scandinaves. Le pritice, même à la mort ife laroslav, ressemble bien plus à quelque chef franc qu'à un empereur romain. D'autre part, les divisions sociales commencent à s'établir : au-dessous de l'aristocratie des compagnons du roi, comprenant les gridl, les mouges (hommes, l)arons) et les boïars (seigneurs), le paysan a déjà perdu une partie de ses droits; il devient le mougik (l'homme de rien, homunculus). Les anciennes traditions démocratiques sont encore assez vivantes cependant pour que sa situation reste supportable et, dans les villes, les institutions libres se sont maintenues. Les relations avec l'Occident sont fréquentes et « l'on peut dire de la Russie du xi« siècle ce que l'on ne pourra plus dire de la Russie du xvi% qu'elle était un Etat européen '. »

A la mort de laroslav (lOoi), la situation, sans être exempte de dangers, autorisait bien des espérances. Les destinées de la Russie dépendaient de la sagesse et de l'intelligence de ses chefs : la nation était formée, l'Etat constitué, les premiers germes de

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